Le Yoga, anti-stress spécial 2020 !

yoga

Le Yoga est une pratique sportive et spirituelle aux multiples vertus. Il s’agit d’un travail de sa souplesse à laquelle on mêle une méditation du corps et de l’esprit. Aujourd’hui, se déconnecter du réel est parfois quelque chose que l’on a de plus en plus de mal à faire. 

Entouré d’écran, d’interactions incessantes animées par le son d’une notification, il est difficile pour beaucoup de personnes de lâcher prise et de se laisser “off-line”.

En cette année 2020, chargée en événements bouleversants pour le monde entier, il est important de savoir se recentrer sur soi et laisser de coté, dans un moment particulier, qui doit être le nôtre pour quelques minutes ou quelques heures, tout ce qui est extérieur et source non seulement de mauvaises ondes, mais aussi de stress jour après jour.

Le Yoga, en résumé, c’est une bonne dose de détente et de réflexion sur soi qui permet de pallier une année 2020 difficile à traverser sur le plan émotionnel. Idéale pour oublier les inconvénients de l’isolement et se sentir à nouveau en phase avec soi-même.

Le Yoga, c’est quoi ?

Le Yoga est une pratique qui prend essence en Inde, et particulièrement dans la religion Hindouiste. D’ailleurs, elle est encore pratiquée aujourd’hui de façon religieuse par des millions d’Hindous.

yoga buddha

Le Yoga a ensuite connu une expansion en dehors du cercle religieux, notamment pour ses vertus de détente et du développement de sa souplesse. Celle-ci est constituée d’un volet méditatif et d’un volet dédié à la réalisation de figures corporelles.

Le Yoga en pratique : se fixer un objectif

Le Yoga est un moyen pour moi de faire redescendre la pression après des semaines particulièrement chargées physiquement et mentalement. C’est une discipline qui demande de l’application, mais aussi de la patience et une bonne dose de ressenti.

Mon objectif, durant la pratique de cette activité, est d’atteindre un certain niveau de souplesse et d’aptitude psychique pour conforter mon esprit, lui redonner de la force dans les moments de troubles.

Il vous faut donc vous aussi trouver un but !

yoga energy

Cela peut être une nouvelle pratique sportive, un autre excellent moyen de se détendre, ou encore une activité qui vous canalise, qui demande calme et concentration.

La pratique du Yoga peut être journalière ou ponctuelle, le seul point important à retenir est qu’à chaque fin de séance, vous en sortiez revitalisé.

Par où commencer pour se former ?

Il existe de nombreux cours de Yoga, d’écoles et de pratiques différentes. Vous en trouverez même à la Fac, où le Yoga est souvent en option parmi les activités sportives. Hors, dans ce contexte sanitaire, il est difficile de trouver un cours en présentiel.

Je vais donc me tourner vers les alternatives numériques. Tout d’abord, je peux vous conseiller les vidéos de Yoga de la chaîne YouTube ELLE ainsi que celle de Marinasanas, elles sont complètes et très instructives.

Pour la partie méditation, l’application Petit Bambou a fait ses preuves pour de la méditation guidée ! Côté musique, si vous voulez vous faire une petite playlist, je vous conseille la chaîne de Nu Meditation Music, qui regorge de musiques toutes aussi relaxantes les unes que les autres.

Pour le matériel débutant, rien de plus simple, un tapis de Yoga que l’on trouve assez facilement dans les enseignes de sport à un prix raisonnable.

Et vous voilà donc prêt – prête à vous évader…

La Salutation au soleil, la position de la cigogne, de l’enfant, du chien tête en bas ou encore de l’arbre n’aurons plus de secret pour vous.

Nous vous souhaitons une belle ouverture de chakras ! 😀

5 Jeux entre potes pour briser l’isolement

jeux potes

Si nous devions tirer quelques conclusions du confinement, c’est qu’il nous aura à jamais fait redéfinir la façon dont nous concevons le lien social. Que ce soit avec la démocratisation du télétravail, les cours en ligne, ou encore l’impossibilité de voir physiquement nos proches.

Ici, c’est ce dernier point qui nous intéresse, au-delà de l’appel whatsapp/instagram ou encore de l’éternel appel téléphonique, à l’approche de Noël, comment recréer des souvenirs quand les soirées en société n’existent plus en cette fin 2020 ? Eh bien, les jeux en ligne restent encore une alternative extraordinaire pour passer des soirées plus que sympathique !

Et nous voici lancé dans mon classement joué et approuvé des meilleurs jeux en ligne !

1. Codename – Comment ça marche ?

Commençons par ce petit jeu, adapté d’un jeu de société physique. Il y a deux équipes, une bleue et une rouge.

Le but est de faire deviner à son coéquipier un ou des mots affichés sur une grille. Lorsqu’une équipe aura deviné tous les mots présents sur la grille, celle-ci remportera la partie. Ah oui, j’oubliais, on fait deviner un/des mots à chaque tour en ne prononçant qu’un seul mot ! Ce qui laisse évidemment place à des situations bien cocasses, qui font appel aux connexions logiques de notre cerveau.

http://pink-cell.com/codenames/

codenames jeux

2. Le Petit Bac : le grand classique

Un grand classique des colos ou du cours un peu trop barbant où l’on se laissait dissiper. Mais cette fois-ci, le site nous propose aussi des catégories un peu plus fun, on peut citer “la phrase de beauf” ou encore “le titre d’un film X”. Il est clair qu’à la découverte de certaines réponses peu orthodoxe, on se laisse très vite prendre au jeu et aux éclats de rire qui feront sûrement grésiller votre micro. On ne vous explique même les plus règles !

Ah si quand même : Amusez-vous.

https://petitbacenligne.net/

petit bac jeux

3. Blinest, ambiance garantie !

Il s’agit d’un site créé en plein confinement, qui vous permet de faire des playlist musicales sur Spotify ou Deezer gratuitement afin d’en faire un blind test ! Outre le fait qu’égayer votre soirée et possiblement vous faire découvrir les goûts musicaux de vos amies – amis, il s’agit aussi d’être celui qui reconnaîtra le plus vite toutes les musiques et chansons de ses potes, de la bande son de films Disney en passant par du grunge. C’est un bon moyen de jouer tout en partageant un peu de sa culture musicale.

https://blinest.com/

blinest jeux

4. Among Us, idéal pour briser la glace 

Un jeu dont vous avez sûrement entendu parler… Et qui n’est pas loin de rappeler le mythique Loup-garou de Thiercelieux.

Comment ça fonctionne ?

Vous êtes embarqué dans un vaisseau spatial, et parmi vous se trouve un imposteur, qui, pour gagner, devra TOUS vous tuer sans se faire remarquer. C’est là toute la force de ce jeu : l’investigation ou le bluff seront vos armes pour gagner en choisissant judicieusement qui éliminer.

https://store.steampowered.com/app/945360/Among_Us/

among us jeux

5. Skribbl, le scrabble version dessin

C’est très clairement mon coup de cœur !

Skribbl… Quoi ?

Le jeu est simple : chacun votre tour, vous devrez faire deviner dans un temps imparti un mot en dessinant. Très minimaliste, mais terriblement efficace.

Vous ne savez pas dessiner ? Pas besoin, c’est même tout l’intérêt.

Le site n’est pas fait pour réaliser une grande œuvre d’art mais simplement s’amuser d’essayer de représenter un mot (qui parfois sont bien incongrues).

Petit conseil pour pimenter : le faire dans une autre langue que vous maîtrisez à peu près, je vous le garantis, ça change tout !

https://skribbl.io/

skribbl jeux

J’espère qu’a travers cet article je vous aurais donné quelques idées de jeux à expérimenter avec vos copains dès ce soir !

Vous trouverez sûrement votre bonheur.

[Gaming] Vivre avec un joueur compulsif

Vivre avec un addict aux jeux vidéo, ce n’est pas si simple… Si la communication est nécessaire pour sauver un couple, ce n’est pas non plus une baguette magique. Alors si l’accro ne change pas de dico, personne ne vous blâmera si vous envisagez de partir. Mais avant cela… Analysez objectivement votre situation !

Première partie : plongez au cœur des pensées [fictives !] d’une jeune femme lambda, éprouvant des difficultés à dialoguer avec son conjoint concernant son problème d’addiction aux jeux vidéo… Parce qu’on est nombreuses, nombreux à être passés par ce type de phase, on ne va pas se mentir.

L’échappée belle : un scénario catastrophe

Matinée.

Vous vous levez, vous vous sentez belle et jeune. Vous marchez dans la rue par un soir de décembre, vous rentrez des courses ou d’une balade nocturne improvisée, et devant vous sur un fauteuil, une chaise un canapé, un homme se dédouane de sa vie… devant la télé.

Avisé de tous les conseils que l’on peut donner à un enfant de cinq ans sur les dangers du virtuel et de l’addiction aux jeux vidéo, il n’a que faire de vos blâmes répétitifs.

Et d’ailleurs, vous vous en voulez à chaque fois de lui adresser le moindre reproche, de peur qu’il ne finisse par retourner le problème contre vous en pointant du doigt vos faux problèmes « sérieux » de dépendance affective.

Cela dit, de l’affection et des sentiments, récemment, vous ne savez que penser.

Si votre moral est au beau fixe, votre cerveau vous intime d’y songer. Qu’en est-il des joies, sur le balcon, à la mer, l’été ? Ou encore, les soirs d’automne emmitouflés ? L’un contre l’autre vous rêviez à des destins croisés, à jamais entremêlés par l’amour.

Fil délicat qu’on voit filer.

Mais aujourd’hui vous êtes là, et seule sur votre canapé, face à cet être vissé sur son derrière !

Vous vous surprenez à réfléchir… Quel amour, pour quel avenir ?

Vous imaginez non pas une île déserte, mais un fabuleux appartement, lumineux et coloré, un lieu de vie où respire le bonheur, éternel emblème de vos rêves.

Vous êtes à la tête d’un projet que vous avez toujours voulu mener, vous êtes bien entourée, même si le soir vous êtes seule… Le jour, vous décidez. Vous vous sentez jeune. Le poids d’un âge que vous n’avez pas ne vous pèse plus sur les épaules.

Vous ne sermonnez plus en espérant des changements chez la personne avec laquelle vous vivez. Car tout simplement, vous êtes trop jeune pour le faire. Alors vous arrêtez.

Vous n’attendez plus.

Au petit jour, les rayons du soleil heurtent vos paupières et votre sourire éclate votre séjour, vous appartenez à vous-même, vous êtes au monde pour agir en liberté. Il n’y a personne, aucun avachi sur la chaise, juste vous et le monde, vos amis, les êtres chers.

Retour sur le canapé :

Vous êtes seule pendant ce même court laps de temps dans lequel vous hésitez encore entre attendre qu’il ait fini de jouer ou commencer ce nouveau film sur votre ordinateur.

Ou écrire. Ou chanter. Ou danser.

Mais avec lui devant vous, si occupé, vous avez l’impression de ne plus pouvoir bouger.

Vous ne savez pas comment il le prendrait, comment apprécierait-il l’idée que vous puissiez vous occuper sans lui. Vous avez peur qu’il réagisse avec enthousiasme et coupe en plein cœur votre élan de création.

En parallèle, vous avez peur qu’il y soit parfaitement indifférent.

Vous êtes figée.

Vous pensez à toutes ces femmes au travers des siècles, à l’héritage immense qu’elles vous ont légué, cette perche d’indépendance qu’elles vous ont tendue, cette soif de vivre pour soi au lieu d’assouvir en permanence les désirs d’autrui.

Cette libération, vous la prenez du bout des doigts, vous recommencez à penser à l’avenir.

Cette fois-ci, vous êtes deux, l’un est un autre homme, et parfois même, il se transforme en femme. Avec cet Autre, vous forgez une complicité telle que vous écrivez des pièces de théâtre sur l’amour que vous lui vouez.

L’Autre est humain, il vous comble de bonheur par des gestes pourtant simples, pensez-vous, il vous adresse la parole par des phrases directes et concises, il vous apaise.

Vous pensez à toutes les épreuves que vos amants précédents vous ont fait endurer. Dans vos méninges, l’homme du passé, le premier, resurgit.

Il est là, debout, face à votre conscience. Il prononce ces paroles magnifiques, dessine le fabuleux tableau… Quand soudain il révèle sa vraie nature. Il vous trompe, une fois selon lui, trente selon ses amis.

La réalité vous rattrape.

Cet autre dont vous rêvez quelquefois, qui n’est pas votre ancien amant mais un inconnu idéal, un inatteignable oasis, existe-t-il seulement ?!

Vous pensez à une main qui vous est chère, vous prenant la hanche, il vous fait danser dans un étrange couloir. La sensation est agréable, mais comme à chaque fois, vous la faites disparaitre. Vous ne voulez pas assumer vos émotions, car on vous a souvent reproché d’être ailleurs, lunatique, introvertie.

Et vous, que voulez-vous faire face aux jugements des autres ? Garder les pieds sur Terre. Vous voulez à tout prix que l’on voit comme une sérieuse créature kantienne. Adieu les peintres fous, et les poètes maudits.

Peu à peu, vous atterrissez chez vous.

Vous n’êtes plus qu’une femme : LA femme que vous êtes, dans l’appartement que vous habitez, avec les projets que l’on vous connait.

Vous êtes seule sur le canapé, seule mais en couple, cette étrangeté.

Devant vous un homme joue comme il jouerait sa vie, et vous n’osez pas le lui dire, mais vous ressentez quelque chose au fond de vous… Comme s’il se jouait de vous.

Alors, avalant vos merveilleuses pensées, vous vous forcez à rationnaliser et à vous occuper. Vous jetez un œil aux livres, aux plateformes de visionnage habituelles, puis, vous vous mettez à marcher. Nul ne vous guide sinon vous-même.

En vous fleurit l’idée d’un départ.

Plus que jamais indécise, vous mimez un sourire à l’homme assis qui vous regarde pour la première fois depuis des heures.

Dans votre cinéma encéphalique, vous partez.

L’addiction, ennemie anaphrodisiaque et toxique

Au travers de mes lectures digitales crépusculaires, j’ai parcouru des sites et des sites, et je suis tombée sur un nombre illimité de forums publics évoquant les « joies » du couple.

La plupart du temps, les messages échangés sur ces interfaces me permettaient de relativiser certaines scènes de la vie quotidienne…

Et pour cause, plusieurs fois il m’est arrivé de veiller tardivement, parfois jusqu’à quatre heures du matin, le cerveau en proie aux doutes et aux questions existentielles.

Je m’amusais alors avec Google, écrivant toutes sortes d’expressions, d’interrogations, prenant le géant des GAFAM pour une madame Irma des temps modernes.

« COMMENT SAVOIR SI C’EST L’HOMME DE MA VIE ? »

« C’EST QUOI L’AMOUR ? »

« COMMENT L’INCITER À FAIRE LA VAISSELLE ? »

Je vous passe les détails sordides de mes requêtes noctambules.

Le fait est qu’à force de chercher des réponses précises et détaillées, j’ai fini par atterir sur une pléïade de plateformes anonymes, sur lesquelles une personne, membre d’un couple, exprimait au monde entier tout le mal-être qu’elle éprouve vis à vis de son ou de sa partenaire.

Bien que d’après l’adage, dans un couple, il existe toujours des hauts et des bas, je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer que les bas prenaient visiblement une place de choix dans certains couples. J’ai réalisé que ces discussions virtuelles anonymes traitent souvent…

De problèmes d’addictions.

addiction

Parmi celles-ci, les jeux vidéo reviennent très fréquemment, et ce presqu’autant que les addictions liées à la drogue et à l’alcool.

Dans tous ces témoignages divers, éparpillés, qu’en plein jour nos amis nous déconseilleraient de consulter, se sont révélées des frasques plus qu’émouvantes, révélatrices d’une société en perte d’humanité d’un côté, ou en recherche d’affection de l’autre.

Comment mettre fin à la dépendance aux jeux vidéo ?

Si on blâme les alcooliques, les drogués, on se garde bien souvent de parler du pouvoir magnétique que peuvent avoir sur nous les écrans. Tactiles ou non, nos yeux s’écarquillent pour mieux percevoir les secrets d’une toile utilisée tous les jours par 4,54 milliards d’araignées.

Vous devez vous demander quels sont les chiffres liés aux jeux vidéos. Sachez qu’à ce propos, le cabinet NewZoo estime que le nombre de joueurs dans le monde devrait bientôt s’élever à 3 milliards !

Et si la pratique des jeux s’avère saine pour 95% des joueurs (et heureusement !), il n’en demeure pas moins qu’il existe des cas beaucoup plus graves, parfois plus isolés. Ce n’est pas pour rien que l’OMS a officiellement reconnu l’existence du trouble du jeu vidéo (gaming disorder, en anglais) en mai 2019.

Pour information, en voici les trois principaux symptômes :

  1. Perte de contrôle sur le jeu.
  2. Priorité accrue accordée aux jeux (prenant le pas sur d’autres hobbys ou activités quotidiennes).
  3. Pratique constante du jeu en dépit de répercussions dommageables.

Dans le cas où vous seriez vous-même accro et que vous tombez sur cette article après une nuit blanche de games : il existe heureusement des associations expertes sur le sujet, ainsi que des psychologues ou encore des pédopsychiatres qui peuvent vous écouter afin que vous preniez en charge votre addiction.

Parmi les associations, on peut citer :

  • SOS Joueurs, à but non lucratif, ses services d’aides (avocats, assistants sociaux, psychologues…) sont gratuits.
  • L’Open-asso, soit l’observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique, qui propose aux parents des conseils de prévention ainsi que des formations autour de plusieurs thèmes liés aux dangers du numérique.
  • Fil Santé Jeunes, une association d’utilité publique financée par Santé Publique France et la Direction générale de la Cohésion Sociale. Celle-ci offre aux jeunes et aux professionnels de la famille un accompagnement personnalisé et des conseils au 0800 235 236.
  • L’asso Grans Gaming, qui s’engage à rassembler des joueurs au moins une fois par mois pour qu’ils ne restent pas enfermés chez eux, et à donner des conseils, des informations pour sortir la tête de l’eau.
  • L’association 3-6-9-12, composée de praticiens de terrain, de chercheurs et d’universitaires, contribuant à une éducation du public aux écrans aux travers de conférences, de formations, d’interventions scolaires et d’actions innovantes autour des écrans.

Si vous préférez faire appel à un psychologue, il existe des pros de l’addiction aux jeux vidéos, comme la clinicienne Vanessa Lalo, ou encore le spécialiste Milan Hung. N’hésitez pas à poursuivre vous-mêmes les recherches d’experts en addictions aux jeux vidéo, notamment sur la plateforme Doctolib.

À noter :  bien sûr, à défaut d’experts, un psychologue ou un psychiatre généraliste peut très bien vous accueillir, vous écouter et vous orienter si besoin.

Si la peur des psys est malheureusement encore trop répandue, en voir un peut s’avérer plus que bénéfique pour votre santé. Vous n’osez pas ? Sachez qu’en ce moment, il est possible d’opter pour les consultations vidéo, plus indirectes et peut-être plus adaptées à un premier rendez-vous. C’est à vous de choisir, selon l’endroit où vous vous sentez le plus à l’aise au début.

Gardez à l’esprit ceci : pour qu’une thérapie ait de l’effet, il suffit d’être rigoureux, en allant consulter une fois par semaine. Les séances peuvent être plus espacées selon votre budget, néanmoins, soyez assidu / assidue, et montrez que vous êtes prêt – prête à changer.

psychologue gaming

In love d’un / d’une accro : que faire ?

Dans le cas où vous êtes la copine, ou le copain, d’une personne addicte aux jeux vidéo, les questions que vous vous posez, vos tiraillements, sont légitimes.

Libre à vous d’accepter cette dépendance, pouvant s’avérer pesante et même destructrice à long terme, tant pour vous que pour le binôme que vous formez avec votre partenaire. Vous pouvez l’écouter parler, s’il se sent seul et qu’il n’arrive pas à sortir de son addiction, mais cela ne doit pas vous nuire personnellement.

En d’autres termes, vous pouvez être un soutien… Mais vous n’êtes pas une éponge !

Parfois, il faut savoir lâcher prise.

Toute personne mérite d’être prise au sérieux, que vous soyez célibataire ou en couple. Alors si la personne que vous aimez s’est déjà engagée sur un autre terrain que celui du couple que vous envisagez de construire, peut-être vaut-il mieux vous poser et prendre du recul.

Cette personne que vous chérissez sans qu’elle ne vous rende heureuse ou heureux pour autant, êtes-vous dans la certitude qu’elle vous aime réellement ?

N’a-t-elle pas un long chemin d’introspection, de déconstruction et d’apprentissage de la vie à faire avant d’aimer qui que ce soit d’autre ?

Et d’ailleurs, cette personne, s’aime-t-elle seulement elle-même ?

vivre en couple joueur

Surtout, n’hésitez pas à en parler autour de vous, quelqu’un avec qui vous vous sentez en confiance. Cela peut également être un psy… Au cas où vous ne l’auriez toujours pas compris, il n’y a rien de tel qu’une thérapie pour mûrir vos pensées et gérer vos émotions !

Si l’addiction provoque un sentiment de solitude chez le dépendant lui-même, vivre avec une personne accro (à quoi que ce soit, finalement) peut s’avérer néfaste pour votre bien-être.

Ne restez pas seule / seul dans cette situation, et prenez votre destin en main.

Quitte à oser, et accomplir vos rêves…

Sans plus attendre !

PS: qui sait, peut-être qu’un beau Heath Ledger se trouvera au bout du chemin. Ou une heath ledgette ? Allez bisous.

Quand l’Écosse sort du lot en rendant les protections périodiques gratuites !

écosse protections

Ah les règles… Ces pertes sanguines, parfois douloureuses, ces liquides rouges mensuels, qui horrifient les puceaux, et mortifient les agences de pub. On s’en passerait bien, mais mère Nature nous les refile tous les 28 jours, pour une étrange histoire de cycle. 

Les menstruations, un tabou qui coûte cher

Si ce fluide mixé de sang, de sécrétions vaginales et de cellules endométriales fait jaser, il n’en reste pas moins coûteux :  selon un article du Monde (2017) une femme Française en aurait pour 1 730 € de protections périodiques au cours de sa vie, et encore, sans parler des sous-vêtements, anti-douleurs, gâteaux qu’elle achète pour y pallier.

En 2020, selon WeDemain, ces achats reviennent à environ 10 € par mois soit 5000 € sur une vie (si on considère qu’une femme aura 500 fois ses règles avant la ménopause). Et selon l’association Règles Élémentaires, 1,7 million de femmes sont victimes de précarité menstruelle en France. Il ne s’agit donc pas de cas isolés, mais d’un vrai problème de société.

règles

Face à la précarité menstruelle des étudiantes, l’Université Paris Est-Créteil a mis en place, le 9 mars 2020, un distributeur de protections périodiques gratuites et éco-responsables, de la marque Natracare.

Une initiative dont d’autres établissements scolaires devraient largement s’inspirer !

À bon entendeur…

Règles : l’Écosse officialise la gratuité des protections

Le Period Products Free Provision Bill a été adopté ce mardi 24 novembre par le parlement Écossais : la gratuité des protections périodiques (serviettes, tampons…) devient officiellement un droit… LÉGAL !

Une législation fièrement adoptée par la Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, et initialement portée par la députée travailliste Monica Lennon. Cette loi compte endiguer définitivement la pauvreté périodique en « préservant la dignité des personnes » comme indiqué sur le site officiel du parlement.

Si la mesure coûterait autour de 24 millions de Livres par an soit 28 millions d’euros, il s’agit d’un grand pas dans la lutte contre la précarité menstruelle, une première attendue au tournant par plus de 2 millions de femmes écossaises.

Alors, quels pays sauront suivre leur exemple ?

Le suspense est à son comble…

En attendant, UN GRAND MERCI À L’ÉCOSSE !

L’avant-gardisme en termes de protection des droits des femmes, c’est la grande classe.

 

 

Féminisme – Rachilde, la sulfureuse…

rachilde la sulfureuse

Si un grand courant féministe s’ancre petit à petit dans notre siècle, beaucoup parmi les journalistes, les hommes et les femmes politiques manquent cruellement de références féminines en art, en histoire politique ainsi qu’en littérature. Certains s’essaient même à l’écriture de véritables hagiographies sur quelques personnalités dont on nous rebat les oreilles depuis des décennies, sans qu’il soit pour autant aisé de leur trouver un intérêt.

Parlons donc d’une auteure sulfureuse ! Non, il ne s’agira pas de Colette, bien qu’elle ait toute notre admiration.

Rachilde et l’inversion de l’identité sexuelle

Née Marguerite Eymery le 11 février 1860 non loin de Périgueux, elle est élevée par un père militaire qui eût souhaité que sa femme accouchât d’un garçon. Il lui présente un mari, lui aussi militaire, qu’elle refuse. Elle se consacre très tôt à la littérature, et œuvre notamment sur le thème de la sexualité. Elle commence par publier quelques articles dans un journal local, L’Écho de la Dordogne. On y retrouve un certain esprit décadentiste, bien qu’elle reste tout de même assez attachée à son époque. Dès 1884, son roman Monsieur Vénus rencontre un grand succès mais provoque un scandale pour outrages aux bonnes mœurs. Dans ce roman, il est question d’une relation entre une aristocrate et un fleuriste féminisé.

monsieur venus rachilde

Nous avons dès lors l’introduction de la figure de l’androgyne, ce qui produit une inversion de l’identité sexuelle. Ce thème, cher à Rachilde tout au long de son œuvre, deviendra majeur dans l’après-guerre avec le célèbre roman La Garçonne de Victor Margueritte. Pourtant, Rachilde n’est guère sensible aux mouvances et aux modes du xxe siècle qu’elle a même parfois combattues, comme par exemple le surréalisme et le futurisme.

Une femme de Lettres respectée

Son nom de naissance étant Marguerite Eymery, l’on est en droit de se demander d’où peut bien provenir son pseudonyme. Bien que cela demeure encore une énigme, il semblerait qu’il provienne d’une séance de spiritisme dont sa mère était éprise.

Baignant dans le milieu littéraire, c’est Albert Samain[1] qui la présente à Alfred Vallette[2] en 1885. Un échange épistolaire commence et durera jusqu’en 1889, année de leur mariage. À la lecture de ces lettres, l’on constate que Vallette possède un réel talent d’écriture, qu’il n’a jamais vraiment mis à profit. Il lui avoue sa « secrète terreur des femmes de lettres » tout en n’hésitant pas à lui faire des observations et des critiques sur ses ouvrages.

rachilde femme de lettres

Son admiration se ressent : « Le mot n’est pas trop gros car enfin vous êtes mon aîné puisque vous êtes déjà célèbre et que moi je ne sors pas de mon obscurité. » lui écrit-il. En effet l’auteure de Monsieur Vénus jouit déjà d’une certaine réputation dans le milieu littéraire, du fait des scandales suscités mais également de son succès et de son indéniable talent. Si Vallette joue dans ses lettres à inverser les sexes en lui parlant comme à un homme, il sait se montrer jaloux du petit monde qui entoure sa bien-aimée, qu’il n’hésite pas à qualifier de « pigeons ». Il feindra même ne pas connaître Maurice Barrès[3] lorsqu’il apprendra qu’elle en est appréciée. Paul Léautaud[4], pourtant misogyne au plus haut point et détestant particulièrement les femmes de lettres, reconnaîtra à Rachilde (ainsi qu’à Colette) un réel talent littéraire.

Illustre figure du Mercure

En 1889, elle n’a écrit pas moins d’une quinzaine de livres, ce qui renforce l’admiration de son mari. La carrière littéraire de ce dernier commence vraiment avec la fondation ou plutôt la refondation du Mercure de France, qui existait déjà sous l’Ancien Régime avec pour titre le Mercure galant. Grande revue symboliste de la première moitié du xxe siècle, le Mercure de France connaît un franc et long succès, dans une époque où de nombreuses publications fleurissent puis s’éteignent aussi vite. Rachilde rejoint dès le commencement la « bande du Mercure » comme elle se plaît à l’appeler. Devenue une figure littéraire incontournable, elle y occupe la rubrique des « Romans ». Il s’agit en réalité d’une chronique dont personne ne voulait et que Jean de Gourmont[5] surnomme la chronique des « mauvais » romans, se réservant la grande littérature. Rachilde en fait très vite une chronique attendue des lecteurs. Bien que ne l’appréciant guère, nul ne décrit aussi bien que Jules Renard sa façon de travailler :

«(…)[Rachilde] lit ses quarante volumes par mois, à la queue leu leu, sans prendre une note. Elle fait seulement une corne quand elle veut citer un passage, et, le jour venu, d’un trait elle écrit son article sur tous les livres qu’elle a lus dans le mois. Mais, bientôt, elle ne pourra plus. Bien qu’elle soit mordante, tous les auteurs, en effet, lui envoient leurs livres. Ils savent qu’au moins elle les lira, en dira un mot, et que ça ne leur coûtera rien. »

Parallèlement à cette activité dont on peut aisément imaginer le caractère chronophage, Rachilde parvient à publier un à deux romans par an. Un salon littéraire s’organise une fois par semaine au domicile du couple. Chaque mardi soir se presse chez eux, pour rire et manger, toute la fine fleur du monde littéraire parisien. On les surnomme les « mardis du Mercure ».

mercure

Première Guerre Mondiale, l’Union sacrée

Au cours de la guerre de 1914, elle deviendra, à l’image de la plupart des cadres et contributeurs de la revue, sévèrement patriotique et germanophobe, adhérant ainsi à l’Union sacrée. Dans son Journal littéraire, Paul Léautaud, qui déteste la guerre avec son lot de manichéismes et d’horreurs, relate de nombreuses querelles qu’il a avec elle à ce sujet. Elle dit à propos de Guillaume II : « Qu’on le livre aux femmes françaises ! Je m’inscris pour le coup de couteau ! » Ou encore :

« Quant aux Kurth d’Eberhart [soldat allemand qui entre dans la maison d’une française jouant du Beethoven au piano], inutile d’insister pour une nouvelle audition, même dans quarante ans ! Tous les pianos de France n’auraient jamais assez de cordes pour les étrangler. »

« Qu’on m’amène un Boche, que je lui écrase la tête contre ce mur. »

première guerre mondiale

Absurdité répandue mais néanmoins conséquente, elle se met à partir de 1917 à organiser des conférences sur la paix. Dans une lettre datée du 8 février 1919, c’est Paul Valéry qui cette fois partage son étonnement avec Alfred Vallette à propos du nouvel état d’esprit de son épouse.

Bien des années plus tard, elle publiera son expérience et ses souvenirs issus de la guerre. Dans son récit, Dans le puits ou la vie inférieure, 1915-1917, elle évoquera aussi un douloureux souvenir de la guerre de 1870, lorsqu’elle fuit avec sa mère l’avancée des soldats prussiens qui ouvrent le feu sur le train dans lequel elles voyagent. Son aversion pour les Allemands provient sans doute en partie de cet épisode violent.

Une femme de caractère !

Au fur et à mesure des années, Rachilde se montre sous un nouveau jour. Elle semble avoir abandonné son patriotisme. Elle perçoit en chaque soldat mort au combat le fils qu’elle n’a pas eu. Une parole rapportée par Léautaud dans son Journal en 1921 dira, à propos de son patriotisme forcené : « Je ne voyais pas clair ». L’incendie de la bibliothèque de Louvain survenu au début de la guerre demeure une blessure, qui l’empêchera de devenir germanophile.

Après la guerre, elle publiera de très nombreux ouvrages, jusqu’en 1947, dont Portraits d’hommes qui est une série de portraits physiques et moraux de certains hommes qu’elle a côtoyés durant toute sa carrière littéraire.

Si Rachilde meurt un peu oubliée en 1953, elle reste une figure essentielle de la vie littéraire de la première moitié du xxe siècle. Ainsi mérite-t-elle plus que nulle autre sa place aux côtés de Colette !

rachilde colette

[1] Albert Samain (1858-1900), et est un poète symboliste. Il participera à la fondation du Mercure de France en 1889.

[2] Directeur du Mercure de France jusqu’à sa mort en 1935, Alfred Vallette est également éditeur.

[3] (1862-1923). Surnommé « Le Prince de la jeunesse », Maurice Barrès est une figure littéraire et politique centrale au xxe siècle. Il débute dans sa carrière comme romantique avant de s’affirmer comme le chantre du nationalisme républicain.

[4] (1872-1956), auteur du Petit ami, Paul Léautaud est célèbre pour ses romans autobiographiques mais également pour ses entretiens radiophoniques avec Robert Mallet au début des années 1950. Il rédige la « Chronique dramatique » entre 1907 et 1921. Il occupe également le poste de secrétaire de la revue.

[5] Jean de Gourmont, (1877-1928) est un écrivain. Il est le frère de Rémy de Gourmont (1858-1915), l’un des plus grands écrivains symbolistes.

Les hommes et l’alcool : Je bois donc je suis ?

À l’ère du Covid19, les rencontres amoureuses semblent de plus en plus complexes. La fermeture des bars et des restaurants nous a fait prendre conscience que ces lieux étaient plus que des espaces de socialisation et de convivialité. Incarnation de la consommation et notamment de la consommation d’alcool, on en mesure aujourd’hui l’importance.

Cette réflexion est née d’expériences sur les applis de rencontre. Nous avons observé comment les hommes s’y décrivaient. À travers les profils se dessinent des catégories qui reviennent de manière récurrente.

Il y a la catégorie bestiaire, où l’on voit un homme accompagné d’un kangourou, d’un lion ou plus modestement, d’un chat. Vient alors le papa décomplexé qui s’affiche avec sa progéniture. On trouve aussi le type entouré de ses potes sur chacune de ses photos ; ou celui dont on ne sait pas s’il est vraiment célibataire. Ces profils provoquent rires et commentaires avec les copines.

On relève un autre critère, moins évident car ancré dans les habitudes et la tradition française : l’homme et l’alcool.

Séduction et alcool

Drôle de période que nous traversons en ce moment, où l’Autre est perçu comme un danger potentiel. Le confinement et la fermeture des bars, des boîtes de nuit et des restaurants a sonné comme une difficulté encore plus insurmontable pour de nombreux célibataires.

Le bar, QG du dating

La plupart des rendez-vous galants habituels, appli de rencontre ou non, se réalisent bien souvent dans des bars.

La consommation entraînant la consommation, l’alcool désinhibe et permet bien souvent de prolonger la soirée plus intimement. Quand je repense à plusieurs rendez-vous que j’ai eus, il apparaît clair que l’alcool a joué un rôle dans la séduction. C’est le cas de P. à qui il est proposé de se voir en journée. Sa réponse vient titiller ma réflexion à propos des hommes et de l’alcool : « Je travaille en journée, et puis ça me paraît complexe de me tiser en pleine journée ». Le date n’a-t-il de valeur que lorsqu’il est partagé autour d’un verre d’alcool ?

La boisson apparaît comme une arme de séduction, James Bond et ses Vodka Martini a toutes les femmes à ses pieds. Il est l’incarnation du mâle viril et on constatera que les héros masculins dans les films ont souvent une attirance pour la boisson. Cette représentation sociale est ironique quand on sait qu’une consommation excessive d’alcool peut avoir l’effet inverse de celui attendu : la « panne » sexuelle, sous l’effet de la dilatation vasculaire…

Alcool : Entre loisir, plaisir et identité 

L’application qui fait l’objet de cet article fait de l’alcool une donnée déterminante de la personnalité. L’utilisateur est invité à quantifier sa consommation d’alcool (cela va de « jamais » à « régulièrement » en passant par « à l’occasion »). Cette donnée apparait à côté de sa taille, son signe astrologique, ses penchants politiques ou la fréquence de son activité physique.

Le mythe de la virilité

C’est à l’écoute d’un des excellents podcast « Les Couilles sur la table », que je me suis intéressée au rapport des hommes et de l’alcool. Dans ce podcast qui vise à déconstruire la masculinité, Victoire Tuaillon interroge avec subtilité le mythe de la virilité à travers la consommation d’alcool par les hommes.

En petite sociologue, je me suis lancée dans une enquête, à l’affût de la moindre référence à l’alcool.

Dans la catégorie 24-34 ans, il est apparu qu’environ trois quart des hommes mettent en avant leur intérêt pour l’alcool. Certains le mentionnent dans leur « biographie », d’autres préfèreront un émoji représentant un verre de vin ou une pinte de bière. D’autres l’affichent explicitement sur leur photo, allant parfois jusqu’à se placer au second plan, après le verre donc. L’alcool est alors présenté comme un bien de consommation récréatif.

L’ivresse : entre extase et destruction

On tourne autour du pot (verre ?), on en fait un moment de convivialité -qu’il est sans aucun doute-, mais on a tendance à oublier qu’il est aussi une drogue. L’alcool présente des risques en tout genre : dangers pour la santé, accidents de la route, violences physiques ou psychologiques (violences sur enfants, conjugales et notamment violences faites aux femmes). Il ne s’agit pas ici de diaboliser la consommation d’alcool mais de questionner notre rapport à celui-ci. La frontière est parfois mince entre la notion de plaisir et celle de destruction.

Quelques exemples de profils allant dans le sens de l’identification par l’alcool :

« Cherche partenaire de road trip, sport, gin tonic et couvre-feu », « emoji verre de vin, bon vivant », « Plaisirs : émoji pinte de bière, verre de vin, suivis de fromage, pain, sushis », « Mon enfer personnel, c’est… Quand il n’y a plus de pastis pour l’apéro », « Pour moi rien de tel qu’une bonne bière au soleil, un bon livre… », « Petit brun aux yeux clairs, sans prise de tête, aime le bon vin et la bonne bière ! Bon vivant ».

Le lien entre l’amour et l’alcool a été pensé par de nombreux auteurs. On pense à Baudelaire et « Le Vin des Amants », aux Alcools d’Apollinaire où le poète est déchiré par ses ruptures amoureuses. La thématique du fluide (« Sous le pont Mirabeau ») et de l’ivresse poétique est prégnante dans son œuvre. Plus trivialement, on notera qu’on dit « boire un coup » comme « tirer un coup »…

Au même titre que Eros et Thanatos, il y a une tension entre désir et alcool. Tous deux représentent une extase, une joie qui attise les pulsions, un côté festif. Mais ils recouvrent aussi le revers de la dimension dionysiaque, celui de démesure, de folie, d’excès. Un article publié sur Slate intitulé, « L’amour a les mêmes effets que l’alcool sur le cerveau » relatait une étude démontrant la présence de « l’hormone de l’amour » dans l’alcool. Il soulignait ainsi cette dualité entre euphorie et destruction.

Je m’interroge : le point de convergence entre le sentiment amoureux (ou l’acte sexuel) et la consommation d’alcool réside peut-être dans l’idée de plaisir partagé mais aussi de transgression (morale, religieuse).

La chanson de Michel Legrand dans l’inoubliable Peau d’Âne fait dire aux amoureux : « Nous ferons ce qui est interdit, nous irons ensemble à la buvette, nous fumerons la pipe en cachette, nous nous gaverons de pâtisseries ». Si la rencontre entre le breuvage et l’amour s’opère si efficacement c’est bien que la raison n’y a pas sa place. Comme le dit notre Peau d’Âne : « Amour, Amour n’est pas bien sage ».

Peau d’Âne réalisé par Jacques Demy en 1970

Alcool partout, justice nulle part

Stéréotypes et normes de genres

Ne sommes-nous pas imbriqués dans un système genré quant à l’alcool ? Une femme qui boit est moins bien perçue qu’un homme. Car un homme qui boit et qui tient l’alcool, c’est ça qui fait de lui un « homme ». À voir certains profils sur l’application de rencontre, on se rend compte de cette essentialisation : je bois donc je suis un homme ; je suis un homme cool parce que je bois.

Mais ce qui interpelle sur les applis de rencontre n’est finalement que le reflet de ce qui existe déjà dans l’espace public. Lors de mon jogging dominical, je vois très souvent un homme ou un groupe d’hommes trônant avec sa canette de bière et ses cigarettes à 9h du matin, pendant que nous autres sportifs, en majorité des femmes d’ailleurs, nous essoufflons devant ces assoiffés.

Si les hommes semblent décomplexés à consommer de l’alcool et à l’exhiber dans l’espace public, c’est bien que la société les y encourage. Cela nous amène à une réflexion sur le rapport au corps. En effet, le corps de l’homme pourrait être abîmé, on admet facilement un homme au ventre bedonnant (le fameux bide à bière), tandis que la femme est encore sujette aux diktats de la société, devant répondre au culte de la « beauté fatale ».

drunk straw GIF

Plus encore, le côté destroy de l’homme qui boit est souvent perçu comme une qualité, lui donnant un côté sexy et rock’n’roll. La femme qui boit au contraire n’est pas reçue avec autant d’éloge. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle se cache pour boire, si c’est tabou. Une femme alcoolique sera facilement jugée de « pochtronne », de « clocharde ».

On dira plus volontiers d’un homme qu’il a un « problème avec l’alcool », qu’il est « porté sur la bouteille », que c’est un « bon vivant ». Cette terminologie renverrait à l’idée que les hommes seraient par essence attirés par la boisson. N’alimentons pas ici les stéréotypes et reconnaissons que beaucoup d’hommes ne boivent pas.

Cependant, l’ivresse des hommes prête davantage aux rires, celle des femmes peut inquiéter. Une femme qui parle fort du fait de l’ivresse est facilement jugée « hystérique », elle ne tient plus alors sa place qui devrait allier discrétion, élégance, esthétisme. Cette tolérance accordée aux hommes engendre de fait leur domination dans l’espace public.

Le « tenir l’alcool » comme preuve de virilité

Force est de constater que la culture de la boisson est souvent un héritage de père en fils. Véritable rite d’initiation, on apprend aux hommes à boire, à être endurant, à « tenir l’alcool ».

Un homme qui ne tient pas bien l’alcool est étiqueté de qualificatifs péjoratifs genrés (« tapette », « petite nature », « t’es pas un homme »). Cela le renvoie à une fragilité, au rang de la féminité que la société a voulu douce, élégante, fragile. Le « tenir l’alcool » renvoie à un certain défi, on le retrouve dans les jeux à boire, le sport. Les hommes sont autorisés à se lâcher, à perdre le contrôle et à s’en vanter.

Ce comportement semble plus valorisé pour la gente masculine, les jeunes femmes étant souvent dans un sentiment d’insécurité lorsqu’elles sont alcoolisées. La boisson chez l’homme est souvent encouragée, et valorisée comme preuve de virilité.

Le consentement en question

Les rites d’intégration dans les écoles de commerce, d’ingénieurs ou en faculté de médecine où l’on clame « bois d’l’alcool pendant que j’te viole », donnent à réfléchir à la domination de l’homme sur la femme. Rappelons les abus que l’alcool engendre, et notamment les violences physiques et la culture du viol.

L’alcool légitimise bien souvent les harcèlements, les agressions sexuelles, brouillant les limites du consentement. En effet, boire un verre lors d’un rendez-vous amoureux n’est pas toujours un plaisir partagé. Cela peut parfois être une manière pour l’homme de forcer le consentement. Dans le cas de féminicides, l’alcoolémie de l’homme sert d’ailleurs souvent de prétexte aux médias : « Ivre, il tue sa femme ». L’ivresse apparait alors comme une excuse.

La consommation d’alcool serait une « affaire d’hommes », les bars et cafés étant historiquement des lieux fréquentés exclusivement par les hommes. Si les femmes profitent aujourd’hui de ces lieux de socialisation, on observe cependant un reliquat de la tradition qui associe l’homme à la boisson, et notamment dans le cadre professionnel. On pense aux images dans les films ou séries, où la signature de contrats se négocie autour d’un verre.

Déni collectif 

Pour autant, au-delà du marqueur de genre, on observe une banalisation de la consommation d’alcool en France et dans nos sociétés occidentales. Femmes et hommes sont pris dans une injonction à consommer. Une femme qui ne boit pas sera facilement pointée de « sainte nitouche », ne sachant pas s’amuser.

Une consommation encouragée et banalisée

La tendance de l’afterwork fait de l’alcool une activité pour décompresser après le travail, une manière de socialiser avec ses collègues en dehors du cadre de l’entreprise.

Si la consommation d’alcool a diminué en France depuis les années 1960, elle reste l’un des pays les plus consommateurs au niveau mondial, occupant le sixième rang des 34 pays membres de l’OCDE. D’après Santé Publique France, 23,6% des personnes de 18-75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017 en France métropolitaine. 15,2% des hommes boivent tous les jours contre 5,1% des femmes. Les hommes meurent trois plus que les femmes des suites de la consommation d’alcool.

Le phénomène de l’apéro Skype pendant le confinement peut questionner sur notre rapport à l’alcool. S’agissait-il uniquement de socialiser avec sa famille, ses amis ou ses collègues, ou était-ce un prétexte pour boire ? Forte de son patrimoine culturel et gastronomique, la France valorise la consommation d’alcool et il semblerait que nous ayons une consommation normée et banalisée.

Le tabou de l’alcoolisme

Quel que soit le milieu social, culturel ou politique, l’alcool semble omniprésent. J’ai rencontré des hommes se disant en « marge » qui paraissaient eux aussi répondre à une norme dans leur manière de consommer. L’argument mis en avant étant celui de la tradition française, du plaisir.

La question de l’alcoolisme est souvent niée car associée à des représentations faussées et peu exposées dans le débat public français. Il est frappant de noter la disparition de la figure de l’alcoolique dans la production cinématographique française, à la différence des films et séries nord-américaines. En effet, sous couvert de tradition française, la figure de l’alcoolique ne semble pas être remise en question.

Dans le cas de personnalités publiques alcooliques, l’addiction est banalisée et apparait alors comme une faculté de génie. C’est le cas d’écrivains alcooliques comme James Joyce, Hemingway, Jack London, Bukowski, Marguerite Duras et tant d’autres. En littérature, la consommation de substances apparait comme un exutoire au poète permettant de supporter le réel et de s’évader vers des paradis artificiels.

Mais alors, dans le cadre de la rencontre amoureuse, pourquoi avons-nous besoin de boire ? Avons-nous peur de l’Autre, de nous-même et de nos pulsions ? Que cherchons-nous à fuir par l’alcool ? Comme une antidote, le verre d’alcool vient atténuer la peur, briser le naturel. Il agit comme un masque et vient maquiller les blessures et les complexes.

La sphère des relations amoureuses et intimes est-elle nécessairement tributaire des logiques consuméristes ?

Le confinement et la crise sanitaire que nous traversons nous permettent de repenser notre consommation et notre rapport à autrui. Saisissons-en nous pour rendre à la rencontre sa beauté nue, ses maladresses. Elle est en elle-même une ivresse pour qui veut bien y goûter.

Société en marche et corps en ruine

Lorsqu’on travaille, on a tendance à vivre à cent à l’heure et nos corps en pâtissent. La devise « métro, boulot, dodo » et la performance qu’elle implique nous prive de l’écoute de soi. Nos corps ne méritent-ils pas plus de bienveillance ?

Le corps au travail

Une vidéo parue sur Brut en novembre 2019 s’inquiétait de montrer « A quoi pourraient ressembler les employés de bureau dans 20 ans ». Terrifiante prévision que nous avons là : on voit une femme en surpoids, le dos courbé, les veines enflées, les yeux injectés de sang. Pour avoir fait les frais de postes éprouvants (hôtesse d’accueil, secrétaire, vendeuse), je peux moi aussi me reconnaitre dans cette inquiétante description des conditions de travail inadaptées au corps.

New York Times Journal, Salle De Presse, 1942

Aux conditions matérielles inadéquates (position inconfortable, absence d’ergonomie) s’ajoute souvent le stress du travail en lui-même (échéance à respecter, assurer les missions demandées etc). La notion de stress est devenue tellement banale qu’elle est quasiment érigée en mantra de la société néo-libérale. Les expressions comme « je suis busy » ou « je suis sous l’eau » semblent attester de son sujet qu’il répond aux attentes sociétales implicites.

Busy Work Work Work GIF by funk

Mais ce fameux stress est un motif courant des consultations médicales, ostéo ou psy. Le stress agit sur le corps de manière plus ou moins grave, il peut être à l’origine de réactions psychologiques ou physiologiques (manque de sommeil, perte ou prise de poids, accélération du rythme cardiaque entre autres). Les manifestations du stress sont parfois moins évidentes et viennent toucher des zones conscientes ou inconscientes. Ce peut être le cas quand on somatise par exemple.

Pantins désarticulés

Les conditions de travail que nous connaissons ne semblent pas respecter nos corps. Pour des raisons d’impératifs et de rendement, le corps est souvent meurtri et nié. Combien de gens zappent leur pause dej ou font des heures supplémentaires afin d’achever leurs missions ? Les besoins physiologiques de base (se nourrir, bien dormir, bouger régulièrement) sont bien souvent expédiés, faisant de nous des automates surmenés.

Les transports en commun débordent de pantins guillotinés, penchés sur leurs smartphones. Cette mauvaise inclinaison de la tête appelée « Text neck » pourrait provoquer des troubles musculo-squelettiques.

L’émergence du télétravail a séduit de nombreux travailleurs et nous pouvons nous questionner sur cette attirance. Le « chez-soi » n’est-il pas par définition le lieu calme et réconfortant (Home sweet home), loin du brouhaha et des interactions sociales -certes importantes mais parfois contraignantes ? La souffrance au travail, le harcèlement ont parfois des impacts sur la santé mais aussi sur la santé mentale.

Dès lors, comment ne pas se laisser envahir par cette violence du monde du travail ?

Et si on prenait le temps ?

Yoga, L'Exercice, De Remise En Forme, Femme, La Santé

Le confinement a vu naître de nombreux apprentis yogis et on en salue l’initiative. Le fait d’«avoir du temps » pour soi a été une merveilleuse occasion pour beaucoup de se reconnecter à soi. Cela a pu se manifester à travers l’expression artistique mais aussi un investissement du corps. Les clubs de sports ont proposé des cours en ligne, les sportifs de haut niveau nous ont partagé leur routine. Pour ma part, engager le corps dans ce contexte sanitaire anxiogène, a été libérateur sur le plan psy et sur le plan physique. L’exercice physique libérant de l’endorphine, j’ai constaté une amélioration de mon anxiété et un bien-être grâce au yoga.

Apprendre à écouter les manifestations du corps

Plébiscité par bon nombre de stars, on le sait, le yoga est « tendance ». Mais à toi lecteur qui n’a jamais pratiqué, ne le fais pas uniquement parce que les tops de Victoria Secret en sont fans. Le yoga invite au contraire à un retour à soi, loin des diktats de la société alliant performance et culte de la beauté.

A travers les postures, conscience du corps, détente et amélioration des tensions s’opèrent. Des recherches scientifiques ont montré les effets de cette pratique sur la santé. La pratique du yoga sollicite également la respiration (les Pranayama), primordiale pour prendre conscience de notre énergie vitale. On apprend donc à respirer, car croyez-le ou non, on ne sait pas respirer correctement. Les exercices de respiration viennent calmer le mental et les maux physiques (troubles digestifs, maux de dos etc).

Stronger Together Love GIF by Shalita Grant

La sophrologie ou encore la méditation sont des alternatives intéressantes pour calmer l’anxiété. Mais je vous le concède, cela ne résout pas les problèmes initiaux (conditions précaires de travail ou de logement, contraintes du quotidien, stress de la vie citadine).

Dans la société « en marche » dans laquelle nous évoluons, il y a peu de temps pour l’écoute de soi et de son corps. Il semblerait qu’on souhaite cacher les manifestations du corps :les médicaments pour les moindres petites douleurs, la chirurgie esthétique pour l’acceptation de soi, la mode et la beauté pour échapper à la nudité du corps. Au lieu d’abandonner nos corps à une emprise consumériste, prenons le temps de l’écouter. Les manifestations psychologiques font aussi l’objet d’un rejet : quelqu’un qui ne va pas bien semble « déranger » le théâtre dont nous sommes les acteurs.

Il ne tient qu’à nous d’apprendre à s’écouter avec bienveillance. Votre corps vous remerciera.

Interview – Cyber haine : l’avis de Yugnat999

Yugnat999

En cette période de reconfinement, la haine en ligne augmente sur toutes les plateformes sociales. En outre, 63 % des jeunes affirment avoir été au moins une fois victime de cyberharcèlement, selon une étude de l’institut Montaigne et Axa Préventions.

Sur Instagram, Facebook, YouTube ou TikTok, les influenceurs sont beaucoup plus exposés en société que la moyenne aux critiques virtuelles, puisqu’ils détiennent des comptes suivis par des milliers voire des millions d’abonnés. Alors comment vit-on la cyber haine lorsqu’on est instagrammeur ?

Nous avons posé la question à Yugnat999.

Pour ceux qui ne te connaissent pas, comment définirais-tu tes memes et quels sont les messages qu’ils véhiculent ? La lutte contre le cyberharcèlement est-elle incluse dans ton quotidien d’influenceur ?

YUGNAT : Mes memes sont des memes qu’on pourrait qualifier de « normies », comprendre par là qu’ils cherchent plus à toucher la majorité des gens qu’à se caler dans un sous genre hyper spécifique.

Je ne cherche pas à tout prix à faire des trucs cryptiques pour m’autocongratuler sur le fait que je sois trop en avance ou pas compris par la majorité, c’est plus compliqué de faire marrer ou de parler à plein de gens que de le faire pour un petit nombre qui sont dans le même délire que moi. 

J’avoue que je ne fais pas grand chose pour la lutte contre le cyber harcèlement, j’essaie de temps en temps de tourner en ridicule des messages violents et négatifs que je reçois, pour montrer qu’un bon moyen de lutter contre ce phénomène c’est de le tourner en dérision.

Abonnée depuis longtemps, j’ai remarqué que tu te décris à travers tes memes comme quelqu’un d’assez anxieux. Cette anxiété est-elle liée à une surcharge de commentaires haineux sur ton profil ? Est-ce que tu as tendance à remettre en question tout ton travail ou ta personnalité quand une personne te critique ?

YUGNAT : Ahahah !

Non, je suis anxieux pour plein de choses, c’est vrai, mais les commentaires négatifs n’en font pas partie. Je suis sur internet depuis suffisamment longtemps pour comprendre que la meilleure chose à faire c’est de ne pas trop y porter d’attention.

Je ne lis pas souvent les commentaires, même si de temps en temps j’aime bien répondre à un commentaire négatif, parce que je pense que ça fait plaisir à la personne qui a tenté d’attirer mon attention, même s’il le fait de manière aggressive.

Le meilleur moyen de ne pas être pollué par les commentaires et les réseaux sociaux c’est d’en désactiver les notifications.

Quelle est ta première réaction lorsque tu lis un message insultant sur ton compte ?

YUGNAT : Honnêtement, j’essaie vraiment de me détacher de ce genre de contenu, et de bien compartimenter la vie sur les réseaux et la vie réelle.  Ça m’énerve deux secondes en général, mais je passe vite à autre chose !

Quels sont les trois premiers qualificatifs qui te viennent à l’esprit pour définir les « haters » ? Et selon toi, ont-ils un âge en particulier ? (En septembre, tu nous parlais des « rebelles sexagénaires »)

YUGNAT : Jeune. Masculin. Anonyme.

Je pense que généralement les haters ont entre 15 et 25 ans, un âge où on se cherche un peu et où on a pas, en général, vraiment de responsabilités.

Pour toi, ces derniers sont-ils forcément des cyber harceleurs, ou existe-t-il une nuance entre ces deux termes ?

YUGNAT : Non je ne pense pas que ce soit le cas, un hater c’est globalement quelqu’un qui s’emmerde et qui du coup utilise le prétexte d’un commentaire mal intentionné pour essayer de se trouver une occupation.

Un cyber harceleur c’est autre chose, on est vraiment dans une volonté de nuire sur le moyen/long terme. Le hater est plus court termiste.

Que conseillerais-tu à tes abonnés ainsi qu’aux jeunes en général pour lutter contre le cyberharcèlement ?

YUGNAT : Pour le cyber harcèlement, je pense que le premier pas c’est d’en parler autour de soi.

Auprès de personnes qui peuvent aider et conseiller sur la meilleure manière de gérer la chose, parfois il faut aller jusqu’au pénal pour des faits graves et ca ne doit pas être géré tout seul !

NDLR : on valide, ne restez pas seul, parlez-en le plus possible, évitez l’isolement.

Connais-tu l’application Bodyguard, qui permet de supprimer le contenu haineux sur tous tes réseaux sociaux, dont Instagram, grâce à un algorithme ?

YUGNAT : Je connais l’application mais je ne l’ai pas utilisé, je me suis dit que j’allais l’installer pour tester mais j’ai toujours zappé !

Pendant le confinement, au printemps dernier, as-tu remarqué une vague plus importante de harceleurs en ligne ? Est-ce que tu as pu en parler à quelqu’un ?

YUGNAT : Alors pour être très franc, j’ai pas remarqué ça du tout et au contraire, j’ai trouvé que les gens avaient besoin de bonnes vibes et du coup en envoyaient plein, les gens se sont réellement serrés les coudes.

Comment tu perçois cette deuxième saison de confinement hivernal ?

YUGNAT : ça me sur-gonfle ! Ça va être hyper dur mentalement. Le premier confinement était exceptionnel et c’est ce coté exceptionnel qui nous a permis de tenir, on s’est dit « il faut tenir le coup, on le fait pour le bien commun, ca va passer et après ca sera derrière nous » sauf que là c’est reparti pour un tour…

Il y a cette notion de récurrence qui rentre en jeu et c’est pas bon du tout.

Pour finir, est-ce que tu envisages de faire plein de stories pour apaiser tes followers à ce sujet ? (PLEASE SAY YES !)

YUGNAT : En fait, je continuerai à faire ce que je fais au jour le jour sans changer de ton.

Si j’ai envie d’être grincant et bad vibes sur le confinement je me priverai pas mais de l’autre coté si je suis de bonne humeur et que je le sens bien j’enverrai des messages positifs !

Faites comme Yugnat999, ne vous souciez pas des oiseaux moqueurs !

Vers qui se tourner en cas de cyberharcèlement ?

Le cyberharcèlement est puni par la loi 2014-873 d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

Pour s’en prémunir, votre enfant peut contacter l’association e-enfance. Créée en 2005, experte en protection des enfants sur internet, elle leur apporte une aide psychologique.

Net Écoutes, numéro vert national 100 % gratuit, anonyme et confidentiel (0800 200 000) est ouvert aux enfants et adolescents.

Les hommes et l’alcool : Je bois donc je suis ?

Hommes Alcool

À l’ère du Covid19 et du couvre-feu, les rencontres amoureuses semblent de plus en plus complexes. La fermeture des bars et des restaurants m’a fait prendre conscience que ces lieux étaient davantage que des lieux de socialisation et de convivialité. Incarnation de la consommation et notamment de la consommation d’alcool, j’en mesure aujourd’hui l’importance.

Désespérée mais curieuse des applis de rencontre, j’ai pris un certain plaisir à « swiper » et un intérêt particulier à la manière dont les hommes se décrivaient sur ce genre d’applications. Au fur et à mesure des profils, se sont dessinées des catégories qui revenaient de manière récurrente : la catégorie bestiaire, où l’on voit un homme accompagné d’un koala, d’un lézard ou plus modestement, d’un chat ; la catégorie du papa décomplexé qui s’affiche avec sa progéniture ; celui du type entouré de ses potes sur chacune de ses photos ; celui dont on ne sait pas s’il a des photos autres qu’avec son ex. Ce genre de profils m’amusaient et provoquaient rires et commentaires avec les copines. J’ai peu à peu été plus attentive à un autre critère, moins évident car ancré dans les habitudes et la tradition française : l’homme et l’alcool.

Séduction et alcool

Drôle de période que nous traversons en ce moment, où l’Autre est perçu comme un danger potentiel, où l’on prend des risques à être avec autrui. L’annonce du couvre-feu et la fermeture des bars, des boîtes de nuit et des restaurants a sonné comme une difficulté encore plus insurmontable pour de nombreux célibataires.

Moi-même j’ai pensé « Mais comment on va faire pour rencontrer des gens, s’il n’y a même plus les bars ? » Comme si notre vie sociale dépendait de ces lieux enivrants. J’ai pris conscience que tous les rendez-vous galants habituels, appli de rencontre ou non, se réalisaient dans des bars.

La consommation entraînant la consommation, l’alcool désinhibe et permet bien souvent de prolonger la soirée plus intimement. Quand je repense à plusieurs rendez-vous que j’ai eus, il apparaît clair que l’alcool a joué un rôle dans la séduction. C’est le cas de P. à qui je propose de se voir en journée, sous-entendu de faire une balade automnale ou de boire un thé. Sa réponse vient titiller ma réflexion à propos des hommes et de l’alcool : « Je travaille en journée, et puis ça me paraît complexe de me tiser en pleine journée ». Le date n’a-t-il de valeur que lorsqu’il est partagé autour d’un verre d’alcool ?

Mon expérience sur cette application m’a fait rencontrer un garçon qui cherchait une accompagnatrice de ciné. Grande cinéphile, j’ai accepté sans broncher de le rencontrer, mais je ne pouvais m’empêcher de trouver la rencontre « bizarre » car inhabituelle, l’habitude étant liée à la rencontre autour d’un verre. Nous ne sommes pas revus pas la suite.

La boisson apparaît comme une arme de séduction, James Bond et ses Vodka Martini a toutes les femmes à ses pieds, il est l’incarnation du mâle viril et on constatera que les héros masculins dans les films ont souvent une attirance pour la boisson.

Alcool : Entre loisir, plaisir et identité 

L’application sur laquelle j’étais inscrite fait de l’alcool une donnée déterminante de la personnalité : l’utilisateur est invité à quantifier sa consommation d’alcool (cela va de « jamais » à « régulièrement » en passant par « parfois »), cette donnée apparaissant à côté de sa taille, son signe astrologique, ses penchants politiques ou la fréquence de son activité physique.

C’est à l’écoute d’un des excellents podcast « Les Couilles sur la table », que je me suis intéressée au rapport des hommes et de l’alcool. Dans ce podcast qui vise à déconstruire la masculinité, Victoire Tuaillon interroge avec subtilité le mythe de la virilité à travers la consommation d’alcool par les hommes.

En petite sociologue, je ne m’intéressais plus alors aux physiques ou aux centres d’intérêts, je me suis lancée dans une enquête, à l’affût de la moindre référence à l’alcool.

Dans la catégorie 24-34 ans, il est apparu qu’environ trois quart des hommes mettent en avant leur intérêt pour l’alcool. Certains le mentionnent dans leur « biographie », d’autres préfèreront un émoji représentant un verre de vin ou une pinte de bière, d’autres encore l’affichent explicitement sur leur photo, allant parfois jusqu’à se placer au second plan, après le verre donc. L’alcool est alors présenté comme un bien de consommation récréatif, et le problème de santé publique qu’il sous-tend n’est jamais explicité.

On tourne autour du pot (verre ?), on en fait un moment de convivialité -qu’il est sans aucun doute-, mais on a tendance à oublier qu’il est aussi une drogue, pouvant dégénérer en addiction et étant la cause de risques en tout genre : dangers pour la santé (cancers, maladies chroniques), accidents de la route, violences physiques ou psychologiques (violences sur enfants, violences conjugales et notamment violences faites aux femmes). Il ne s’agit pas ici de diaboliser la consommation d’alcool mais de questionner notre rapport à celui-ci. La frontière est parfois mince entre la notion de plaisir et celle de destruction.

J’ai sélectionné des exemples de profils allant dans le sens de l’identification par l’alcool : « Cherche partenaire de road trip, sport, gin tonic et couvre-feu », « emoji verre de fin, bon vivant », « Plaisirs : émoji pinte de bière, verre de vin, suivis de fromage, pain, sushis », « Mon enfer personnel, c’est… Quand il n’y a plus de pastis pour l’apéro », « J’aime la simplicité et les voyages en mode aventure ! Pour moi rien de tel qu’une bonne bière au soleil, un bon livre… » « Petit brun aux yeux clairs, sans prise de tête, aime le bon vin et la bonne bière ! Bon vivant ».

Le lien entre l’amour et l’alcool a été pensé par de nombreux auteurs, on pense à Baudelaire et « Le Vin des Amants », aux Alcools d’Apollinaire où le poète est déchiré par ses ruptures amoureuses, la thématique du fluide (« Sous le pont Mirabeau ») et de l’ivresse poétique est prégnante dans son œuvre. Plus trivialement, on notera qu’on dit « boire un coup » comme « tirer un coup »… Au même titre que Eros et Thanatos, il y a une tension entre désir et alcool: ils représentent une soif de vivre, une extase, une joie qui attise les pulsions, un côté festif mais également le revers de la dimension dionysiaque, celui de démesure, de folie, d’excès. Un article publié sur Slate intitulé, « L’amour a les mêmes effets que l’alcool sur le cerveau » relatait une étude démontrant la présence de « l’hormone de l’amour » dans l’alcool et montrait ainsi cette dualité entre euphorie et destruction.

Je m’interroge : le point de convergence entre le sentiment amoureux ou l’acte sexuel et la consommation d’alcool réside peut-être dans l’idée de plaisir partagé mais aussi de transgression (morale, religieuse). La chanson de Michel Legrand dans l’inoubliable Peau d’Âne fait dire aux amoureux : « Nous ferons ce qui est interdit, nous irons ensemble à la buvette, nous fumerons la pipe en cachette, nous nous gaverons de pâtisseries ». Si la rencontre entre le breuvage et l’amour s’opère si efficacement c’est bien que la raison n’y a pas sa place. Comme le dit notre Peau d’Âne : « Amour, Amour n’est pas bien sage ».

Peau d’Âne réalisé par Jacques Demy en 1970

Alcool partout, justice nulle part

Sur l’application de rencontre, les centres d’intérêt que j’ai choisis de mettre en avant dans ma description, d’ordre culturel principalement, sont certes des biens consommables, mais la société n’attend-t-elle pas justement de moi, femme, que je me décrive à travers ces biens « honorables » ? Me viendrait-il à l’esprit de mentionner dans ma biographie : « J’aime les mojitos et chanter ivre I will survive avec mes copines le samedi soir ? » J’en doute.

J’ai alors admis que nous sommes imbriqués dans un système genré quant à l’alcool : une femme qui boit est moins bien perçue qu’un homme. Car un homme qui boit et qui tient l’alcool, c’est ça qui fait de lui un « homme ». À voir certains profils sur l’application de rencontre, on se rend compte de cette essentialisation : je bois donc je suis un homme ; je suis un homme cool parce que je bois.

Mais ce qui m’a interpellée sur l’appli de rencontre n’est finalement que le reflet de ce qui existe déjà dans l’espace public. Lors de mon jogging dominical, je vois très souvent un homme ou un groupe d’hommes trônant avec sa canette de bière et ses cigarettes à 9h du matin, pendant que nous autres sportifs, en majorité des femmes d’ailleurs, nous essoufflons devant ces assoiffés.

Si les hommes semblent décomplexés à consommer de l’alcool et à l’exhiber dans l’espace public, c’est bien que la société les y encourage. Cet exemple du parc est d’autant plus frappant qu’il permet de penser le rapport au corps : le corps de l’homme pourrait être abîmé, on admet facilement un homme au ventre bedonnant (le fameux bide à bière), tandis que la femme est encore sujette aux diktats de la société, devant répondre au culte de la « beauté fatale ».

drunk straw GIF

Plus encore, le côté destroy de l’homme qui boit est souvent perçu comme une qualité, lui donnant un côté sexy et rock’n’roll. La femme qui boit au contraire n’est pas reçue avec autant d’éloge, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle se cache pour boire, si c’est tabou. Une femme alcoolique sera facilement jugée de « pochtronne », de « clocharde ». Il y a d’emblée une violence symbolique. Au contraire, on dira plus volontiers d’un homme qu’il a un « problème avec l’alcool », qu’il est « porté sur la bouteille » que c’est un « bon vivant ». Cette terminologie renverrait à l’idée que les hommes seraient par essence attirés par la boisson. N’alimentons pas ici les stéréotypes et reconnaissons que beaucoup d’hommes ne boivent pas. Cependant, l’ivresse des hommes prête davantage aux rires, celle des femmes peut inquiéter. Une femme qui parle fort du fait de l’ivresse est facilement jugée « hystérique », elle ne tient plus alors sa place qui devrait allier discrétion, élégance, esthétisme. Cette tolérance accordée aux hommes engendre de fait leur domination dans l’espace public.

Force est de constater que la culture de la boisson est souvent un héritage de père en fils, on apprend aux hommes à boire, à être endurant, à « tenir l’alcool ». Un homme qui ne tient pas bien l’alcool est étiqueté de qualificatifs péjoratifs genrés (« tapette », « petite nature », « t’es pas un homme »), le renvoyant à une fragilité, au rang de la féminité que la société a voulu douce, élégante, fragile. Le « tenir l’alcool » renvoie à un certain défi, on le retrouve dans les jeux à boire, le sport. Les hommes sont autorisés à se lâcher, à perdre le contrôle et à s’en vanter.

Ce comportement semble plus valorisé pour la gente masculine, les jeunes femmes étant souvent dans un sentiment d’insécurité lorsqu’elles sont alcoolisées. La boisson chez l’homme est souvent encouragée, et valorisée comme preuve de virilité. Vision bien rétrograde que celle des hommes au bar et des femmes à la maison…

Les rites d’intégration dans les écoles de commerce, d’ingénieurs ou en faculté de médecine où l’on clame « bois d’l’alcool pendant que j’te viole », donnent à réfléchir à la domination de l’homme sur la femme. Au-delà des inégalités biologiques face à l’alcool – les femmes ayant en moyenne une résistance moins importante à l’alcool–, il faut aussi rappeler les abus que l’alcool engendre, et notamment les violences physiques et la culture du viol.

L’alcool légitimise bien souvent les harcèlements, les agressions sexuelles, brouillant les limites du consentement. En effet, boire un verre lors d’un rendez-vous amoureux n’est pas toujours un plaisir partagé, cela peut parfois être une manière pour l’homme de forcer le consentement. Dans le cas de féminicides, l’alcoolémie de l’homme sert d’ailleurs souvent de prétexte aux médias : « Ivre, il tue sa femme ». L’ivresse apparait alors comme une excuse.

La consommation d’alcool serait une « affaire d’hommes », les bars et cafés étant historiquement des lieux fréquentés exclusivement par les hommes. Si les femmes profitent aujourd’hui de ces lieux de socialisation, on observe cependant un reliquat de la tradition qui associe l’homme à la boisson, et notamment dans le cadre professionnel. On pense aux images dans les films ou séries, où la signature de contrats se négocie autour d’un verre.

Déni collectif 

Pour autant, au-delà du marqueur de genre, on observe une banalisation de la consommation d’alcool en France et dans nos sociétés occidentales. Femmes et hommes sont pris dans une injonction à consommer. Une femme qui ne boit pas sera facilement pointée de « sainte nitouche », ne sachant pas s’amuser.

La tendance de l’afterwork fait de l’alcool une activité pour décompresser après le travail, une manière de socialiser avec ses collègues en dehors du cadre de l’entreprise.

Si la consommation d’alcool a diminué en France depuis les années 1960, elle reste l’un des pays les plus consommateurs au niveau mondial, occupant le sixième rang des 34 pays membres de l’OCDE. D’après Santé Public France, 23,6% des personnes de 18-75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017 en France métropolitaine. 15,2% des hommes boivent tous les jours contre 5,1% des femmes. Les hommes meurent trois plus que les femmes des suites de la consommation d’alcool.

Le phénomène de l’apéro Skype pendant le confinement peut questionner sur notre rapport à l’alcool : s’agissait-il uniquement de socialiser avec sa famille, ses amis ou ses collègues, ou était-ce un prétexte pour boire ? Forte de son patrimoine culturel et gastronomique, la France valorise la consommation d’alcool et il semblerait que nous ayons une consommation normée et banalisée.

Quel que soit le milieu social, culturel ou politique, l’alcool semble omniprésent : j’ai rencontré des hommes se disant en « marge » qui paraissaient eux aussi répondre à une norme dans leur manière de consommer. L’argument mis en avant étant celui de la tradition française, du plaisir.

La question de l’alcoolisme est souvent niée car associée à des représentations faussées et peu exposées dans le débat public français. Il est frappant de noter la disparition de la figure de l’alcoolique dans la production cinématographique française, à la différence des films et séries nord-américaines. En effet, sous couvert de tradition française, la figure de l’alcoolique ne semble pas être remise en question.

Dans le cas de personnalités publiques alcooliques, l’addiction est banalisée et apparait alors comme une faculté de génie. C’est le cas d’écrivains alcooliques comme James Joyce, Hemingway, Jack London, Bukowski, Marguerite Duras et tant d’autres. En littérature, la consommation de substances apparait comme un exutoire au poète, l’alcool aidant à supporter le réel et invitant au voyage vers des paradis artificiels.

Mais alors, dans le cadre de la rencontre amoureuse, pourquoi avons-nous besoin de boire ? Avons-nous peur de l’Autre, de nous-même et de nos pulsions ? Que cherchons-nous à fuir par l’alcool ? A la manière d’une potion magique, le verre d’alcool vient atténuer la peur, briser le naturel et par conséquent une certaine nudité de soi. Il agit comme un masque et vient maquiller les blessures et les complexes.

La sphère des relations amoureuses et intimes est-elle nécessairement tributaire des logiques consuméristes ?

Le confinement et la crise sanitaire que nous traversons nous permettent de repenser notre consommation et notre rapport à autrui. Saisissons-en nous pour rendre à la rencontre sa beauté nue, ses maladresses car elle est en elle-même une ivresse pour qui veut bien y goûter.