Je me promenais
J’exsudais sur les souvenirs du phare,
Je me contais les histoires des traversées comme l’on conte aujourd’hui aux enfants les passages des rois et des conquistadors.
Je me rappelais ma propre vie en sillonnant le vécu d’êtres immortels,
Rappelés à jamais par le quai des Enfers et les Portes Paradis
J’avais connaissance de la récurrence des formes géométriques peuplant le monde sur les bâtiments des continents étrangers, ceux qu’on ne voit qu’à la télévision.
Ma réflexion sur l’expansion possible des corps se coupait net au moment de l’action :
Mes muscles se figeaient, mus par une force indistincte… La politesse, peut-être ?
Celle de se désintégrer dans l’espace pour
Faire place
Garnir la décoration
Disparaître dans le coeur d’un corps céleste noir
Tandis qu’en moi combattaient les envies, le désir de faire pour occuper du terrain
Conquérir des territoires,
C’est là, à cet instant précis, je réalisais avec lucidité que je ne pouvais pas sortir de moi-même.
Fin du voyage cosmique //
Les établissements oniriques existent-ils ?


