Club des 27 : comment je me sens à 27 ans ?

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J’écris pour moi et moi uniquement.

[Bon d’accord, j’écris aussi pour celles et ceux qui sont angoissés par leur âge, alors que oui, je vais le dire ici, dès le début : ce n’est qu’un nombre. D’autres qualités merveilleuses vous définissent ! Imaginez qu’on se sente défini par notre pointure de chaussure. C’est bon, oh, ça suffit. Arrêtons de culpabiliser de prendre de l’âge, de mûrir, de grandir. Le fait que notre corps évolue est plutôt bon signe. Imaginons qu’à 90 ans, on ait l’air d’en avoir 5… On aurait l’impression de se faire arnaquer. La vie est belle. Prenons tout le temps nécessaire pour la célébrer.]

Avoir 27 ans, ça ressemble à du vent frais dans les cheveux le matin dans le printemps naissant.

Ça donne envie de faire l’amour. Des bébés, mais pas trop rapidement, parce que qui sait ce qui nous attend avant de féconder.

Rêver, rire, voyager, grandir en s’aimant, en apprenant le respect, de soi-même pour commencer, les autres ensuite, une fois que c’est bon, que dans notre esprit tout est réglé.

Avoir 27 ans dans mon corps et dans ma tête, ça ressemble à une libération fraichement acquise, un envol enfin célébré, un appartement à soi, une chambre à moi et à moi-seule. Si certains de mes ennemis (à qui je souhaite la bienvenue s’ils lisent ce texte) pourraient prendre ça pour l’apogée de tous les égoïsmes ou pour de l’individualisme à l’américaine, je vois quant à moi, en ces portes, en ces fenêtres, en ces pieds battant sur un joli parquet parisien, la montée en puissance de mon moi réel, ma nouvelle identité à naître.

Avoir 27 ans, c’est l’âge idéal pour écrire, chanter, vivre, s’émanciper, avoir pleinement conscience de soi, de son présent, de son passé, dessiner gaiement le futur.

27 ans dans ma tête de farfadet à l’imagination trépidante, ça revient à embrasser la vie à nouveau.

Divorcer de ses anciennes flagellations intérieures, prendre la vie comme elle vient aussi, ne pas s’embêter avec des ambitions délirantes. Conquérir ? Oui pourquoi pas. Quand je veux, si je veux.

Ma conquête en cours se trouve dans des retrouvailles personnelles, mon ego du présent fait un pas vers mon ego du passé, tout en prenant dans ses bras toutes les facettes de mon moi futur.

Si vous trouvez que ces lignes débordent d’amour et d’auto-suffisance et que vous trouvez ça dégueu tellement ça explose de partout, honnêtement, je n’en ai un peu rien à secouer.

Gloire à ceux qui s’aiment, et savent aimer les autres.

 Si vous pensez que c’est d’abord et surtout l’intelligence qu’il faut développer, la culture qu’il faut approfondir, les bonnes manières et la diplomatie qu’il faut pratiquer, retournez dans votre joli jardin et arrosez vos « faut » comme bon vous semble.

Mon envol pour la vie a déjà commencé, puisse l’atterrissage prendre des années d’exquises folies de bonheur de joie et de réalisations d’objectifs. La cible ? La beauté des femmes, des hommes, des petites choses. Voir toute cette beauté en couleur, en grand, en petit, tant qu’on la voit d’assez près pour se délecter du monde à chaque instant.

Participer à la beauté. Ajouter par des petites actions simples, tout ce dont la nature a besoin pour configurer l’harmonie.

À ceux qui voudraient que je ressente des choses impossibles à éprouver.

À ceux qui me font ou m’ont fait chanter émotionnellement.

À ceux qui ont confondu sommeil et désir. Amour d’enfant et amour de grandes personnes.

À ceux qui m’ont manipulé, dit que jamais je ne pourrai jamais retrouver autant d’amour après les avoir quitté, dit qu’ils avaient tout donné pour moi et que je ne retrouverai jamais une aussi « belle » paix que ceux qu’ils me donnaient.

À ceux qui m’insultaient sans raison, gratuitement, me faisaient sentir stupide juste pour mieux exister.

À ceux qui me faisaient remarquer certains détails sur mon corps qu’ils étaient incapables d’apprécier : les proportions de mon estomac, de mon nez, de mon visage tout entier, de mon rire, tonitruant parfois, de mon silence accablant et ma prétendue timidité – laquelle prend généralement toute sa place lorsque je n’aime pas quelqu’un…

À celles qui s’amusaient avec toute l’amitié que j’avais pour elles, me pensaient éternellement reconnaissante et soumise à des diktats indicibles et des codes ultra parisiens, privés, et soi-disant « hype ».

À celles qui connaissaient mes défauts par cœur et s’en sont servis exprès pour me faire exploser de jalousie, de colère, de toutes ces choses fatigantes qu’on ferait mieux de pas trimbaler avec soi…

À ces professeurs qui ne voyaient pas trop où je voulais en venir et encore aujourd’hui seraient capables de me regarder avec des yeux de merlans frits en me demandant l’air pataud, mais dis-donc tu vas où ?

Laissez-moi dire à tous infimes passants de ma vie, où je vais. Car c’est un chemin semé de joie, d’indépendance, de courage, d’affirmation de soi que certains n’osent prononcer, et pourtant je vais…

Eh bien je vais là, tout simplement :

Liberté

Sur mon chemin, je ferai quelques étapes très jolies, dont voici quelques-unes :

  • Indépendance
    • Respect
    • Courage
    • Rêves et imagination
      • Audace
  • Détermination
  • Culot
    • Scandale
  • Douceur
    • Générosité
  • Altruisme
  • Sécurité financière
    • Stabilité émotionnelle

Et vous, où allez-vous ?

Le récit de Syrine : un chemin vers la résilience !

syrine-resilience

Il y a quelques jours, nous avons reçu un message sur notre compte Instagram (Colettemagazine_Officiel) : une certaine Syrine M., plus connue sous le nom de @Plusjamaissilencieuse nous a fait part de son envie de s’exprimer sur un sujet tabou, celui de la pédophilie. Son message et son compte nous ont immédiatement interpellées : ses posts originaux, prenant la forme de poésies brèves, incisives, incitent à questionner notre éducation, notre rapport au consentement, à réfléchir à des problèmes de société de fond. Et d’ailleurs, après le viol, quelle voie emprunter ?

Grâce au récit de Syrine, nous avons compris un fait essentiel : si le chemin de la reconstruction des victimes de viol s’avère long, sinueux, souvent semé d’embuches, la résilience existe. Ce témoignage en est la preuve.

Bonjour Syrine, nous sommes les cofondatrices de Colette Magazine. Nous échangeons aujourd’hui pour la première fois car tu souhaitais raconter ton histoire ?

Enchantée, oui, je suis ravie de pouvoir m’exprimer.

Un peu de contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Qui es-tu ? Que fais-tu au quotidien ? Qu’est-ce qui t’as amené à créer ce compte @plusjamaissilencieuses ?

J’écris sous le nom plusjamaissilencieuses, un compte instagram que j’ai créé autour du 20 février et en fait je n’ai pas mis mon nom / prénom tout de suite, je préférais écrire de manière anonyme car j’avais besoin de temps avant de vraiment me dévoiler.

Pour me décrire , en quelques phrases, je dirais que je suis une femme engagée, et notamment à travers ce compte, je suis étudiante, je suis aussi maman… J’ai plusieurs casquettes !

Pourquoi ce compte ?

Parce que j’ai été victime d’agression sexuelle lorsque j’avais 9 ans, et ça a duré pendant plus de deux ans.

C’était quelqu’un qui était très proche de mon entourage, c’est pour ça que je n’ai pas pu en parler de moi-même, et comme je l’écris dans un de mes textes, je n’ai pas eu des parents qui ont su comprendre les faits et m’accompagner, au contraire, ils m’ont également eux aussi condamné.

Ce qui m’a conduit à me renfermer dans une sorte de mutisme pendant des années et la conséquence de ce que j’ai vécu a eu des répercussions assez douloureuses dans ma vie.

C’est pour ça que j’ai décidé d’écrire et de me lancer dans l’aventure parce que la plupart du temps j’étais un peu frustrée de m’apercevoir que beaucoup de personnes parlaient d’agressions sexuelles, de viol etc. mais souvent je réalisais que ces personnes-là ne l’avaient pas directement vécu.

Et moi dans ce débat-là, il me manquait quelque chose pour m’identifier, parce que je ne trouvais pas que ce soit assez bien décrit, et à travers mon compte et à travers certains textes j’ai souhaité parler de ce que j’ai subi sans vouloir faire de la peine ou autre, je voulais vraiment qu’il en sorte un sentiment de résilience, qu’on se dise « ce qui ne te tue pas te rend plus forte », et surtout je mets vraiment un point d’honneur à parler des conséquences.

Parce que je trouve que l’on ne parle pas assez des conséquences que cela génère, et c’est pour ça que je me suis lancée dans l’écriture.

« Ce qui ne te tue pas te rend plus forte. »

–Syrine M. – @Plusjamaissilencieuses

Bravo pour cette aventure qui commence, nous te trouvons très courageuse de passer par l’écriture.

Tu parles de conséquences, quelles sont-elles justement ? Est-ce que tu as réussi à t’en sortir, grâce à ce cheminement d’écriture, ce compte Instagram, ou est-ce que tu as eu recours à d’autres moyens pour te relever de ce traumatisme ?

Il y a un mot qui est très fort pour moi, c’est la résilience, c’est le nerf de la guerre, et c’est ce que j’ai réussi à entreprendre.

Les conséquences, ça va être la boulimie et l’anorexie : on les présente souvent comme des maladies mentales ou des troubles du comportement alimentaire, pour moi c’est la conséquence d’un traumatisme.

J’ai eu des troubles alimentaires pendant des années, je me suis fait vomir parce que j’avais besoin de manger énormément à outrance pour combler un vide que j’avais, et finalement besoin de me débarrasser du sentiment de culpabilité.

La conséquence première que je ressens à titre personnel, c’est la culpabilité. Souvent, je me rends compte, même les personnes qui viennent me parler, se sentent coupables de ce qu’elles ont vécu, elles se chargent de la culpabilité de leur agresseur. Bien souvent, les agresseurs font partie du cercle familial ou en tout cas du cercle proche, et dans ces cas-là forcément ces personnes sont condamnées au silence, ont peur de dire les choses parce qu’ils ont peur de déranger.

Autre type de conséquence, ça va être les comportements avec les hommes.

Je sais que j’ai eu des comportements avec les hommes où on aurait pu me traiter de tapin, que je ne me respectais pas et ainsi de suite…. Le truc c’est que quand on t’a appris petite que pour recevoir de l’amour, il faut « te donner », il faut faire des choses sexuelles, forcément ton cerveau l’enregistre comme le ferait un ordinateur, et plus tard, ce type de données vont influencer logiquement ton comportement avec les hommes.

Les personnes extérieures, en général, vont juste te juger et pas se poser les bonnes questions de « tiens mais au fait, pourquoi elle agit comme ça ? »

Donc les agressions sexuelles, ça entraîne plein de conséquences.

Les troubles alimentaires, des comportements avec les hommes particuliers, un manque de confiance, un besoin de reconnaissance qui est ÉNORME, et ce qui va d’ailleurs nous mener à nous enticher du premier venu parce que tout simplement, nous avons besoin d’amour.

Autre conséquence dont tu parles sur ton compte Instagram, tu as donc dû te couper de certaines personnes, de ton entourage, des personnes qui ne t’ont pas soutenue ? Quelle a été la réaction de tes proches, et notamment, de ta maman ?

Tiens, question super intéressante.

Parce qu’encore une fois : on ne parle pas assez de l’entourage, de comment celui-ci va accueillir la chose et va gérer la chose. Parce que finalement, ce qui va être déterminant dans ta reconstruction, ce sont les personnes qui vont te soutenir.

Et moi ce n’a pas été le cas…

Si tu veux, je te refais le topo.

J’ai grandi dans une famille totalement disloquée, mon père n’était pas là, ma mère avait déjà des troubles du comportement à tendance un peu bipolaire, elle était souvent sous l’emprise de la drogue, elle prenait beaucoup de substances illicites.

Elle s’est entichée d’un homme avec qui elle est restée pendant des années, qui n’était donc pas mon père biologique, et moi j’ai été rangée dans l’espèce d’unité familiale qu’ils ont construit.

Un jour, ils ont eu des enfants, et à partir de cet instant je n’étais plus la bienvenue.

Cet homme n’était pas mon père légitime, ils avaient créé leur univers, donc pendant longtemps je suis restée enfermée dans ma chambre. Je ne sortais pas de ma chambre, on ne voulait pas me voir.

J’étais livrée à moi-même, et c’est là que j’ai fait la connaissance de ce « voisin ».

C’était mon voisin.

Un homme qui avait une cinquantaine d’années, qui avait déjà à charge des enfants (je ne suis pas la seule victime de cette histoire-là), je me suis liée d’amitié avec cette autre petite fille qu’il « gardait », et ça a commencé comme ça.

Un manque de repère : ça a commencé par une caresse et j’ai pris ça pour de la tendresse.

Dans mon cercle familial, je n’avais personne pour m’épauler, j’étais vue comme ma mère m’appelait souvent, « une source de problèmes » parce que j’étais un obstacle et un frein à sa nouvelle vie.

J’ai donc été violée pendant plus de deux ans par cet homme-là, et ce qui s’est passé, moi je n’aurai jamais osé le dire parce que je savais très bien que ma mère était violente et il m’avait souvent menacé en me disant si tu vas le dire à ta mère… Non pardon : « si tu ne dis pas non et si tu refuses ce que j’ai envie de te faire je vais le dire à ta mère. »

Ça s’est su comment ?

Eh bien un jour, j’étais chez ma mère (parce que je vivais très souvent chez lui en général), et les gendarmes ont frappé à la porte et ils nous ont dit qu’ils avaient retrouvé les vidéos pédopornographiques sur lesquelles j’étais dessus. Et c’est comme ça que ça s’est su.

Quelqu’un avait donc contacté la police ?

En fait, les policiers font souvent des recherches sur les ordinateurs. Et il se trouve qu’ils avaient déjà été sensibilisé aux problèmes de cette personne-là, et ils ont retrouvé près de 420 000 clips de vidéos pédopornographiques sur lesquels j’étais dessus. Et malheureusement et heureusement pour moi il avait déjà tout avoué à la police lorsqu’il s’est fait arrêté. Et donc ils sont venus frapper à ma porte, et c’est comme ça que tout s’est su.

Je n’ai pas eu du tout le soutien de ma mère à ce moment-là, bien au contraire, comme je viens de l’écrire récemment dans mon feed instagram (d’ailleurs j’ai remis tous mes textes et la fréquence est plus régulière en ce moment parce que j’avais dû supprimer tous mes textes pour changer de ligne éditoriale).

Ma mère, quand ça s’est su, m’a dit que pour elle, j’avais dû aimer ça, parce que sinon pourquoi ça aurait duré aussi longtemps.

Après la justice s’en est mêlée, mais clairement personne de cette bulle-là ne m’a prise en charge.

Est-ce qu’à ce moment-là tu as eu un soutien psychologique ? Et d’ailleurs quel âge tu avais lorsque ça s’est su ?

Ça a duré de mes 9 ans à mes 11 ans, et il me semble que je devais avoir 12 ans quand ça s’est su.

Les fréquences des viols ont commencé à diminuer parce qu’il commençait à être inquiété par la justice, ce que je comprends aujourd’hui, et finalement les visites s’estompaient.

Je suis vraiment allée loin avec lui, il m’a emmené jusqu’en Norvège, ma mère a fait une autorisation – c’est vrai que ça surprend toujours – mais elle a signé un papier pour autoriser sa fille à se rendre en Norvège accompagné d’un homme de 54 ans.

Pourquoi en Norvège ?

Ce qu’il faut savoir c’est que c’était un réseau, il n’était pas seul, j’avais rencontré d’autres personnes qui commettaient ce même type d’actes et pourquoi en Norvège, parce qu’il était norvégien.

Il parlait très peu français. On communiquait en anglais ou alors avec quelques bribes de mots en Français. Je tiens à dire aussi, ce sont des questions que j’ai eues et des retours quand j’étais petite qui m’ont profondément traumatisé qui m’ont dit « oui mais, rester aussi longtemps, t’avais le choix, même petite tu étais extravertie… »

Ou même quand j’ai relu le procès-verbal, ils nous décrivent cet homme-là et moi comme un couple, alors que j’avais seulement 9 ans et lui 54 ans.

Extrait de l’ordonnance de mise en accusation de l’agresseur.

Comme j’étais livrée à moi-même finalement, je ne pouvais pas manger à ma faim et avoir une hygiène normale.

J’ai compris que chez cet homme-là, je pouvais recevoir des soins primaires, ne serait-ce que de l’affection et de la tendresse, et c’était finalement un moyen de survie que j’ai dû utiliser pendant plus de deux ans.

Comment décrirais-tu ton agresseur ?

Je pose la question parce qu’on a tendance à percevoir ce dernier de manière très cliché (un homme crapuleux, trapu, méchant, qu’on reconnait tout de suite au coin de la rue…) alors que j’imagine que dans la réalité cette description stéréotypée est loin d’être la seule.

Est-ce qu’aujourd’hui, en le voyant, tu te serais dit ah oui ce mec-là, c’est un type horrible ?

Très bonne question, et tu parles de cliché en plus c’est parfait, parce que justement : très souvent, quand on présente un agresseur, ou les agresseurs dont on entend le plus parler à la télé, ce sont régulièrement des inconnus qui ont violé des jeunes filles au coin de la rue… Non, ce n’est pas ça (pas dans la plupart des cas).

Dans 90% des cas, l’agresseur est très proche de la famille.

C’est un parent, un frère, une sœur, parce que oui il n’y a pas que les hommes qui commettent des actes de pédophilie – c’est important aussi de le dire – et justement lui, c’est monsieur tout le monde.

Il est le monsieur qu’on a envie d’apprécier, il va rendre des services, il va savoir se rendre indispensable… Comme une araignée il va tisser une toile, et finalement représenter le sauveur.

Moi, aujourd’hui, avec mon regard d’adulte, comment je vais le décrire ?

Je vais le décrire comme quelqu’un de penaud, qui fait de la peine, pas quelqu’un qui fait peur.

Une personne qui inspire de la sympathie et de la bienveillance, pas du tout la bête affreuse que l’on peut s’imaginer. C’est quelqu’un de très intelligent, de cultivé, qui a su se rendre indispensable et pourquoi, parce que déjà il avait beaucoup d’amis, les gens l’appréciaient. Les gens l’appréciaient tellement qu’on leur confiait leur enfant.

Tout à l’heure, tu nous expliquais qu’il s’agissait d’un « réseau », de quel réseau s’agit-il ? Un réseau pédophile norvégien, français ? Ou les deux ?

C’est à travers le procès-verbal que j’ai compris que c’était un réseau, moi à titre personnel, j’ai connu un autre homme. Il faut savoir qu’en Scandinavie, dans les pays nordiques en tout cas, on met en avant les droits de la femme, il y a énormément de pédophilie et de réseaux qui se créent là-bas.

Ce qui s’est passé, c’est que lui est arrivé en France grâce à l’intermédiaire d’un ami qui vient du Danemark et les deux avaient une appétence pour les enfants et ils s’échangeaient des mails régulièrement. Et cet homme-là fournissait des médicaments, du GHB principalement, pour pouvoir nous endormir. La jeune fille qui a vécu ce traumatisme et moi subissions des actes d’agressions et de pénétrations sexuelles pendant que l’on dormait.

Voilà, il allait se fournir chez cet homme-là, et c’est même cet homme-là qui l’a mis en garde au bout d’un an, un an et demie, en lui disant attention, ça commence à se voir ta relation avec les filles, ça commence à être dangereux.

C’est comme ça que les choses, les liens se sont étiolés jusqu’à finalement ne plus arriver.

[Silence] … Merci beaucoup en tout cas de nous raconter tout ça. C’est super important d’en parler.

Au niveau de la prise en charge, es-tu allée voir des associations personnellement, ou est-ce qu’il y en a certaines que tu recommanderais sans hésiter ?

Alors, moi non, je n’ai pas été prise en charge.

C’est d’ailleurs ce que je regrette et ce que j’aimerais mettre en avant, c’est que de mon côté quand ça s’est su, je n’ai pas été prise en charge. C’est pourtant ce que j’aurais souhaité, et c’est d’ailleurs un de mes combats, à mon sens chaque victime, peu importe l’âge, l’acte, ou le degré de traumatisme vécu, devrait se faire financer un suivi psychologique, thérapeutique de qualité.

Et quand je dis ces mots, attention, je ne parle pas de psychiatrie.

Parce qu’évidemment, ok, les psychiatres sont remboursés par la sécurité sociale, mais pour en avoir vu plusieurs, à mon sens la psychiatrie n’est pas adaptée à ces traumatismes.

Je n’ai donc pas été prise en charge et j’étais aussi dans un flou total, ça a d’ailleurs été la dégringolade, je suis tombée dans l’alcoolisme, les comportements déviants avec les hommes, la boulimie, j’étais dans un schéma très autodestructeur.

Le déclencheur ça a été une rencontre, mon compagnon actuel, il m’a dit écoute, il faut que tu vois quelqu’un. Et là, j’ai commencé à entreprendre les démarches mais j’ai toujours été craintive et sauvage par rapport à ça, et finalement je suis allée moi-même tester différentes thérapies avec des psychologues, avec des techniques adaptées, etc.

C’est comme ça que j’ai réussi à avancer, à être un peu plus chaque jour dans la résilience.

Aujourd’hui, l’écriture, c’est vraiment l’une de mes meilleures thérapies. Ce que j’essaie de mettre à travers mon compte instagram, les sondages et les questions-réponses, c’est que tout le monde peut parler de manière anonyme et ça, ça fait énormément de bien.

Juste libérer la parole.

Après, trouver un exutoire. Un moyen d’expression, le sport, le dessin, n’importe quel moyen pour exprimer ce que l’on a en soi.

Par rapport à ta mère, quelles ont été les étapes pour te détacher d’elle, et de ses jugements incessants à ton égard ?

Quand ça s’est su, ma mère a eu un comportement très violent avec moi c’est-à-dire qu’elle ne me considérait plus comme un être humain.

Elle a été très très violente avec moi, elle a commencé à me frapper de plus en plus fort, elle me crachait dessus en public… elle n’avait plus aucune considération pour ma personne. Et elle avait des troubles avec les addictions, et elle n’a pas été capable de gérer sa culpabilité, elle a préféré me la faire endosser, parce qu’elle s’est rendu compte à quel point ce qu’elle avait fait et ce qu’elle avait laissé faire c’était horrible et finalement elle s’est réveillée de ses années d’absence durant lesquelles elle n’était absolument pas dans son rôle.

Ce qui s’est passé, c’est qu’elle était donc avec son compagnon qui était lui aussi très dépendant de l’alcool (donc lui aussi était nocif), puis ils se sont séparés, et une fois en instance de séparation, l’homme avec qui elle était a récupéré la garde de mon frère et de ma sœur, et moi je suis allée quelque temps chez sa famille, mais je n’avais nulle part où aller, parce que ma mère était rentrée en hôpital de jour. Puis elle m’a dit tu vas aller chez ta tante.

Ma tante que je remercie profondément qui m’a vraiment permis d’avancer. Elle m’a dit tu vas aller chez elle en vacances. Puis finalement, tu y restes.

Je suis restée là-bas chez ma tante – là-bas : Bordeaux, je suis passée de Nice à Bordeaux – et pendant longtemps j’avais besoin de ce lien avec ma mère. Je me rendais compte qu’elle était toxique et nocive, mais pendant des années j’ai cherché le lien avec elle, j’avais besoin de cette reconnaissance maternelle, d’être l’enfant de quelqu’un, que quelqu’un dise de moi que j’étais quelqu’un de bien, que l’on me donne cette confiance que je n’avais pas, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était plus nocif qu’autre chose pour moi.

Depuis près de deux ans, j’ai réussi à faire un deuil de ma relation avec ma mère.

C’est réellement ça, j’ai fait le deuil de ma mère.

Vous n’avez donc plus aucun contact ?

Non, plus aucun contact, elle est bloquée de partout, le problème en fait c’est qu’elle ne reconnaît qu’à moitié sa culpabilité, ça c’est très difficile pour moi parce que c’est comme si je me manquais de respect encore une fois à moi-même en l’autorisant à avoir une influence sur moi, ou à lui permettre de me juger ou quoi que ce soit d’autre après tout le mal qu’elle m’a fait.

Je ne veux pas non plus qu’elle rentre dans la famille que j’ai réussi à construire aujourd’hui. J’ai fait le deuil, pour moi, elle n’existe plus, elle est à part, je ne la vois plus, c’est mieux comme ça.

Il m’a fallu du temps pour l’accepter parce que c’est dur, parce que ça reste ma mère, et surtout parce que c’est difficile de grandir sans parent, parce que forcément on va chercher des modèles chez n’importe qui et tous les modèles ne sont pas bons.

J’avais souvent ce manque, ce besoin de m’identitifier à quelqu’un…

Et voilà, aujourd’hui, c’est chose faite, le manque est comblé, je suis plutôt contente ! [rires de joie]

Ta tante finalement a pris en charge ton éducation c’est bien ça ? Est-ce que tu as pu tout lui raconter, ou alors la police l’en a informé ? Comment ta tante a-t-elle accueilli les faits ? A-t-elle su t’écouter ?

Oui !

Ma tante l’a su par ma mère, et au moment où elle a compris, elle a dit à ma mère « je veux bien venir chercher ta fille, elle vient à la maison, mais je ne veux plus te voir ». Aujourd’hui ma tante ne parle plus à ma mère, elle ne lui pardonne pas ce qu’elle a fait.

Il faut aussi savoir que dès ma naissance, en Tunisie, j’avais une relation très privilégiée avec ma tante et elle me disait souvent que quand elle m’a vu la première fois elle a eu un coup de foudre pour moi, elle a souvent fait des allers retours entre la France et la Tunisie pour venir me voir, elle a toujours été là dans ma vie, elle a été là quand j’en avais besoin, à mes 13 ans, quand je suis venue habiter chez elle.

On n’a pas forcément parler de ça, mais elle m’a appris des choses que je n’avais pas.

Quand je dis que j’étais enfermée dans une chambre, c’est réel, c’est-à-dire que j’ai déjà passé un mois et demi sans me laver, sans avoir de soins, sans me doucher. Ma tante m’a appris à me mettre à table, à manger avec des couverts, à avoir une hygiène, c’est peut-être banal, mais le fait de changer de culotte tous les jours, de se doucher, de prendre soin de soi, elle m’a appris le goût de la lecture, elle m’a appris à bien m’exprimer… Toutes ces belles choses-là.

[Parenthèse] Est-ce que tu as lu Le Consentement de Vanessa Springora ?

Non pas du tout mais je vais le noter !

De quoi ça parle ?

C’est l’histoire de Vanessa Springora, l’autrice, qui a été abusée par Matzneff alors qu’elle était mineure.

Bien sûr ce n’est pas la même histoire [NDLR et de toute façon chaque histoire est unique] C’était juste pour rebondir sur l’aspect exutoire, la lecture aussi peut aider j’imagine à mieux comprendre les rouages de ce que l’on a subi.

Oui, c’est super intéressant.

Récemment j’ai regardé un film, je ne sais pas si vous l’avez vu, Les Chatouilles, d’Andréa Bescond, et ça a été la première fois où j’ai vu qu’une personne racontait son histoire qui s’est déroulée dans un cercle familial, j’ai trouvé ce film extraordinaire.

Oui, il est top ce film. Si je te parlais du livre, c’est parce qu’elle parle aussi de la complicité de sa mère qui était témoin de cette relation avec cet homme, qui l’a même presque mise dans les pattes de son agresseur.

C’est hyper intéressant qu’on parle des femmes en effet, parce qu’on est figés dans le cliché que la femme est un être extraordinaire, presque surnaturel, bienveillant, on n’accepte pas que la femme puisse avoir des défauts, et on ne parle pas assez des filles ou des femmes qui agressent alors que c’est une réalité.

Il y a d’ailleurs énormément de femmes qui sont complices de ces actes-là pour retenir leur homme, parce qu’elles ont compris que l’homme était intéressé par la jeune fille et non par elles, et il y a aussi d’autres cas où des femmes vont privilégier leur mari, leur relation au détriment de leurs enfants, et ça a été le cas de ma mère.

Autre livre que j’ai lu récemment, qui est certainement plus connu et davantage médiatisé : la Familia Grande, tu connais ?

Ah ! Oui, tout à fait, de Kouchner !

C’est d’ailleurs ce qui a donné un souffle au mouvement #metoo inceste et ça aide énormément.

Il était temps que la parole se libère.

[Fin de Parenthèse] Pour revenir au profil de ton agresseur, et pour libérer la parole et briser les clichés justement ! Est-ce que ton agresseur était marié, avait une compagne ? Allait-il jusqu’à agresser sexuellement ses propres enfants ?

Alors, il était natif de la Norvège, il était en couple, marié, et avec sa femme ils ont eu un fils et une petite fille. Ils se sont séparés, c’est là qu’il est parti vivre à Nice avec son fils, alors âgé de 16 ans.

 Il se sont installés dans la maison juste à côté, qui était collée à la nôtre.

Quand je parlais de 420 000 vidéos tout à l’heure, ce sont des vidéos donc de moi, et d’une autre petite fille.

J’ai connu quatre ou cinq autre personnes victimes de ses agressions sexuelles.

Il y avait la fille avec qui j’étais, qui était à l’époque mon amie, qui a vécu ces traumatismes-là, mais elle a réussi à partir avant. Il y avait des jeunes filles aussi, qui, lorsqu’on est partis en Norvège, j’ai compris qu’il se passait quelque chose parce qu’il allait souvent « aider leur famille » parce que les parents étaient sourds-muets etc.

Moi, pendant ce temps-là, j’allais souvent dans une maison où il y avait une jeune fille, qui s’appelait Matilda, et en parlant avec elle, même si on ne parlait pas la même langue, j’ai compris qu’elle avait vécu ça.

Par la suite dans le procès, ça a aussi été dit.

Aussi, je me rappellerai toujours la photo d’un petit garçon métisse qui était sur son bureau. J’ai compris à travers ces photos que lui aussi avait vécu ces actes atroces.

Es-tu restée en contact avec cette amie ? As-tu revu Matilda, et / ou ce petit garçon ? As-tu renoué contact bien plus tard ?

La jeune fille française avec qui j’étais amie, j’ai essayé de lui reparler récemment

 Et c’est là qu’on voit que finalement, on vit tous des traumatismes et on les gère tous différemment, parce qu’elle, elle est dans une forme de déni.

Elle a été beaucoup plus impactée, ça a généré énormément de névroses chez elle.

J’ai essayé de lui reparler mais pour elle c’était trop violent, trop traumatisant, on a eu un échange assez bref et assez superficiel, elle n’a pas voulu parler avec moi. Pour elle c’était trop, et ça je le respecte tout à fait. Mais donc, non, il n’y a pas eu de lien particulier ensuite.

Tu nous parles d’agressions sexuelles, était-il également violent physiquement ? Est-ce qu’il vous frappait ?

Non justement, comme je disais tout à l’heure, ce serait effectivement un autre cliché à briser puisque non il ne faisait pas peur du tout, il parlait tout doucement, il avait l’air un petit peu penaud. Il exerçait une menace en me disant qu’il allait tout dire à ma mère, il y a eu une seule fois où il m’a insulté en anglais parce que j’ai refusé un rapport sexuel dans une voiture, je ne voulais pas qu’il me touche.

Sinon la plupart du temps, dans sa maison, alors que son fils y vivait, on avait une chambre « à nous », il nous achetait des vêtements, parce qu’il avait beaucoup d’argent, j’avais un collier serti de diamants avec la première lettre de mon prénom… On était pourries gâtées en fait.

Moi je ne voyais qu’une chose, quelqu’un qui subvenait à mes besoins.

C’était quelqu’un qui nous achetait continuellement, et lorsqu’il y avait un refus la menace c’était soit « tu ne m’aimes pas » ou alors « je vais le dire à tes parents ».

C’était de la violence psychologique, avec un lien de subordination. Il avait un ascendant sur moi, et il savait que je n’avais nulle part où aller.

Est-ce qu’à ce moment-là, tu savais que c’était un agresseur ? Avais-tu abordé la question de l’éducation sexuelle avec ta mère ou d’autres adultes, des professeurs ?

Je n’ai jamais abordé ça avec ma mère, en revanche j’avais conscience que c’était mal, j’avais l’impression que c’était de ma faute, que j’allais le chercher et que j’étais quelqu’un de seule, pour moi c’était forcément moi la coupable.

Je pensais que c’était moi qui avais fait une grosse bêtise, que c’était extrêmement grave mais je savais très bien du haut de mes neuf ans, que j’étais obligée de me mettre dans cette situation-là pour pouvoir fuir la violence qu’il y avait au sein de mon foyer, avec ces personnes complètement droguées, shootées dans une autre réalité.

J’essayais de me déconnecter de ce schéma-là pour tomber dans un autre schéma, où finalement j’agissais un peu comme la petite adulte, « OK, donc pour survivre il faut que je fasse ça », je répondais à ses avances, je savais très bien ce qu’il fallait faire, il m’a vraiment…

Ce qui est vraiment étrange avec lequel j’ai beaucoup de mal avec ma sexualité, c’est qu’il m’a éduqué sexuellement où dans le sens c’est avec lui que j’ai appris à faire des fellations, comment faire des strip-teases, comment satisfaire un homme, il y a vraiment une éducation, il a donné des cours hein, il y avait des journées où il donnait des cours : qu’est-ce qu’il fallait faire, comment te comporter, il m’habillait avec les vêtements qu’il lui plaisait…

Tout ça, ça a été très difficile.

[Silence] C’est dur de trouver les mots ! On a envie de dire désolée que tu aies vécu ça, on aurait voulu que ça ne t’arrive jamais…

C’est extra déjà d’accueillir ce que je vous raconte, si j’étais à votre place, j’aurais envie de rentrer dans l’ordinateur ! Déjà un grand merci, vous restez là, vous restez calmes, c’est pas évident de recevoir tout ça. Merci infiniment de me donner la parole parce que moi aujourd’hui c’est que j’ai envie de faire c’est d’insuffler un nouveau souffle, un nouvel élan, je veux pas de pitié ou quoi que ce soit, je suis là OK, c’est arrivé, on va se battre.

Surtout, je veux déculpabiliser les victimes par rapport aux comportement que ça génère, dire en aucun cas ce n’est de votre faute, on est ensemble : plus jamais silencieuses, ensemble, on est plus fortes.

Résilience. Le maître mot !

Résilience tout à fait !

Aujourd’hui, tu es maman ? Est-ce que tout va pour le mieux maintenant ?

Oui, je suis maman d’une petite fille qui va bientôt avoir neuf ans.

Je l’ai eue très très jeune, à l’âge de 17 ans suite à un déni de grossesse. Non ça a été difficile, comme un spasme à mes engagements, parce qu’il y a un tabou autour de la maternité de « oh la la, c’est le coup de foudre, c’est génial, tout va bien », on parle aussi du baby blues, un nom bien joli pour décrire des sentiments qui sont totalement différents.

Non clairement, je le dis, ça n’a pas été le coup de foudre, j’ai accouché, quand je l’ai su j’en étais à cinq mois et demi, j’ai mis près d’un an, un an et demi, à comprendre que j’étais mère, à l’appréhender, à l’apprivoiser, et à l’aimer tout simplement.

Au début, j’étais un peu la maman mécanique, je faisais tout ce qu’il fallait faire, ce qui était écrit dans les livres, ce qu’on m’avait dit « oui il faut allaiter parce que si tu n’allaites pas tu vas ressentir de la culpabilité etc » donc j’allaitais etc. je suivais tous les conseils adaptés, j’ai vraiment mis du temps à apprendre à être mère, et j’apprends encore à l’être. C’est pas évident, parfois j’ai tendance à transposer ce que moi j’ai pu ressentir sur elle, donc je suis aussi très parano, j’ai peur de lui transmettre ce que j’ai vécu, ce n’est pas la relation la plus épanouie de l’univers mais je fais de mon mieux.  Je pense que c’est le principal, je fais de mon mieux, je ne suis pas parfaite loin de là, je fais plein d’erreurs tout le temps, mais je fais de mon mieux pour la protéger et aujourd’hui je l’aime !

Je l’aime, c’est ma fille. Et ça, c’est bien de pouvoir le dire, mais aussi de pouvoir le ressentir.

C’est très courageux de ta part, déjà d’avoir souhaité la garder c’est bien le signe qu’il y avait dès le départ un amour très fort, une envie de transmettre, malgré ton déni de grossesse j’imagine, est-ce qu’à un moment donné, avant ton accouchement tu t’es posée des questions, notamment liées à une éventuelle adoption ?

Ah oui ! Bien sûr.

Très honnêtement, si je l’avais su avant d’en être à cinq mois et demie, j’aurai tout fait pour avorter. Je me suis renseignée, j’ai appelé des centres, etc. Il n’y avait qu’aux Pays-Bas d’ailleurs où j’avais la possibilité d’avorter à cinq mois de grossesse, cependant je n’avais pas les moyens nécessaires….

C’est peut-être horrible ce que je vais dire mais j’aurai préféré interrompre ma grossesse plutôt qu’une autre personne que moi s’occupe de mon enfant.

Je n’aurai pas pu vivre avec l’idée que je ne connais pas mon enfant, qu’il grandit, alors que c’est mon être, c’est la chair de ma chair, j’aurai pas pu vivre avec ça.

C’est peut-être égoïste, parce que j’étais à la rue à ce moment-là, je n’avais pas du tout les moyens nécessaires pour élever un enfant correctement mais je ne voulais pas que ce soit une autre personne qui ait cette responsabilité-là.

Pour moi, c’était hors de question de ne pas connaître mon enfant.

Et en même temps, je reconnais que c’est un choix égoïste, parce qu’elle a grandi dans des conditions qui étaient très compliquées. J’ai vécu pendant deux ans dans un foyer maternel et les foyers maternels malheureusement…

Heureusement que ça existe, mais disons que ce n’est pas ça, on a vécu dans un 15 mètres carrés pendant plus de deux ans et demie, on dormait dans un lit une place, dans des conditions très précaires, moi j’étais totalement à ce moment-là dans l’autodestruction, elle a vu beaucoup de mes comportements nocifs et auto-destructeurs, voilà.

J’ai grandi avec elle, donc forcément elle a aussi une éponge émotionnelle, elle a ressenti tout ce que j’ai pu vivre. Aujourd’hui je m’en rends compte, ce n’est pas comme les autres enfants, elle a certaines réactions, je me dis en même temps ce n’est pas grave, moi j’ai vécu ça, ça m’a rendu plus fortes aujourd’hui, je ferai de mon mieux, on va grandir ensemble et petit à petit j’arrive à lui redonner vraiment sa place d’enfant que je n’ai pas très bien su lui donner quand elle était petite, et moi devenir vraiment parent.

Est-ce que tu as parlé à ta fille de ce qu’il t’est arrivé ? 

Elle est encore très jeune, je ne voudrais pas qu’elle ait peur des hommes et qu’elle porte ma culpabilité et mon fardeau. Même si je suis très parano, qu’elle ne va pas chez des copines, que je suis très protectrice parce que j’ai trop peur et que je pourrai pas survivre à ça parce que s’il arrive la même chose à mon enfant pour moi j’aurai reproduit le schéma et tout raté.

Elle est encore jeune, je n’ai pas envie de lui donner mes peurs. C’est peut-être quelque chose que je partagerai avec elle sous forme d’écrit, parce que c’est vrai que j’aimerai beaucoup écrire un livre.

Peut-être lui donner mon histoire…

Mais je tiens à ce qu’il y ait une certaine forme de pudeur entre elle et moi, qu’il y ait mon histoire d’un côté, de l’autre mon enfant. Je tiens aussi à mon intimité, et je tiens à la préserver en posant une barrière, afin qu’elle ne se responsabilise pas de ce que moi j’ai vécu. Malheureusement, c’est ce qu’elle a fait par moment quand je n’étais pas bien, elle essayait de me consoler, elle a vu des choses qu’elle n’aurait pas du voir lorsque moi-même j’étais trop jeune pour lui donner sa place d’enfant. Donc aujourd’hui, j’essaie de la préserver au maximum.

En revanche, j’essaie de lui donner des valeurs, de lui donner certaines choses, je n’ai pas toujours les bons mots mais j’essaie.

À propos d’éducation, que penses-tu de notre système actuel, en France, quelles améliorations souhaiterais-tu voir ? Est-ce que tu es plutôt positive, optimiste par rapport à l’avenir de l’éducation française ? Qu’est-ce que tu aurais envie de transmettre ?

Quand je regarde la société actuelle, je vois une hypersexualisation de la société et notamment des jeunes enfants. Il y a une forme d’hypocrisie, on transmet des messages du type « oui, il faut bien te protéger, etc. » et à côté de ça on met en avant des modèles qui ne sont absolument pas féministes.

Or, ce sont ces modèles que l’on va transmettre aux enfants, et c’est là où je ressens une certaine forme de colère.

Pour moi, l’école d’aujourd’hui n’assume plus ce rôle-là. Et en même temps, j’ai envie de dire c’est normal, logique !

Aujourd’hui les professeurs ne sont pas assez payés, on ne met pas assez en valeur leur travail,  ils ne travaillent pas dans des conditions optimales, à partir de là on comprend qu’ils se découragent. On a totalement déconstruit les codes de l’éducation.

Je pense aussi que c’est surtout aux parents de se responsabiliser, de donner des valeurs positives à leurs enfants, de les éduquer, de les protéger, de leur dire « voilà, si tu as envie de faire ça, retiens bien que c’est ton corps, c’est toi qui choisis etc. ». Ce qui serait super ce serait de faire plus de prévention dans les écoles…

Quand je dis tout ça, j’ai conscience de ne pas être un modèle d’éducation, je fais de mon mieux. Je ne suis pas la maman qui va emmener son gamin à l’école Montessori ou qui va faire des jeux toute la journée.

On te rassure, il n’y a pas de mode d’emploi ! [rires]

C’est clair !

Il n’y a pas de mode d’emploi, je ne suis pas toujours en train de m’extasier ou de m’émerveiller devant ma fille, toutefois ce que j’estime important c’est le dialogue, faire en sorte que les enfants restent des enfants, les protéger au maximum de la télé, des réseaux sociaux, d’essayer d’arrêter de vouloir les faire grandir trop vite.

J’aimerai éclaircir un point, par rapport à la justice : ton agresseur a-t-il été jugé, condamné ?

Oui, comme c’était un crime, ça s’est passé aux Assises…

D’ailleurs, ce que je reproche justement à la Justice, c’est qu’elle est à deux vitesses. Souvent, ça met énormément de temps, etc. J’ai eu de la chance, malheureusement pour les victimes actuelles peut-être qu’elles en ont moins, mais dans mon cas ça s’est passé très vite.

Il y a eu les faits, même pas un mois après, le procès a eu lieu. Alors que souvent, ça peut s’étaler sur des années de procédures…

Je vais faire une petite parenthèse, moi, quand ça s’est su, je suis partie à la gendarmerie. Là, je suis arrivée dans une salle très froide, il y avait des murs gris, un caméscope devant moi et on m’a posé des questions, et notamment celle-ci « alors, qu’est-ce qu’il a fait avec son sexe dans ta bouche ? »

Je n’ai rien su dire.

Pour moi c’était traumatisant, j’avais honte, j’étais dans une salle très froide, avec des adultes face à moi. Déjà, je pensais que c’était de ma faute alors… Je me suis effondrée.

Je me suis enfermée ensuite dans un mutisme, et je n’ai plus rien dit.

Heureusement qu’il a avoué, et qu’il y avait des vidéos où l’on voyait clairement tout ce qu’il avait fait, parce que moi je ne pouvais pas dire ces choses-là, à 12 ans, des choses « sales » en fait dont je me sentais coupable. Avec du recul, je me dis qu’il y a vraiment un travail de prise en charge à faire.

Pour revenir au procès, il a duré plus d’une semaine et demie, il y avait des jurés, il y avait des pièces à conviction, j’ai dû m’exprimer à la barre. J’ai juste dit que c’est bon, la page était tournée. En réalité, j’aurai aimé dire « oui, vous vous intéressez à la personne qui m’a fait du mal, mais ma mère aussi m’a laissé aller chez lui, a été très violente, aujourd’hui ma mère me frappe tous les jours et elle me crache dessus parce que moi je suis sale. »

J’aurai voulu dire ça.

L’agresseur l’a dit lui-même au procès, il a dit « oui, mais en même temps sa mère était très violente avec elle ». Je regrette que la justice ne s’en soit pas mêlé, on ne s’est pas posé la question « tiens, mais c’est pas normal qu’une maman laisse son enfant avec un adulte de 54 ans pendant plus de deux ans. » Il venait me chercher à l’école, je suis partie en vacances avec lui, c’est allé très loin.

Bref.

Il a pris 20 ans, et finalement, il n’a fait que 14 ans (pour mon affaire).

J’ai reçu 45 000 euros de dommages et intérêts que je n’ai pas touché, que ma mère m’a encaissé et que ma mère me doit.

J’ai reçu, il y a deux ans et demie, une lettre écrite en anglais, très froide, sur un papier blanc, avec écrit « Votre agresseur a été libéré pour remise de peine ».

C’est-à-dire qu’on met des dispositifs en place pour les agresseurs, on lui a permis de faire sa peine en Norvège, et plus en France, parce qu’il avait de la famille en Norvège et que c’était mieux pour la réinsertion, ok, très bien, et moi on ne m’a pas prévenu, il n’y avait personne pour m’accompagner, pour m’aider, c’est d’ailleurs pour ça que ma mère a touché les dommages et intérêts, et on te dit comme ça : « votre agresseur est libéré ».

Ah oui… Il y a du boulot en France.

Oui !

D’ailleurs, quand on va porter plainte, la prise en charge semble souvent délicate, voire inexistante.

C’est sûr, la prise en charge elle n’est pas là ! C’est vrai qu’ils essaient de créer de plus en plus de formations, de dispositifs pour effectivement leur donner des techniques, quelles questions à poser, comment faire, comment déceler un enfant qui est victime, qui dit vrai, qui dit faux, ils essaient avec les enfants de faire ça avec des poupées, mais bon, c’est toujours glauque ce décor, malaisant.

Ce serait mieux de parler à l’enfant dans son cadre à lui, et pas le faire sortir d’un endroit pour dire des choses très dures. Peut-être lui parler dans un cadre familier, sécurisant, pas dans un cadre austère devant un caméscope placé devant les yeux comme ça où on te dit OK, je vais appuyer sur REC, je vais poser des questions, et tu vas répondre.

Ce qui m’a interpellé aussi, ce sont les mères autour, quand il venait te chercher à l’école : en général il y a toujours plein de mamans, plein de papas, de nounous, etc. Personne ne s’est dit tiens, c’est qui ce mec de 54 ans ? Et même l’école, les intervenants, personne n’est intervenu ?

Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est interpellant et c’est pour ça aussi qu’aujourd’hui je suis révoltée parce que non, personne ne s’est posée la question « qu’est-ce que cette gamine fait avec ce vieux monsieur ? »

Parce qu’on était très souvent ensemble, j’étais très souvent dans sa voiture, il m’amenait à l’école, il m’avait acheté des sacs pour l’école, c’est même lui… Parce que m’a mère m’avait abandonné très clairement, un jour je me suis blessée en faisant du roller, je suis rentrée dans une voiture et j’ai eu une double fracture.

Quand je suis allée voir ma mère, elle ne m’a pas cru elle m’a dit non tu n’as rien etc. alors que je souffrais le martyre. Un soir, je suis sortie de chez moi, parce que j’avais peur de ma mère et des répercussions, à 23h30 je suis allée toquée chez ce monsieur-là en demandant s’il te plaît, fais quelque chose, j’ai passé la nuit chez lui, ma mère ne s’est pas inquiétée outre mesure que je découche à 10 ans, et c’est lui qui m’a envoyé à l’hôpital pour une double fracture.

Autre détail : on doit remplir des dossiers à l’hôpital ! Quel est votre rapport avec l’enfant, etc. Je me dis aujourd’hui, pourquoi personne ne s’est intéressé à moi en fait ? Et au-delà de ça, j’avais une hygiène déplorable, j’avais une tête à poux, j’étais harcelée et moquée par tous les enfants parce que j’étais sale, je sentais mauvais… Je n’avais pas d’hygiène, je mettais des vêtements sales, je ne mangeais pas à ma faim, j’étais toute maigre, personne ne s’est posé la question.

Parfois, les gens n’ont pas envie de voir la réalité. Parce que c’est trop dur à affronter, parce que ça demanderait de faire un effort, ils n’ont pas voulu voir ça. Alors que moi j’étais juste, comme disait ma mère, la cassos, la source de problèmes.

Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et qui ne l’était pas à l’époque, c’est fou aussi de voir qu’aujourd’hui tu es pleine de vie, tu es courageuse, on est admiratives !

Oui il y a vraiment eu une transition et heureusement !

Ce que je me demande, c’est s’il a dû peut-être se faire passer pour ton tuteur, raconter des histoires sur ta famille, se faire passer encore une fois pour ton sauveur auprès de toutes ces personnes qui ne sont pas intervenues ?

Même pas !

Parce que personne ne lui parlait en fait. Ma mère a fait un mot dans mon carnet pour dire que ce monsieur-là pouvait venir me chercher mais personne ne lui parlait. On me voyait avec lui tout le temps, mais rien. Et puis c’est vrai qu’il y avait aussi la barrière de la langue. Mais personne ne s’est intéressé, personne ne s’est dit qu’est-ce qu’il est pour elle ? Qu’est-ce qu’il représente ?

Je vois… On arrive à la fin de nos questions, est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?

J’aimerais bien oui.

On parle beaucoup des victimes, et c’est très bien, il faut en parler. Mais j’ai l’impression qu’il y a une forme d’hypocrisie dans le sens où on parle des actes sexuels mais on parle pas assez des agresseurs.

Il est l’heure d’accepter que dans nos sociétés : ÇA EXISTE.

Ils sont là. Ce serait bien de faire des campagnes de sensibilitation contre la pédophilie, mettre plus en avant l’accès aux soins, et la prévention pour les personnes qui ont ces envies de commettre ces actes-là.

Il y a eu le dispositif STOP qui a été mis en place, avec un lancement de campagne téléphonique officiel d’orientation et de prévention des personnes pédophiles qui a été fait par Adrien Taquet, le Secrétaire d’État chargé à l’espace des enfants et des familles, ce serait bien qu’on mette ça en place de plus en plus. À la base ils se sont inspirés du modèle allemand, il y a beaucoup de personnes qui appellent, c’est très bien parce que ça existe, OK c’est là.

On parle des violences conjugales, des maris qui battent leur femme, on a mis des dispositifs pour eux, on en parle plus librement, il y a eu des campagnes publicitaires et digitales, etc.

Je pense qu’il faut multiplier ces dispositifs, que les enfants sachent que ça existe, qu’est-ce que c’est, que ce soit plus mis en avant et qu’ils sachent aussi ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire dans ces cas-là.

Il faut arrêter tout ce mysticisme autour du pédophile, ce n’est pas un monstre qui n’existe pas, c’est dans notre société, il y en a énormément, il faut les voir, il faut enlever le voile posé sur la pédophilie, on doit faire de la prévention, on ne peut pas s’occuper que des victimes.

Il faut aussi s’occuper des agresseurs, de mettre des choses en place, de faire de la prévention là-dessus.

C’est très intéressant ce que tu dis, tout à l’heure d’ailleurs tu parlais d’hypersexualisation de la société, beaucoup de gens justement n’ouvrent pas les yeux sur le fait que l’on construit des monstres.

Je suis totalement d’accord avec toi, d’ailleurs Adèle Haenel lors de son intervention chez Médiapart l’avait dit je crois pour la première fois, les agresseurs ne sont pas des montres, ils existent dans la vraie vie, dans nos cercles familiaux, proches, et la prévention est essentielle.

Tout à fait, ce serait bien aussi de décrire clairement ce qu’est la pédophilie, ce n’est pas une maladie, c’est la conséquence d’un traumatisme dans l’enfance.

On appelle ça le surmoi et le moi. Dans les premières années de l’enfant, l’enfant va réagir uniquement à ses pulsions. Il a envie de faire quelque chose, il va le faire, il va pas se poser la question du surmoi, qui va filtrer, permettre qu’il intègre ce qu’il faut faire ou ne pas faire.

La personne qui éprouve une attirance pour les enfants n’a pas eu ce filtre-là, il y a eu un dérèglement dans son enfance, ce qui fait que lui, il va répondre à ses pulsions primaires et pour les réprimander ça va être énormément de souffrances pour eux. Ils n’ont pas cette notion-là, ces limites nécessaires. Ils savent que ce qu’ils font est mal, mais le dérèglement est survenu dans leur enfance.

Il faut savoir expliquer ça, donner la définition claire et concrète, prévenir nos enfants, et arrêter de mettre des modèles de jeunes filles… Je pense à un clip, notamment le clip de Britney Spears, Baby one more time, la nana elle est en mini-jupe avec un décolleté avec des paroles très suggestives, et pourtant elle était très jeune.

Aux États-Unis en effet, cette hypersexualisation est ultra présente, et vu que tout ce qui est américain inspire un maximum de pays occidentaux…

Ton exemple me fait penser aussi à la série Stranger Things, l’actrice principale, qui est très jeune, se retrouve dans tous les magazines, à la télé, on dirait presqu’une femme de 25 ans alors que c’est une jeune fille de 13 ou 14 ans.

Bien sûr ! Et d’ailleurs j’ai vu qu’elle apparaissait dans le classement des femmes les plus sexy. Allô, ce n’est pas une femme. Elle est mineure. C’est une enfant.

Je pense aussi au film Léon avec Natalie Portman, elle aussi a été hypersexualisée…

On met ces exemples sur le devant de la scène parce qu’il y a une forme d’innocence qui fait fantasmer. Faut arrêter ça…

Bon après la pédophilie, c’est pas né d’hier, ça existe depuis la nuit des temps, il y a eu des tas d’orgies romaines avec des enfants, c’est quelque chose qui est inhérent à l’Homme malheureusement, mais il faut arrêter de nourrir ces pulsions-là.

Par exemple, je pense à Léa Elui, une française sur TikTok qui fait des danses très sexy et qui a des millions d’abonnés, le problème, c’est que ce sont des gamines de 13 ans qui la regardent.

Le truc c’est que quand tu la vois déjà, tu ne vois pas un pèt’ de poil qui dépasse, tout est parfait etc. donc les filles qui regardent on va se dire pourquoi moi je suis pas comme ça etc. et en plus de ça, ça envoie une image faussée de la réalité, une image très sexualisée, le corps est objectisé.

En parlant d’âge, que penses-tu du débat récent sur l’âge légal de consentement ?

En effet le nouveau seuil de consentement répond à plusieurs affaires qui ont choqué, le fait de passer de 13 ans à 15 ans je trouve ça très important, cependant là où ça ne rentre pas en considération c’est lorsque c’est un adulte de 15 ans avec une personne beaucoup plus ÂGÉE que lui et qui n’a pas forcément d’ascendant sur lui…

Est-ce que l’on qualifie ça comme une atteinte sexuelle ou un viol ?

J’ai du mal aussi avec le fait de différencier une atteinte sexuelle d’une agression sexuelle et d’un viol alors que dans tous les cas la personne a été violée dans son intimité donc ce qui me pose le plus de problème c’est la hiérarchie des violences.

Les lois ne sont pas adaptées à chaque type de situation.

Merci pour ton témoignage Syrine !

Merci à vous les filles, j’ai été ravie de pouvoir m’exprimer.

La question de la fin ! On s’apprête à lancer nos podcasts… Est-ce que ça t’intéresse ?

Oui à fond !

Alors à bientôt pour un podcast 😉

« Mise à Mâle » : le podcast qui fait du bien

« Mise à Mâle » c’est un apéro enregistré né sous le signe d’une bromance, celle de Théo et Flo. Un lundi sur deux, ils secouent les clichés et les préjugés. Avec sincérité et humour, ils s’interrogent sur la manière de déconstruire les masculinités. Accompagnés de leurs invité.e.s, ils échangent leurs expériences et partagent leurs points de vue sur les enjeux relationnels. On s’immisce avec délice dans les coulisses d’un apéro entre mecs. Rencontre.

Comment est né « Mise à Mâle » ?

Flo : Le projet est né de trois constats. Le premier, qui est personnel, c’est qu’en 2018 on sortait beaucoup. On avait tendance, entre potes après une soirée, à s’envoyer des vocaux de débriefs. De trucs qui se sont bien passés, moins bien passés. C’est très émotionnel : « Ouais j’ai trop kiffé, j’ai rencontré cette meuf ». Ou alors : « J’ai pas osé y aller, je me suis pris un gros scud, je me sens pas bien dans ma vie », des trucs assez perso.  J’envoyais ces vocaux sur un groupe de potes et un soir, un ami rentrait chez une nana qu’il ne connaissait pas, il venait de la rencontrer. Il a écouté nos vocaux de toute la soirée avec la meuf le lendemain matin et elle a dit: « Mais vous vous prenez vachement la tête les mecs en fait ». 

Pour moi c’était évident qu’en 2018, les hommes parlent entre eux et que c’est pas que des discussions de vestiaires où les hommes racontent quelles positions ils ont fait la veille. Et ça, c’est un imaginaire qu’ont les femmes en général sur les hommes, mais aussi des hommes qui pensent que c’est comme ça qu’ils doivent se comporter entre eux. Le premier constat c’est de se dire qu’il faut arrêter de jouer un rôle parce que ça ne sert à personne de faire semblant, d’être hyper viril, dans le contrôle.

Le deuxième constat c’est que des podcasts féministes existaient, « Les Couilles sur la table » est vraiment l’exemple majeur pour nous. Mais c’était souvent des podcasts faits par des femmes, ce qui est pas grave. C’est juste que si les hommes ne parlent pas, il y aura toujours un déséquilibre. Il faut qu’on arrive nous aussi à prendre la parole sur des sujets, sans faire du mansplaining.

Le troisième ingrédient, c’est qu’on ne voulait pas qu’il y ait une bibliographie de trois pages à la fin. On se renseigne comme des hommes lambdas. On a voulu garder cette candeur de se parler comme à un apéro, en se déconstruisant, sans donner la morale. De parler à des gens lambdas et voir où ça nous mène. C’est pour ça qu’on boit un coup pendant le podcast, c’est pour se dire qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête pour évoluer.

On est hyper complémentaires Théo et moi parce que moi j’ai eu pas mal d’expériences. Théo sortait d’une relation de 5 ans et demi avec sa première meuf. Sur le spectre, on avait les deux extrêmes. C’était cohérent de parler de ces sujets et d’avoir des points de vue très différents et voir comment on se rejoignait au milieu.

Théo : On avait déjà des exemples de mecs autour de nous qui étaient un peu plus bourrus, ou moins ouverts aux questions du féminisme mais qui auraient pu être convaincus et auraient pu changer leurs comportements. Mais naturellement, ils se seraient braqués s’ils avaient écouté un podcast présenté par une femme qui prétend parler au nom des hommes. De la même façon qu’on écoute un podcast féministe présenté par un homme, il y aura des femmes qui auront des réticences et c’est normal aussi. Ces gens-là, on ne voulait pas les laisser de côté. Le but étant d’être bienveillants et que tout le monde puisse écouter des points de vue d’hommes. On n’a pas la prétention d’avoir un savoir omniscient. On est là pour témoigner.

La bienveillance entre potes a beaucoup marqué les origines du podcast. Il y a des choses qu’on osait aborder en fin de soirée, après trois ou quatre verres, parce que ça désinhibe. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’on mettait des sujets sur la table qui nous touchaient, en pensant que c’était juste nos problèmes. On a pris conscience que c’était le cas des autres aussi.

Pourquoi ce titre ?

Flo : Au départ, ça devait s’appeler « Des mecs qui se prennent la tête ». On voulait montrer que c’est pas l’apanage féminin que de se poser des questions sur ses sentiments.

Théo : Finalement on a préféré un petit jeu de mots. Mais l’idée est toujours la même en fait. On est parti de ce qu’on voulait faire dans ce podcast, à savoir casser des stéréotypes et préjugés.

Dans « Mise à Mâle », il y a l’idée de casser des choses, de secouer un peu. Et surtout, il y a le fait de ne pas avoir peur de se mettre en danger, de se dévoiler, d’être dans un état de vulnérabilité. Ce qui est un peu le but du podcast aussi et ce qui rejoint le côté témoignage où on est témoins d’une progression.

On n’est pas parti du podcast en se disant qu’on avait des meilleures opinions que les autres sur le sujet de la masculinité ou du féminisme. On est parti du podcast en se disant qu’on était juste deux mecs complètement lambdas. Comme les mecs lambdas on a des choses à dire, c’est peut-être vrai ou faux mais c’est toujours authentique et il y a des apprentissages à en tirer.

Dans « Mise à Mâle », il y a la fragilité aussi. Et le « mâle » qui fait référence au mâle alpha qui est le cliché numéro 1 à déconstruire.

Il était important d’enrichir le point de vue féministe en prenant en compte le point de vue des hommes. Il y a beaucoup de combats, des mecs qui seraient contre le féminisme, alors que c’est juste le même combat, on a tous à y gagner. Cela peut beaucoup faire avancer le débat d’aborder le féminisme sous le prisme de la masculinité.

Flo : Le fait de ne pas être contre quelque chose, même si on a envie que ça avance, on veut juste s’éprouver. Il nous arrive à la fin d’une discussion d’avoir fait le tour et de revenir au point de départ mais le seul fait de s’être posé la question, ça a tout changé. Mon rapport au sport ou mon rapport aux femmes par exemple, il y a des choses que je retrouve d’il y a cinq ans, sauf qu’aujourd’hui je fais les choses consciemment. Et c’est déjà ça le début de la déconstruction :  ne pas changer du tout au tout, mais savoir pourquoi tu fais les choses, quelles structures pèsent sur toi et faire un choix délibéré après.

Vous avez une audience plutôt féminine ou masculine ?

Flo : Aujourd’hui, sur le podcast, on est à 55% femmes, 45% hommes. Sur Instagram, plus de femmes nous suivent (65% de femmes). On a été assez surpris car au début on voulait parler aux hommes, on voulait les encourager à parler de ces sujets là, leur montrer que ça n’en fait pas des « moins hommes ». Sur Instagram, les hommes sont plus pudiques. Au début, notre auditoire était exclusivement féminin, on s’est rendu compte que les femmes étaient bien plus curieuses. Il y a aussi la promesse de dévoiler ce qu’il se passe dans les coulisses d’un apéro masculin. Les hommes étaient dans le rejet à l’idée d’écouter cette discussion.

Théo : Les mecs qui nous contactent sur Instagram, on sent que ça les a soulagés d’entendre un témoignage proche du leur, là où les filles nous envoient plus des messages de soutien. Je pense qu’avec les femmes, et c’est à mettre à mal, il y a l’idée qu’elles sont habituées à avoir des discussions sur les émotions, les sentiments, à se montrer vulnérables, fragiles.

Je pense que naturellement, l’auditoire féminin n’a pas hésité à nous suivre, là où les mecs étaient plus sur la réserve. Mais on a eu beaucoup de témoignages de filles qui recommandent le podcast à des mecs (potes, amants). C’est encore plus beau comme cheminement. On voulait viser directement les mecs en parlant de féminisme et on finit par toucher les mecs à travers les femmes qui se reconnaissent et aiment ce qu’on dit.

Flo : C’est très beau, mais moi je serai en kif total le jour où ce sera un mec qui recommande « Mise à Mâle » à une meuf !

Au-delà du genre, vous invitez au dialogue ?

Flo : Exactement. C’est pour ça que notre podcast ne se veut pas spécialement genré. Au début on voulait d’abord viser les hommes. Aujourd’hui peu importe, il faut juste qu’on parle en fait. Il y a même des sujets qui n’ont rien avoir avec la masculinité spécialement mais on se dit que c’est bien d’en parler parce que les gens sont crispés sur pleins de trucs.

Théo : C’est souvent notre conclusion : il faut se dire les choses. Ce qui est important c’est de le témoigner. La masculinité c’est plus par simplification de l’audience. Très souvent, ça touche tout le monde. En général, les sujets sont déjà un peu plus entamés du côté des femmes par d’autres podcasts ou d’autres médias. C’est pas tant que les sujets sont différents des hommes aux femmes, ce sont les mêmes sujets mais il y a souvent un temps de retard avec les hommes qui ont du mal à prendre conscience de ces choses-là.

Comment choisissez-vous vos sujets et vos invité.e.s ?

Théo : Les sujets naissent spontanément dans nos échanges, soit en soirée, soit en discutant. Ça vient très souvent de nous, des fois de suggestions. Très souvent, ce sont des vraies questions qu’on se pose, soit moi avec un pote ou Flo avec un pote, et on regroupe les discussions.

Pour les invité.e.s, autant que faire se peut (je suis très fier d’avoir placé cette expression), on essaye de privilégier des gens qu’on connait, avec qui on a une bonne affinité. Il y a aussi des personnes très extérieures mais parce qu’elles sont pertinentes sur la question.

Le deuxième filtre c’est de confronter les points de vue donc faire un podcast sur les hommes mais inviter des femmes, aborder un sujet qui touche les homos et les hétéros et inviter une personne homo ou bi. Essayer de mélanger au maximum les points de vue. Par exemple, sur un sujet comme le couple, essayer de mettre quelqu’un qui a été en relation longue et quelqu’un qui n’a jamais été en relation tout court.

Flo : En première saison, c’était nos potes, là, on essaye de s’ouvrir un peu. On crée ce moment d’apéro pour montrer ce qu’il se passe quand on ne se connait pas car il y a une forme de pudeur et de politesse. J’ai une envie pour la saison 3 ou la saison 4, c’est d’inviter des gens, non seulement qu’on ne connait pas, mais en plus qui ne sont pas d’accord avec nous. Parce qu’on est dans des bulles en fait.

Le but c’est d’inviter des gens comme mon plombier par exemple. Il est venu l’autre jour et m’a lancé : « Un podcast sur les masculinités ? Ah tant mieux parce que franchement, il y en a marre des femmes hystériques ! » Il a compris « masculinité » au sens masculiniste. J’étais fasciné. Le but c’est d’inviter ce genre de mecs. Mais c’est difficile à gérer parce qu’on ne veut pas que ça fasse un dîner de cons, où nous on est là à déconstruire, et lui dire qu’il a rien compris de la vie. Car ce mec, il a le droit de penser comme il pense. Il y a plein de raisons qui font qu’il pense ça. Et j’ai moi aussi des choses à apprendre de cet homme.

Comment sensibiliser des hommes qui seraient moins déconstruits ?

Flo : On a tous les deux bac +5, moi j’ai fait des études de sciences politiques donc à chaque fois je pense en termes de structuralisme. Mais on essaye de ne pas exclure, et en même temps l’objet fait que c’est excluant. Il faut assumer déjà qu’on a des réflexes de vieux cons. On essaye de le faire à l’antenne parce qu’on ne veut pas excuser ces attitudes mais en même temps il faut partir de là.

Théo : Parler à des mecs qui se braquent si on parle de masculinité à travers la voix d’une femme, c’est typiquement ce genre de public qu’on aimerait viser. Si on réussit à faire changer d’avis un mec sur ça, ce serait gagné. On ne veut pas nier nos failles parce que c’est elles qui nous permettent de mettre le doigt sur des sujets intéressants, mais en même temps il ne faut pas légitimer les failles.

Diriez-vous que ce podcast vous aide dans vos relations sentimentales ?

Théo : Il y a autant de fois que ça nous aide que ça nous met des bâtons dans les roues. Il y a plein de fois où ça m’aide dans mes rapports. Quand je parle à une meuf, si j’aborde le podcast et que je montre que je n’ai pas de mauvaises intentions, ça facilite beaucoup la parole. Je me suis fait beaucoup d’amies comme ça parce qu’il y a le podcast en arrière-plan, c’est comme un tampon, genre « allié ».

Mais dans les relations avec des partenaires ça peut être compliqué. J’ai cette politique avec ma meuf, de ne pas lui faire écouter le podcast parce que ce que je dis c’est très personnel et ce serait déséquilibrer le rapport parce qu’elle saurait tout de ma vie. Le fait qu’elle n’ait pas le droit de l’écouter mais qu’elle sache que je le fais peut être source de tensions.

On serait moins naturels dans le podcast si on savait que les meufs qu’on fréquente écoutent le podcast. C’est séparer la personnalité publique du privé. Dans le podcast on se lâche, c’est un exutoire, et la condition à cela c’est que ce soit hermétique.

Donc, c’est assez partagé, ça me fait avancer sur des choses très positives et d’autres où c’est quand même plus compliqué.

Flo : Pour moi je pense que c’est un peu l’expérimentation comme j’ai fait des études de sciences politiques, il y avait déjà la théorie de déstructurer. Cela me permet de mettre en pratique, de prendre la théorie de la science politique pour l’appliquer à ma vie et revenir après à quelque chose de plus global sur « qu’est-ce-que ça veut dire la masculinité ? », revenir à un truc plus sociologique.

Là où ça m’aide, c’est que c’est une hygiène, de toutes les deux semaines se poser des questions. Ça devient un réflexe maintenant dans une discussion. En intime, si j’ai décidé d’arrêter la saison 1 c’est que j’ai eu des gros problèmes relationnels parce qu’une meuf avec qui j’étais écoutait le podcast et n’assumait pas du tout.

J’adore faire ce projet, j’en parle beaucoup. Mais un des deals que j’ai, c’est de dire aux filles que je fréquente que je ne préfère pas qu’elles écoutent. Il y aurait un déséquilibre si l’une entendait des trucs sur des sujets qu’on n’aurait pas encore abordés tous les deux. Ce serait déséquilibré car elle saurait ce que je pense de tel sujet, et à l’inverse moi je ne saurai pas, c’est malsain.

Ce que vous exprimez au micro peut figer votre pensée…

Théo : Parfois, on enregistre un épisode et on est d’accord, et en le réécoutant deux semaines après, un an après, ça a complètement changé. Il y a l’idée de faire une capsule temporelle de qui on était à un instant T et de constater qu’on n’est plus forcément d’accord avec ce qu’on avait pu dire à ce moment-là. Il y a un décalage temporel.

Flo : Et pourtant on veut laisser une marque, c’est pour ça qu’on veut garder un certain anonymat. Si on veut pouvoir continuer à assumer nos points de vue, il ne faut pas qu’on associe notre point de vue à notre personne. Il y a une différence entre ce qu’on expose publiquement et qui on est vraiment.

Est-ce thérapeutique ?

Théo : Pour moi oui. Rien que le fait de se mettre devant un micro toutes les deux semaines, et de se forcer à s’interroger, ça aide énormément. Pouvoir cheminer, se remémorer des choses, confronter les points de vue aussi. Une expérience que j’ai vécue, je la revis quand j’en parle à Flo, et lui avec son interprétation me fait revivre la même scène mais d’un point de vue un peu extérieur et j’en ai un éclairage différent. C’est très thérapeutique. Quand on dit « apéro entre potes », moi je pense psychologie de comptoir un peu, et même si c’est censé être péjoratif, dans ce cas-là ça ne l’est pas forcément. On se met autour d’une table, on boit un verre et on va parler de choses sincères.

Flo : C’est le but. Moi dans tout ce que j’essaye de faire, il y a une portée thérapeutique derrière. J’essaye de prendre des sujets sur lesquels j’ai un peu de recul donc il n’y a pas de déblocage mais le simple fait de m’exposer, d’échanger avec les auditeurs, c’est thérapeutique.

Et l’alcool justement ?

Flo : On a vraiment envie de se retrouver, de passer un bon moment. Il y a aussi une mise en scène. La promesse c’est que les langues se délient. Le podcast est né d’une situation particulière où on boit et on a voulu recréer ces conditions. Mais ce n’est pas indispensable, des fois on n’a pas envie de boire et ça fait de très bons épisodes. Notre but c’est de créer cette ambiance de partage et où, au bout d’un moment, tout le monde est assez libre de s’exprimer. On ne veut pas donner l’impression qu’il faut être bourré pour parler de ces sujets.

Théo : Ce n’est pas indispensable mais ça apporte un petit plus. Ça crée un cadre bienveillant, au-delà de l’aspect désinhibant. Le but du podcast tel qu’on l’amène à un.e invité.e c’est de dire d’abord on va boire un verre, puis on va aborder tel sujet. C’est aussi pour mettre à l’aise l’invité.e qui ne va pas se dire qu’il/elle est sur le divan d’un psy mais chez un pote à boire une bière.

Quels conseils pour se lancer dans le podcast ?

Théo : Se lancer déjà. Il faut le faire et voir après. Fais-le pour toi et pas pour avoir un public. Si tu le fais c’est que tu as besoin de t’exprimer. C’est la même mécanique que si tu écris sur un journal intime ou un roman. Débarrasse-toi de tout ça, mets-le quelque part. Si ça intéresse les gens tant mieux mais c’est que du bonus.

Flo : Ne pas le faire pour le faire. Si quelque chose te meut vraiment, pars de là et après fais en ce que tu veux, un livre, une chaine Youtube, ou autre. Ce que les gens captent ce n’est pas tant ce que tu fais mais qui tu es. Il faut que ce soit hyper sincère dans ta démarche. Si ça déborde en toi, il faut que tu le partages. Identifier quel est le truc qui te passionne. Et après, ne pas attendre que ce soit parfait. Il faut que ça t’anime toi et après le public viendra, et au pire, si ça t’anime vraiment, tu t’en fiches d’avoir du public.

Un cocktail des plus savoureux, à déguster un lundi sur deux ici 🍷

Applis de rencontre, entre exaltation et désenchantement

Les temps sont durs pour les célibataires en ce moment. Comment rencontrer des gens alors que tous les lieux de socialisation sont fermés ? Les applis de rencontre voient leur nombre d’utilisateur.rice.s augmenter depuis la crise sanitaire. Voici nos conseils pour vivre cette expérience en toute sécurité et sérénité.

Méfiez-vous des apparences

La première chose qui capte l’attention sur une appli de rencontre est l’apparence physique. Vous êtes plutôt attiré.e.s par les petit.e.s brun.e.s ou les grand.e.s blond.e.s aux yeux bleux ? Très bien, c’est un critère à prendre en compte. Cependant, on peut être surpris lors du premier date : les photos mises en avant par votre crush datent peut-être d’il y a 10 ans, et la personne sur laquelle vous aviez fantasmé ne ressemble peut-être plus du tout à cela.

Un conseil pour votre profil : Sélectionnez des photos qui reflètent votre personnalité et qui soient récentes. Si vous êtes un.e rigolo.te, n’optez peut-être pas pour la photo Poker Face.

Pour autant, ce critère premier de l’apparence physique entraîne des jugements (mélioratifs, ou péjoratifs), des complexes.

D’autres critères peuvent vous aider à trouver l’élu.e qui accompagnera votre vie/nuit. Si vous êtes politisé.e, vous pouvez « filtrer » les profils en sélectionnant les personnes avec qui vous aurez une affinité sur le plan politique. Il en va de même pour les centres d’intérêt. Vous pouvez choisir une appli un peu spécialisée si vous avez des intérêts bien ciblés.

La description de votre potentiel crush est une donnée importante : elle résume en quelques mots la personnalité, les centres d’intérêt. Cette bio permet bien souvent d’interpeller votre interlocuteur. Vous en apprenez un peu plus sur la personne, vous évaluez sa maîtrise de la langue française (bocou ne save pa ékrir), c’est un élément qui peut lancer la discussion.

Tout le monde ne prend pas la peine d’écrire une bio, et en effet comment se « définir » en quelques mots ? Si c’est le cas, vous pouvez rebondir sur des éléments visibles sur les photos par exemple. Si le crush lit un livre, joue de la guitare ou mixe à une soirée, c’est autant de facteurs qui peuvent vous aider à passer le pas de la discussion et de témoigner votre intérêt.

Sur certaines applis, on peut renseigner la ville où l’on réside. Ce détail a son importance si vous matchez avec quelqu’un qui vit à l’autre bout de la France… Là encore, pas de règle, cela peut être une charmante occasion de découvrir de nouvelles contrées lors d’un prochain voyage !

En bref, les éléments du profil suggèrent à qui vous avez à faire, mais ça ne dit pas tout de la personne, et heureusement !

Le premier date, l’épreuve de réalité

Vient le moment du rendez-vous avec votre crush, c’est là que tout se joue (ou pas). Si les petits éléments que vous avez décelé à travers le profil, les photos et les échanges avec votre crush vous ont donné envie de le/la rencontrer, c’est là que vous pouvez savoir s’il y a effectivement un bon feeling.

Petit tips : Pour éviter de fantasmer des semaines sur un.e inconnu.e, il est préférable d’organiser une rencontre assez rapidement. Pour les plus stressé.e.s, vous pouvez suggérer à votre crush un premier contact par appel téléphonique ou en visio.

La rencontre c’est l’expérience de la sensorialité, c’est elle qui va dévoiler tout ce que les photos ne montrent pas : la voix, la gestuelle, la démarche, l’odeur.

Le lieu du premier date peut se révéler déterminant. Si votre crush vous donne rdv au cimetière du Père-Lachaise, il y a des chances pour qu’il soit un peu déprimé… À défaut de boire un verre ou de se faire une toile, c’est le moment de proposer un date original.

N’oubliez pas que la personne que vous rencontrez est un.e inconnu.e. Aussi choisissez un point de rencontre dans un lieu public sûr. Vous pouvez donner l’adresse du date à un proche si cela vous rassure.

Ne misez pas tout sur le premier rendez-vous, c’est avant tout un premier contact. Inutile de stresser avant le rendez-vous. Au pire la rencontre est bizarre et vous aurez des choses à raconter aux copines/copains, au mieux (et c’est la majorité des cas), vous passez un bon moment avec quelqu’un d’intéressant.

Consumérisme et désenchantement

Lorsqu’on débute sur les applis de rencontre, on est friands et curieux, on swipe les profils de manière frénétique. Non seulement l’ego est renforcé, on retrouve une certaine estime de soi, mais on en veut encore et toujours plus. Le risque c’est l’effet addictif. Ces applis sont d’ailleurs conçues pour sécréter la dopamine, molécule qui influence le plaisir, la motivation et l’addiction.

Il y a bel et et bien une logique de consommation dans la pratique de ces applications. On fait défiler des profils comme on ferait notre shopping sur un site marchand. Chacun cherche à « vendre » le meilleur de soi-même, en mettant en avant des « critères » attractifs. Inconsciemment, on en vient à catégoriser les profils si bien que les sujets qu’il y a derrière chacun d’eux se voient interchangeables. Sur des sites comme AdopteUnMec, on met les profils dans son panier, c’est pour dire !

Un match a d’ailleurs une limite de validité, sur Bumble par exemple le match expire au bout de 24h, prolongeable une fois. Il y a une logique de « offre à saisir dès maintenant » qui peut en faire reculer plus d’un.

Cette course contre la montre se retrouve dans la vraie rencontre par la suite : on veut définir vite la relation, savoir ce que l’autre « cherche », on zappe d’une personne à une autre. On prend, on jette quand l’Autre ne correspond plus à nos « attentes ». Consciemment ou non, on cherche à ne pas perdre son temps. Ce rapport au temps est lié à une logique de concurrence car les abonné.e.s sont si nombreux que cela rassure, il n’y a pas la peur du manque et de la solitude. Après quelques clics, on sait qu’on pourra toujours rencontrer quelqu’un d’autre. Cela fait abstraction des sentiments, et c’est regrettable.

La déshumanisation que cela cause s’observe dans des modes comme le ghosting : lorsque tout à coup, le crush coupe tout contact avec vous (en vous « supprimant » ), ou en faisant le mort. À moins que la personne ait été trop insistante ou n’ait pas respecté votre consentement, ce genre de comportement peut avoir des effets humiliants et blessants. Le virtuel dispense de toute explication et de responsabilité. Pour éviter ce genre de situations, on mise sur des applis progressistes prônant le respect et la bienveillance.

Nota bene : Les applications viennent en aide à ceux qui sont victimes de ghosting ou autres comportements agressifs et violents.

Derrière le virtuel, il y a bien des êtres réels et des sentiments. Il est donc préférable d’adopter une communication honnête, bienveillante et respectueuse avec sa/son potentiel.le partenaire ! Si vous n’envisagez rien de très sérieux, que vous êtes polyamoureux.se ou qu’au contraire vous ne savez pas trop où vous en êtes en ce moment, COMMUNIQUEZ !

À passer trop de temps sur ces réseaux, on peut en venir à un certain désenchantement. Pour les idéalistes de l’Amour et de la Rencontre, ce peut être une expérience fort désagréable. Lorsqu’on aime la spontanéité et les rencontres insolites, les applis de rencontre peuvent nous rebuter quelque peu. On peut se sentir blasé par cet effet de masse et de consumérisme. Pour éviter cela, n’hésitez pas à désactiver les notifications et à limiter votre temps d’activité sur ces applis. Si l’overdose va jusqu’aux personnes que vous rencontrez, c’est le moment de faire une pause ou de limiter vos rendez-vous.

Prenez votre temps, y a pas le feu au lac !

Célébrons le printemps🌸

Ça y est, la saison du renouveau, des arbres en fleurs et des amours est arrivée ! Activité physique, aménagement de votre intérieur, alimentation, lectures : accueillons le printemps !

108 salutations au soleil, le rituel yoga

C’est le rituel ancestral des yogis à chaque changement de saison. Il s’agit d’enchaîner 108 salutations au soleil afin de raviver le feu intérieur, et d’accompagner la transition : celle de notre pratique, et celle du passage d’une saison à l’autre. Le système immunitaire est ainsi renforcé.

Le nombre 108 est un nombre sacré dans plusieurs religions orientales (l’hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme). En hatha yoga, on compte 108 asanas (postures). Le nombre 108 symboliserait l’existence suprême. On le retrouve également dans le cosmos en astronomie et dans l’astrologie.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’accomplir une performance, le nombre des salutations au soleil effectué importe peu. Seuls comptent l‘intention et l’état du yogi au moment de la pratique.

De quoi se challenger, et se faire une petite session cardio après toutes les raclettes accumulées pendant l’hiver ! Cette pratique, digne d’un test d’effort olympique, permet de se recentrer sur la concentration et la respiration.

On se motive avec notre prof de yoga préférée, Cam’s yoga !

Promenons-nous dans les bois, tant que le COVID n’y est pas

Le gouvernement actuel nous fait marcher… Evitons les considérations politiques ici, et retenons des dernières mesures, cette bonne nouvelle : un confinement dehors.

La balade est devenue l’activité préférée des français. Si vous êtes concernés par l’un des seize départements confinés, c’est l’occasion de découvrir les bois, forêts ou parcs à 10km de votre domicile.

Activité physique accessible, la marche est considérée comme un sport. On compense ainsi les longues heures de sédentarité liées au télétravail (ou, à défaut, à la flémingite aigue). S’aérer aurait des effets sur la santé : la lumière régulerait l’humeur et le sommeil.

Beauté green et alimentation

Si vous consommez encore des cosmétiques conventionnels (chimiques), c’est le bon moment pour vous mettre à une routine bio et naturelle. On n’hésite pas à télécharger l’application Inci pour évaluer la toxicité des ingrédients présents dans nos produits de beauté.

Côté alimentation, on met le corps au repos. L’hiver a été synonyme de chocolats à gogo, de raclettes-party, de galettes des rois en veux-tu-en-voilà, de crêpes et autres mauvais gras. Sans se priver des bonnes choses, on opte pour une cuisine saine, bio et de saison.

Overdose De Raclette GIF - Raclette Cheese Fromage GIFs

Nettoyer, balayer🎵

Avec le printemps, qui n’a pas envie d’une maison qui sente bon la lavande ? Si on a laissé s’encrasser le bac du frigo pendant l’hiver, c’est parti pour un bon nettoyage !

Musique à fond, fenêtres grandes ouvertes, on donne un petit coup de neuf à son intérieur.

L’occasion de faire le tri dans ses placards : on offre une seconde vie à nos vêtements en les donnant à des associations ou en les vendant sur Vinted.

On chouchoute nos plantes si on les a délaissées pendant l’hiver : on arrose (modérément), on leur parle, on coupe les feuilles fanées, on leur fait profiter du soleil.

En bref, on remet de la vie dans notre logis !

La saison des amours

Que l’imaginaire collectif associant la saison printanière à celles amours soit vérifiable ou non, on reconnaitra que c’est une saison joyeuse et colorée. Si les arbres fleurissent, que les oiseaux roucoulent et que les chats se reproduisent, tout ce tableau participe à un enchantement de l’état amoureux.

Quoi de mieux que la poésie pour décrire cet état ? Lors de votre sortie en plein air, laissez-vous emporter par la beauté des rimes de votre poète préféré. Et pour travailler votre mémoire, pourquoi ne pas apprendre quelques vers ?

L’amour on peut le vivre, le lire, ou l’interroger. C’est ce que se propose de faire le tout nouveau podcast de Victoire Tuaillon, « Le Coeur sur la table« . Diffusé une fois par semaine sur Binge audio, ce podcast nous interpelle sur le fait que « s’aimer est l’une des façons de faire la révolution. » Passionnant.

Le « Désir » à l’honneur au Printemps des Poètes 2021

Édition 2021

Pour cette 23ème édition, les évènements du Printemps des poètes sont organisés autour d’une thématique : le désir. De quoi accueillir le printemps sur le mode lyrique.

La manifestation littéraire a lieu du samedi 13 mars au lundi 29 mars 2021. Pendant 15 jours, des activités présentielles et en ligne sont organisées.

#8 MARS – Quand la jeunesse se mobilise !

Ils sont jeunes et déjà, conscients des combats inhérents à la lutte féministe. La Team Colette est allée à la rencontre du collectif Sudriettes, une association féministe créée par les étudiants de l’ESME Sudra, école d’ingénieur basée à Paris, Lille, Lyon et Bordeaux.

Mais d’abord. Un petit rappel sur la journée du 8 mars, en quelques dates clés :

Les Sudriettes, jeune asso’ d’ingés engagés

Gabriel et Irène, 19 ans, nous racontent :

« À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le projet initial de l’école était d’offrir des fleurs à toutes les femmes de notre école (ndlr : ESME Sudria) . Cependant, nous les Sudriettes Paris, (et bon nombre des autres associations de l’école) nous étions complètement opposés à cette idée !

Nous avons donc été amenés à proposer autre chose, pour remplacer l’idée de départ. Nous avons proposé de faire des affiches de sensibilisations sur divers sujets et de faire circuler un questionnaire Google form avec des questions assez précises pour étudier et analyser le sexisme au sein de notre école. Nous en avons aussi profité pour mettre en avant notre association. »

Voici les résultats du sondage des Sudriettes :

Gabriel, Irène et leurs acolytes vous présentent... les affiches Sudriettes ! 

Le combat pour l’égalité continue à l’école…

Pour la présidente des Sudriettes, Eugénie Beldowski, le combat pour l’égalité est indispensable.

« Avec 9 étudiant.es nous avons créé les Sudriettes Paris car le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est au cœur des débats dans la société française et aussi dans le monde entier.

C’est un vrai mouvement en faveur des femmes qui est en marche, et ce bien au-delà de la mauvaise réputation des féministes et du féminisme en général.

Le féminisme d’aujourd’hui n’est pas contre les hommes, l’égalité se fera avec les hommes.

Les Sudriettes Paris ont choisi de se concentrer sur les sujets liés à leurs études : l’accès des filles aux études d’ingénieurs, la place des femmes ingénieures dans les entreprises, l’égalité des salaires homme/femme dans le monde de l’ingénierie.

En étroite collaboration avec la direction de l’école nous sommes également très vigilant.es au sein de notre école qui à ce jour compte 20% de filles seulement. »

Mais aussi dans la rue !

Cet après-midi, des milliers de manifestantes et de manifestants ont marché dans les rues de Paris pour dénoncer le patriarcat et élever la voix contre les injustices faites aux femmes.

Féminisme : portraits de femmes du monde entier

Pour aller plus loin : les numéros à retenir

Le combat continue !

Toute la Team Colette vous souhaite de belles manifs constructives et sans violence.

Bisous et Courage aux Sudriettes, et à toutes les femmes de la planète ❤️

Écologie et cosmétiques : l’influence se réinvente

cosmo ecolo

2021. Biden a enfin remplacé Trump. Des vaccins ont vu le jour… La planète, elle, a toujours besoin de nous ! Et même si on adore se maquiller, entre nous la graisse animale, les conservateurs ou encore le plomb présents dans une grande majorité de rouges à lèvres n’arrangent rien à l’affaire. Allez, parlons cosmétique bio… sur Insta.

Insta… quoi ?! Instagram est un réseau social prisé de 1,08 Milliard d’utilisateurs, d’après les chiffres de l’agence Digimind, ce qui le place en 3ème position dans le classement des plateformes sociales les plus couramment usitées, derrière notamment Facebook et YouTube. 20 millions de Français s’y rendent tous les jours. L’équivalent du nombre d’habitants à Moscou ou à Pékin. Ça en fait des stories !

Us et coûtumes Instagramesques

Lancé en 2010, Instagram a fait émerger la mode du Selfie ! Cet autoportrait numérique flatteur directement transmis à Mark Zuckerberg au format carré et aux filtres aguicheurs, passe par le biais d’une interface sociale où le follow est roi. Tu me followes ? Je te followes. J’arrêtes de te follow si je n’aime pas tes photos ou si je ne me reconnais pas dans ton style de vie. Basique. Simple. Selon Delerm, le selfie seraient essentiellement pratiqué par des personnes qui « sourient, puis reprennent le cours. » Dans le selfie, selon l’écrivain, il y a « de plus en plus fréquente, la main qui s’éloigne pour ne prendre que soi. Un soi avantageux au bout de la tension du bras ».

Par un selfie, selon l’autrice Agathe Lichtensztejn, on s’inscrit dans la quête de reconnaissance. On serait même en plein dans la « FOMO », ou Fear Of Missing Out. Ce nouveau terme anglais qui exprime la peur de manquer quelque chose. La peur de passer à côté de sa vie. Alors même que nous adressons cette peur à un écran et des abonnés virtuels.

Selfie, posts, stories… Voici la coutûme d’Instagram. Oui la coutûme, parce qu’à force, 11 ans plus tard, publier des posts et des stories pour inspirer ses abonnés, ça relève pratiquement du rituel !

Des influenceuses-eurs au service de la cosmétique bio

Si nos écrans sociaux attirent autant de cerveaux, certains l’ont bien compris et en profitent pour y publier des messages politiques, comme récemment le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal qui a enchaîné les Live dominicains avec des stars d’Insta (Enjoy Phoenix, Emma CakeCup, Tibo In Shape…) pour « donner des réponses » aux questions posées par leurs millions d’abonnées portant sur la pandémie de coronavirus.

D’autres, des passionnés de cosmétiques et des amoureux de la planète permettent à un très grand nombre de personnes d’ouvrir les yeux sur de réels problèmes de société et d’environnement.

Si les haters* tendent à insulter tous ceux qui mettent en valeur des mouvements ou des marques, allant jusqu’à les traiter de « putes », pour Jean-Pierre Bacri, décédé le lundi 18 janvier dernier à l’âge de 69 ans, faire la pute pour la bonne cause : HEUREUSEMENT que c’est possible.

[*NDLR : le comportement des haters ou rageurs pourrait faire d’eux de parfaits psychopathes selon une étude menée par des chercheurs dans la revue Frontiers in Psychology]

Selon la journaliste Marie-Carline (Le Bonbon – ndlr : ce serait quand même sympa d’ajouter son nom de famille), la sensibilisation à l’écologie, c’est même carrément sexy.

Alors qui sont ces muses inspirantes et culottées qui font bouger les mentalités sur un sujet qui nous concerne tous ? C’est parti pour un petit tour des influenceuses spécialisées dans la cosmétique bio.

#1 – Les Louves Beauté Bio – Juliette et Alexia

Les louves beauté bio, c’est avant tout l’invention de deux amies de longues dates. Les deux accolytes ont osé créer un petit salon zen implanté en Auvergne Rhône Alpes, et plus précisément à Saint-Chamond, afin d’y proposer des secrets de cosmétiques… BIO !

Confortablement installé comme à la maison, vous pouvez vous laisser tenter par plusieurs prestations : soin du visage, épilation des sourcils, leçons de maquillage, ateliers de création de cosmétiques, modelage femmes enceintes ou encore modelage bébé ayurvédique…

Parmi les produits bio proposés par les louves Beauté, nous retrouvons des marques assez connues, comme Madara, ZAO make up, mais aussi des plus discrètes comme Les Simples de Charlotte, Lily Lolo, etc. Nous vous laissons découvrir par vous-même. En attendant, voici notre post préféré du compte des Louves beauté bio qui illustre bien la beauté au naturel :

#2 – Alice_Ellionature – Alice

Alice d’Ellionature est une infirmière âgée de 40 ans, pleine de vie et d’envie notamment de partager tous ses bons tuyaux de cosmo ! Pas systématiquement branchée produits de beauté bio, la spécialité d’Alice c’est surtout le DIY, ou Do It Yourself (fr : faites-le vous même).

Avec elle, vous allez pouvoir apprendre à vous maquiller correctement avec des substances non-nocives et faites maison. Finis les traits d’eyeliner ratés et la bouche rouge de travers. On se reprend messieurs-dames.

#3 – Natural_Bioty – Mélissa

Mélissa, la fée du compte insta Natural_Bioty est une vraie passionnée de produits bio et naturels. Préparatrice en pharmacie dans la vie de tous les jours, elle prône sur son compte Instagram la consommation responsable et la beauté au naturel.

Amatrice de récup’ et DIY, Mélissa adore également transmettre à ses abonnés une dose d’optimisme et de confiance en soi… Tout ce qu’on aime !

#4 – Lespetiteschosesdefanny – Fanny

Fanny, à l’origine du compte LesPetitesChosesDeFanny, est conseillère en beauté naturelle, blogueuse et autrice de recettes de beauté simples et naturelles, mais aussi d’une petite bible des huiles végétales.

En 2/2, elle vous concocte une Cold Cream idéale pour affronter l’hiver. Elle adore partager son avis sur ses expériences de beauté bio, et nous abreuver d’anecdotes étonnantes sur les bienfaits de certaines plantes. On adore. Naturellement !

#5 – Soisbioetbatstoi – Louise Brunet

Autrice du Bullet Journal Eco-Friendly, Louise Brunet nous donne à réfléchir sur son compte Instagram SoisBioEtBatsToi. Sa plume unique nous permet de déculpabiliser de toutes les choses sur lesquelles la société nous met souvent la pression. Au lieu d’affirmer que tout est tellement mieux quand on sait rester positif, Louise Brunet nous indique tout simplement que l’on a le droit de ressentir n’importe quelle émotion que l’on ressent.

Autrement dit, apprenons à nous écouter plutôt que d’obéïr aux diktat de la société. Le gros plus de son compte ? Un style de vie en or allié à de la cosmétique bio. On dit oui !

Si vous êtes un accroc aux réseaux sociaux, nous espérons qu’avec ces quelques comptes… vous aurez trouvé votre compte ! Dans le cas où vous ne seriez que de passage sur la toile avant d’aller aroser vos pensées, nous espérons que tous ces mots vous auront donné de quoi réfléchir…

à ce fameux monde de demain.

Valentine’s Day par Catherine Grangeard

A l’approche de la fête des amoureux, la psychanalyste Catherine Grangeard nous propose une réflexion sur la Saint-Valentin au féminin. C’est en remarquant la vitrine de la boulangerie de sa rue souhaitant un « Happy Valentine’s Day », qu’elle a une révélation.

En passant devant la boulangerie à côté de mon cabinet, un choc, j’éclate même de rire pour tout vous dire. La boulangère est-elle anglaise ou féministe ? Les deux, pourquoi pas.

Il s’avère que cette anecdote devient un sujet, de nombreux patients m’en parlent. Comment décliner la St Valentin, au féminin ?

Une femme fait état de la charge mentale qui lui revient chaque année. Elle s’oblige à trouver des idées pour surprendre son compagnon et l’émoustiller. Elle se demande pourquoi elle s’impose toute seule cela en interrogeant si finalement ce ne serait pas une sorte d’injonction sociale.

« C’est pire le 14 février 2021, après un an de COVID-19, en solo »

Cette affirmation est récurrente. Et pas uniquement dans mon cabinet, il faut le souligner. Une réelle détresse accompagne la solitude affective et la misère sexuelle. Quel que soit l’âge, les rencontres deviennent exceptionnelles.

Et encore il faut que ça vaille vraiment le coup… dans tous les sens du terme si vous me permettez le jeu de mots disent en substance plusieurs personnes. Enfermement, confinement, couvre-feu… Ce ne sont pas des situations propres aux ébats !

Je préfère vous rapporter quelques paroles, elles sont assez explicites.

Comment ne pas se jeter par la fenêtre quand on déprime de n’avoir pas de vie amoureuse depuis un moment et que partout on nous rabâche les oreilles avec les violons de l’âmourrrr … et ne rien voir se dégager à l’horizon?

Comme la ST Valentin, c’est tout un symbole, cela ravive certains chagrins. Et c’est tous les ans !

Quelle violence de ne pas être le Valentin ou la Valentine de quiconque…Si personne ne m’aime, suis-je aimable ? Comment m’aimer moi-même ?

Même si on repère et déplore son côté commercial, beaucoup se sentent encore plus mal quand l’amour n’est pas au rendez-vous à cette période. Comme un jour pluvieux influence le moral, être sans personne à aimer est encore plus pénible quand l’influence sociale en rajoute.

Ainsi on se sent à part, moins bien loti que les autres. Mais qu’est-ce que j’ai en moins pour ne pas être en relation d’amour ?

Même si la méthode Coué a fait ses preuves il n’en demeure pas moins que de nombreuses questions affleurent, et encore plus cette année.

Combien de temps ça va durer ?  Toute ma vie ? Est-ce que ma vie amoureuse est finie ? Comment rencontrer un jour quelqu’un ? Déjà l’année dernière…

Ces extraits de séances n’ont jamais eu cette dimension. Une véritable angoisse s’exprime parce que les relations sociales ont tellement décliné que pour celles et ceux qui compensaient avec elles le manque d’amour n’ont pas pu le faire depuis mars 2020. Et plus les gens vieillissent, pire c’est.

Cette vitrine a libéré la parole, et ça c’est vraiment très bien !

Les heures sombres, Catherine Grangeard

heures sombres

En ces temps troubles de couvre-feu et de confinement (imminent ?), la psychanalyste et écrivaine Catherine Grangeard nous livre ses conseils pour faire face sereinement à ces heures, qu’elle qualifie de sombres… Mais pas que. Découverte.

Puiser dans ses forces personnelles

Dans cette période difficile, comment ne pas perdre son temps ? Ce sentiment est insupportable. Cette impression de regarder s’entasser les jours aux jours sans qu’il ne se passe rien et de voir filer le temps est angoissant. Comme le dit la chanson le temps perdu ne se rattrape guère, ne se rattrape plus. 

Les heures sombres que nous vivons sont d’autant plus pénibles qu’on n’en connaît pas le terme. Cette incertitude ajoutée à celle d’un virus invisible qui circule on ne sait où m’amène à conseiller de quitter une attitude qui affaiblit : ressasser les pertes, les privations, les efforts à faire et toute cette série d’idées qui affaiblissent.

Certes, tout le monde souffre du manque de liberté. Certes, c’est déstabilisant. Certes, c’est affreux de ne plus réussir à tant bien que mal gérer sa vie. Par conséquent il s’impose dans ces temps d’exceptions d’adopter également un positionnement d’exception. Il n’est pas réservé aux héros ! Prendre conscience qu’aller puiser dans des forces personnelles inemployées jusqu’alors est la seule solution pour profiter du moment.

L’importance de renforcer son intériorité

Il s’agit de renforcer son intériorité face à ce que l’on ne trouve plus à l’extérieur. Les ressources internes peuvent s’épanouir et épanouir. Dans cette adversité, ne penser qu’à compenser fait décompenser. Il s’agit de développer d’autres ressources, de hiérarchiser et se poser les questions existentielles fondamentales. C’est le moment.

En ce moment, je conseille régulièrement mes patients à voir ou revoir le film  Les Heures sombres ou L’Heure la plus sombre au Québec (Darkest Hour).

Pourquoi ? Au travers des choix difficiles de cet homme d’Etat on perçoit les états d’âme qu’il traverse et doit dépasser.

C’est vital ! Ce film n’a pas vocation psychologique. C’est pour cette distance qu’il est si intéressant. C’est par ce décalage que l’on perçoit la détermination nécessaire pour affronter les épreuves.

Paris et couvre-feu : Balades hivernales à Montmartre

sacré coeur

L’ancien village de Montmartre annexé en 1860 représente pour moi l’un des coins les plus dépaysants de Paris. Bien que de nombreux parisiens trouvent cet endroit cliché, c’est un endroit qui vaut le détour si vous souhaitez retrouver le moral en ces heures étranges de crise sanitaire et de couvre-feu. Ce petit village conserva longtemps une allure pittoresque, allure qui reste encore visible aujourd’hui à certains endroits…

Laissez-moi vous emmener dans ces lieux au charme fou que j’affectionne tant.

Suivez le guide !

Des entrailles de Paris jusqu’à son point culminant

En visite à Paris ?

Pour vous rendre au lieu indiqué (le village Montmartre), il vaut mieux que vous descendiez à Abbesses sur la ligne 12.

Car, pour commencer en beauté, je vous invite à vous mesurer au 176 marches de la station, garnies de jolies fresques tout du long (pour les moins sportifs, un ascenseur se trouve à disposition).

De cette remontée épique, vous évacuerez sur une belle place sur laquelle se tient l’église de Saint-Jean de Montmartre, tout en brique rouge !

L’art et l’amour, les ingrédients phares de Montmartre

Poursuivez votre route et avancez le long de la rue Vieuville, pour arriver quelques pas plus loin sur le Mur des Je t’aime, un très beau mur où cette déclaration flamboyante est inscrite dans pas moins de 250 langues ! Ce n’est pas pour rien que les plus belles scènes d’amour ont été filmées à Montmartre…

Marchez dans cette rue, jusqu’à franchir la rue des Trois Frères sur votre gauche, qui vous mènera jusqu’à la place Goudeau où se trouve Le Bateau Lavoir, ancien atelier de Picasso, Modigliani ou encore Maurice Utrillo, peintre montmartrois qui nous laissa des œuvres iconiques illustratives de son quartier.

Flânez si vous voulez, mais enchaînez avec la rue Gabrielle, et plus loin, à votre gauche, se présentera un escalier que vous devrez gravir pour arriver en pleine Place du Tertre, où des centaines de peintres à la place attitrée peignent jour après jour, rêvant certainement à leurs glorieux prédecesseurs.

Vous pourrez, si vous êtes essoufflé, vous reposer quelques instants en grignotant quelque crêpe à emporter. Plus tard dans l’année, revenez-y donc et prenez un verre !

Le Sacré-Coeur : une conquête visuelle de Paris

Après cette halte, rejoignez la rue du Mont-Cenis pour prendre la première à droite, rue du Chevalier de la Barre. Vous arriverez à l’arrière du monument le plus majestueux de Montmartre, construit pour expier les crimes des communards (Commune de Paris, 1871), la Basilique du Sacré Coeur. De son grai blanc auto-lavant, sa blancheur resplendit au loin dans tout Paris. Avancez-vous et observez le panorama qui surplombe la ville Lumière.

Prenez le temps de vous asseoir sur les marches et profitez du spectale pour en redescendre les marches tranquillement…

Ou prenez le funiculaire jusqu’au métro Anvers.

Une petite balade charmante lors de laquelle je vous invite à vous perdre allègrement pour mieux vous appropriez le lieu !