Interview, deuxième partie : Borxaline façonne le chaos

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Après quelques verres au bord d’un canal pantinois, deux comparses continuent à discuter dessin automatique et sens de la vie.

Mais au fait, quelles sont les inspirations premières de Borxaline ?

Tout de suite, la suite de l’interview. 

Les influences de Clara Gouablin (Borxaline)

Elvire : Alors, tes artistes préférés ? Tu m’as parlé de Tim Burton ?

Clara : Ah non, pas du tout. C’est souvent ce que les gens disent à ma place, mais ce n’est pas moi.

Mais tu sais, je n’ai pas d’influences précises, ou du moins, pas conscientes.

Quand je dessine, je ne pense jamais à un artiste en particulier. Ce que je fais, c’est juste… ce qui me traverse à l’instant T. 

Ça peut paraître un peu prétentieux, mais je ne m’inspire de personne.

Elvire : C’est toi, tout simplement !

Clara : Exactement. Je dis souvent que je suis juste un réceptacle. Des choses se passent, et moi, j’écoute.  

Ah mais attends, faut absolument que je cite quelqu’un !

Il y a un artiste qui s’appelle Mind the Line, c’est l’un de mes super amis. Il a un style vraiment unique. 

On a même collaboré ensemble, le 30 juillet 2023 au moment de notre réel rencontre :

Elvire : Pff… Magnifique.

Clara : On est des façonneurs de chaos, meuf. C’est ça, l’idée! 

Elvire : J’adore. Ça va être le titre de l’interview.

Clara : meuf. J’ai même un tatouage qui représente le chaos sur le bras. Je te l’ai déjà montré, non ?

Elvire : Non, je crois pas !

Clara : Mais pourquoi j’oublie toujours les noms quand on me demande ?

Ah oui ! J’ai aussi un autre ami super doué, Antoine — sur Insta, c’est Solodib, ou Yasa Draw

On l’appelle « l’imprimante », parce qu’il galère avec l’imagination, mais il peut tout reproduire avec une précision folle. Il m’inspire énormément pour sa rigueur topologique. 

C’est un artisan du réel.

Elvire : Tu aurais des expos à recommander ?

Clara : Justement, la galerie du 27 rue Charonne — Galerie Art Factory.

Ils exposent Daniel Johnston et aussi Niels Bertho. Son travail est d’une finesse folle, hyper détaillé. Il a un motif récurrent : les araignées. Alors que de base, j’en ai une peur bleue.

Mais là, je les tolère. C’est dire à quel point son art me parle. 

J’ai peur de plein de choses, d’ailleurs : le bambou, l’alcool chez les autres, les araignées…

Elvire : Et côté musique ?

Clara : Daniel Johnston, toujours. Story of an Artist, cette chanson me foudroie…. Ça me donne envie de pleurer, direct.

Sinon, j’écoute beaucoup La Fieve de Maïro…

ou Cognac et cigarettes de Jungle Jack.

Ah, et j’oubliais : mon artiste préféré, celui qui a fait mes covers préférées, c’est dexter maurer. Il a bossé avec mudymonk, Bonnie Banane,…

J’adore Bonnie Banane, d’ailleurs un de ses clips a été réalisé par le même mec qui a fait la cover des Red Hot. Et aussi pour Antonin (L’Enfant), pour trop de choses à prouver.

Trop de talents autour !

Elvire : Des grosses références !

Clara : Ouais, j’espère pas dire de bêtises. J’ai toujours peur de me planter quand je parle de mes influences, surtout à cause de ma dyslexie. 

Mon cerveau fait parfois des sauts…

Mais c’est drôle aussi, ça donne un côté un peu… artistique, justement.

Mon pote vient de m’écrire, on va voir l’expo ?

Elvire : Un mot de la fin, peut-être ? Pour les jeunes artistes ?

Clara : Pfff… Je me sens minuscule. Une petite pousse, encore enracinée dans la terre. Je suis en construction, moi. Je ne me considère pas comme une référence.

Elvire : Et si tu pouvais t’adresser à n’importe qui ? Même à des morts.

Clara : Même à des morts ? Ok…

Van Gogh. Je t’aime. 

J’adore lire tes lettres à ton frère Théo. Elles me touchent profondément. Je me retrouve beaucoup dans ta solitude. Peut-être pas dans ton intellect, mais dans ta rage de créer, oui.

Je t’aime. Vraiment.

Ombre et lumières : Borxaline, la suite

— plus tard dans la soirée, avec quelques grammes d’ivresse dans la caboche —  

Elvire : T’as un chanteur préf ?

Clara : HAHAHAHA C’EST ORELSAN ! Pas du tout. 

J’adore Orelsan d’ailleurs. C’est un des artistes qui m’a le plus foutu de frissons dans la vie. Avec Current Joys

Pendant le confinement, j’étais chez mes grands-parents, j’écoutais Live at Kilby Court, avec “Kids” dessus, je crois. 

J’étais allongée sur le gazon, il y avait du soleil, je faisais des petits clins d’œil au ciel… Parfois j’avais des taches noires dans les yeux. 

C’était magnifique.

Bref.

La dernière fois, je disais que j’aime bien trafiquer le chaos. 

Ombre et lumière.

C’est aussi pour ça que je ne mets pas de couleurs dans mes dessins.

J’ai envie que les gens projettent les leurs. 

Parce que les couleurs, c’est des variantes, un spectre infini. Alors moi, je pose du noir et du blanc. Universel.

Et hop, dans ta tête, tu poses tes couleurs.

Là, on est en train de boire du ponche.

Elvire : Qu’est-ce qu’on vient de faire ? Tu peux nous expliquer un peu ?

Clara : On est allées voir des marionnettes automates… 

Ils avaient un petit strabisme, c’était envoûtant. 

Ça m’a grave rappelé l’enfance.

Et aussi le travail de Théordure sur Instagram. Il est aux Beaux-Arts depuis trois ans, il travaille justement sur l’enfance. Il est très doué.

Il fait des cabanes, des dessins… regarde ! Il est multitâche de ouf. Il fait des dessins très enfantins!

Elvire : C’est vachement lié à ce qu’on vient de voir, Ça me fait penser à Max et les maximonstres.

Clara : Voilà ! Tu vois son style ? 

Elvire : Carrément. Bon, question : un moment fondateur dans ton art ?

Clara : Je crois que c’est quand je me suis retrouvée seule. J’avais plus d’amis. Je venais de quitter un copain avec qui j’étais depuis trois ans. 

J’avais fait des bêtises… liées à ça. J’étais vraiment seule. 

Et moi, je ne peux pas dessiner quand il y a des gens. Quand je suis en relation, je deviens dépendante affectivement, je pense tout le temps à l’autre.

J’écrivais beaucoup à cette période. Je fonctionne par cycles : parfois j’écris, parfois je dessine. Et là, je suis à fond dans le dessin. 

Ça fait trois ans que je dessine activement. Mais petite, je dessinais déjà tout le temps. C’était mon seul moyen d’expression. Mes parents ne jouaient pas avec moi. J’étais seule dans ma chambre. Un peu sad, l’enfance, au calme ! *rires*

La meuf est dépressive depuis ses 6 ans. Non, pas du tout. Mais j’ai toujours ressenti de la tristesse. J’étais obsédée par ça, gamine.

Elvire : Et aujourd’hui, c’est quoi les émotions qui traversent ton processus créatif ?

Clara : L’urgence. Je ne sais pas si c’est une émotion. Mais ce sentiment-là, d’urgence de créer. Genre, dans 5 minutes je dois partir ? Allez, dessine. 

J’ai un cours de 3h ? Je vais dessiner pendant 3h. 

J’aime pas avoir le luxe du temps, sinon je fais rien. 

C’est comme ce truc de gosse : si mes parents meurent, je pourrai tout faire. Mais non. Tu pourras, mais tu feras pas forcément.

On est condamné à être libre, comme dirait Sartre. Tu peux vérifier. *rires*

Elvire : Tout à fait, j’ai fait de la philo ! J’adore ça.

Clara : Moi aussi. Énormément. Épicure surtout. Il parle beaucoup d’amitié dans Lettre à Ménécée. Pour lui, l’amitié, c’est ce qui nous maintient en vie. C’est les liens sociaux. 

Et ça, ça a été très dur à construire et à entretenir pour moi. Il m’a aussi aidée à relativiser sur la mort. 

Il dit que la mort n’est rien pour nous. C’est ceux qui restent qui souffrent. Ceux qui ressentent le vide, l’absence.

J’ai perdu quelqu’un de très proche. C’était un peu comme ma maman. C’est elle qui a fait le choix de partir. J’y pense tous les jours. Il y avait une photo d’elle et moi, petite, en fond d’écran sur mon tel — bon là c’est un ballon, mais l’image change à chaque fois. Elle était pharmacienne. C’est à sa disparition que je me suis vraiment mise à dessiner. C’était juste après l’épreuve de philo du bac, d’ailleurs. Mes parents sont venus me dire : ***** est partie. 

Avec un ton que je ne connaissais pas. J’étais choquée.

Maintenant… je suis anesthésiée. Je suis plus touchée de la même manière. 

Et puis, elle avait une fille, ma cousine. Elle a pris une maturité folle. Elle avait 11 ans. C’est elle qui l’a découverte. Mets ce que tu veux dans l’article. Si c’est choquant, ça attirera du monde. *rires*. Voilà, ma tante.

Elvire : Je croyais que tu ne savais pas te vendre ! T’as un bon sens du marketing.

Clara : Haha ouais. Je suis accro au sexe ! Non je rigole.

Elvire : Sexe, drogue, rock’n’roll ! *rires*

Clara : *Voix dramatique *

Écoutez, j’ai de gros problèmes avec le sexe.

Technique numéro 2. Sortez couverts ! 

Non plus sérieusement… j’adorais me bourrer la gueule avant de voir les gens. Je le fais plus depuis 4 mois. Mais avant, j’en avais besoin pour m’anesthésier encore plus, en clair, oublier que j’existais. 

J’avais pas l’impression d’être assez bien pour être moi, devant les autres.

Je me suis longtemps sous-estimée. 

J’ai cru que l’amour était conditionnel. Que pour être aimée, je devais être malléable. Et boire, ça me changeait. J’étais plus une boule d’anxiété, de contradiction, d’inquiétude. Parce que j’étais ça pour mes parents. Enfant désiré, peut-être, mais sûrement pas comme ils m’imaginaient.

J’ai subi des abus moraux dans ma famille. Y avait que des disputes. 

J’étais isolée. À l’école, je me faisais harceler. J’étais un peu le bouc émissaire.

Au lycée, des rumeurs ont circulé, finalement un condensé des insultes que je recevais  en primaire. 

Genre “sorcière” parce que j’avais un grain de beauté, les dents du bonheur, les oreilles décollées.

Je me suis fait recoller les oreilles. J’avais zéro respect pour moi-même. 

J’achetais des bonbons pour me faire des amis. Je me prostituais amicalement.

Aujourd’hui, heureusement, j’ai 3-4 personnes autour de moi qui m’ont fait comprendre que j’avais le droit d’être aimée. Mais c’est toujours dur. 

Tu me dis un truc gentil, ça me transperce. J’ai l’impression qu’on me flatte par pitié. Toute ma vie, on m’a dit que j’étais moche. Quand j’ai commencé à être jolie, je n’y croyais pas. Je pensais : si un jour j’ai un mari, ce sera juste pour mon intelligence ou ma capacité à écouter.

J’ai misé là-dessus. Puis j’ai capté que je pouvais plaire physiquement… et j’ai oublié mes autres capacités. 

Et parfois, j’ai l’impression qu’on me prend pas au sérieux quand je parle. Que je suis une plante verte.

Elvire : Tu n’es pas une plante verte !

Clara : Oui, bien sûr. Je suis une orchidée. Pauuuseee ! Ma plante préférée. Et mon tableau préféré ? Les fritières de Van Gogh.

Elvire : Fritillaires. Ça se dit fritillaire. Mon père est expert en plantes.

Clara : Est-ce qu’il frite les hierres ? C’est une plante ? 

Non, c’est une ville. 

Est-ce qu’il met les yerres dans la friteuse ? 

J’adore ton père. Il est géologue.

Elvire : Et astronome. Il connaît tout sur les oiseaux et les plantes.

Clara : Une expérience complète. 

C’est quoi déjà le mot pour les gens qui savent tout faire ? 

Le violon d’Ingres ? Non… Da Vinci ?

Bref. J’adore Van Gogh.

Apéro philosophique : Borxaline et le dessin automatique – Partie 1

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29 mars 2025 : par une belle après-midi ensoleillée, deux amies se retrouvent gaiement près de l’eau avec un café et un verre de vin, une tradition née de leur première rencontre au Sap’heur, un bar ma foi très sympa du dix-huitième arrondissement (serveurs détendus, prix divins, bonne musique, que demande le peuple).

Rapidement, le concept d’une interview vino-caféinée se fait sentir.

Ce ne sont pas les giboulées qui vont nous arrêter.

Elvire, rédac cheffe de Colette Magazine, tend le micro à Clara alias Borxaline, une artiste qui dessine.

Borxaline, who is she ? Première partie

Elvire : Allez c’est parti ! 

*Tchin Tchin*

Clara :  Trop drôle, ça va faire comme l’intervention de la dernière fois, avec le fou du bus qui explique un truc sur Jésus, je me souviens, ça m’avait fait marrer.

Elvire : Le fou de la gare de Dijon tu veux dire, dans l’interview de l’Enfant ?

Clara : Le fou de la gare, oui !

Elvire : Nous verrons. Bonjour Borxaline ! Et merci de nous accueillir au bord de ce canal, c’est quoi, c’est le canal de l’Ourcq je crois ? (NDLR : dit-elle alors qu’elle habite à Pantin depuis presqu’un an)

Clara : Ouais, ouais, c’est à Pantin quoi.

Elvire : À Pantin ? (NDLR : s’enquiert-elle, visiblement en plein épisode hallucinatoire).

Clara : Ouais, il y a des petits pantins là, sous le pont, regarde.

Rires

Elvire : Alors, déjà première question, d’où vient ce nom d’artiste, Borxaline ?

Clara :  Eh bien, ma chère Elvire, je pense que ce surnom est un sous-nom finalement, parce que je le trouve assez nul en réalité. Ça fait un peu pitié quand tu décomposes le mot Borxaline, c’est-à-dire qu’on a le bordel finalement dans lequel je baigne en général. 

Puis s’ajoute à ça le fait que pendant longtemps j’ai été sous Xanax, donc je l’ai compacté avec ce premier mot. 

Et le fait que… Tout ce que je fais me provoque énormément d’adrénaline et je suis à la recherche de ça constamment, d’où le mot Borxaline, tout simplement. 

Et d’ailleurs pendant un moment, ma… Non, ça c’est…

Elvire : Hein ?

Clara : Non, non, mais j’allais dire un truc, mais en gros, de toute façon tu vas faire des…

Elvire : Bah déjà, je t’enverrai avant, si t’as envie de…

Clara : Ouais, ouais, ouais, ok, ok. Parce qu’il y a un moment où en gros, t’sais, j’ai eu un parcours psy, enfin je suis suivie depuis que je suis petite et tout. 

Et pendant longtemps, on pensait que j’avais un trouble borderline, ça faisait un peu stylé, dans l’application, un pseudo comme Borxaline, tu vois, ça fait Adrénaline, Borderline, Bordel, au bord de. Vu que je suis toujours au bord de quelque chose et je cherche beaucoup l’adrénaline dans mon quotidien.

Elvire : Ah, c’est vraiment intéressant ça.

Clara : Ouais, voilà.

Elvire : T’es toujours au bord de quelque chose ?

Clara : Ouais, toujours à la…

Elvire : T’es toujours au bord de…

Clara : DE LA MORT ! Non, je rigole. 

Je me mets beaucoup en danger, je prends beaucoup de risques. Un peu trop, des fois. J’ai l’impression que ça s’imprègne beaucoup dans ce que je produis. Il y a beaucoup de chaos et j’ai l’impression que c’est ce que je peux pas faire dans la vie que j’exprime dans mes dessins. Je peux pas créer un monde très onirique dans la vie, à part si je prenais de la drogue comme du LSD, mais j’en prends pas. 

Bref, je m’écarte.

Elvire : Mais du coup, qu’est-ce que tu peux pas faire dans la vie que tu exprimes à travers ton art ?

Clara : Je ne peux pas vivre dans mes rêves comme si c’était la réalité. 

Elvire : Euh pardon, y a des cygnes. Trop beau !

Rires 

Pardon ! Interlude ! 

Clara : Non, mais j’adore les oiseaux. C’est une dinguerie. Tu vois ça, c’est une expression de la vie. Magnifique.

Elvire : C’est un peu l’essence même de la vie, finalement.

Clara : Ben oui. On est tous une manifestation de la vie. C’est ça qui est dingue. Tant qu’on vit, en tout cas. Et c’est un signe, je pense !

Elvire : C’est un signe, carrément, du destin. Qu’il faut que tu factures tes oeuvres à plus de 10 mille euros.

Clara : Putain. Non, mais vraiment, j’ai ce truc… C’est impossible pour moi d’estimer mon art … “Mon art”. Tu vois, même le terme dire que je fais de l’art, c’est pas moi qui dis que je fais de l’art. Parce que pour moi, c’est devenu presque un truc vital de mon quotidien, comme respirer, me lever, manger. 

Ça fait tellement partie de moi que je vois tellement pas ça comme un travail, que donc je pourrais pas le monétiser. 

C’est pour ça que c’est… Je me sens jamais… Un peu comme une imposteuse, quand je dois facturer, tu sais, je suis en mode « Waouh ! » Qu’est-ce que je fais ?

Genre, sur la base du SMIC, SMIC horaire, je dois ajouter des taux, si jamais je dois payer l’URSSAF, quoi, je sais jamais. C’est pour ça qu’en général, je suis toujours très timide. Je sais jamais dire…Parce que ça vient naturellement, en tout cas, quand ça vient pour moi, et tu parlais, tout à l’heure des structures, c’est impossible pour moi de définir… 

C’est les autres, en général, qui me donnent le statut d’artiste. Toi en fait, tu fais juste ce que tu sais faire et les gens apparentent ça à de l’art et donc là tu deviens artiste. 

Enfin j’en sais rien ?

Elvire : Très bien.

Clara : Je parle beaucoup !

Elvire :  Quel est ton mode d’expression artistique préféré, si tu en as un ?

Clara : Le dessin ! Regarde. Je vais te montrer. Toutes mes heures de cours ! Quand je suis en cours, je me fais chier, je remplis le vide.

Elvire : *regarde dans le carnet* Ah ouais j’adore ! En plus c’est un beau carnet, un moleskine non ?

Clara : Non celui-là c’est Rougier&Plé. *page de pub*

Alors, c’est très aléatoire.Des fois, j’ouvre mon carnet en plein dedans, et je fais, ok, on va dessiner un truc là. C’est pas linéaire. Un peu comme le temps, tout ça… 

Elvire : Ça t’arrive de compléter tes dessins par des textes ?

Clara : Ouais, j’écris beaucoup aussi.

 J’écris de manière intuitive.

Je fais beaucoup d’écritures automatique, pareil pour le dessin, j’appelle ça du dessin automatique, si on veut.

Elvire : C’est-à-dire ?

Clara : Parce que ça vient comme ça, je fais un trait, et puis après, je me dis, mais attends, mais ce trait, il me fait penser au fait que je pourrai faire un rond là… et après si tu connectes le rond admettons, avec ce trait-là, on peut faire une plante ! Là, tu vois on peut imaginer des petites feuilles, et là, là… On sait pas trop ce que c’est ?

Rires 

Et là, les branches, ça fait une bouche. Et puis y’ a ça qui se passe, bam et je trouve ça génial.

Elvire : J’adore, j’adore.

Clara : Ça, c’est du dessin d’observation. *m’indique une autre page du carnet*

Elvire : C’est mignon, ça ! *voix de lémurien*

Clara :   Ouais, grave ! Bah j’adore. Ah, là, il y a des petits écrits.

J’avais des petits carnets attends… C’est quoi, ça ? Ah non, ça, c’est des notes de cours.

Parce que des fois, je suis attentive en cours. C’est rare.

Elvire : D’accord. Comment tu définirais ta capacité à te concentrer ? Est-ce que tu arrives à te concentrer facilement pour dessiner ? Ou est-ce qu’il te faut un contexte ? *cherche sa question* Ah voilà : Est-ce que tu as besoin d’un contexte particulier pour dessiner ?

Clara : Justement, il ne faut pas que ce soit un contexte pour dessiner. Il ne faut pas que ce soit un cours d’art plastique.

Par exemple, en cours d’art plastique au lycée, j’étais incapable de dessiner, tu vois ?

Il faut justement que ce ne soit pas le moment. Il faut justement que je sois dans l’inconfort.

Dès que je suis dans l’inconfort, j’arrive à dessiner. Dès que je suis stressée, j’arrive à dessiner. 

J’arrive à dessiner au téléphone. J’arrive à dessiner dans le métro, en cours, surtout en cours, du coup. En fait, c’est dès que je me défie un peu à être concentrée.

Parce que, si je suis juste là devant ma feuille à me dire que je dois dessiner… Incapable !

Juste, j’en suis incapable. 

Surtout si on me dit, dessine-moi une fleur, je ne vais pas pouvoir le faire. Il faut vraiment que ce ne soit pas le moment pour le faire. C’est pour ça que j’adore être en retard. Parce que…

Elvire : Ah ah ! YES ! Check.

Clara : Check. Parce que vraiment, je suis là chez moi et on me dit, tu dois partir dans 10 minutes, je fais, OK, attendez. Et là, je dessine en 10 minutes. 

J’adore me défier dans la création. Je trouve que c’est merveilleux et ça provoque une adrénaline. Parce que j’ai peur d’être en retard, et au final, ça me rend en retard. 

C’est un cercle vicieux.

Elvire : Le cercle du retard ! D’après une étude, il paraît que les personnes les plus créatives sont celles qui arrivent le plus souvent en retard.

Clara : Oui, bien sûr !

Elvire : Oui.

Clara : D’après l’étude.

Elvire : L’étude de la vie.

Clara : Ce n’est pas l’étude de la vie… Du cercle vertueux de la vie. En fait, bien sûr.

Elvire : Je vais vérifier cette étude plus tard. On ne sait jamais.

Clara : OK.

Une artiste sur Insta : abonnez-vous à @borxaline

Elvire : Alors, ta plus belle… enfin ton œuvre la plus réussie selon toi ? Et si elle est disponible quelque part, sur les réseaux sociaux, que nos chères lectrices et lecteurs puissent aller la consulter.

Clara : C’est celle que je suis en train de faire là, que j’ai mise en story. C’est un gros format où je me suis laissée porter finalement, par plein de petits éléments.

C’est surtout associé d’ailleurs à la…On me dit que j’orne beaucoup mes dessins avec de la végétation. Là, c’est un peu une jungle immense dans laquelle se retrouvent des animaux qui n’existent pas, en tout cas tu ne peux pas apparenter ça à un truc du quotidien.

Ça n’existe pas, ce que je dessine. C’est ça qui est cool.

Il y a une sorte d’oiseau, tu sais, avec des grandes ailes, qui cachent un gorille.

Elvire : Donc, ton monde idéal, finalement, serait parsemé de créatures… Fantastiques ?

Clara : Fantastiques ! Bien sûr. Il n’y a que de ça. Il n’y a que de ça. Rien n’existe !

Elvire : Pourquoi vouloir t’échapper ? 

Clara : Alors, c’est une bonne question… *réfléchis* Tu penses que je fuis le réel ?

Elvire : Ah mais c’est une excellente question que l’on peut tous se poser je pense… Aussi bien toi que moi. 

*ne réponds pas du tout à la question*

Clara : Oui je pense, c’est pour ça que quand t’écris, peut-être que c’est genre un moyen de dire des choses que tu ne vois pas dans le monde… Je ne sais pas.

Elvire : C’est peut-être quand j’écris aussi, parfois ça peut être un moyen de ne pas parler de moi finalement ? Par exemple, le fait que je sois en train de faire ton interview, ça veut peut-être dire, c’est cool là je parle des autres, pas de moi. 

Clara : De te dissimuler derrière le masque de l’intervieweuse actuellement, oui je vois très bien ! De mon côté, je pense que je me cache derrière mon art. J’adore, tu vois, quand je filme, parce que ça c’est un autre moyen d’expression, j’ai vraiment cette distance entre la réalité et le caméscope qui justement l’imprime. 

Mais moi, je ne suis pas concernée ! Vu que je relate ce qui se passe autour de moi, un peu comme si j’étais une observatrice. 

Surtout, j’ai l’impression d’être en intrusion dans la vie des gens…

Elvire : Tu as une approche documentariste ?

Clara : Oui, quand je filme des trucs ça s’apparente à du documentaire. Même si j’aime pas l’idée de mettre des mots précis sur les choses, de trop les définir, parce que  je me suis pas suffisamment accaparé les concepts de documentaire pour dire que je fais du documentaire… 

Mais disons que je filme, je capture mon phénomène au travers de la vie. 

Et après, j’aime créer des réalités alternatives via le montage. 

J’adore faire ça ! 

Et j’adore l’alcool.

Elvire : OK je note ! *ne s’attendait pas à cette intervention*

Rires. 

C’est quoi ton alcool préféré ?

Clara : Très bonne question ça ! Je te dirais basiquement la bière, mais en ce moment beaucoup l’amaretto. Mais bon, j’essaie d’arrêter de boire, enfin de réduire ma consommation parce que je m’oublie trop après, et je finis dans l’inconfort que j’essaie de décrire dans mes dessins. Je deviens inconfortable pour les autres, et je suis trop proche des autres, aussi, c’est un problème.

Elvire : Tu as l’impression de te livrer…

Clara : en fait j’ai aucun code social, je joue pas à des jeux sociaux. Je suis juste moi et des fois ça met les gens mal à l’aise, parce que j’ai jamais réussi à vraiment porter un habit qui soit… Je sais pas, j’ai pas de costume en société !

Mon masque est compliqué, parce que je fais beaucoup de mimétisme pour m’intégrer, depuis que je suis petite.

Disons que ça reste assez à côté de la plaque…Je suis à côté de la plaque avec les gens en général. Enfin je trouve ? C’est un peu mon impression.

Elvire : Tu dirais que tu fais de l’anxiété sociale ?

Clara : Ah oui complètement ! J’ai eu une période de phobie sociale immense

 parce que j’étais harcelée pendant ma primaire et mon collège. Du coup, j’ai été beaucoup isolée. 

Je dessinais pas encore beaucoup à cette époque, voire carrément pas. 

J’avais pas trop de repères. Et j’avais peur en fait d’aller vers les gens, parce que les gens me rejetaient frontalement.

Alors qu’aujourd’hui les gens veulent bien de moi

Mais du coup je me sens un peu… Pas légitime d’ aller vers eux, parce que j’ai toujours ce truc marqué en moi, comme une empreinte qui dit “non, les gens vont te rejeter”.

C’est pour ça que des fois l’alcool m’aide à oublier cette peur.

Surmonter ses peurs grâce au dessin : suite et fin

Elvire : Comment décrirais-tu cette peur ?

Clara : Je dirai, la peur que les autres ne me laissent pas exister dans leur paysage à eux, que je sois abandonnée. 

Bon laisse tomber, c’est sad là !

Elvire : Ah mais c’est pour ça qu’on s’aime bien ! Moi aussi j’ai peur de l’abandon.

Rires 

Clara : Bah oui ! check. Cette peur de l’abandon, elle est très propagée, surtout à l’heure actuelle. Je pense qu’on a eu des parents issus d’une génération pas ouf qui ne nous ont pas appris à nous aimer. 

En fait, j’avais beaucoup d’amour conditionné quand j’étais petite. Il fallait que je sois comme ci, comme ça.

Par exemple, je vais toujours vers les gens qui me font me sentir mal, parce que j’ai l’impression de devoir leur prouver que j’en vaux la peine constamment.

Les gens que je surestime : j’y vais à fond ! 

Je ne vais pas vers les personnes qui veulent de moi.

Elvire :  Et est-ce que là actuellement, il y a des gens que tu surestimes qui font partie de ton cercle proche ?

Clara : Bien sûr, c’est ça le problème. J’essaie de prendre de la distance et ça matche jamais vraiment avec eux, et c’est là où je me sens mal. C’est là où je me travestis un peu, parce que j’ai envie d’être avec eux quand même. Bref.

Elvire : Et quand tu dis que tu te travestis, c’est par exemple dans l’expression orale ? Comment ça se passe ? 

Clara : Ouais, dans le mimétisme surtout, parce que j’essaie de leur ressembler.

Mais en même temps, ça me porte défaut. Enfin bref, c’est pas honnête.

Et j’ai besoin d’honnêteté, mais en même temps, je ne sais pas trop ma vérité.

Enfin, je ne sais pas comment je suis à la base, je ne me suis pas encore trouvée.

J’ai que 21 ans, tu vois.

Je suis pleine de questions, pleine de doutes

Elvire : Et c’est normal ! C’est normal.

Clara : Je te mets un peu des tunnels.

Elvire : Non, non. Est-ce que tu as des artistes en ce moment avec qui tu rêverais de 

faire une collab ?

Clara : Je réfléchis, oui, je rêverai de travailler avec Feldup, putain ! Feldup !

Elvire : *vit dans une grotte* Qui ça ?

Clara : Feldup, c’est un YouTuber horreur qui  raconte de curieuses étrangetés, et globalement  des trucs  niche, il fait genre des threads Reddit. Il est issu d’un  monde qui me parle beaucoup, c’est très mystique, très cryptique, et c’est toujours très axé sur l’horreur, puis j’ai la sensation qu’on partage un peu le même terreaux mentale aha !

Ah oui  disons le , mon style est vachement horrifique quand même.

Il fait beaucoup de références à… Comment il s’appelle ce type là ?

Attends, je réfléchis… Tim Burton.

C’est très Tim Burtonien ce que je fais, ce que je produis. Et c’est pas un choix, c’est juste que ça vient comme ça, on me raconte souvent ça de mon style graphique. 

Du coup, ouais, je sais pas, Felldup, j’aimerais bien faire des miniatures pour ses vidéos YouTube, mais vu que je sais qu’il dessine déjà, je pense qu’il se suffit à lui-même.

Sinon, il y a Le Dolmen aussi, c’est un mec qui a fait un livre incroyable, qui s’appelle : 

« S’anormaliser », et c’est pour tous les créatifs qui veulent prendre leur indépendance

 et réussir vraiment à sortir des…

Elvire : Des sentiers battus ? 

*ça y est on est mariées depuis 20 ans on termine nos phrases*

Clara : Ouais, des sentiers battus, mais surtout des barbelés qu’on se met à soi-même. C’est pour ceux qui veulent sortir de la masse, enfin, qui veulent vraiment faire exister leur art, en fait, sans… Putain, mais en fait, il faut…Écoutez Le Dolmen, les gars.

Il est trop fort ce mec, c’est un peu mon prophète.

J’adore… En ce moment, il fait une série sur comment partir à la rencontre de son âme, mais t’sais, c’est pas du tout une une lecture judéo-chrétienne , pas du tout, c’est vraiment… C’est basé sur le monde, le soi, le phénomène 

Elvire : *boomer intervention* Tu me rediras son nom ?

Clara : Ouais, je te l’écrirais si tu veux.

Elvire : Attends je sauvegarde notre conversation… 

Suite au prochain épisode !

Restez connecté.e.s 💖

PS : toutes les photos de cet article sont des dessins appartenant à la seule et unique Clara Gouablin, alias @Borxaline. Abonnez-vous à son compte Insta pour lui donner de la force, merci pour elle ⭐

Musique de printemps : ma playlist 2025

musique-printemps-playlist-2025

C’est le printemps, tout refleurit, on dit oui à la vie, on lui dit MERCI.

Pour exprimer sa gratitude, danser et chanter l’univers, voici une petite liste de titres que j’adore écouter en ce moment, grâce auxquels je traverse une multitude de sentiments.

1. Chill Out, Lola Young

Pas mieux pour se détendre et se rappeler qu’il n’y a pas de vie en jeu quand on gère un service marketing ou qu’on est en pleine crise de communication dans une entreprise de télécommandes. Chill out, allons nous promener, le ciel est bleu, le soleil au Zénith, bisous bisous je m’en vais de ce pas oublier mes soucis et cesser de travailler. 

2. Terrible Hands, Soda Blonde

    Vous venez de passer une nuit exquise en compagnie de votre crush, et vous ne savez plus où donner de la tête, qui est cet être de lumière qui vient compléter votre vie d’une façon aussi inattendue ? Les frissons, les papillons… Qu’est-ce qu’on en pense ? Aaaaaah ! Crie votre cerveau en train d’overthinker. 

    Juste, posez-vous, profitez du moment présent, c’était quand même trop bien d’être dans ses bras.

    3. Chewing Gum, Amyl and the Sniffers 

      Envie de fuir votre job précipitamment pour la simple et unique raison que vous êtes entourés de cons ? Courrez joyeusement sur cet hymne à l’affirmation. 

      4. Fuzz Jam, The Lazy Eyes

        Petite angoisse soudaine ? Vous avez la sensation d’être surchargé.e ? 

        Entonnez les paroles de ce petit alien expérimental : “Run for the door, you’ll be okay”.

        En bref, prenez le train, montez dedans, allez vous faire masser bon sang. C’est ok de prendre soin de vous, de quitter des situations qui vous déplaisent. 

        5. Anxiety, Doechii 

          Déjà, merci à Doechii d’exister, et merci pour ces mélodies pleines de vie et de joie.

          Grâce à elle, je sais que je ne suis pas la seule à flipper du moindre mouvement dans mon appartement quand je suis toute seule. Nous sommes des millions.

          En résumé, la petite chanson qui vous fait débrancher de vos peurs en un clic dans vos écouteurs. On enlève l’énergie négative !

          6. Catfish, Doechii 

            Dès que je suis un peu en colère contre une personne ou une situation, c’est la chanson que je passe en boucle pour me calmer et rappeler à mon monde intérieur qui a le pouvoir. Moi évidemment. Parfait tube pour un moment de revalorisation.

            7. Ordinary, Alex Warren

              La première fois que j’ai écouté ce titre, j’étais dans mon canapé devant Love is Blind, the Reunion (la dernière saison à Minneapolis, oui je sais, je regarde Love Is Blind oui ça va aller !)

              J’ai expérimenté ce que j’appelle la danse extatique de canap, sans me lever outre mesure, j’ai réalisé mes meilleurs moves en chantant comme si j’avais écouté Alex Warren my whole life. Une expérience.

              8. The Ick, Panic Shack

                Un date qui a mal tourné ? Une chanson pour se relever en douceur du dégoût que vous a inspiré votre très bref acolyte d’un soir.

                9. I’m a King Bee, The Stone Foxes

                  Sexy. Très sexy.

                  10. Lover’s Spit, Broken Social Scene 

                    Une douceur dans la voix et dans les instrus telle qu’on a envie de serrer son animal de compagnie dans les bras et de lui rappeler à quel point on l’aime même si on a pas toujours le budget jouets équivalent à ses désirs d’amusement.

                    11. Let Me Alone, Izia

                      Ouf, vous rentrez enfin chez vous, vous allez pouvoir respirer un peu seule au calme, sans Corinne de la compta qui vous explique pourquoi son troisième divorce était de loin le plus réussi financièrement.

                      12. Hey Bitch, Izia

                        Un ou une collègue a joué les pestes ? Mais c’est une super nouvelle, vous allez pouvoir appliquer votre plan de revanche intersidérale en trois étapes. Si ça ne vous atteint pas outre mesure, ça ne devrait pas vous empêcher d’adopter une bonne défense de votre personne. Fair enough.

                        13. Cowboy Gangster Politician, Goldie Boutilier

                          Sexy and smart. On adore.

                          14. Rocket Woman, Talia Rae

                            Très planant, on est bien dans un délire de femme fusée ici, atmosphériquement parlant, je confirme.

                            15. Army Dreamers, Monty Cotton, The Basics, Gotye

                              Bon là c’est à 100% le printemps, pollinisation en cours, sifflements d’oiseaux et tout le toutim. On nage dans du coton printanier. De saison, validé.

                              16. Underwater, Sun’s Signature, Elizabeth Fraser

                                Un titre étrange, mêlant harmonies et science-fiction, on ne sait pas si on écoute de la musique ou d’ancestrales répliques de sirènes. Ou de fées, à vous de juger.

                                17. Sass Girl, Wargirl

                                  Ce titre me fait penser à un road trip imaginaire avec toutes mes meilleures amies durant lequel on serait toutes en train de fumer des joints autour d’un totem sacré. De la girlhood +++, j’adore. Paisible.

                                  18. Romantica, YannaY, Cafe de Anatolia 

                                    Il est quatre heures à la discoteca, c’est peut-être le moment parfait pour embrasser Juan Pedro rencontré à l’auberge de jeunesse madrilène dans laquelle vous squattez pendant deux nuits.

                                    19. Get Out Of My Head, Sofia Bolt

                                      Oups, vous n’arrivez pas à penser à autre chose, l’amour s’empare de vous, mais vous avez trois reporting à préparer avant dix-huit heures. Pas pratique d’être fall in love parfois. C’est un peu ce que m’évoque cette chanson.

                                      20. Thus Is Why (I Don’t Spring 4 Love), Saya Gray

                                        Des paroles magnifiques, une instru canon, de jolis chœurs… Où était cette chanson quand on en avait le plus besoin ? Dans les méandres de Spotify jusqu’alors inexplorés. Pépite !

                                        Merci à l’Enfant (l’artiste), qui m’a fait découvrir cette rareté dans une de ses stories. 

                                        Mes perles d’avril

                                        Le meilleur pour la fin !

                                        Je vous partage mes petites pépites d’or, mes exoplanètes musicales secrètes qui me font voyager dans des souterrains psychiques d’intersidéralité :

                                        Bonus : son de zinzin à ne pas manquer

                                        • L’enfant : release party du premier single de son prochain album, concert prévu le 28 avril au Supersonic.

                                        Joyeuses Pâques dans vos oreilles 🐣🐇

                                        L’ENFANT : Rock d’ordi et choses à prouver, interview à Dijon

                                        lenfant-interview

                                        Assis à une table noire et bancale du café PAUL de la Gare de Dijon, Antonin Archer alias l’Enfant parle technique avec ses deux acolytes musiciens, Henri Vuillecard (à la batterie) et Félix Hemmem (à la basse).

                                        J’ai eu la chance d’accompagner et de filmer le groupe à Lausanne pour un concert à la Datcha, une des scènes du Prémices Festival, festival de musique printanier assez connu en Suisse.

                                        Le contexte ? Deux heures d’escale à tuer parce que le premier train en direction de Paris Gare de Lyon était complet et la contrôleuse du TGV Suisse Lyria nous a bien fait comprendre qu’on pouvait pas frauder à moins de se prendre une amende salée. Argument de type « artillerie lourde » pour citer l’artiste, la petite troupe est bien obligée de se poser et de tuer le temps à coups de guinzes (clopes) et de sandwichs.

                                        Au bout d’une heure, je propose nonchalamment et sans prévenir un petit exercice d’interview, coupant presque la parole à Antonin, alors qu’il était lancé à donf sur des questions de simulateur d’amplis.

                                        Elvire : Quand est-ce que tu as commencé la musique ?

                                        Antonin : Ah oui d’accord, c’est vraiment une interview ?

                                        Rires groupés.

                                        Antonin : Vraiment donc… Quand j’avais 9 ans et que je faisais de la guitare classique…

                                        Elvire : Tu faisais de la guitare classique, qu’est-ce qui t’as donné envie de faire du rock d’ordi ?

                                        Antonin : Alors d’abord j’ai eu envie de faire du rock… Mais on fait vraiment une interview ? ça dure combien de temps ?

                                        Elvire : Mais, comme tu veux ! (ton insurgé)

                                        Antonin : OK, d’abord j’ai eu envie de faire du rock, quand j’étais ado, et après quand j’étais plus vieux j’ai fait de la prod, et après je me suis dit tiens ce serait bien de refaire du rock, et je pourrai le mélanger avec ce que je fais en prod et paf, ça a donné du rock d’ordinateur.

                                        Félix : Des chocapics.

                                        Henri : Héhé !

                                        Elvire : Comment a commencé le projet L’Enfant ?

                                        Antonin : J’ai arrêté un projet dans lequel à l’époque j’interviewais des gens et j’avais peur, ça faisait longtemps que j’avais pas fait de musique. Je me suis dit, faut que je me lance…

                                        Pause : le fou de la gare vient nous expliquer un truc sur Jésus que personne aurait capté.

                                        Antonin : Lui il revient, il fait des tours… Bref je me suis dit lance toi, je me suis mis à la prod et j’ai sorti un morceau.

                                        Elvire : Ta plus grande peur ?

                                        Antonin : Vieillir, mourir… Euh, ma plus grande peur… Franchement, j’ai peur, j’ai peur… J’ai grave peur quoi ! J’ai grave peur en général, être une merde, tout rater…

                                        Elvire : Quels sont les défis à venir pour tes prochains concerts ?

                                        Antonin : En fait, j’ai quelqu’un (*ne cite pas de nom mais regarde Henri*) qui veut absolument qu’on ait le matériel le plus compliqué possible, et j’arrête pas d’essayer de le convaincre d’utiliser le matériel le plus simple possible. Le défi à venir plus sérieusement, c’est de grave se marrer et que le son soit pas trop pourri. On arrive bien à se parler quand même, hein Henri ?

                                        Henri : C’est le plus important. (ton très sérieux) Y a-t-il des conflits au sein du groupe… (rires)

                                        Elvire : Des lieux dans lesquels tu souhaiterais te produire ?

                                        Antonin : Oui, j’aimerai bien jouer à la Cigale en tête d’affiche. J’aimerai bien jouer partout en fait, je veux jouer partout, vraiment. Je suis trop chaud ! Invitez-nous. Par contre, je sais que les gens pourraient se dire que c’est cool en général, mais j’aime pas trop le Stade de France. Après je dirai pas non, bien sûr. Mais la plus grosse salle qui me fait rêver c’est la Cigale. Le Stade… Même le Zénith, c’est trop gros.

                                        Elvire : Je parlais plus de lieux, au sens géographique ? (rires)

                                        Antonin : Ah alors Paris ! Moi je suis de Paris…

                                        Elvire : Tu es parisien ?

                                        Antonin : Ah tu changes de question ? Oui je suis né à Paris, j’ai grandi à la campagne. Vu qu’on chante en Français, j’ai pas spécialement de délire de jouer à l’étranger, j’aime bien quand les gens chantent les paroles. Peut-être à Montréal ?

                                        Henri : Ou au Japon, ils adorent les Français.

                                        Antonin : Alors au Japon. Ce serait marrant… Mais je préfère des lieux où les gens peuvent chanter.

                                        Elvire : Tes influences actuelles ?

                                        Antonin : J’aime bien Oklou en ce moment, j’écoutais pas trop avant mais j’aime bien… Qu’est-ce que j’écoute en ce moment ? *réfléchit* J’écoute que des trucs de rock, ah j’aime bien saoirse dream, j’aime bien underscores aussi, j’aime bien plein de trucs d’hyperpop, de rock, ils sont vraiment très beaux ces artistes.

                                        Elvire : Tu as toujours chanté et écrit en Français ?

                                        Antonin : Oui, toujours. Il y a déjà tellement de gens qui font de la musique en Anglais que ça m’intéresse pas spécialement d’en entendre plus sauf quand les gens sont très très forts. Il y a beaucoup de concurrence… Pour apporter une valeur ajoutée… Mais je comprends les gens qui chantent en anglais, on est plus habitués, mais moi ça me convient pas.

                                        Elvire : Des artistes avec lesquels tu aimerais bien jouer ?

                                        Antonin : Oui ! J’aimerai bien jouer avec Eloi, j’aime bien Underscores aussi…

                                        Elvire : Ton rapport à la dépression ?

                                        Antonin : Compliqué, mais mieux quand même en ce moment. J’espère en sortir, je suis pas en dépression en ce moment, et j’ai pas envie d’entretenir un récit sur la dépression. Moi je serai très content d’être guéri de la dépression et définitivement sorti de la dépression, mais en ce moment ça va.

                                        Elvire : Prochains concerts ?

                                        Antonin : 25 mars, Point Ephémère. 28 avril au Supersonic.

                                        Elvire : Merci beaucoup L’Enfant !

                                        Antonin : Merci Elvire !

                                        NDLR : pour écouter l’enfant direction sa chaîne YouTube ou Spotify.

                                        https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5imgjumuHUmnzZF3vOEmso

                                        2025 : Colette is back

                                        2025-colette-is-back

                                        Bonjour chers lectrices et lecteurs d’un peu partout ❤️

                                        Je suis bien plus que contente de vous retrouver, l’enthousiasme, la liberté, la créativité, la joie d’écrire à nouveau sur Colette m’envahissent, et ça m’avait manqué.

                                        Depuis la dernière fois que j’ai écrit à cet endroit, il s’est passé tellement de choses dans le monde.

                                        Le drame palestinien, expression souvent utilisée pour éviter de faire fuir les gens, employée à tort et à travers à la place de : génocide ; la déclaration de guerre de Poutine à l’Ukraine, Donald Trump réélu Président des États-Unis…

                                        En France, on a eu droit à un énergumène d’extrême droite à la barre au pouvoir alias Michel Barnier, balayé et vite remplacé par, roulement de tambourin en panne 🥁, François Bayrou, qui dernièrement, s’est dit qu’il allait renforcer les mesures de contrôle de l’immigration (alors qu’en 2013, l’année de mon bac, le type annonçait qu’il se porterait à nouveau candidat à la mairie de Pau, j’ai pas compris cet enchaînement), bref, on est sur un régime semi-présidentiel… Tout ça donne bien sûr envie de crier : 

                                        What. The Actual. Motherfucking. FUCK ?

                                        Il était donc temps que je revienne ici pour sauver la planète avec mes petits mots, car j’ai, bien sûr, bon espoir que Poutine tombe sur mon article, ainsi que sur tous les articles et vidéos des petits micro blogueurs dont je fais partie qui dénoncent des trucs, des conflits, et se qu’il se dise mais pardi, oui c’est n’importe quoi, et paf, le voilà parti en asile psy avec Musk, Trump, Xi Jinping et Netanyahou dans une de ses nombreuses villas de la Mer noire. 

                                        Mais assez parlé des hommes riches de cette planète, concentrons-nous sur le quotidien actuel des filles et des femmes de la Terre, aussi pluriel qu’il soit. Quelques petits rappels.

                                        Les femmes au cœur : on est où en 2025 ?

                                        • Aujourd’hui, 1,1 milliard de filles à travers le monde sont déscolarisées, victimes d’exploitation, ou mariées de force. Environ toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans.
                                        • À échelle mondiale, environ 736 millions de femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, ou en dehors du couple, ou les deux. 
                                        • Pour ce qui est du couple, en moyenne, 30% des femmes qui ont eu des relations – de couple – signalent avoir subi une violence physique ou sexuelle de leur partenaire intime.
                                        • En France, comme on peut le constater sur le site de noustoutes, il y a un féminicide tous les deux jours. Au 1er mars 2025, on dénombrait déjà 23 féminicides depuis le début de l’année. Un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30. 
                                        • 16% des Français.e.s ont subi une maltraitance sexuelle durant leur enfance.
                                        • Côté travail, les femmes touchent (toujours) 28,5% de moins que les hommes.

                                        Et l’avortement dans tout ça ? Où en est l’IVG ?

                                        Si le lundi 4 mars 2024, la France est devenue le premier état au monde à inscrire dans sa Constitution « la liberté garantie de la femme de recourir au droit à l’interruption volontaire de grossesse », il existe encore 21 pays dans lequel l’interruption de grossesse est formellement interdite. Au niveau planétaire, on parle de 40% de femmes vivant dans un pays dans lequel l’avortement est soit interdit, soit très restreint.

                                        Une honte, quand on sait que de toute façon, malgré les interdictions, la loi et toute forme d’oppression, les femmes ont recours à des techniques d’avortement. Et ce quitte à mettre leur vie en danger (lisez L’événement, d’Annie Ernaux pour mieux comprendre la problématique).

                                        Il va donc falloir que les dirigeants de ces pays comprennent à un moment donné que les femmes, lorsqu’elles sont déterminées dans leur choix qui concernent leur corps, sont prêtes à aller jusqu’au bout pour pouvoir vivre, et surtout, le plus souvent, survivre, et si cela signifie avorter, elles sont prêtes à tout, alors raison de plus pour leur garantir enfin une sécurité, une réelle protection de santé

                                        Les IVG clandestines représentent encore la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde. 

                                        Ces interdictions, restrictions, discriminations continues, ne font qu’aggraver l’oppression générale et systémique envers les femmes. 

                                        Et les femmes, d’ailleurs, ne sont pas toutes les mêmes, comme les médias diffusant des généralités sexistes voudraient nous le faire croire.

                                        On est ensemble

                                        Aujourd’hui, pour faire avancer les combats, la lutte pour les droits des femmes, il est nécessaire de reconnaître la pluralité des femmes, la multiplicité de leurs différences, la diversité, accueillir toutes les femmes peu importe leurs religions, leurs origine.

                                        Les femmes ne sont pas toutes européennes et trentenaires comme moi: certaines sont issues des minorités ethniques, racisées, c’est-à-dire qu’en plus de subir du sexisme au quotidien, elles doivent en plus de ça porter le fardeau à 200% illégal du racisme, et tout un tas d’autres discrimination en fonction de leur situation sociale.

                                        Cette vision intersectionnelle du féminisme, je la partage entièrement, puisque c’est grâce à la convergence des luttes que nous allons augmenter nos chances de nous faire entendre, et de faire avancer la libération des femmes partout dans le monde.

                                        J’ai envie de parler de toutes les femmes, de la nécessité de notre émancipation, mais aussi de faire entendre ici tous les combats qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas, qu’on oublie trop souvent. 

                                        Le but ici, ce n’est pas de recourir à la force physique, au vu de mon gabarit, ce serait bien compliqué.

                                        Je suis seule derrière mon écran à vous écrire, à vous lectrices, lecteurs, à vous qui souhaitez un monde plus apaisé, dans lequel la douceur reprend ses droits, accompagnée de la nature, d’un monde plus tourné vers l’humain, vers ce qui ralentit, la paix prend du temps.

                                        Cette paix, j’ai envie de l’installer progressivement avec vous sur des espaces d’information qui ne sont pas encore pollués de censure, d’interdiction ou de désinformation.

                                        Il y aura peut-être ici ou là quelques erreurs, mais s’il vous plaît, corrigez-moi, ou encouragez-moi à reformuler si je m’exprime avec maladresse, j’ai besoin de vous, je pense qu’on a besoin des uns des autres pour avancer ensemble, pour aller loin et construire un monde plus serein dans lequel l’art fait bon vivre.

                                        Osez me parler en commentaire, ou par mail, dites-moi le fond de votre pensée, si vous avez envie de dire ou de crier quelque chose : exprimez-vous, je suis là pour vous entendre, tant que ça reste constructif et sympa.

                                        Soyons audacieux.ses tous ensemble.

                                        Parlons, réveillons la langue ensemble, et tentons d’enjoliver cette planète déjà magnifique, grâce à de beaux mots, à l’amour, la passion que nous éprouvons quant à certains sujets, certaines causes, certaines luttes, certains arts… 

                                        J’ai envie de revenir ici pour écrire sur tous les sujets qui me passionnent, dans l’espoir de dialoguer avec celles et ceux pour qui les textes de Colette résonnent

                                        Pour être dans une clarté absolue, une transparence totale, je m’adresse à tous les amoureux.ses du rire, aux tendres, à celles et ceux qui ont ce don inné de reconnaître de la beauté dans les recoins de la vie les plus infimes, parce que je ne suis pas parfaite, et j’aime de plus en plus l’imperfection.

                                        Je m’adresse aux audacieuses et audacieux, tout ce beau peuple qui veut vivre, chanter, danser, parler autour d’un café, s’émanciper des carcans, briser les cases, les causeurs du dimanche, les énervés de l’après-midi, les tristes poètes du soir, je veux être là pour parler de toutes ces émotions qui nous traversent tous et toutes, de santé mentale, de féminisme, d’égalité des sexes, de droits des femmes oui, de solidarité, d’environnement… 

                                        Avec ma petite plume, on va essayer d’avancer un peu par-là, et puis j’espère qu’avec vos yeux, nos cerveaux communs, tout l’amour et la bonne volonté du monde, on réussira à planter quelques graines d’avenir serein. 

                                        Pour toutes et tous, 

                                        Et fièrement vôtre

                                        Elvire Balusseau

                                        AKA Farfadet des Plaines ✨ 

                                        Série Netflix : ne passez pas à côté de la danoise du moment, EQUINOX

                                        serie netflix

                                        Bien que le confinement soit derrière nous, le couvre-feu et les attestations de sortie bloquent encore nos déplacements. Que faire en attendant d’aller danser ? Rattraper toutes les séries Netflix que vous n’avez toujours pas vu, avec un plateau de sushis et une tisane bien-être, pour un confort de bingewatching garanti.

                                        En parlant de séries et de cocooning… Seriez-vous passé à côté de la nouvelle série du moment : EQUINOX, disponible sur Netflix ? C’est l’heure du rattrapage.

                                        serie astrid

                                        Equinox : deux soeurs aux passés différents

                                        La série commence en 1999, sur une bande de jeunes danois qui fêtent leur diplôme du Bac gaiement, à coup de bières, de sono, et de chars verdoyants assortis de banderolles sur lesquelles ont peut lire quelques joyeux pamphlets danois… strictement incompréhensibles. Passons.

                                        Astrid, une petite fille de nature angélique et docile, regarde sa soeur quitter la maison en pleurs après une dispute avec sa mère (dont les yeux exorbités font drôlement flipper). Son aînée, Ida, monte dans un char quelque peu bruyant, et laisse derrière elle une mère anxieuse, un père heureux, et une petite soeur interloquée.

                                        Évidemment personne – hormi tous les téléspectateurs – ne s’attend à ce que ce départ en fanfare soit pour Astrid la dernière occasion de voir sa soeur qu’elle aime tant. Car celle-ci, peu après avoir salué les siens, ne reviendra jamais… Nul ne sait pourquoi.

                                        ida equinox

                                        Astrid va donc grandir (la majeure partie de la série se passe 20 ans plus tard) gagner en maturité, se marier et avoir une petite fille, pendant que sa soeur Ida, vit sa vie de personne disparue quelque part dans un monde parallèle.

                                        Tout ce que l’on sait au début, c’est qu’Ida était particulièrement questionnée par sa mère sur tous ses allers et venus, et n’avait jamais la paix. Sa mère, toujours sur son dos, lui empêchait constamment de vivre sa vie. Mais est-ce une raison valable et suffisante pour s’évaporer, et ne plus jamais revenir ?

                                        De son côté, Astrid a toujours été délaissée par sa mère, mais aussi très aimée, choyée par son père. Pourquoi ces écarts de traitement, d’une soeur à l’autre, alors même que ces deux-là s’apprécient énormément et ce dès les premières minutes de la série ?

                                        Affaire à suivre.

                                        serie ida astrid

                                        Un suspense insoutenable, et des cauchemars haletants

                                        Tout au long de la série, vous verrez Astrid en proie à des cauchemars étranges, durant lesquelles elle croit apercevoir sa soeur, perdue au fin fond d’une forêt glauque à souhait, prisonnière d’une sorte d’immense Dieu aux oreilles de lapin, sur fond de paysages enflammés et en ruine

                                        Qui est ce Dieu Lapin ? Et pourquoi essaie-t-il d’agripper Astrid ? Et pourquoi sa mère n’arrête pas de lui répéter qu’il faut « qu’elle y retourne » pour retrouver sa soeur ?

                                        Tant de questions auxquelles la série vous répondra petit à petit, au travers d’épisodes assez courts (45 minutes), mais très denses et prenants.

                                        Du suspense, des bons acteurs, une bonne BO, des intrigues farfelues, des gestes barrières pas respectés…

                                        La série de la réalisatrice Tea Lindeburg vous fera renouer avec les peurs les plus primitives, celles qui sont reliées directement à votre enfance.

                                        Car, qui sait ce qui peut se cacher dans l’obscurité ?

                                        Qu’est-ce que tu vois quand tu dors ?

                                        La team Colette valide à 200 % !

                                        Nous vous recommandons de la regarder en VO, pour des frissons danois garantis.

                                         

                                        Pourquoi vous devez ABSOLUMENT lire I’m Every Woman, de Liv Strömquist !

                                        i'm every woman

                                        Je ne sais pas vous, mais j’ai kiffé mes cadeaux de Noël ! Cette année, j’avais demandé des livres portés sur le féminisme. Ma soeur adorée m’a donc offert I’m Every Woman, de Liv Strömquist que j’ai dévoré en une demi-heure.

                                        Et c’est reparti pour une sélection d’arguments en béton, qui je l’espère suffiront à vous convaincre de lire cette BD… Ou devrai-je dire, cette pépite !

                                        Parce que vous allez découvrir Chaka Khan 

                                        À l’origine du titre de cette bande-dessinée, I’m Every Woman est un titre de la chanteuse américaine Chaka Khan, sorti en 1978. Or, vous ne pouviez pas nécessairement la connaître, si comme moi vous n’avez pas grandi dans les années 80.

                                        Étant donné que l’ouvrage commence par cette référence, vous êtes bel et bien invitée / invité à découvrir cette artiste, grâce à Liv Strömquist. Vous n’allez pas le regretter !

                                        I’m Every Woman – Les paroles

                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        I can read your thoughts right now
                                        Every one from A to Z
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I can cast a spell
                                        Of secrets you can’t tell
                                        Mix a special brew
                                        Put fire inside of you
                                        But anytime you feel
                                        Danger or fear
                                        Instantly I will appear, ’cause
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I can sense your needs
                                        Like rain unto the seeds
                                        I can make a rhyme
                                        Of confusion in your mind
                                        And when it comes down
                                        To some good old fashioned love
                                        That’s what I’ve got plenty of, ’cause
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        I can read your thoughts right now
                                        Every one from A to Z
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I ain’t braggin’ ’cause I’m the one
                                        You just ask me ooh and it shall be done
                                        And don’t bother to compare
                                        ‘Cause I’ve got it
                                        I’ve got it, I’ve got it, yeah, I…
                                        I’m every woman

                                        Parce que vous découvrirez Priscilla Beaulieu

                                        Enfant, vos parents s’égosillaient sur du Elvis Presley à vous en faire perdre la tête ?Pensez-vous que ces derniers aient jamais pris connaissance de l’existence de Priscilla Presley, l’unique épouse du King ?

                                        priscilla presley

                                        Née Priscilla Ann Wagner à Brooklyn (NY) en 1945, et plus connue sous le nom de Priscilla Beaulieu, celle-ci rencontre Elvis Presley alors qu’elle n’a que 14 ans. Complètement fan de cette star internationale du Rock’n’roll, elle s’arrange pour aller le voir dans sa demeure, histoire de passer un moment inoubliable avec son idole.

                                        Le grand Elvis Presley flash immédiatement sur elle [oui elle n’a toujours que 14 ans], et à cet instant commence une histoire d’amour pour le moins insolite. Ayant tout de même connaissance d’un certains nombres de lois interdisant les relations entre majeurs et mineurs, il se dit : tiens, et si je me la gardais pour plus tard.

                                        En attendant de pouvoir enfin la fréquenter librement et de l’épouser, M. Presley décide de la cloîtrer à Los Angeles, en vue d’en faire une femme « parfaite» selon lui, c’est-à-dire une « sainte». Puis, il la relooke, lui met du fard sur les yeux, la transforme de la tête aux pieds… En d’autres termes, il la prend pour sa barbie. Priscilla, elle, n’y voit d’abord que du feu, elle est tellement folle de lui qu’elle ferait n’importe quoi pour lui plaire.

                                        Néanmoins, en 1964, sa flamme en prend un sacré coup lorsque le King la trompe avec la chanteuse Ann Margret. Elle lui en veut un chouya, en sachant qu’elle, pendant tout ce temps, s’était pleinement dédiée à la chasteté.

                                        « Et alors ?!» S’est-elle sans doute écrié peu après. « Je l’aime !»

                                        Ainsi, Priscilla Beaulieu épouse Elvis Presley en 1967 à Las Vegas. En 1968, naît leur fille, Lisa Marie Presley, à Memphis. Mais le Roi n’est toujours pas rassasié, s’ennuit de sa femme qu’il trouve désormais trop âgée, et de sa fille dont il ne se soucie guère. Il tire sur des téléviseurs, prend des somnifères, et délaisse Priscilla plus que jamais.

                                        Elvis Presley la trompe encore, à de nombreuses reprises, tout en faisant mine d’éduquer leur fille, à coup de voyages, de rencontres diverses et variées. Pour sa fille, Priscilla se plie aux exigences du King, quitte à faire croire qu’elle est parfaitement heureuse au sein de son couple, et ce devant les paparazzi.

                                        Ce n’est qu’en 1972 que Priscilla Beaulieu demande enfin le divorce !

                                        Ce qui lui vaut d’être vivement critiquée, et même haïe par les fans hystériques, les médias, et en somme, le monde entier.

                                        Une vie pas facile, me direz-vous…

                                        Parce que même Britney Spears va vous faire réfléchir

                                        Quand on pense à Britney Spears, on imagine d’abord une jeune fille à couettes sur un album mondialement streamé. On se souvient d’une musique phare, Oops I did it again, ou encore Baby one more time

                                        Très vite, cette image de jeune fille blonde, sexy, et « innocente»  disparait pour laisser place à la Britney Spears scandaleuse, celle qui s’est rasé le crâne, va savoir pourquoi.

                                        Mais oui au fait, pourquoi ?

                                        Liv Strömquist vous propose des éléments de réponse en relatant quelques faits.

                                        Hypothèse N°1 : elle en avait peut-être assez des rumeurs qui circulaient à son sujet. Notamment celle lancée par son propre petit ami en 2004,  Jason Alexander, qui ne s’est pas gêné pour raconter les moult positions sexuelles testées avec elle, juste parce que ce dernier était frustré de voir son mariage avec Britney Spears annulé par les avocats de Jive Records, le label de la chanteuse.

                                        Hypothèse N°2 : elle en avait peut-être marre des petits amis tout court, de ces mecs puant l’après-rasage, prêts à tout pour l’impressionner, à bord de leur lamborghini, vêtus de leurs plus beaux costards, sabrant des bouteilles de champagne hors de prix. Peut-être qu’elle voulait un peu de réalité dans son monde de Mickey.

                                        Hypothèse N°3 : peut-être venait-elle de découvrir que le mythe de l’amour parfait, c’est vraiment bidon, et que le prince charmant n’existe pas, alors même que toute sa vie, elle a été entraînée à déclamer des paroles cucul la praline.

                                        Parce que vous saurez tout sur les pires petits amis…

                                        … De l’Histoire.

                                        De Edvard Munch à Phil Spector en passant par Percy Shelley, Mao Zedong et Ingmar Bergman, on en apprend de belles sur les relations des personnalités masculines de tous horizons.

                                        Entre narcissisme, possessivité, jalousie et tromperies, les pires petits amis de l’Histoire vous feront sans doute soupirer de soulagement à la simple idée que vous ne les ayiez jamais connu. Et c’est certainement mieux comme ça !

                                        Auriez-vous préféré être la petite amie de Staline, Nadejda Allilouïeva-Staline, et ainsi passer votre vie à tenter de représenter un modèle idéal de partenaire bolchévique, dès l’âge de trois ans ? Vous marier à 18 ans avec un homme de 41 ans ?

                                        Nadejda Staline

                                        Songez-vous à la gloire et la joie qu’une relation avec Munch aurait pu vous procurer ? Oubliez cette idée. Après avoir lu les détails sordides de sa relation avec Tulla Larsen, que le peintre accuse de lui avoir transmis de mauvaises énergies, lesquelles l’auraient contraint à se tirer dans le doigt… Vous n’aurez plus envie d’être la muse de qui que ce soit. Et d’ailleurs, à propos de cet incident, c’est le peintre lui-même, ivre, qui l’a provoqué de son plein gré après une énième dispute avec sa compagne…

                                        Parce que vous cesserez de détester Yoko Ono

                                        Depuis des années, lorsque je regarde un documentaire sur les Beatles, je ne peux m’empêcher de penser : Mais cette Yoko Ono, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne pouvait pas vivre sa vie de pacifiste ailleurs, sans déranger les scarabées ?

                                        En lisant les dernières lignes de I’m Every Woman, j’ai pris conscience que j’émettais jusqu’ici des jugements de valeur gratuits à son encontre. D’accord, sa présence a tellement perturbé John Lennon que tous les journaux se sont écriés « Yoko provoque la fin des Beatles !», sans réfléchir deux secondes aux problèmes de dépendance affective de John Lennon : il l’appelait tout de même maman. On en est là !

                                        Si malgré toutes ces contraintes oedipiennes, Yoko Ono reste forte et continue à fréquenter John Lennon, au bout d’un certain temps elle se lasse sérieusement et repense à son art. Oui, à son art, car à l’origine, Yoko Ono est l’inventrice du concept d’installation comme expression artistique. C’est d’ailleurs suite à l’une de ses installations (une échelle menant à un pense-bête sur lequel il est écrit Yes) que John Lennon la remarque et n’en démords plus. Ils se séparent enfin après avoir finalement réussi à créer et à faire de la musique indépendamment l’un de l’autre, et après avoir conçu… un fils. Une fois séparés, Yoko Ono s’est dit : Enfin Libre !

                                        Fans imperturbables du chanteur, les journaux n’ont pas apprécié cette rupture, et ont choisi d’ériger des portraits racistes et peu flatteurs de Yoko Ono. Selon les journalistes, Yoko Ono n’a été que la « salope asiatique qui a dissous les Beatles».

                                        Yoko Ono John Lennon

                                        Après avoir lu la BD de Liv Strömquist, je vous souhaite de réfléchir, et de reconsidérer l’Histoire sous un autre angle.

                                        Celui des femmes de…, des femmes oubliées, qui méritent, pourtant, tout notre intérêt.

                                         

                                         

                                         

                                        Instagram : Top 5 des posts qui nous ont fait bien rire lors du reconfinement

                                        Instagram

                                        Le reconfinement, ou confinement hivernal pour les intimes, a permis à de nombreux influenceurs de créer d’excellentes publications à des fins humoristiques. Des perles qui font du bien quand on entend le mot crise sanitaire 24H/24H, et sept jour sur sept.

                                        MAIS QUE FERIONS-NOUS SANS INSTAGRAM ?!

                                        Je vous le demande.

                                        1. Le palais de PQ – par c.a.r.o_rainbow

                                        On est clairement sur un level de perturbations psychiques élevé là quand-même.

                                        Bravo à Caro’Rainbow pour cette oeuvre magistrale !

                                        2. Les poulets floutés – par memelicieux

                                        Un classique du confinement Bis, comment ne pas le poster !

                                        Merci pour cette perle memelicieux 🙏

                                        3. Avé Netflaïx – par jackydu68

                                        C’est la question que tout le monde se pose.

                                        Comment ont survécu les milliers de Français qui n’avaient pas de compte Netflix, Canal, Prime, Disney+ ou OCS pendant le reconfinement ?! Oh ça va les lettrés, on a compris que vous aimiez bien lire des livres!

                                        On dit merci qui ? Merci Jacky… Du 68 !

                                        4. La plage aussi mais sans la mer – par lespiresblagues

                                        Pensée particulière pour les pauvres petits skieurs français qui vont devoir jouer aux échecs plutôt que de jouer les pros des pistes noires ⛷️

                                        Pour information : seulement 13 % des Français pratiquent le ski.

                                        Pour information, mais inutile cette fois : il existerait pas moins de 3 346 remontées mécaniques en France ! Nous sommes donc les plus gros consommateurs de remontées mécaniques sur le plan mondial.

                                        Merci aux pires blagues et à citations283 pour ce rappel à l’ordre.

                                        5. Chômage, quand tu nous tiens – par Yugnat999

                                        Sans doute le meme vidéo qui m’a fait le plus rire DE MA VIE.

                                        Il faut dire que chez Colette Mag, nous sommes particulièrement fans de Yugnat999 !

                                        La Colette Team souhaite une MER-VEI-LLEUSE année à tous nos lecteurs, ainsi qu’à tous les influenceurs !

                                        Que 2021 vous inspire un max de memes et de photos drôles à souhait 💗

                                         

                                         

                                         

                                        Femmes écrivaines, pseudos masculins

                                        écrivaines

                                        Les grands noms de la Littérature perturbent parfois le lecteur. Entre les noms de plume, les noms d’emprunt, les noms qui sonnent masculins mais qui désignent en réalité des femmes, et inversement… difficile de s’y retrouver ! Et pour cause, au travers des siècles, de nombreuses femmes ont pris la plume et opté pour un patronyme masculin. Pourquoi donc ont-elle choisi de changer leur identité ?

                                        Avant de publier ses romans sous le nom de Colette, notre écrivaine préférée se faisait passer pour son mari, Henri Gauthier-Villars, dit Willy. Ce dernier, surpris par ses talents d’écriture, n’hésita pas à en tirer profit pour accroître sa propre renommée littéraire. Ce n’est qu’après leur divorce en 1906 que Colette signa enfin ses ouvrages de son nom.

                                        Si la séparation lui servit de déclic pour sortir de l’ombre, d’autres femmes de Lettres ont cheminé différemment tout au long de leur vocation littéraire. Alors qui sont-elles, et quels furent les arguments qui les poussèrent à écrire sous un autre nom ?

                                        Découvrez notre sélection d’écrivaines aux multiples facettes.

                                        George Sand, l’immortelle

                                        C’est à la mort de George Sand en 1876, que Victor Hugo la qualifia d’immortelle. L’écrivaine naquit Amantine Aurore Lucile Dupin, à Paris en 1804.

                                        georges sand

                                        Originaire du Berry, Georges Sand avait des amis paysans avant de découvrir l’aristocratie parisienne. Elle avait donc connaissance de l’univers folklorique du monde rural, mais n’était pas dupe des manières de Paris. Elle resta toute son existence très attachée à sa région natale.

                                        D’ailleurs, elle s’amusait volontiers des clichés de la capitale, fumait le cigare, portait des pantalons…

                                        Une écrivaine « scandaleuse » pour l’époque

                                        George Sand attisait la curiosité de ses confrères, ce qui ne manquait pas de la divertir. Balzac la détestait, et alla même jusqu’à la transformer en personnage dans ses romans, en inventant notamment le terme sandinisme, pour qualifier toutes les femmes qui seraient tentées comme elle de se déguiser en hommes pour vivre une vie d’indépendance et jouir d’une grande liberté.

                                        Vivement critiquée par d’autres écrivains non moins célèbres, Lautréamont disait de George Sand qu’elle était un hermaphrodite circoncis, Jules Renard la traitait de vache à romans, Baudelaire de Latrines

                                        Son entrée fracassante dans le petit cercle très fermé des Lettres parisiennes a sans nul doute créé le scandale.

                                        Changer de nom pour obtenir plus de reconnaissance

                                        George Sand choisit son pseudonyme à 27 ans. C’est à partir de cette invention qu’elle construisit non seulement sa carrière littéraire, mais qu’elle transforma également sa personnalité, et même sa vie entière.

                                        Plus tard, ses enfants et petits-enfants porteront à jamais ce matronyme de Sand, sorti tout droit d’une influence a priori britannique.

                                        Son objectif initial ? Être prise au sérieux par le monde littéraire tout entier, et par ses lecteurs.

                                        Il y avait donc à l’origine de cette mutation un désir d’indépendance très fort, puisqu’elle parvint à asseoir son style et à bâtir sa renommée par le biais d’une fausse identité.

                                        Lutter contre les injustices liées aux femmes

                                        À l’époque, et finalement, comme aujourd’hui, être une femme c’est risquer de se faire aborder dans la rue par d’étranges inconnus, des malotrus qui ne voient en ces dames que des jupes frémissantes, afin de nouer d’éventuels rapports charnels.

                                        Ces accosteurs du dimanche, George Sand les abbhorait. Sillonnant les rues, elle s’en agaçait au quotidien, et ne se sentait pas libre de se promener comme n’importe quel homme de sa ville.

                                        Or, la liberté lui était si chère, qu’elle préfèra revêtir des habits d’homme pour enfin avoir la paix.

                                        Sa vie ne fut pas facile, mais elle la maîtrisait tant bien que mal. De nature optimiste, elle était fière de son parcours, et ne souhaitait l’échanger pour rien au monde.

                                        georges sand

                                        Je ne suis pas de ces femmes qui abordent l’injustice avec un visage serein.

                                        George Eliot, la réaliste victorienne

                                        Tiens, revoilà George ! [un peu d’humour pardi.]

                                        Peu connue du grand public, les oeuvres de George Eliot sont encore étudiées dans le milieu universitaire, et continuent de fasciner les passionnés de littérature britannique.

                                        George Eliot

                                        George Eliot, née Mary Ann Evans en 1819 dans le Warwickshire en Angleterre au sein d’un milieu modeste, était une des plus grandes écrivaines de l’ère victorienne (1837-1901). Elle portera toujours dans son coeur les Midlands, dont elle était originaire. Elle a été marquée à vie par son enfance en milieu rural (tout comme George Sand). Le décès de sa mère survint alors qu’elle n’avait que 16 ans, c’est peut-être ce qui explique la complexité du thème de la maternité dans ses romans. Son père, quant à lui, donna une excellente éducation à sa fille, car il la savait surdouée, curieuse par nature, et avide de lecture

                                        Une femme timide, une écrivaine déterminée

                                        Connue pour son oeuvre Middlemarch, dans lequel George Eliot décortique la vie de province, Mrs. Evans alias Eliot a vécu une existence qui pourrait s’apparenter à un roman. C’est d’ailleurs ce qu’en a fait sa biographe en chef, Kathy O’Shaughnessy, dans son livre Une passion pour George Eliot.

                                        Paradoxale, Mary Ann Evans était une femme à la fois extrêmement confiante, mais aussi très vulnérable. Très timide, sujette aux migraines, elle avait souvent besoin d’être rassurée dans son travail littéraire. Son partenaire, George Henry Lewes, l’a à de nombreuses reprises encouragée à s’affirmer, et c’est bien grâce à lui que George Eliot écrivit ses premières nouvelles et son premier roman, qu’elle commença à l’âge de 37 ans seulement.

                                        Physiquement, elle n’était pas à son avantage… Pour ne pas dire qu’elle manquait cruellement de beauté. Toutefois, son entourage lui trouvait une voix et un regard fascinants. Ces traits physiques désavantageux l’ont conduit à se construire une personnalité masquée, pour pouvoir vivre sereinement en société.

                                        Virginia Woolf (elle-même !), avait conscience de sa laideur, et disait d’elle :

                                        George Eliot n’était pas charmante, elle n’était pas très féminine, elle ne possédait aucune de ses excentricités et de ces irrégularités de caractère qui donnent à tant d’artistes la séduisante simplicité des enfants. Mais si nous examinons ses portraits de plus près, nous verrons que ce sont tous des portraits d’une femme célèbre d’âge mur, vêtue de satin noir sortant en Victoria. Une femme qui a achevé son combat et en est sortie avec un profond désir de se rendre utile à autrui […].

                                        À propos de son chef-d’oeuvre (Middlemarch), Virginia Woolf disait également qu’il s’agissait de :

                                        L’un des rares romans anglais écrits pour les grandes personnes.

                                        Son deuxième roman, Adam Bede fut salué par Dickens, et connut également un immense succès.

                                        Partir pour devenir libre et indépendante

                                        Quand son père décéda en 1849, elle avait 30 ans. Si cette triste nouvelle lui donna du chagrin, elle considéra sa mort comme une sorte de délivrance puisqu’elle décida de vivre en totale indépendance. En effet, lorsque son frère lui proposa de venir habiter chez lui, elle refusa, et se mit en route pour Londres. Grâce à son héritage, ses finances étaient plutôt stables, mais elle se fit la promesse de travailler une fois arrivée à la capitale.

                                        Sur place, elle rencontra son éditeur, J. Chapman. Elle devint son assistante, tandis qu’en parallèle elle publia beaucoup d’essais, et de textes littéraires. Elle fit de nombreuses rencontres exaltantes et productives malgré sa timidité maladive, dont le grand amour de sa vie, George Henry Lewes, qui était à l’époque un homme aux multiples facettes (philosophe, écrivain, critique de théâtre…) et qui comme elle n’avait pas été gâté par la nature sur le plan physique.

                                        Si au moment de cette rencontre, il était déjà marié, il ne pouvait pas demander le divorce et acceptait indifféremment les liaisons de sa femme. Il n’était finalement engagé que sur le plan légal et s’autorisait à fréquenter qui bon lui semblait, mais la société n’approuvait pas sa relation avec George Eliot. Celle-ci paraissait scandaleuse à l’époque, ce qui valut à l’écrivaine d’être jugée très sévèrement par la société victorienne, mais aussi par sa famille : à cause de ce « scandale », son frère ne lui adressa plus jamais la parole.

                                        Choisir un autre nom pour être lue et entendue

                                        À partir de cet écho, Mary Ann Evans, déjà devenue Marian à Londres, fut considérée comme déchue. Sa relation avec Lewes, vivement critiquée, la marginalisa de la société londonienne. Humiliée, elle décida de s’affirmer et de signer tous ses documents « Marian Lewes », pour mieux prouver l’affection qu’elle portait à son mari d’adoption, et se rebeller contre tous ceux qui la fustigeaient.

                                        En outre, M. Lewes la protégea toute sa vie face aux critiques. Il croyait et l’encouragea à écrire la conversion de Jeanne, et scènes de la vie du clergé sous un nom de plume : George Eliot.

                                        Portrait de George Eliot

                                        Il existe plusieurs hypothèses liées à ce nom : George, après tout, était le nom de son mari, qu’elle aimait tant, et réciproquement. Seconde hypothèse : elle admirait également George Sand, qu’elle avait beaucoup lue et connue puisqu’elles vivaient à la même époque.

                                        Il plane toutefois un dernier mystère.

                                        POURQUOI ELIOT ?

                                        À vos hypothèses !

                                        Laurent Danielle, la muse clandestine d’Aragon

                                        Née en 1896 à Moscou de parents juifs, Elsa Triolet s’appelait en réalité Ella Yourievna Kagan.

                                        elsa triolet

                                        Sa soeur Lili, n’est nulle autre que Lili Brik, l’actrice et la réalisatrice avant-gardiste, la muse de Maïakovski.

                                        Dans son enfance, la petite Elsa ne se sentait pas aimée, et jalousait sa soeur, qui toutefois la fascinait. Après de brillantes études d’architecture, un apprentissage approfondi du piano, elle voyagea avec sa mère et sa soeur un peu partout en Europe à la recherche d’aventures liées aux arts et à la musique.

                                        Une muse voyageuse

                                        En 1917, elle rencontra André Triolet, qui était en poste à Moscou en tant qu’officier français. Sa vie de couple fut malheureuse et surtout très ennuyeuse pour Elsa. Elle décida de quitter son mari en 1921, pour continuer à voyager à Londres, à Berlin où elle rencontra Victor Chklovski qui publia leurs échanges épistolaires Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour ou la Troisième Héloïse. Gorki lut ces derniers et encouragea Elsa à écrire. À Paris, elle logea à Montparnasse, et se mêla aux personnalités de son quartier et de son temps, dont Marcep Duchamp ou encore Man Ray.

                                        Inspirée, elle écrivit son premier livre, À Tahiti, publié en 1925, puis bientôt Fraise des bois (qui était son surnom lorsqu’elle était enfant), sorti en 1926.

                                        Résister en diffusant la presse : sa contribution personnelle

                                        Ce n’est qu’en 1928, à Paris, que l’ancienne madame Triolet fit la connaissance de Louis Aragon, avec qui elle se maria quelques années plus tard, en 1939.

                                        Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle aida son mari et participa à la Résistance, à travers des enquêtes de presse, et en contribuant notamment à diffuser les journaux La Drôme en Armes et Les Étoiles.

                                        La première femme à recevoir le prix Goncourt

                                        Entrée en clandestinité en 1943, elle parvint à publier sa nouvelle Les Amants d’Avignon, sous le nom de Laurent Danielle, en hommage à Laurent et Danielle Casanova, déportés à Auschwitz.

                                        Cette nouvelle et trois autres furent rassemblées et publiées dans un recueil, Le Premier Accroc Coûte Deux-Cents Francs, grâce auquel elle reçut le prix Goncourt en 1945. Elsa Triolet fut donc la première femme à recevoir ce prix. Quant au nom du recueil, il annonçait en réalité le débarquement des troupes alliées en Provence, plus connu sous le nom de code Anvil* Dragoon**.

                                        aragon triolet

                                        *Anvil : enclume en anglais

                                        **Dragoon : contrainte (car Churchill estimait qu’il y avait été forcé, contraint).

                                        Daniel Lesueur, la prolifique

                                        Alice Jeanne Victoire Loiseau naquit en 1854, aux Batignolles-Monceau d’un père lyonnais et d’une mère irlandaise.

                                        jeanne loiseau

                                        Une littéraire invétérée

                                        Femme de Lettres, elle commença à écrire dès le plus jeune âge, des pièces de théâtre, en vers et même en prose. Elle aimait travailler son style, et y mettait beaucoup d’acharnement et de concentration. Elle savait nouer des relations, si bien qu’elle fit de belles rencontres, dont ses amis José-Maria de Heredia, Sully Prudhomme, François Coppée, mais aussi Juliette Adam ou encore la comtesse Anna de Noailles.

                                        Nouveau nom, même succès

                                        Excellente écrivaine, son style fut rapidement reconnu par l’Académie française qui lui décerna plusieurs prix de Littérature, dans des genres variés (roman, poésie, traduction…).

                                        Le nom de Daniel Lesueur lui était imposé par son éditeur de ses premiers romans, Calmann-Lévy. Si celui-ci lui déplut, elle s’en accoûtuma au fil du temps. De plus, ce nom de Daniel Lesueur lui venait de son ancêtre maternel, Daniel O’Connell, et du nom de jeune fille de sa mère, Marie Henriette Lesueur.

                                        Défendre la cause des femmes : l’engagement d’une vie

                                        Adorée, décorée par tous ses contemporains, elle fut la première femme à recevoir la Légion d’Honneur puisqu’elle fut sacrée Chevalier en 1900, mais aussi la cinquième femme à être promue officier en 1913.

                                        Talentueuse, Jeanne Loiseau était bilingue et aimait plus que tout défendre la cause des femmes grâce à son tact, et son côté diplomate. Elle créa diverses oeuvres philanthropiques, dont Le Denier des Veuves de la SGDL (en 1913), l’Aide aux femmes de Combattants (en 1914) et le Foyer du Soldat (en 1918, tout près du front).

                                        daniel lesueur

                                        Elles ont aussi opté pour un nom masculin :

                                        George Sand, George Eliot, Laurent Danielle et Daniel-Lesueur ne sont pas les seules écrivaines à avoir opté pour un pseudonyme masculin.

                                        En effet, il en existe une myriade, toutes aussi intrigantes les unes que les autres, que nous vous invitons à découvrir par vous-même

                                        Marie D’Agoult, alias Daniel Stern

                                        Elizabeth Mackintosh, alias Gordon Daviot

                                        Victoire Léodile Bérat, alias André Léo

                                        Marie de Hérédia, alias Gérard D’Ouville

                                        Jeanne Philomène Laperche, alias Pierre de Coulevain

                                        Alice Marie Céleste Durand, alias Henry Gréville

                                        Marie-Anne Bertille de Beuverand de la Loyère (bravo si vous avez tout lu), alias Champol

                                        Jeanne-Caroline Violet, alias Guy Chantepleure

                                        Frédérique Audoin-Rouzeau, alias Fred Vargas

                                        JK Rowling, alias Robert Galbraith (elle voulait s’essayer au roman policier, mais cela n’a pas marché car elle a vite été démasquée)

                                        Violet Paget, alias Vernon Lee

                                        La liste est longue…

                                         

                                         

                                         

                                         

                                         

                                         

                                         

                                         

                                        Boris Vian, le centenaire.

                                        boris-vian

                                        En 2020, l’écrivain Boris Vian aurait eu 100 ans. Cet ovni à l’humour et à l’imagination sans borne a marqué la France et le monde de la Littérature.

                                        Né en 1920 à Ville-d’Avray, il est diagnostiqué à l’âge de 15 ans d’une maladie du coeur. Si selon ses médécins, ses jours sont comptés, il ne s’éteindra qu’en 1959. Il a alors 39 ans.

                                        Boris Vian – créateur, poète et perturbateur

                                        Sa vie, il la dédiera, à chaque instant, à la création. Il aimait le Jazz, dont seront même empreintes ses œuvres. Parmi celles-ci, comment ne pas citer L’écume des jours, publié pour la première fois en 1947 aux éditions Gallimard, qui le propulsa au rang d’écrivain émérite et lui façonnera une renommée éternelle.

                                        J’irais cracher sur vos tombes, publié un an plus tôt aux éditions du Scorpion, lui sert de défouloir face à la ségrégation américaine. Boris Vian y fustige la situation précaire des Noirs américains et le racisme particulièrement omniprésent dans le Sud des États-Unis.

                                        Musicien, M. Vian était également parolier, et vous devez sûrement déjà avoir entendu la chanson du Déserteur, tristement censurée pendant la Guerre d’Algérie.

                                        Écrivain engagé, âme libre, on pouvait facilement le qualifier d’anticonformiste, qui n’avait pas peur d’aimer, et de réfléchir au sens de la vie, ou à l’inéluctable mort.

                                        Pour vous rappeler de son passage fugace mais si pertinent sur Terre, nous vous proposons de découvrir cette fois-ci cet auteur sous un autre visage assez peu connu, celui du poète.

                                        Tout de suite… Quelques-uns de nos poèmes préférés !

                                        La vie, c’est comme une dent

                                        La vie, c’est comme une dent
                                        D’abord on y a pas pensé
                                        On s’est contenté de mâcher
                                        Et puis ça se gâte soudain
                                        Ça vous fait mal, et on y tient
                                        Et on la soigne et les soucis
                                        Et pour qu’on soit vraiment guéri
                                        Il faut vous l’arracher, la vie

                                        Pourquoi que je vis

                                        Pourquoi que je vis
                                        Pour la jambe jaune
                                        D’une femme blonde
                                        Appuyée au mur
                                        Sous le plein soleil
                                        Pour la voile ronde
                                        D’un pointu du port
                                        Pour l’ombre des stores
                                        Le café glacé
                                        Qu’on boit dans un tube
                                        Pour toucher le sable
                                        Voir le fond de l’eau
                                        Qui devient si bleu
                                        Qui descend si bas
                                        Avec les poissons
                                        Les calmes poissons
                                        Ils paissent le fond
                                        Volent au-dessus
                                        Des algues cheveux
                                        Comme zoizeaux lents
                                        Comme zoizeaux bleus
                                        Pourquoi que je vis
                                        Parce que c’est joli

                                        J’aimerais

                                        J’aimerais
                                        Devenir un grand poète
                                        Et les gens me mettraient
                                        Plein de lauriers sur la tête
                                        Mais voilà
                                        Je n’ai pas
                                        Assez de goût pour les livres
                                        Et je songe trop à vivre
                                        Et je pense trop aux gens
                                        Pour être toujours content
                                        De n’écrire que du vent.

                                        Berceuse pour les ours qui ne sont pas là

                                        Oursi ourson ourzoula
                                        Je voudrais que tu sois là
                                        que tu frappes à la porte
                                        Et tu me dirais c’est moi
                                        Devine ce que je t’apporte
                                        Et tu m’apporterais toi(…)

                                        Cette année, Ça m’apprendra à dire des conneries est paru aux Éditions 1001 Nuits. Il s’agit d’un recueil de citations, pour certaines inédites, qui vous en apprendront plus sur la vision de cet homme et de ses pensées parfois… farfelues 💫

                                        La seule vérité en fin de compte, c’est de mener une vie passionnée, même si elle se rebelle et vous frappe au visage.