La transphobie tue, et coûte des millions à l’État

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Où en est la lutte pour les droits des personnes trans en ce 31 mars 2025 ?

Si officiellement, on l’appelle la Journée Internationale de Visibilité des personnes Trans, en anglais TDoV (Trans Day of Visibility), c’est d’une journée de responsabilisation des personnes cis dont on devrait parler pour reprendre les termes de la publication du psy engagé Morgan Noam sur Instagram, puisque les personnes trans ont besoin avant tout de dignité, bien plus que de visibilité.


Comme le 8 mars qui n’est pas “la journée de la femme”, mais la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 31 mars est une journée de lutte pour les droits des personnes trans.

Changement d’état civil : pas d’évolution depuis 2016

Des discrimination, de la transmysoginie, encore et toujours des procédures ultra ralenties, pas d’évolution fulgurante et même, depuis 2016, des millions d’euros dépensés par la Justice en procès liés aux changements de sexe dans l’état civil… 

Des dépenses complètement inutiles puisque d’après les chiffres de la Chancellerie, 99 % des demandes de changement sexe finissent par être acceptées, suite à de longues périodes d’attente aux tribunaux.

Pour résumer la situation, Maud Royer, Présidente de l’Association Toutes Des Femmes, l’explique clairement : 

“Ces 20 millions d’euros, représentent l’argent dépensé par l’Etat pour compliquer la vie des personnes trans, en les forçant à aller dans les tribunaux pour changer la mention du sexe sur leurs papiers d’identité. […] Cet argent pourrait être utilisé pour améliorer les vies des personnes trans qui sont discriminées, ont du mal à accéder au marché de l’emploi, à un logement […]”.

Des droits essentiels pour la dignité des trans

La difficulté des procédures d’état civil pour les personnes trans est telle qu’à l’heure actuelle, elle renforce les discriminations. Par exemple, au moment de la réception d’un colis, au moment de signer un document officiel… L’obligation de dévoiler sa transidentité génère des discriminations et des agressions bien trop récurrentes. 

De plus, ne serait-ce que pour voter ou voyager, c’est-à-dire pour bénéficier comme tout le monde des droits fondamentaux, les personnes trans ont besoin de papiers conformes à leur identité.

Il est donc essentiel de les soutenir pour lutter ensemble contre l’humiliation générée par ces procédures lentes et complexes, qui peuvent aller jusqu’à décourager les personnes trans. 

Les conséquences de la transphobie

Or, que se passe-t-il en cas de découragement des personnes trans face à ce système judiciaire peu accueillant ni bienveillant, face à la transphobie générale ?

  • Repli sur soi, solitude : 

Les discriminations, moqueries et insultes transphobes isolent les personnes trans, au point où elles se replient totalement et se retrouvent livrées à elles-mêmes.

Cette haine et stigmatisation sociale est d’autant plus difficile à supporter pour les enfants trans, qui grandissent le plus souvent dans des environnements scolaires déconnectés de leur transidentité et ne sont pas toujours encadrés par des professeurs éclairés sur le sujet.

Le coming out des mineurs trans peut avoir lieu beaucoup plus tardivement du fait de certaines atmosphères très toxiques de croissance. 

Les enfants trans sont les premières minorités les plus fragilisées, exposées aux multiples préjugés sur l’identité de genre ce qui peut les conduire à ne pas s’accepter eux-mêmes en tant que personnes, ni en tant que citoyens à part entière de cette société.

  • Risque très élevé de dépression et de suicide : 

Un article du Monde de 2023 expose les chiffres alarmants d’une étude réalisée au Danemark, où le risque de faire une tentative de suicide est près de 8 fois plus important pour les personnes transgenres que pour le reste de la population, selon une étude publiée le mardi 27 juin 2023 dans la revue scientifique Journal of the American Medical Association (première étude au monde à présenter des statistiques nationales). 

Une pétition à signer : Juge Pas Mon Genre

La pétition Juge Pas Mon Genre est mise en place par l’association Toutes Des Femmes, et reçoit le soutien de plus d’une centaines d’associations partout en France (Acceptess-T, Aides, Inter-LGBT…) 

En signant cette pétition, vous participez au combat des personnes trans et demandez à ce que le changement de sexe à l’état civil soit déjudiciarisé, libre et gratuit pour toutes les personnes trans, et qu’il puisse se faire sur simple demande.

À signer et partager partout autour de vous ! 

Quand l’Écosse sort du lot en rendant les protections périodiques gratuites !

écosse protections

Ah les règles… Ces pertes sanguines, parfois douloureuses, ces liquides rouges mensuels, qui horrifient les puceaux, et mortifient les agences de pub. On s’en passerait bien, mais mère Nature nous les refile tous les 28 jours, pour une étrange histoire de cycle. 

Les menstruations, un tabou qui coûte cher

Si ce fluide mixé de sang, de sécrétions vaginales et de cellules endométriales fait jaser, il n’en reste pas moins coûteux :  selon un article du Monde (2017) une femme Française en aurait pour 1 730 € de protections périodiques au cours de sa vie, et encore, sans parler des sous-vêtements, anti-douleurs, gâteaux qu’elle achète pour y pallier.

En 2020, selon WeDemain, ces achats reviennent à environ 10 € par mois soit 5000 € sur une vie (si on considère qu’une femme aura 500 fois ses règles avant la ménopause). Et selon l’association Règles Élémentaires, 1,7 million de femmes sont victimes de précarité menstruelle en France. Il ne s’agit donc pas de cas isolés, mais d’un vrai problème de société.

règles

Face à la précarité menstruelle des étudiantes, l’Université Paris Est-Créteil a mis en place, le 9 mars 2020, un distributeur de protections périodiques gratuites et éco-responsables, de la marque Natracare.

Une initiative dont d’autres établissements scolaires devraient largement s’inspirer !

À bon entendeur…

Règles : l’Écosse officialise la gratuité des protections

Le Period Products Free Provision Bill a été adopté ce mardi 24 novembre par le parlement Écossais : la gratuité des protections périodiques (serviettes, tampons…) devient officiellement un droit… LÉGAL !

Une législation fièrement adoptée par la Première Ministre écossaise, Nicola Sturgeon, et initialement portée par la députée travailliste Monica Lennon. Cette loi compte endiguer définitivement la pauvreté périodique en « préservant la dignité des personnes » comme indiqué sur le site officiel du parlement.

Si la mesure coûterait autour de 24 millions de Livres par an soit 28 millions d’euros, il s’agit d’un grand pas dans la lutte contre la précarité menstruelle, une première attendue au tournant par plus de 2 millions de femmes écossaises.

Alors, quels pays sauront suivre leur exemple ?

Le suspense est à son comble…

En attendant, UN GRAND MERCI À L’ÉCOSSE !

L’avant-gardisme en termes de protection des droits des femmes, c’est la grande classe.