Virginia Woolf, émergence de l’écriture genrée

virginia woolf photographie

Aujourd’hui, je vous propose une lecture d’un devoir rédigé lorsque j’étudiais les Lettres, les métiers de l’écrit et le journalisme à l’Université Paris VII Diderot.

J’ai écrit ce devoir à 22 ans, depuis ma perception a changé, mes opinions ont évolué, ma pensée s’est construite autour de nouvelles découvertes et autres explorations liées au passage à la vie adulte…

Et pourtant, neuf ans plus tard, plus que l’idée, l’importance d’avoir un lieu à soi reste avec moi comme un mantra quotidien.

Pas comme une nécessité absolue d’habiter seule dans un studio pour autant, pas comme l’idée qu’il vaudrait mieux rester célibataire chez soi pour éviter toute interruption de vie créative non.

Loin des idées reçues, que reste-t-il ? La paix d’être avec soi, et avoir les moyens de le ressentir pleinement quelque part.

Un chez soi intérieur qui peut prendre différentes formes, habiter plusieurs espaces : fauteuil d’un café dans lequel on aime venir pour écrire, jardin secret d’un musée où l’on s’allonge dans l’herbe pour dessiner, appartement, cocon douillet où l’on se love pour penser allongée…

D’où l’intérêt de se poser la question régulièrement : est-ce qu’actuellement, dans ma vie, j’ai cette capacité à me retrouver seul.e, en ma compagnie ? Suis-je en capacité de flâner ?

La création peut-elle émerger dans ma vie ?

La créativité peut prendre différentes formes, selon ce qui nous anime : inventer une recette de cuisine, coudre un haut ou recoudre un jean (pas mon fort), créer de beaux objets en argile, peindre des toiles, dessiner, esquisser des croquis, chanter ou jouer d’un instrument, penser un plan d’architecture, danser, chorégraphier, travailler des matériaux ou encore – BIEN SÛR ! – écrire.

Nous sommes le 30 septembre, la rentrée officielle telle que la France entière la connaît est passée, mais j’espère que cet article, ce devoir de Littérature d’une autre époque, pourra ouvrir en vous une petite porte, au moins un interstice de réflexion sur la possibilité qu’afin d’entrer dans sa vie, il vaut mieux d’abord cultiver le bourgeon de création logé à l’intérieur de soi.

Vous seul.e décidez quand vous êtes prêt.e à vous lancer dans telle ou telle passion. Votre rentrée créative et fertile, elle vient en vous, en temps et en heure, dans l’espace que vous habitez, au coeur de votre paix.

Bonne lecture ! 😉

INTRODUCTION

Virginia Woolf, écrivaine britannique du XXème siècle, a été la première femme à livrer le tissu de pensées intimes d’une femme. Peu de temps auparavant, c’étaient les hommes qui écrivaient au nom des femmes : Le roman de Gustave Flaubert Madame Bovary, paraît en 1857. Son personnage central, Emma Rouault, jeune femme enfermée à la campagne dans un mariage où elle se meurt d’ennui avec un homme qu’elle méprise, elle envie et rêve de la vie mondaine, urbaine et aventureuse des princesses de ses lectures, des romans à l’eau de rose. Même si Flaubert éprouve de l’empathie pour son héroïne au destin tragique, dont les pensées sont dépeintes avec force détails réalistes, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un portrait de femme exécuté par un homme, et donc une vue qui restera toujours extérieure au sujet traité. Le destin d’Emma avec Charles Bovary semble inexorable dès les prémisses du roman. Mais c’est encore un homme qui donne une destinée à une fem me sans qu’elle ne puisse la choisir.

Virginia Woolf se met à écrire d’abord par professionnalisme. Elle commence au Times, où elle écrit dans la rubrique du supplément littéraire, en 1905, un an après la mort de son père en 1904, elle a alors vingt-trois ans. Etant journaliste, elle avait une observation particulière de l’actualité qu’on sent dans ses livres, dès le départ elle se positionne en observatrice de son temps, de son époque. A la lecture de ses romans, on atteste de ses fines perceptions quant à la psychologie de ses personnages et de leurs émotions. Le lecteur a facilement cette impression de déjà-vu car l’auteure nous rapporte des profils récurrents de la vie quotidienne. C’est son acuité qui va lui permettre d’enlever le voile opaque posé sur la condition féminine, et de déjouer les pièges des figures paternalistes de son époque. Dans Mrs Dalloway, elle explore les liens du mariage et tire ses propres conclusions de femme avant tout, dans une société alors rigide et patriarcale.

Mrs Dalloway, présentons-le, est un roman de Virginia Woolf écrit en 1923 et publié en 1925. L’écrivaine y décrit la journée typique d’une aristocrate anglaise de la Haute Société dans les années 20, donc post première guerre mondiale. En vingt-quatre heures, la romancière nous emmène au cœur du détail de l’existence de Clarissa Dalloway, la personnage principale1, une femme d’âge mûr et au visage d’oiseau autour de laquelle le fil du roman se construit. Le roman débute par cette affirmation : « Mrs Dalloway dit qu’elle irait acheter les fleurs elle-même. » Cette phrase d’ouverture donne d’emblée un aperçu de la globalité du livre : la vie courante d’une femme que l’on suit dans ses moindres détails au cours de la journée. Par ce livre, Virginia Woolf a permis l’apparition d’une nouvelle forme d’écriture, et d’un style encore jamais lu. Raconter la vie d’une femme à cette époque était considéré comme un acte même assez culotté, dans une société encore très traditionnelle où la femme n’avait qu’une seule option, se taire. Très jeune, Virginia Woolf découvre la lecture grâce à la grande bibliothèque de leur domicile du 22 Hyde Park Gate en plein cœur de Londres, Virginia grandit dans l’univers littéraire construit par ses parents et ses proches. A l’âge mur, Virginia rencontre Leonard Woolf et avec des amis étudiants ils forment l’élite intellectuelle londonienne de leur temps, à savoir le Bloomsbury Group, dont les membres sont à la fois des romanciers, des essayistes, des biographes et des éditeurs. Virginia Woolf a la chance de connaître un éveil culturel précoce, et donc de se faire connaître dans un contexte littéraire masculin et masculinisant. Pas qu’il n’ait manqué de femmes avant elle, en revanche, c’est la voix de Virginia Woolf qui porte le plus à cette époque car elle parle avec style de sujets graves et sérieux comme la quête de soi, la guerre, la folie et la mort. Son œuvre traversera les siècles, elle fut dans un premier temps admirée des hommes et des femmes de l’élite intellectuelle de son époque, puis elle continua d’inspirer de grandes artistes jusqu’au vingt et unième siècle. En quoi Virginia Woolf est-elle une écrivaine que l’on rapporte à la question du genre ? Quels aspects de son œuvre les lecteurs apprécient-ils le plus et pour quelles raisons ?

Dans un premier temps, nous verrons en quoi son roman Mrs Dalloway s’est révélé novateur, puis nous verrons comment Virginia Woolf a-t-elle réussi à se hisser au sommet de l’élite littéraire anglaise, et enfin, les raisons pour lesquelles ses lecteurs tendent à l’admirer très rapidement.

I/ Invention d’une nouvelle écriture

  1. « 24h dans la vie d’une femme », du jamais lu du grand public à l’époque de Virginia Woolf.

Bien sûr il y a eu James Joyce2 et son fameux roman sur vingt-quatre heures également, Ulysses, publié pour la première fois entre 1918 et 1920 sous la forme d’un petit feuilleton, puis republié en 1922 dans sa totalité. En revanche, les actions de ce jour ordinaire décrit par Joyce se situent à Dublin, le 16 juin 1904, et les personnages sont masculins, Leopold Bloom et Stephen Dedalus. Les deux compères vont parcourir Dublin et se perdre dans le dédale des petites rues, leur monologue intérieur nous dira tout de leur personnalité, de leur qualités et de leurs penchants. Donc si le format sur une journée existait déjà, la narration d’une journée ordinaire de la vie d’une femme par une femme à travers les yeux et la psychologie d’une femme restait encore à écrire. Et dans la composition de son chef-d’œuvre, Mrs Dalloway, Virginia Woolf réussit ce coup de maître. Peu auparavant 1925, le mouvement futuriste, incarné par le refus d’une tradition esthétique défaillante par des écrivains comme Vladimir Maïakovski, meneur décisif de ce courant, émerge en Europe afin de mieux bouleverser les conventions traditionnelles au sein même de la littérature. Une fois ce changement effectué, c’est l’heure du « Stream of Consciousness », c’est-à-dire du flux de conscience, lequel s’établit dans cette manière de dépeindre des aspects intérieurs de personnages et de s’intéresser à leurs âmes. Ce « Stream » est essentiellement repris et canalisé par Virginia Woolf et d’autres écrivains appartenant au modernisme, comme Joyce, William Faulkner, Dorothee Richardson, T.S. Elliot, Gertrude Stein, Ezra Pound, Ernest Hemingway ou encore F.Scott Fitzgerald, pour ne citer que des auteurs anglais, alors qu’en France, Marcel Proust en est également un fier représentant.

  1. observation et expressions des sentiments et pensées d’une femme par une femme

Virginia Woolf analyse le domaine londonien en se glissant à travers les yeux de son personnage, Clarissa Dalloway. Mrs Dalloway est une dame occupée à sa propre introspection, et à des réflexions sur les gens de manière générale, leur façon de se tenir en société, leurs manies insondables et parfois insupportables. Clarissa s’intéresse à la coexistence de ce petit monde infiniment réduit de l’élite anglaise, composée d’illustres noms et de personnalités tout à fait respectables. Elle accorde une attention toute particulière au code éthique et esthétique de la british society. Les bonnes manières sont à respecter d’office, sans avoir à se poser de questions. Cependant, en son for intérieur, on la sent tiraillée par son besoin de combler un vide sidérant, celui-là même qui devrait combler son existence. Elle est consciente de cette existence étriquée et calculée, réglée comme une horloge. Toujours est-il qu’elle est certaine d’avoir fait le bon choix, d’avoir bien fait d’épouser Richard Dalloway, un conservateur, plutôt que de s’être mariée à Peter Walsh. Cela ne l’empêche pas de jouer allègrement avec cette certitude, de passer du coq à l’âne dans ses idées, de songer à l’existence légère et à l’écart de toute civilisation qu’elle aurait certainement vécu aux côtés de Peter. Extérieurement et physiquement, elle ne peut qu’aimer et rester près de Richard, en revanche, dans son intériorité, elle remet en cause son choix et questionne ses capacités à vivre une vie de presque-sauvage. Mais c’est toujours son existence et apparence sociale qui finit par l’emporter, par demeurer au-dessus de toute logique libertaire et émancipatrice.

  1. un roman sans intrigue sinon celui d’un jour ordinaire

Tout se joue sur l’objectif de la réception. Il n’y a pas d’aventure qui dominerait la narration, il n’y a que cette destinée ordinaire, celle d’une dame qui doit réussir en tous points sa réception. Et pourtant, il y a un genre épique donné à la réception, elle devient une mission sacrée pour Clarissa, qu’elle doit réussir à concrétiser. Il y a du beau dans l’ordinaire, nous révèle Virginia Woolf. Il est question de faire le bon choix chez le fleuriste, de ne pas se tromper de traiteur, de ne pas s’embêter d’invités malvenus, de bien placer le beau monde afin que nul ne se plaigne d’un mauvais bavardage, de refuser toute conversation à l’improviste dans la journée, qui doit rester entièrement consacrée à l’organisation de la soirée. C’est une foule de détails dont aucun ne doit être négligé ni laissé pour compte, il s’agit de rendre honneur à la famille Dalloway et à Richard, l’homme qu’elle aime et qu’elle estime. Mais la rencontre avec Peter Walsh provoque un véritable renversement de l’évènement, et va ralentir les arrangements des festivités. Il y a très peu de dialogues dans le roman, et pourtant un des seuls dialogues entre Clarissa et Peter Walsh va se jouer chez Mrs Dalloway et chambouler l’ensemble du fil narratif.

II/ Une écrivaine féministe dans un contexte littéraire masculin

  1. Une élite d’écrivains formée principalement d’hommes

Virginia Woolf trouve sa place dans le cercle littéraire grâce à sa culture, héritage qu’elle doit surtout à ses parents. Néanmoins, pour mieux cerner cette écrivaine affirmée, il faut la resituer dans son époque : les années vingt pour commencer, ne laissent encore que peu d’espoir quant à la situation des femmes. L’élite intellectuelle d’alors est formée d’hommes uniquement, l’écriture de Virginia Woolf se fait jour comme un éclatement et une révélation à suivre. Une époque également marquée par la guerre, le front, la mort. Une époque peut-être aussi, à laquelle les femmes doivent prendre la relève et faire fonctionner l’économie du pays, ont les outils en main et commencent à forger leur propre indépendance. Déjà certains écrivains révèlent leurs traumatismes au travers de poèmes ou de lettres, Apollinaire quant à lui reçut un éclat d’obus qui lui brisa l’oreille. Alain Fournier, auteur du Grand-Meaulnes, mourut de ses blessures. Rupert Brooke, né à Rugby en Angleterre en 1887 (auteur de Si je meurs…), trouve la mort à bord d’un navire le menant à la bataille en avril 1915. La guerre de 14-18 est dans toutes les têtes, jusque dans les lieux les plus fermés de l’élite culturelle comme celui dans lequel s’inscrit Virginia Woolf. Peu de femmes se voient offrir la possibilité d’intégrer la fine fleur de la littérature, et pourtant Virginia Woolf y entre, non pas par défi relevé mais pour et par son talent reconnu et admiré des hommes comme des femmes ainsi que du grand public.

Elle se retrouve seule femme à bord d’un navire guidé par des hommes arbitres, et sans s’en douter elle se dirige droit vers l’éternité grâce à la postérité de son oeuvre. Les grands mouvements antérieurs étaient cultivés par des artistes et écrivains hommes. En guise d’exemple, prenons André Breton qui définit le mouvement surréaliste en 1924 dans Le Manifeste du Surréalisme. Paul Valéry entre à l’académie française et lance le constructivisme en philosophie. Quant à Marcel Proust, il érige son chef d’œuvre, A la recherche du temps perdu et inspire des réflexions sur l’amour, l’existence et le réel. Enfin, Francis Scott Fitzgerald devient le meneur de la génération perdue… Les grands mouvements et courants littéraires de la fin du XIXème et du XXème sont tous lancés par des écrivains masculins, même si quelques femmes font exceptions. Et pourtant Virginia Woolf s’affirme et devient le moteur du modernisme.

b) Quelques femmes écrivains aussi mais pas d’écriture proprement genrée

Jane Austen au XVIIIème siècle préfère la critique sociale à la question du genre, son écriture n’est pas proprement ancrée dans cette problématique. En revanche, son humour, son ironie mettent en lumière les enjeux féminins de son époque, à savoir se marier avec quelqu’un de respectable, sans soucis financiers, etc. Elle pointe les défauts des préoccupations morales plus qu’elle ne cherche une solution par l’émancipation. Dans ses œuvres, on retrouve une parodie des jeux sentimentaux dépeints avec finalement beaucoup de réalisme. Il y a également Les Soeurs Brontë au XIXème siècle, qui s’imposent surtout grâce à Jane Eyre, un roman dont le succès fut formidable notamment parce que c’était la première fois qu’on y lisait les aventures d’une héroïne et non d’un héros, comme de coutûme. George Sand surprend également à son époque en écrivant pour la première fois des critiques au masculin, et de ses airs farouches, fascine le milieu littéraire de l’époque. Colette, plus tard au XXème siècle, s’impose par les sujets qu’elle aborde dans ses livres, des sujets sérieux, des thèmes très peu évasifs.

III/ Les grands intellectuels et leur admiration pour Virginia Woolf

  1. Un personnage original qui s’impose

Clarissa Dalloway n’a rien d’une héroïne, à vrai dire on pourrait même en dire le contraire, et c’est le côté innovant de Virginia Woolf : la création d’une anti-héroïne. Mrs Dalloway est une femme de la Haute, elle est âgée de plus de cinquante ans. Son âge est donc déjà surprenant puisque traditionnellement jusque-là on n’avait pour lecture uniquement des romans où les personnages féminins sont des jeunes filles ou bien des femmes plus proches de la trentaine que de la cinquantaine. Dans ce roman, Virginia Woolf revient sur un monde féminin plus adulte et dessine les contours d’une femme qui a accompli sa vie et dont le destin est presque derrière elle. Encore plus original, Clarissa Dalloway ne rêve pas, du moins plus d’une vie mondaine, elle n’est pas heureuse pour d’autres raisons : elle ne se sent pas épanouie en fin de compte, malgré le beau mariage qu’elle a fait avec Richard Dalloway, et regrette de ne pas s’être laissée un peu aller à l’aventure avec son ex amant Peter Walsh. Et en même temps, on sent à travers ses pensées qu’elle aurait préféré vivre sa vie un peu plus en solitaire qu’entourée de tant de gens si célèbres pourtant mais qu’elle ne connaît pratiquement pas en vérité, ou dont elle n’a véritablement que faire. Virginia Woolf s’intéresse ici davantage à la question des regrets qu’à celle des aspirations, ce qui confirme une fois de plus son écriture genrée, puisqu’elle révèle les principaux défauts des idéaux fixés par les hommes de son époque, elle envisage les conséquences de ces idéaux plantés par les hommes de son époque et n’en tire pas un bilan complètement positif…

  1. sensibilité d’une grande écrivaine, dont l’enjeu essentiel est de « comprendre les autres à travers soi »

Au travers de ses romans, dans Mrs Dalloway ou encore dans Orlando, on ressent la sensibilité littéraire de Virginia Woolf et son talent pour exprimer les émotions et les sentiments, de façon presque naturaliste puisque tout ce qu’elle décrit dans ses romans vient en majeure partie de ce qu’elle voit, de ce qu’elle vit au quotidien, des personnes qu’elle côtoie. Elle n’a donc aucun mal à relater tout ce qu’elle entend autour d’elle et à resituer ses personnages puisqu’elle les connaît et peut les rencontrer directement. Virginia Woolf a en quelque sorte surpris son entourage littéraire en prenant directement son inspiration à la source des choses, dans la réalité, dans la vie elle-même. C’est ce qui lui a valu tant d’admiration et une excellente postérité, puisqu’encore aujourd’hui, des femmes, et particulièrement des chanteuses comme Patti Smith3 ou la chanteuse du groupe Florence and The Machine4 assument l’influence de Virginia Woolf dans leurs paroles et leurs textes divers. Mais d’autant plus intéressant est le fait que ce sont aussi des hommes qui l’étudient aujourd’hui ou en font des films, comme Stephen Daldry avec The Hours.

CONCLUSION

Mrs Dalloway est un roman qui encore aujourd’hui reste très moderne. Puisqu’il s’agit d’une femme, et que l’on peut toujours chercher à s’y identifier, parce que Clarissa n’est jamais seule à vouloir organiser des réceptions, qu’il y a une recherche de folie des grandeurs qui est proche de la recherche de la vie à la place de la simple existence de femme au foyer. Ce roman a donc pour trait de caractère principal, ce côté intemporel. L’héroïne, si l’on peut dire héroïne malgré l’absence de véritable action dans le roman, partage le flux de ses pensées à des lectrices qui sont à même de suivre son raisonnement dans la vraie vie, de comprendre ses revers de jugements ou encore ses réactions face à certaines situations inconfortables ou gênantes. C’est sûrement pour cette raison d’ailleurs que le film s’est permis de brouiller les époques, mais aussi de conjuguer des vies de femmes. Car peut-être que l’importance du roman ne touche pas tant à Clarissa elle-même qu’à la myriade de femmes qu’elle illustre et qu’elle continue d’illustrer, ce n’est pas tant l’histoire même de Clarissa qui est si marquante mais le simple fait qu’elle soit connectée à la réalité plus qu’à un conte de fée.

Virginia Woolf nous offre un quotidien féminin mais aussi une lecture de l’époque et de l’Angleterre par une femme, c’est ce qui est réellement novateur. Elle affirme avec détermination la condition de la femme en 1925. Elle nous dévoile ce que cela signifie que d’être une femme en un temps donnée, en une ville donnée. Et dévoiler cette existence de femme, révéler ses détails, c’est quelque part aussi un travail de dénonciation. Le travail de démonstration consiste à enlever tout le superflu et le superficiel d’un tableau, avec Mrs Dalloway, Virginia Woolf recherche l’authenticité du tracé des circonstances féminines. Son style n’est pas le style typique des romancières de romans à l’eau de rose, il n’y a même pas de véritable histoire, ce sont des pensées livrées de manière décousue, et pourtant, l’objectif recherché est de faire rejaillir une histoire d’une construction de la femme. Chaque pensée, chaque parole est quasiment toujours découpée, décuplée dans le roman, car il y a toujours une réflexion autour du vécu des personnages, de leur intimité, de leur vie psychique. Entre chaque personnage se noue des amitiés et de fortes relations amoureuses, dont l’écrivaine nous dresse un bilan peu assuré. Il semble y avoir plusieurs réalités distinctes emmêlées les unes aux autres, chacun réfléchit à son image et à son rôle social par rapport à tel ou tel personnage. Quand Peter Walsh, par exemple, se balade après avoir brièvement rendu visite à Clarissa Dalloway, il réfléchit et il pense à elle, à ce qu’il aurait été par exemple s’il l’avait épousée pour de bon. Il y a derrière ces considérations faites à cœur ouvert par tous les personnages à tour de rôle, une réflexion autour des regrets et des remords, des alternatives prises dans la vie et de celles qui se situent ailleurs, sur l’axe des rêves et de l’in-vécu. Mais le personnage de Walsh sert également à questionner la femme, quelle est-elle, se demande-t-il, dans quel univers se situe-t-elle sinon dans un concept finalement assez fermé, généré par des hommes, c’est ce à quoi il pense (p.134 édition Folio Classique) lorsqu’il a cette phrase assez mystérieuse : «Mais s’il peut la concevoir, elle, c’est qu’en quelque sorte, elle existe… » toujours, on s’en doute, à propos de Clarissa. Le personnage de Peter Walsh est le raté qui malgré tout réussit à se sentir assez puissant pour doter des êtres et même des branches de féminité. Il recherche la femme idéale, elle lui a toujours échappé, la femme qu’il aimait un temps a épousé un conservateur. C’est un personnage déchu, égocentrique, et dont on sent pourtant qu’il est dépassé par quelque chose ou quelqu’un… Mais quoi ? Serait-ce précisément à côté de la femme qu’il passe ? Virginia Woolf joue avec le doute de l’homme, le met en correspondance avec la féminité même, interroge les rapports et laisse au lecteur le moyen de trouver une solution. Peter Walsh, et même Richard Dalloway, sont finalement deux personnages exposés face à la figure féminine. Plongés dans la perplexité, ils ne parviennent nullement à comprendre la complexité et la subtilité de la pensée de Clarissa. Faire pleurer Peter Walsh lorsqu’il vient annoncer à Clarissa tout heureux qu’il s’apprêter à épouser une femme des Indes parce qu’il est amoureux, cela est osé et revient à exprimer l’idée que les femmes ne sont pas les seules prétendues naïves à pleurer le départ des hommes ou leur indifférence. C’est l’aveu fait d’une émotivité masculine et d’une sensibilité encore peu retranscrite dans les autres champs culturels. C’est une manière de cerner une incompréhension apparente des deux côtés des sexes. Il y a effectivement une différence, faut-il pour autant qu’elle devienne intrinsèque et inexorable ? La réponse de Virginia Woolf se trouve dans les pensées des personnages et non dans les dialogues, car il y en a très peu de toute façon. Il y a une réponse implicite, celle de la confiance.

Il y a aussi un autre tableau, celui de Septimus Warren Smith et de sa femme Lucrezia, lesquels ne parviennent pas à s’attraper ni à se comprendre, Septimus comprend tout de travers parce qu’il est devenu fou à cause de la guerre et de la perte de son frère, il ne sait pas réellement pourquoi il a épousé Lucrezia à Milan, Lucrezia ne comprend pas ce qu’elle fait avec Septimus, elle croit en son rétablissement mais manque cruellement d’espoir et de temps pour se confier à lui. Lorsqu’elle enlève sa bague de fiançailles parce que ses doigts sont devenus trop maigres, Septimus commet une erreur d’interprétation, pense qu’elle l’abandonne à son sort, finit par se dire qu’il continuera sa route seul… Virginia Woolf traverse ces problèmes d’interprétation, d’élucidations des actions de l’homme et de la femme. Elle explique que les deux sexes essaient désespérément de pallier leur différence sans y parvenir, et finalement plongent dans deux voies solitaires. Pour Rezia, à Londres, la vie s’est envolée, ou bien elle est restée à Milan avec le reste de sa famille à laquelle Septimus l’a arrachée violemment. Elle se sent bloquée dans un mariage et donc dans un choix de vie qu’avec du recul elle aurait finalement préféré ne pas avoir eu à faire. L’écrivaine s’arrête sur les choix de vie et l’âge, le temps qui passe et permet aux choix de devenir éternels et définitifs.

« Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself… »5

Cette phrase a été reprise dans l’ouverture du film the Hours6 réalisé par Stephen Daldry et sorti en 2002, il donne la cadence au reste du long métrage. A la fois poétique et psychologique, le film confond plusieurs époques et narre à la fois la vie de Virginia Woolf (Nathalie Portman), celle d’une Clarissa Dalloway (Meryl Streep) très moderne mais concordant avec la Clarissa du roman, ainsi que l’histoire de la mère de Richard (jouée par Julianne Moore), Laura Brown, malade de dépression elle choisit de quitter le foyer familial et d’abandonner délibérément son jeune fils. The Hours est une sorte de mise-en-abyme du roman de Virginia Woolf réalisé par un homme. A la lecture du roman et au visionnage du film, une intense tristesse se fait jour, sans vraiment savoir d’où elle vient. Et pourtant on sent qu’on y est relié de façon obligatoire, qu’on ne peut détourner le regard parce que c’est elle, c’est Clarissa Dalloway, et femme comme elle on ne saurait dire non aux soirées extravagantes et aux grandes réceptions. Mais aussi parce que derrière, il y a la question cachée de la paix entre les sexes, et la compréhension de l’autre.

1 Le choix du féminin de « personnage » est délibéré.

2 James Joyce, 1882-1941, écrivain et poète irlandais reconnu du monde littéraire du XXème siècle

3 M Train, roman de Patti Smith, publié en 2016, elle parle de sa passion pour Virginia Woolf

4 «What the Water Gave Me » une chanson écrite par Florence Welsh, inspirée de Frida Kahlo et de Virginia Woolf, Album Ceremonials, 2011

5 « Madame Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs. » première phrase du roman et du film The Hours.

6 Titre initialement choisi par Virginia Woolf et prévu pour le roman, finalement laissé de côté pour celui que l’on connaît : Mrs Dalloway.

Interview, deuxième partie : Borxaline façonne le chaos

borxaline-dessine-chaos

Après quelques verres au bord d’un canal pantinois, deux comparses continuent à discuter dessin automatique et sens de la vie.

Mais au fait, quelles sont les inspirations premières de Borxaline ?

Tout de suite, la suite de l’interview. 

Les influences de Clara Gouablin (Borxaline)

Elvire : Alors, tes artistes préférés ? Tu m’as parlé de Tim Burton ?

Clara : Ah non, pas du tout. C’est souvent ce que les gens disent à ma place, mais ce n’est pas moi.

Mais tu sais, je n’ai pas d’influences précises, ou du moins, pas conscientes.

Quand je dessine, je ne pense jamais à un artiste en particulier. Ce que je fais, c’est juste… ce qui me traverse à l’instant T. 

Ça peut paraître un peu prétentieux, mais je ne m’inspire de personne.

Elvire : C’est toi, tout simplement !

Clara : Exactement. Je dis souvent que je suis juste un réceptacle. Des choses se passent, et moi, j’écoute.  

Ah mais attends, faut absolument que je cite quelqu’un !

Il y a un artiste qui s’appelle Mind the Line, c’est l’un de mes super amis. Il a un style vraiment unique. 

On a même collaboré ensemble, le 30 juillet 2023 au moment de notre réel rencontre :

Elvire : Pff… Magnifique.

Clara : On est des façonneurs de chaos, meuf. C’est ça, l’idée! 

Elvire : J’adore. Ça va être le titre de l’interview.

Clara : meuf. J’ai même un tatouage qui représente le chaos sur le bras. Je te l’ai déjà montré, non ?

Elvire : Non, je crois pas !

Clara : Mais pourquoi j’oublie toujours les noms quand on me demande ?

…

Ah oui ! J’ai aussi un autre ami super doué, Antoine — sur Insta, c’est Solodib, ou Yasa Draw. 

On l’appelle « l’imprimante », parce qu’il galère avec l’imagination, mais il peut tout reproduire avec une précision folle. Il m’inspire énormément pour sa rigueur topologique. 

C’est un artisan du réel.

Elvire : Tu aurais des expos à recommander ?

Clara : Justement, la galerie du 27 rue Charonne — Galerie Art Factory.

Ils exposent Daniel Johnston et aussi Niels Bertho. Son travail est d’une finesse folle, hyper détaillé. Il a un motif récurrent : les araignées. Alors que de base, j’en ai une peur bleue.

Mais là, je les tolère. C’est dire à quel point son art me parle. 

J’ai peur de plein de choses, d’ailleurs : le bambou, l’alcool chez les autres, les araignées…

Elvire : Et côté musique ?

Clara : Daniel Johnston, toujours. Story of an Artist, cette chanson me foudroie…. Ça me donne envie de pleurer, direct.

Sinon, j’écoute beaucoup La Fieve de Maïro…

ou Cognac et cigarettes de Jungle Jack.

Ah, et j’oubliais : mon artiste préféré, celui qui a fait mes covers préférées, c’est dexter maurer. Il a bossé avec mudymonk, Bonnie Banane,…

J’adore Bonnie Banane, d’ailleurs un de ses clips a été réalisé par le même mec qui a fait la cover des Red Hot. Et aussi pour Antonin (L’Enfant), pour trop de choses à prouver.

Trop de talents autour !

Elvire : Des grosses références !

Clara : Ouais, j’espère pas dire de bêtises. J’ai toujours peur de me planter quand je parle de mes influences, surtout à cause de ma dyslexie. 

Mon cerveau fait parfois des sauts…

Mais c’est drôle aussi, ça donne un côté un peu… artistique, justement.

Mon pote vient de m’écrire, on va voir l’expo ?

Elvire : Un mot de la fin, peut-être ? Pour les jeunes artistes ?

Clara : Pfff… Je me sens minuscule. Une petite pousse, encore enracinée dans la terre. Je suis en construction, moi. Je ne me considère pas comme une référence.

Elvire : Et si tu pouvais t’adresser à n’importe qui ? Même à des morts.

Clara : Même à des morts ? Ok…

Van Gogh. Je t’aime. 

J’adore lire tes lettres à ton frère Théo. Elles me touchent profondément. Je me retrouve beaucoup dans ta solitude. Peut-être pas dans ton intellect, mais dans ta rage de créer, oui.

Je t’aime. Vraiment.

Ombre et lumières : Borxaline, la suite

— plus tard dans la soirée, avec quelques grammes d’ivresse dans la caboche —  

Elvire : T’as un chanteur préf ?

Clara : HAHAHAHA C’EST ORELSAN ! Pas du tout. 

J’adore Orelsan d’ailleurs. C’est un des artistes qui m’a le plus foutu de frissons dans la vie. Avec Current Joys. 

Pendant le confinement, j’étais chez mes grands-parents, j’écoutais Live at Kilby Court, avec “Kids” dessus, je crois. 

J’étais allongée sur le gazon, il y avait du soleil, je faisais des petits clins d’œil au ciel… Parfois j’avais des taches noires dans les yeux. 

C’était magnifique.

Bref.

La dernière fois, je disais que j’aime bien trafiquer le chaos. 

Ombre et lumière.

C’est aussi pour ça que je ne mets pas de couleurs dans mes dessins.

J’ai envie que les gens projettent les leurs. 

Parce que les couleurs, c’est des variantes, un spectre infini. Alors moi, je pose du noir et du blanc. Universel.

Et hop, dans ta tête, tu poses tes couleurs.

Là, on est en train de boire du ponche.

Elvire : Qu’est-ce qu’on vient de faire ? Tu peux nous expliquer un peu ?

Clara : On est allées voir des marionnettes automates… 

Ils avaient un petit strabisme, c’était envoûtant. 

Ça m’a grave rappelé l’enfance.

Et aussi le travail de Théordure sur Instagram. Il est aux Beaux-Arts depuis trois ans, il travaille justement sur l’enfance. Il est très doué.

Il fait des cabanes, des dessins… regarde ! Il est multitâche de ouf. Il fait des dessins très enfantins!

Elvire : C’est vachement lié à ce qu’on vient de voir, Ça me fait penser à Max et les maximonstres.

Clara : Voilà ! Tu vois son style ? 

Elvire : Carrément. Bon, question : un moment fondateur dans ton art ?

Clara : Je crois que c’est quand je me suis retrouvée seule. J’avais plus d’amis. Je venais de quitter un copain avec qui j’étais depuis trois ans. 

J’avais fait des bêtises… liées à ça. J’étais vraiment seule. 

Et moi, je ne peux pas dessiner quand il y a des gens. Quand je suis en relation, je deviens dépendante affectivement, je pense tout le temps à l’autre.

J’écrivais beaucoup à cette période. Je fonctionne par cycles : parfois j’écris, parfois je dessine. Et là, je suis à fond dans le dessin. 

Ça fait trois ans que je dessine activement. Mais petite, je dessinais déjà tout le temps. C’était mon seul moyen d’expression. Mes parents ne jouaient pas avec moi. J’étais seule dans ma chambre. Un peu sad, l’enfance, au calme ! *rires*

La meuf est dépressive depuis ses 6 ans. Non, pas du tout. Mais j’ai toujours ressenti de la tristesse. J’étais obsédée par ça, gamine.

Elvire : Et aujourd’hui, c’est quoi les émotions qui traversent ton processus créatif ?

Clara : L’urgence. Je ne sais pas si c’est une émotion. Mais ce sentiment-là, d’urgence de créer. Genre, dans 5 minutes je dois partir ? Allez, dessine. 

J’ai un cours de 3h ? Je vais dessiner pendant 3h. 

J’aime pas avoir le luxe du temps, sinon je fais rien. 

C’est comme ce truc de gosse : si mes parents meurent, je pourrai tout faire. Mais non. Tu pourras, mais tu feras pas forcément.

On est condamné à être libre, comme dirait Sartre. Tu peux vérifier. *rires*

Elvire : Tout à fait, j’ai fait de la philo ! J’adore ça.

Clara : Moi aussi. Énormément. Épicure surtout. Il parle beaucoup d’amitié dans Lettre à Ménécée. Pour lui, l’amitié, c’est ce qui nous maintient en vie. C’est les liens sociaux. 

Et ça, ça a été très dur à construire et à entretenir pour moi. Il m’a aussi aidée à relativiser sur la mort. 

Il dit que la mort n’est rien pour nous. C’est ceux qui restent qui souffrent. Ceux qui ressentent le vide, l’absence.

J’ai perdu quelqu’un de très proche. C’était un peu comme ma maman. C’est elle qui a fait le choix de partir. J’y pense tous les jours. Il y avait une photo d’elle et moi, petite, en fond d’écran sur mon tel — bon là c’est un ballon, mais l’image change à chaque fois. Elle était pharmacienne. C’est à sa disparition que je me suis vraiment mise à dessiner. C’était juste après l’épreuve de philo du bac, d’ailleurs. Mes parents sont venus me dire : ***** est partie. 

Avec un ton que je ne connaissais pas. J’étais choquée.

Maintenant… je suis anesthésiée. Je suis plus touchée de la même manière. 

Et puis, elle avait une fille, ma cousine. Elle a pris une maturité folle. Elle avait 11 ans. C’est elle qui l’a découverte. Mets ce que tu veux dans l’article. Si c’est choquant, ça attirera du monde. *rires*. Voilà, ma tante.

Elvire : Je croyais que tu ne savais pas te vendre ! T’as un bon sens du marketing.

Clara : Haha ouais. Je suis accro au sexe ! Non je rigole.

Elvire : Sexe, drogue, rock’n’roll ! *rires*

Clara : *Voix dramatique *

Écoutez, j’ai de gros problèmes avec le sexe.

Technique numéro 2. Sortez couverts ! 

Non plus sérieusement… j’adorais me bourrer la gueule avant de voir les gens. Je le fais plus depuis 4 mois. Mais avant, j’en avais besoin pour m’anesthésier encore plus, en clair, oublier que j’existais. 

J’avais pas l’impression d’être assez bien pour être moi, devant les autres.

Je me suis longtemps sous-estimée. 

J’ai cru que l’amour était conditionnel. Que pour être aimée, je devais être malléable. Et boire, ça me changeait. J’étais plus une boule d’anxiété, de contradiction, d’inquiétude. Parce que j’étais ça pour mes parents. Enfant désiré, peut-être, mais sûrement pas comme ils m’imaginaient.

J’ai subi des abus moraux dans ma famille. Y avait que des disputes. 

J’étais isolée. À l’école, je me faisais harceler. J’étais un peu le bouc émissaire.

Au lycée, des rumeurs ont circulé, finalement un condensé des insultes que je recevais  en primaire. 

Genre “sorcière” parce que j’avais un grain de beauté, les dents du bonheur, les oreilles décollées.

Je me suis fait recoller les oreilles. J’avais zéro respect pour moi-même. 

J’achetais des bonbons pour me faire des amis. Je me prostituais amicalement.

Aujourd’hui, heureusement, j’ai 3-4 personnes autour de moi qui m’ont fait comprendre que j’avais le droit d’être aimée. Mais c’est toujours dur. 

Tu me dis un truc gentil, ça me transperce. J’ai l’impression qu’on me flatte par pitié. Toute ma vie, on m’a dit que j’étais moche. Quand j’ai commencé à être jolie, je n’y croyais pas. Je pensais : si un jour j’ai un mari, ce sera juste pour mon intelligence ou ma capacité à écouter.

J’ai misé là-dessus. Puis j’ai capté que je pouvais plaire physiquement… et j’ai oublié mes autres capacités. 

Et parfois, j’ai l’impression qu’on me prend pas au sérieux quand je parle. Que je suis une plante verte.

Elvire : Tu n’es pas une plante verte !

Clara : Oui, bien sûr. Je suis une orchidée. Pauuuseee ! Ma plante préférée. Et mon tableau préféré ? Les fritières de Van Gogh.

Elvire : Fritillaires. Ça se dit fritillaire. Mon père est expert en plantes.

Clara : Est-ce qu’il frite les hierres ? C’est une plante ? 

Non, c’est une ville. 

Est-ce qu’il met les yerres dans la friteuse ? 

J’adore ton père. Il est géologue.

Elvire : Et astronome. Il connaît tout sur les oiseaux et les plantes.

Clara : Une expérience complète. 

C’est quoi déjà le mot pour les gens qui savent tout faire ? 

Le violon d’Ingres ? Non… Da Vinci ?

Bref. J’adore Van Gogh.

Apéro philosophique : Borxaline et le dessin automatique – Partie 1

apero-philosophique-borxaline

29 mars 2025 : par une belle après-midi ensoleillée, deux amies se retrouvent gaiement près de l’eau avec un café et un verre de vin, une tradition née de leur première rencontre au Sap’heur, un bar ma foi très sympa du dix-huitième arrondissement (serveurs détendus, prix divins, bonne musique, que demande le peuple).

Rapidement, le concept d’une interview vino-caféinée se fait sentir.

Ce ne sont pas les giboulées qui vont nous arrêter.

Elvire, rédac cheffe de Colette Magazine, tend le micro à Clara alias Borxaline, une artiste qui dessine.

Borxaline, who is she ? Première partie

Elvire : Allez c’est parti ! 

*Tchin Tchin*

Clara :  Trop drôle, ça va faire comme l’intervention de la dernière fois, avec le fou du bus qui explique un truc sur Jésus, je me souviens, ça m’avait fait marrer.

Elvire : Le fou de la gare de Dijon tu veux dire, dans l’interview de l’Enfant ?

Clara : Le fou de la gare, oui !

Elvire : Nous verrons. Bonjour Borxaline ! Et merci de nous accueillir au bord de ce canal, c’est quoi, c’est le canal de l’Ourcq je crois ? (NDLR : dit-elle alors qu’elle habite à Pantin depuis presqu’un an)

Clara : Ouais, ouais, c’est à Pantin quoi.

Elvire : À Pantin ? (NDLR : s’enquiert-elle, visiblement en plein épisode hallucinatoire).

Clara : Ouais, il y a des petits pantins là, sous le pont, regarde.

Rires

Elvire : Alors, déjà première question, d’où vient ce nom d’artiste, Borxaline ?

Clara :  Eh bien, ma chère Elvire, je pense que ce surnom est un sous-nom finalement, parce que je le trouve assez nul en réalité. Ça fait un peu pitié quand tu décomposes le mot Borxaline, c’est-à-dire qu’on a le bordel finalement dans lequel je baigne en général. 

Puis s’ajoute à ça le fait que pendant longtemps j’ai été sous Xanax, donc je l’ai compacté avec ce premier mot. 

Et le fait que… Tout ce que je fais me provoque énormément d’adrénaline et je suis à la recherche de ça constamment, d’où le mot Borxaline, tout simplement. 

Et d’ailleurs pendant un moment, ma… Non, ça c’est…

Elvire : Hein ?

Clara : Non, non, mais j’allais dire un truc, mais en gros, de toute façon tu vas faire des…

Elvire : Bah déjà, je t’enverrai avant, si t’as envie de…

Clara : Ouais, ouais, ouais, ok, ok. Parce qu’il y a un moment où en gros, t’sais, j’ai eu un parcours psy, enfin je suis suivie depuis que je suis petite et tout. 

Et pendant longtemps, on pensait que j’avais un trouble borderline, ça faisait un peu stylé, dans l’application, un pseudo comme Borxaline, tu vois, ça fait Adrénaline, Borderline, Bordel, au bord de. Vu que je suis toujours au bord de quelque chose et je cherche beaucoup l’adrénaline dans mon quotidien.

Elvire : Ah, c’est vraiment intéressant ça.

Clara : Ouais, voilà.

Elvire : T’es toujours au bord de quelque chose ?

Clara : Ouais, toujours à la…

Elvire : T’es toujours au bord de…

Clara : DE LA MORT ! Non, je rigole. 

Je me mets beaucoup en danger, je prends beaucoup de risques. Un peu trop, des fois. J’ai l’impression que ça s’imprègne beaucoup dans ce que je produis. Il y a beaucoup de chaos et j’ai l’impression que c’est ce que je peux pas faire dans la vie que j’exprime dans mes dessins. Je peux pas créer un monde très onirique dans la vie, à part si je prenais de la drogue comme du LSD, mais j’en prends pas. 

Bref, je m’écarte.

Elvire : Mais du coup, qu’est-ce que tu peux pas faire dans la vie que tu exprimes à travers ton art ?

Clara : Je ne peux pas vivre dans mes rêves comme si c’était la réalité. 

Elvire : Euh pardon, y a des cygnes. Trop beau !

Rires 

Pardon ! Interlude ! 

Clara : Non, mais j’adore les oiseaux. C’est une dinguerie. Tu vois ça, c’est une expression de la vie. Magnifique.

Elvire : C’est un peu l’essence même de la vie, finalement.

Clara : Ben oui. On est tous une manifestation de la vie. C’est ça qui est dingue. Tant qu’on vit, en tout cas. Et c’est un signe, je pense !

Elvire : C’est un signe, carrément, du destin. Qu’il faut que tu factures tes oeuvres à plus de 10 mille euros.

Clara : Putain. Non, mais vraiment, j’ai ce truc… C’est impossible pour moi d’estimer mon art … “Mon art”. Tu vois, même le terme dire que je fais de l’art, c’est pas moi qui dis que je fais de l’art. Parce que pour moi, c’est devenu presque un truc vital de mon quotidien, comme respirer, me lever, manger. 

Ça fait tellement partie de moi que je vois tellement pas ça comme un travail, que donc je pourrais pas le monétiser. 

C’est pour ça que c’est… Je me sens jamais… Un peu comme une imposteuse, quand je dois facturer, tu sais, je suis en mode « Waouh ! » Qu’est-ce que je fais ?

Genre, sur la base du SMIC, SMIC horaire, je dois ajouter des taux, si jamais je dois payer l’URSSAF, quoi, je sais jamais. C’est pour ça qu’en général, je suis toujours très timide. Je sais jamais dire…Parce que ça vient naturellement, en tout cas, quand ça vient pour moi, et tu parlais, tout à l’heure des structures, c’est impossible pour moi de définir… 

C’est les autres, en général, qui me donnent le statut d’artiste. Toi en fait, tu fais juste ce que tu sais faire et les gens apparentent ça à de l’art et donc là tu deviens artiste. 

Enfin j’en sais rien ?

Elvire : Très bien.

Clara : Je parle beaucoup !

Elvire :  Quel est ton mode d’expression artistique préféré, si tu en as un ?

Clara : Le dessin ! Regarde. Je vais te montrer. Toutes mes heures de cours ! Quand je suis en cours, je me fais chier, je remplis le vide.

Elvire : *regarde dans le carnet* Ah ouais j’adore ! En plus c’est un beau carnet, un moleskine non ?

Clara : Non celui-là c’est Rougier&Plé. *page de pub*

Alors, c’est très aléatoire.Des fois, j’ouvre mon carnet en plein dedans, et je fais, ok, on va dessiner un truc là. C’est pas linéaire. Un peu comme le temps, tout ça… 

Elvire : Ça t’arrive de compléter tes dessins par des textes ?

Clara : Ouais, j’écris beaucoup aussi.

 J’écris de manière intuitive.

Je fais beaucoup d’écritures automatique, pareil pour le dessin, j’appelle ça du dessin automatique, si on veut.

Elvire : C’est-à-dire ?

Clara : Parce que ça vient comme ça, je fais un trait, et puis après, je me dis, mais attends, mais ce trait, il me fait penser au fait que je pourrai faire un rond là… et après si tu connectes le rond admettons, avec ce trait-là, on peut faire une plante ! Là, tu vois on peut imaginer des petites feuilles, et là, là… On sait pas trop ce que c’est ?

Rires 

Et là, les branches, ça fait une bouche. Et puis y’ a ça qui se passe, bam et je trouve ça génial.

Elvire : J’adore, j’adore.

Clara : Ça, c’est du dessin d’observation. *m’indique une autre page du carnet*

Elvire : C’est mignon, ça ! *voix de lémurien*

Clara :   Ouais, grave ! Bah j’adore. Ah, là, il y a des petits écrits.

J’avais des petits carnets attends… C’est quoi, ça ? Ah non, ça, c’est des notes de cours.

Parce que des fois, je suis attentive en cours. C’est rare.

Elvire : D’accord. Comment tu définirais ta capacité à te concentrer ? Est-ce que tu arrives à te concentrer facilement pour dessiner ? Ou est-ce qu’il te faut un contexte ? *cherche sa question* Ah voilà : Est-ce que tu as besoin d’un contexte particulier pour dessiner ?

Clara : Justement, il ne faut pas que ce soit un contexte pour dessiner. Il ne faut pas que ce soit un cours d’art plastique.

Par exemple, en cours d’art plastique au lycée, j’étais incapable de dessiner, tu vois ?

Il faut justement que ce ne soit pas le moment. Il faut justement que je sois dans l’inconfort.

Dès que je suis dans l’inconfort, j’arrive à dessiner. Dès que je suis stressée, j’arrive à dessiner. 

J’arrive à dessiner au téléphone. J’arrive à dessiner dans le métro, en cours, surtout en cours, du coup. En fait, c’est dès que je me défie un peu à être concentrée.

Parce que, si je suis juste là devant ma feuille à me dire que je dois dessiner… Incapable !

Juste, j’en suis incapable. 

Surtout si on me dit, dessine-moi une fleur, je ne vais pas pouvoir le faire. Il faut vraiment que ce ne soit pas le moment pour le faire. C’est pour ça que j’adore être en retard. Parce que…

Elvire : Ah ah ! YES ! Check.

Clara : Check. Parce que vraiment, je suis là chez moi et on me dit, tu dois partir dans 10 minutes, je fais, OK, attendez. Et là, je dessine en 10 minutes. 

J’adore me défier dans la création. Je trouve que c’est merveilleux et ça provoque une adrénaline. Parce que j’ai peur d’être en retard, et au final, ça me rend en retard. 

C’est un cercle vicieux.

Elvire : Le cercle du retard ! D’après une étude, il paraît que les personnes les plus créatives sont celles qui arrivent le plus souvent en retard.

Clara : Oui, bien sûr !

Elvire : Oui.

Clara : D’après l’étude.

Elvire : L’étude de la vie.

Clara : Ce n’est pas l’étude de la vie… Du cercle vertueux de la vie. En fait, bien sûr.

Elvire : Je vais vérifier cette étude plus tard. On ne sait jamais.

Clara : OK.

Une artiste sur Insta : abonnez-vous à @borxaline

Elvire : Alors, ta plus belle… enfin ton œuvre la plus réussie selon toi ? Et si elle est disponible quelque part, sur les réseaux sociaux, que nos chères lectrices et lecteurs puissent aller la consulter.

Clara : C’est celle que je suis en train de faire là, que j’ai mise en story. C’est un gros format où je me suis laissée porter finalement, par plein de petits éléments.

C’est surtout associé d’ailleurs à la…On me dit que j’orne beaucoup mes dessins avec de la végétation. Là, c’est un peu une jungle immense dans laquelle se retrouvent des animaux qui n’existent pas, en tout cas tu ne peux pas apparenter ça à un truc du quotidien.

Ça n’existe pas, ce que je dessine. C’est ça qui est cool.

Il y a une sorte d’oiseau, tu sais, avec des grandes ailes, qui cachent un gorille.

Elvire : Donc, ton monde idéal, finalement, serait parsemé de créatures… Fantastiques ?

Clara : Fantastiques ! Bien sûr. Il n’y a que de ça. Il n’y a que de ça. Rien n’existe !

Elvire : Pourquoi vouloir t’échapper ? 

Clara : Alors, c’est une bonne question… *réfléchis* Tu penses que je fuis le réel ?

Elvire : Ah mais c’est une excellente question que l’on peut tous se poser je pense… Aussi bien toi que moi. 

*ne réponds pas du tout à la question*

Clara : Oui je pense, c’est pour ça que quand t’écris, peut-être que c’est genre un moyen de dire des choses que tu ne vois pas dans le monde… Je ne sais pas.

Elvire : C’est peut-être quand j’écris aussi, parfois ça peut être un moyen de ne pas parler de moi finalement ? Par exemple, le fait que je sois en train de faire ton interview, ça veut peut-être dire, c’est cool là je parle des autres, pas de moi. 

Clara : De te dissimuler derrière le masque de l’intervieweuse actuellement, oui je vois très bien ! De mon côté, je pense que je me cache derrière mon art. J’adore, tu vois, quand je filme, parce que ça c’est un autre moyen d’expression, j’ai vraiment cette distance entre la réalité et le caméscope qui justement l’imprime. 

Mais moi, je ne suis pas concernée ! Vu que je relate ce qui se passe autour de moi, un peu comme si j’étais une observatrice. 

Surtout, j’ai l’impression d’être en intrusion dans la vie des gens…

Elvire : Tu as une approche documentariste ?

Clara : Oui, quand je filme des trucs ça s’apparente à du documentaire. Même si j’aime pas l’idée de mettre des mots précis sur les choses, de trop les définir, parce que  je me suis pas suffisamment accaparé les concepts de documentaire pour dire que je fais du documentaire… 

Mais disons que je filme, je capture mon phénomène au travers de la vie. 

Et après, j’aime créer des réalités alternatives via le montage. 

J’adore faire ça ! 

Et j’adore l’alcool.

Elvire : OK je note ! *ne s’attendait pas à cette intervention*

Rires. 

C’est quoi ton alcool préféré ?

Clara : Très bonne question ça ! Je te dirais basiquement la bière, mais en ce moment beaucoup l’amaretto. Mais bon, j’essaie d’arrêter de boire, enfin de réduire ma consommation parce que je m’oublie trop après, et je finis dans l’inconfort que j’essaie de décrire dans mes dessins. Je deviens inconfortable pour les autres, et je suis trop proche des autres, aussi, c’est un problème.

Elvire : Tu as l’impression de te livrer…

Clara : en fait j’ai aucun code social, je joue pas à des jeux sociaux. Je suis juste moi et des fois ça met les gens mal à l’aise, parce que j’ai jamais réussi à vraiment porter un habit qui soit… Je sais pas, j’ai pas de costume en société !

Mon masque est compliqué, parce que je fais beaucoup de mimétisme pour m’intégrer, depuis que je suis petite.

Disons que ça reste assez à côté de la plaque…Je suis à côté de la plaque avec les gens en général. Enfin je trouve ? C’est un peu mon impression.

Elvire : Tu dirais que tu fais de l’anxiété sociale ?

Clara : Ah oui complètement ! J’ai eu une période de phobie sociale immense

 parce que j’étais harcelée pendant ma primaire et mon collège. Du coup, j’ai été beaucoup isolée. 

Je dessinais pas encore beaucoup à cette époque, voire carrément pas. 

J’avais pas trop de repères. Et j’avais peur en fait d’aller vers les gens, parce que les gens me rejetaient frontalement.

Alors qu’aujourd’hui les gens veulent bien de moi

Mais du coup je me sens un peu… Pas légitime d’ aller vers eux, parce que j’ai toujours ce truc marqué en moi, comme une empreinte qui dit “non, les gens vont te rejeter”.

C’est pour ça que des fois l’alcool m’aide à oublier cette peur.

Surmonter ses peurs grâce au dessin : suite et fin

Elvire : Comment décrirais-tu cette peur ?

Clara : Je dirai, la peur que les autres ne me laissent pas exister dans leur paysage à eux, que je sois abandonnée. 

Bon laisse tomber, c’est sad là !

Elvire : Ah mais c’est pour ça qu’on s’aime bien ! Moi aussi j’ai peur de l’abandon.

Rires 

Clara : Bah oui ! check. Cette peur de l’abandon, elle est très propagée, surtout à l’heure actuelle. Je pense qu’on a eu des parents issus d’une génération pas ouf qui ne nous ont pas appris à nous aimer. 

En fait, j’avais beaucoup d’amour conditionné quand j’étais petite. Il fallait que je sois comme ci, comme ça.

Par exemple, je vais toujours vers les gens qui me font me sentir mal, parce que j’ai l’impression de devoir leur prouver que j’en vaux la peine constamment.

Les gens que je surestime : j’y vais à fond ! 

Je ne vais pas vers les personnes qui veulent de moi.

Elvire :  Et est-ce que là actuellement, il y a des gens que tu surestimes qui font partie de ton cercle proche ?

Clara : Bien sûr, c’est ça le problème. J’essaie de prendre de la distance et ça matche jamais vraiment avec eux, et c’est là où je me sens mal. C’est là où je me travestis un peu, parce que j’ai envie d’être avec eux quand même. Bref.

Elvire : Et quand tu dis que tu te travestis, c’est par exemple dans l’expression orale ? Comment ça se passe ? 

Clara : Ouais, dans le mimétisme surtout, parce que j’essaie de leur ressembler.

Mais en même temps, ça me porte défaut. Enfin bref, c’est pas honnête.

Et j’ai besoin d’honnêteté, mais en même temps, je ne sais pas trop ma vérité.

Enfin, je ne sais pas comment je suis à la base, je ne me suis pas encore trouvée.

J’ai que 21 ans, tu vois.

Je suis pleine de questions, pleine de doutes

Elvire : Et c’est normal ! C’est normal.

Clara : Je te mets un peu des tunnels.

Elvire : Non, non. Est-ce que tu as des artistes en ce moment avec qui tu rêverais de 

faire une collab ?

Clara : Je réfléchis, oui, je rêverai de travailler avec Feldup, putain ! Feldup !

Elvire : *vit dans une grotte* Qui ça ?

Clara : Feldup, c’est un YouTuber horreur qui  raconte de curieuses étrangetés, et globalement  des trucs  niche, il fait genre des threads Reddit. Il est issu d’un  monde qui me parle beaucoup, c’est très mystique, très cryptique, et c’est toujours très axé sur l’horreur, puis j’ai la sensation qu’on partage un peu le même terreaux mentale aha !

Ah oui  disons le , mon style est vachement horrifique quand même.

Il fait beaucoup de références à… Comment il s’appelle ce type là ?

Attends, je réfléchis… Tim Burton.

C’est très Tim Burtonien ce que je fais, ce que je produis. Et c’est pas un choix, c’est juste que ça vient comme ça, on me raconte souvent ça de mon style graphique. 

Du coup, ouais, je sais pas, Felldup, j’aimerais bien faire des miniatures pour ses vidéos YouTube, mais vu que je sais qu’il dessine déjà, je pense qu’il se suffit à lui-même.

Sinon, il y a Le Dolmen aussi, c’est un mec qui a fait un livre incroyable, qui s’appelle : 

« S’anormaliser », et c’est pour tous les créatifs qui veulent prendre leur indépendance

 et réussir vraiment à sortir des…

Elvire : Des sentiers battus ? 

*ça y est on est mariées depuis 20 ans on termine nos phrases*

Clara : Ouais, des sentiers battus, mais surtout des barbelés qu’on se met à soi-même. C’est pour ceux qui veulent sortir de la masse, enfin, qui veulent vraiment faire exister leur art, en fait, sans… Putain, mais en fait, il faut…Écoutez Le Dolmen, les gars.

Il est trop fort ce mec, c’est un peu mon prophète.

J’adore… En ce moment, il fait une série sur comment partir à la rencontre de son âme, mais t’sais, c’est pas du tout une une lecture judéo-chrétienne , pas du tout, c’est vraiment… C’est basé sur le monde, le soi, le phénomène 

Elvire : *boomer intervention* Tu me rediras son nom ?

Clara : Ouais, je te l’écrirais si tu veux.

Elvire : Attends je sauvegarde notre conversation… 

Suite au prochain épisode !

Restez connecté.e.s 💖

PS : toutes les photos de cet article sont des dessins appartenant à la seule et unique Clara Gouablin, alias @Borxaline. Abonnez-vous à son compte Insta pour lui donner de la force, merci pour elle ⭐

Musique de printemps : ma playlist 2025

musique-printemps-playlist-2025

C’est le printemps, tout refleurit, on dit oui à la vie, on lui dit MERCI.

Pour exprimer sa gratitude, danser et chanter l’univers, voici une petite liste de titres que j’adore écouter en ce moment, grâce auxquels je traverse une multitude de sentiments.

1. Chill Out, Lola Young

Pas mieux pour se détendre et se rappeler qu’il n’y a pas de vie en jeu quand on gère un service marketing ou qu’on est en pleine crise de communication dans une entreprise de télécommandes. Chill out, allons nous promener, le ciel est bleu, le soleil au Zénith, bisous bisous je m’en vais de ce pas oublier mes soucis et cesser de travailler. 

2. Terrible Hands, Soda Blonde

    Vous venez de passer une nuit exquise en compagnie de votre crush, et vous ne savez plus où donner de la tête, qui est cet être de lumière qui vient compléter votre vie d’une façon aussi inattendue ? Les frissons, les papillons… Qu’est-ce qu’on en pense ? Aaaaaah ! Crie votre cerveau en train d’overthinker. 

    Juste, posez-vous, profitez du moment présent, c’était quand même trop bien d’être dans ses bras.

    3. Chewing Gum, Amyl and the Sniffers 

      Envie de fuir votre job précipitamment pour la simple et unique raison que vous êtes entourés de cons ? Courrez joyeusement sur cet hymne à l’affirmation. 

      4. Fuzz Jam, The Lazy Eyes

        Petite angoisse soudaine ? Vous avez la sensation d’être surchargé.e ? 

        Entonnez les paroles de ce petit alien expérimental : “Run for the door, you’ll be okay”.

        En bref, prenez le train, montez dedans, allez vous faire masser bon sang. C’est ok de prendre soin de vous, de quitter des situations qui vous déplaisent. 

        5. Anxiety, Doechii 

          Déjà, merci à Doechii d’exister, et merci pour ces mélodies pleines de vie et de joie.

          Grâce à elle, je sais que je ne suis pas la seule à flipper du moindre mouvement dans mon appartement quand je suis toute seule. Nous sommes des millions.

          En résumé, la petite chanson qui vous fait débrancher de vos peurs en un clic dans vos écouteurs. On enlève l’énergie négative !

          6. Catfish, Doechii 

            Dès que je suis un peu en colère contre une personne ou une situation, c’est la chanson que je passe en boucle pour me calmer et rappeler à mon monde intérieur qui a le pouvoir. Moi évidemment. Parfait tube pour un moment de revalorisation.

            7. Ordinary, Alex Warren

              La première fois que j’ai écouté ce titre, j’étais dans mon canapé devant Love is Blind, the Reunion (la dernière saison à Minneapolis, oui je sais, je regarde Love Is Blind oui ça va aller !)

              J’ai expérimenté ce que j’appelle la danse extatique de canap, sans me lever outre mesure, j’ai réalisé mes meilleurs moves en chantant comme si j’avais écouté Alex Warren my whole life. Une expérience.

              8. The Ick, Panic Shack

                Un date qui a mal tourné ? Une chanson pour se relever en douceur du dégoût que vous a inspiré votre très bref acolyte d’un soir.

                9. I’m a King Bee, The Stone Foxes

                  Sexy. Très sexy.

                  10. Lover’s Spit, Broken Social Scene 

                    Une douceur dans la voix et dans les instrus telle qu’on a envie de serrer son animal de compagnie dans les bras et de lui rappeler à quel point on l’aime même si on a pas toujours le budget jouets équivalent à ses désirs d’amusement.

                    11. Let Me Alone, Izia

                      Ouf, vous rentrez enfin chez vous, vous allez pouvoir respirer un peu seule au calme, sans Corinne de la compta qui vous explique pourquoi son troisième divorce était de loin le plus réussi financièrement.

                      12. Hey Bitch, Izia

                        Un ou une collègue a joué les pestes ? Mais c’est une super nouvelle, vous allez pouvoir appliquer votre plan de revanche intersidérale en trois étapes. Si ça ne vous atteint pas outre mesure, ça ne devrait pas vous empêcher d’adopter une bonne défense de votre personne. Fair enough.

                        13. Cowboy Gangster Politician, Goldie Boutilier

                          Sexy and smart. On adore.

                          14. Rocket Woman, Talia Rae

                            Très planant, on est bien dans un délire de femme fusée ici, atmosphériquement parlant, je confirme.

                            15. Army Dreamers, Monty Cotton, The Basics, Gotye

                              Bon là c’est à 100% le printemps, pollinisation en cours, sifflements d’oiseaux et tout le toutim. On nage dans du coton printanier. De saison, validé.

                              16. Underwater, Sun’s Signature, Elizabeth Fraser

                                Un titre étrange, mêlant harmonies et science-fiction, on ne sait pas si on écoute de la musique ou d’ancestrales répliques de sirènes. Ou de fées, à vous de juger.

                                17. Sass Girl, Wargirl

                                  Ce titre me fait penser à un road trip imaginaire avec toutes mes meilleures amies durant lequel on serait toutes en train de fumer des joints autour d’un totem sacré. De la girlhood +++, j’adore. Paisible.

                                  18. Romantica, YannaY, Cafe de Anatolia 

                                    Il est quatre heures à la discoteca, c’est peut-être le moment parfait pour embrasser Juan Pedro rencontré à l’auberge de jeunesse madrilène dans laquelle vous squattez pendant deux nuits.

                                    19. Get Out Of My Head, Sofia Bolt

                                      Oups, vous n’arrivez pas à penser à autre chose, l’amour s’empare de vous, mais vous avez trois reporting à préparer avant dix-huit heures. Pas pratique d’être fall in love parfois. C’est un peu ce que m’évoque cette chanson.

                                      20. Thus Is Why (I Don’t Spring 4 Love), Saya Gray

                                        Des paroles magnifiques, une instru canon, de jolis chœurs… Où était cette chanson quand on en avait le plus besoin ? Dans les méandres de Spotify jusqu’alors inexplorés. Pépite !

                                        Merci à l’Enfant (l’artiste), qui m’a fait découvrir cette rareté dans une de ses stories. 

                                        Mes perles d’avril

                                        Le meilleur pour la fin !

                                        Je vous partage mes petites pépites d’or, mes exoplanètes musicales secrètes qui me font voyager dans des souterrains psychiques d’intersidéralité :

                                        Bonus : son de zinzin à ne pas manquer

                                        • L’enfant : release party du premier single de son prochain album, concert prévu le 28 avril au Supersonic.

                                        Joyeuses Pâques dans vos oreilles 🐣🐇

                                        L’ENFANT : Rock d’ordi et choses à prouver, interview à Dijon

                                        lenfant-interview

                                        Assis à une table noire et bancale du café PAUL de la Gare de Dijon, Antonin Archer alias l’Enfant parle technique avec ses deux acolytes musiciens, Henri Vuillecard (à la batterie) et Félix Hemmem (à la basse).

                                        J’ai eu la chance d’accompagner et de filmer le groupe à Lausanne pour un concert à la Datcha, une des scènes du Prémices Festival, festival de musique printanier assez connu en Suisse.

                                        Le contexte ? Deux heures d’escale à tuer parce que le premier train en direction de Paris Gare de Lyon était complet et la contrôleuse du TGV Suisse Lyria nous a bien fait comprendre qu’on pouvait pas frauder à moins de se prendre une amende salée. Argument de type « artillerie lourde » pour citer l’artiste, la petite troupe est bien obligée de se poser et de tuer le temps à coups de guinzes (clopes) et de sandwichs.

                                        Au bout d’une heure, je propose nonchalamment et sans prévenir un petit exercice d’interview, coupant presque la parole à Antonin, alors qu’il était lancé à donf sur des questions de simulateur d’amplis.

                                        Elvire : Quand est-ce que tu as commencé la musique ?

                                        Antonin : Ah oui d’accord, c’est vraiment une interview ?

                                        Rires groupés.

                                        Antonin : Vraiment donc… Quand j’avais 9 ans et que je faisais de la guitare classique…

                                        Elvire : Tu faisais de la guitare classique, qu’est-ce qui t’as donné envie de faire du rock d’ordi ?

                                        Antonin : Alors d’abord j’ai eu envie de faire du rock… Mais on fait vraiment une interview ? ça dure combien de temps ?

                                        Elvire : Mais, comme tu veux ! (ton insurgé)

                                        Antonin : OK, d’abord j’ai eu envie de faire du rock, quand j’étais ado, et après quand j’étais plus vieux j’ai fait de la prod, et après je me suis dit tiens ce serait bien de refaire du rock, et je pourrai le mélanger avec ce que je fais en prod et paf, ça a donné du rock d’ordinateur.

                                        Félix : Des chocapics.

                                        Henri : Héhé !

                                        Elvire : Comment a commencé le projet L’Enfant ?

                                        Antonin : J’ai arrêté un projet dans lequel à l’époque j’interviewais des gens et j’avais peur, ça faisait longtemps que j’avais pas fait de musique. Je me suis dit, faut que je me lance…

                                        Pause : le fou de la gare vient nous expliquer un truc sur Jésus que personne aurait capté.

                                        Antonin : Lui il revient, il fait des tours… Bref je me suis dit lance toi, je me suis mis à la prod et j’ai sorti un morceau.

                                        Elvire : Ta plus grande peur ?

                                        Antonin : Vieillir, mourir… Euh, ma plus grande peur… Franchement, j’ai peur, j’ai peur… J’ai grave peur quoi ! J’ai grave peur en général, être une merde, tout rater…

                                        Elvire : Quels sont les défis à venir pour tes prochains concerts ?

                                        Antonin : En fait, j’ai quelqu’un (*ne cite pas de nom mais regarde Henri*) qui veut absolument qu’on ait le matériel le plus compliqué possible, et j’arrête pas d’essayer de le convaincre d’utiliser le matériel le plus simple possible. Le défi à venir plus sérieusement, c’est de grave se marrer et que le son soit pas trop pourri. On arrive bien à se parler quand même, hein Henri ?

                                        Henri : C’est le plus important. (ton très sérieux) Y a-t-il des conflits au sein du groupe… (rires)

                                        Elvire : Des lieux dans lesquels tu souhaiterais te produire ?

                                        Antonin : Oui, j’aimerai bien jouer à la Cigale en tête d’affiche. J’aimerai bien jouer partout en fait, je veux jouer partout, vraiment. Je suis trop chaud ! Invitez-nous. Par contre, je sais que les gens pourraient se dire que c’est cool en général, mais j’aime pas trop le Stade de France. Après je dirai pas non, bien sûr. Mais la plus grosse salle qui me fait rêver c’est la Cigale. Le Stade… Même le Zénith, c’est trop gros.

                                        Elvire : Je parlais plus de lieux, au sens géographique ? (rires)

                                        Antonin : Ah alors Paris ! Moi je suis de Paris…

                                        Elvire : Tu es parisien ?

                                        Antonin : Ah tu changes de question ? Oui je suis né à Paris, j’ai grandi à la campagne. Vu qu’on chante en Français, j’ai pas spécialement de délire de jouer à l’étranger, j’aime bien quand les gens chantent les paroles. Peut-être à Montréal ?

                                        Henri : Ou au Japon, ils adorent les Français.

                                        Antonin : Alors au Japon. Ce serait marrant… Mais je préfère des lieux où les gens peuvent chanter.

                                        Elvire : Tes influences actuelles ?

                                        Antonin : J’aime bien Oklou en ce moment, j’écoutais pas trop avant mais j’aime bien… Qu’est-ce que j’écoute en ce moment ? *réfléchit* J’écoute que des trucs de rock, ah j’aime bien saoirse dream, j’aime bien underscores aussi, j’aime bien plein de trucs d’hyperpop, de rock, ils sont vraiment très beaux ces artistes.

                                        Elvire : Tu as toujours chanté et écrit en Français ?

                                        Antonin : Oui, toujours. Il y a déjà tellement de gens qui font de la musique en Anglais que ça m’intéresse pas spécialement d’en entendre plus sauf quand les gens sont très très forts. Il y a beaucoup de concurrence… Pour apporter une valeur ajoutée… Mais je comprends les gens qui chantent en anglais, on est plus habitués, mais moi ça me convient pas.

                                        Elvire : Des artistes avec lesquels tu aimerais bien jouer ?

                                        Antonin : Oui ! J’aimerai bien jouer avec Eloi, j’aime bien Underscores aussi…

                                        Elvire : Ton rapport à la dépression ?

                                        Antonin : Compliqué, mais mieux quand même en ce moment. J’espère en sortir, je suis pas en dépression en ce moment, et j’ai pas envie d’entretenir un récit sur la dépression. Moi je serai très content d’être guéri de la dépression et définitivement sorti de la dépression, mais en ce moment ça va.

                                        Elvire : Prochains concerts ?

                                        Antonin : 25 mars, Point Ephémère. 28 avril au Supersonic.

                                        Elvire : Merci beaucoup L’Enfant !

                                        Antonin : Merci Elvire !

                                        NDLR : pour écouter l’enfant direction sa chaîne YouTube ou Spotify.

                                        https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5imgjumuHUmnzZF3vOEmso

                                        2025 : Colette is back

                                        2025-colette-is-back

                                        Bonjour chers lectrices et lecteurs d’un peu partout ❤️

                                        Je suis bien plus que contente de vous retrouver, l’enthousiasme, la liberté, la créativité, la joie d’écrire à nouveau sur Colette m’envahissent, et ça m’avait manqué.

                                        Depuis la dernière fois que j’ai écrit à cet endroit, il s’est passé tellement de choses dans le monde.

                                        Le drame palestinien, expression souvent utilisée pour éviter de faire fuir les gens, employée à tort et à travers à la place de : génocide ; la déclaration de guerre de Poutine à l’Ukraine, Donald Trump réélu Président des États-Unis…

                                        En France, on a eu droit à un énergumène d’extrême droite à la barre au pouvoir alias Michel Barnier, balayé et vite remplacé par, roulement de tambourin en panne 🥁, François Bayrou, qui dernièrement, s’est dit qu’il allait renforcer les mesures de contrôle de l’immigration (alors qu’en 2013, l’année de mon bac, le type annonçait qu’il se porterait à nouveau candidat à la mairie de Pau, j’ai pas compris cet enchaînement), bref, on est sur un régime semi-présidentiel… Tout ça donne bien sûr envie de crier : 

                                        What. The Actual. Motherfucking. FUCK ?

                                        Il était donc temps que je revienne ici pour sauver la planète avec mes petits mots, car j’ai, bien sûr, bon espoir que Poutine tombe sur mon article, ainsi que sur tous les articles et vidéos des petits micro blogueurs dont je fais partie qui dénoncent des trucs, des conflits, et se qu’il se dise mais pardi, oui c’est n’importe quoi, et paf, le voilà parti en asile psy avec Musk, Trump, Xi Jinping et Netanyahou dans une de ses nombreuses villas de la Mer noire. 

                                        Mais assez parlé des hommes riches de cette planète, concentrons-nous sur le quotidien actuel des filles et des femmes de la Terre, aussi pluriel qu’il soit. Quelques petits rappels.

                                        Les femmes au cœur : on est où en 2025 ?

                                        • Aujourd’hui, 1,1 milliard de filles à travers le monde sont déscolarisées, victimes d’exploitation, ou mariées de force. Environ toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans.
                                        • À échelle mondiale, environ 736 millions de femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, ou en dehors du couple, ou les deux. 
                                        • Pour ce qui est du couple, en moyenne, 30% des femmes qui ont eu des relations – de couple – signalent avoir subi une violence physique ou sexuelle de leur partenaire intime.
                                        • En France, comme on peut le constater sur le site de noustoutes, il y a un féminicide tous les deux jours. Au 1er mars 2025, on dénombrait déjà 23 féminicides depuis le début de l’année. Un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30. 
                                        • 16% des Français.e.s ont subi une maltraitance sexuelle durant leur enfance.
                                        • Côté travail, les femmes touchent (toujours) 28,5% de moins que les hommes.

                                        Et l’avortement dans tout ça ? Où en est l’IVG ?

                                        Si le lundi 4 mars 2024, la France est devenue le premier état au monde à inscrire dans sa Constitution « la liberté garantie de la femme de recourir au droit à l’interruption volontaire de grossesse », il existe encore 21 pays dans lequel l’interruption de grossesse est formellement interdite. Au niveau planétaire, on parle de 40% de femmes vivant dans un pays dans lequel l’avortement est soit interdit, soit très restreint.

                                        Une honte, quand on sait que de toute façon, malgré les interdictions, la loi et toute forme d’oppression, les femmes ont recours à des techniques d’avortement. Et ce quitte à mettre leur vie en danger (lisez L’événement, d’Annie Ernaux pour mieux comprendre la problématique).

                                        Il va donc falloir que les dirigeants de ces pays comprennent à un moment donné que les femmes, lorsqu’elles sont déterminées dans leur choix qui concernent leur corps, sont prêtes à aller jusqu’au bout pour pouvoir vivre, et surtout, le plus souvent, survivre, et si cela signifie avorter, elles sont prêtes à tout, alors raison de plus pour leur garantir enfin une sécurité, une réelle protection de santé. 

                                        Les IVG clandestines représentent encore la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde. 

                                        Ces interdictions, restrictions, discriminations continues, ne font qu’aggraver l’oppression générale et systémique envers les femmes. 

                                        Et les femmes, d’ailleurs, ne sont pas toutes les mêmes, comme les médias diffusant des généralités sexistes voudraient nous le faire croire.

                                        On est ensemble

                                        Aujourd’hui, pour faire avancer les combats, la lutte pour les droits des femmes, il est nécessaire de reconnaître la pluralité des femmes, la multiplicité de leurs différences, la diversité, accueillir toutes les femmes peu importe leurs religions, leurs origine.

                                        Les femmes ne sont pas toutes européennes et trentenaires comme moi: certaines sont issues des minorités ethniques, racisées, c’est-à-dire qu’en plus de subir du sexisme au quotidien, elles doivent en plus de ça porter le fardeau à 200% illégal du racisme, et tout un tas d’autres discrimination en fonction de leur situation sociale.

                                        Cette vision intersectionnelle du féminisme, je la partage entièrement, puisque c’est grâce à la convergence des luttes que nous allons augmenter nos chances de nous faire entendre, et de faire avancer la libération des femmes partout dans le monde.

                                        J’ai envie de parler de toutes les femmes, de la nécessité de notre émancipation, mais aussi de faire entendre ici tous les combats qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas, qu’on oublie trop souvent. 

                                        Le but ici, ce n’est pas de recourir à la force physique, au vu de mon gabarit, ce serait bien compliqué.

                                        Je suis seule derrière mon écran à vous écrire, à vous lectrices, lecteurs, à vous qui souhaitez un monde plus apaisé, dans lequel la douceur reprend ses droits, accompagnée de la nature, d’un monde plus tourné vers l’humain, vers ce qui ralentit, la paix prend du temps.

                                        Cette paix, j’ai envie de l’installer progressivement avec vous sur des espaces d’information qui ne sont pas encore pollués de censure, d’interdiction ou de désinformation.

                                        Il y aura peut-être ici ou là quelques erreurs, mais s’il vous plaît, corrigez-moi, ou encouragez-moi à reformuler si je m’exprime avec maladresse, j’ai besoin de vous, je pense qu’on a besoin des uns des autres pour avancer ensemble, pour aller loin et construire un monde plus serein dans lequel l’art fait bon vivre.

                                        Osez me parler en commentaire, ou par mail, dites-moi le fond de votre pensée, si vous avez envie de dire ou de crier quelque chose : exprimez-vous, je suis là pour vous entendre, tant que ça reste constructif et sympa.

                                        Soyons audacieux.ses tous ensemble.

                                        Parlons, réveillons la langue ensemble, et tentons d’enjoliver cette planète déjà magnifique, grâce à de beaux mots, à l’amour, la passion que nous éprouvons quant à certains sujets, certaines causes, certaines luttes, certains arts… 

                                        J’ai envie de revenir ici pour écrire sur tous les sujets qui me passionnent, dans l’espoir de dialoguer avec celles et ceux pour qui les textes de Colette résonnent. 

                                        Pour être dans une clarté absolue, une transparence totale, je m’adresse à tous les amoureux.ses du rire, aux tendres, à celles et ceux qui ont ce don inné de reconnaître de la beauté dans les recoins de la vie les plus infimes, parce que je ne suis pas parfaite, et j’aime de plus en plus l’imperfection.

                                        Je m’adresse aux audacieuses et audacieux, tout ce beau peuple qui veut vivre, chanter, danser, parler autour d’un café, s’émanciper des carcans, briser les cases, les causeurs du dimanche, les énervés de l’après-midi, les tristes poètes du soir, je veux être là pour parler de toutes ces émotions qui nous traversent tous et toutes, de santé mentale, de féminisme, d’égalité des sexes, de droits des femmes oui, de solidarité, d’environnement… 

                                        Avec ma petite plume, on va essayer d’avancer un peu par-là, et puis j’espère qu’avec vos yeux, nos cerveaux communs, tout l’amour et la bonne volonté du monde, on réussira à planter quelques graines d’avenir serein. 

                                        Pour toutes et tous, 

                                        Et fièrement vôtre, 

                                        Elvire Balusseau

                                        AKA Farfadet des Plaines ✨ 

                                        Série Netflix : ne passez pas à côté de la danoise du moment, EQUINOX

                                        Photo d'un acteur de la série Netflix Equinox

                                        Bien que le confinement soit derrière nous, le couvre-feu et les attestations de sortie bloquent encore nos déplacements. Que faire en attendant d’aller danser ? Rattraper toutes les séries Netflix que vous n’avez toujours pas vu, avec un plateau de sushis et une tisane bien-être, pour un confort de bingewatching garanti.

                                        En parlant de séries et de cocooning… Seriez-vous passé à côté de la nouvelle série du moment : EQUINOX, disponible sur Netflix ? C’est l’heure du rattrapage.

                                        serie astrid

                                        Equinox : deux soeurs aux passés différents

                                        La série commence en 1999, sur une bande de jeunes danois qui fêtent leur diplôme du Bac gaiement, à coup de bières, de sono, et de chars verdoyants assortis de banderolles sur lesquelles ont peut lire quelques joyeux pamphlets danois… strictement incompréhensibles. Passons.

                                        Astrid, une petite fille de nature angélique et docile, regarde sa soeur quitter la maison en pleurs après une dispute avec sa mère (dont les yeux exorbités font drôlement flipper). Son aînée, Ida, monte dans un char quelque peu bruyant, et laisse derrière elle une mère anxieuse, un père heureux, et une petite soeur interloquée.

                                        Évidemment personne – hormi tous les téléspectateurs – ne s’attend à ce que ce départ en fanfare soit pour Astrid la dernière occasion de voir sa soeur qu’elle aime tant. Car celle-ci, peu après avoir salué les siens, ne reviendra jamais… Nul ne sait pourquoi.

                                        ida equinox

                                        Astrid va donc grandir (la majeure partie de la série se passe 20 ans plus tard) gagner en maturité, se marier et avoir une petite fille, pendant que sa soeur Ida, vit sa vie de personne disparue quelque part dans un monde parallèle.

                                        Tout ce que l’on sait au début, c’est qu’Ida était particulièrement questionnée par sa mère sur tous ses allers et venus, et n’avait jamais la paix. Sa mère, toujours sur son dos, lui empêchait constamment de vivre sa vie. Mais est-ce une raison valable et suffisante pour s’évaporer, et ne plus jamais revenir ?

                                        De son côté, Astrid a toujours été délaissée par sa mère, mais aussi très aimée, choyée par son père. Pourquoi ces écarts de traitement, d’une soeur à l’autre, alors même que ces deux-là s’apprécient énormément et ce dès les premières minutes de la série ?

                                        Affaire à suivre.

                                        serie ida astrid

                                        Un suspense insoutenable, et des cauchemars haletants

                                        Tout au long de la série, vous verrez Astrid en proie à des cauchemars étranges, durant lesquelles elle croit apercevoir sa soeur, perdue au fin fond d’une forêt glauque à souhait, prisonnière d’une sorte d’immense Dieu aux oreilles de lapin, sur fond de paysages enflammés et en ruine…

                                        Qui est ce Dieu Lapin ? Et pourquoi essaie-t-il d’agripper Astrid ? Et pourquoi sa mère n’arrête pas de lui répéter qu’il faut « qu’elle y retourne » pour retrouver sa soeur ?

                                        Tant de questions auxquelles la série vous répondra petit à petit, au travers d’épisodes assez courts (45 minutes), mais très denses et prenants.

                                        Du suspense, des bons acteurs, une bonne BO, des intrigues farfelues, des gestes barrières pas respectés…

                                        La série de la réalisatrice Tea Lindeburg vous fera renouer avec les peurs les plus primitives, celles qui sont reliées directement à votre enfance.

                                        Car, qui sait ce qui peut se cacher dans l’obscurité ?

                                        Qu’est-ce que tu vois quand tu dors ?

                                        La team Colette valide à 200 % !

                                        Nous vous recommandons de la regarder en VO, pour des frissons danois garantis.

                                         

                                        Pourquoi vous devez ABSOLUMENT lire I’m Every Woman, de Liv Strömquist !

                                        Illustration de couverture de la bande dessinée I'm Every Woman de Liv Strömquist

                                        Je ne sais pas vous, mais j’ai kiffé mes cadeaux de Noël ! Cette année, j’avais demandé des livres portés sur le féminisme. Ma soeur adorée m’a donc offert I’m Every Woman, de Liv Strömquist que j’ai dévoré en une demi-heure.

                                        Et c’est reparti pour une sélection d’arguments en béton, qui je l’espère suffiront à vous convaincre de lire cette BD… Ou devrai-je dire, cette pépite !

                                        Parce que vous allez découvrir Chaka Khan 

                                        À l’origine du titre de cette bande-dessinée, I’m Every Woman est un titre de la chanteuse américaine Chaka Khan, sorti en 1978. Or, vous ne pouviez pas nécessairement la connaître, si comme moi vous n’avez pas grandi dans les années 80.

                                        Étant donné que l’ouvrage commence par cette référence, vous êtes bel et bien invitée / invité à découvrir cette artiste, grâce à Liv Strömquist. Vous n’allez pas le regretter !

                                        I’m Every Woman – Les paroles

                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        I can read your thoughts right now
                                        Every one from A to Z
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I can cast a spell
                                        Of secrets you can’t tell
                                        Mix a special brew
                                        Put fire inside of you
                                        But anytime you feel
                                        Danger or fear
                                        Instantly I will appear, ’cause
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I can sense your needs
                                        Like rain unto the seeds
                                        I can make a rhyme
                                        Of confusion in your mind
                                        And when it comes down
                                        To some good old fashioned love
                                        That’s what I’ve got plenty of, ’cause
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        Anything you want done, baby
                                        I’ll do it naturally
                                        I’m every woman, it’s all in me
                                        I can read your thoughts right now
                                        Every one from A to Z
                                        (Woah, woah, woah)
                                        (Woah, woah, woah)
                                        I ain’t braggin’ ’cause I’m the one
                                        You just ask me ooh and it shall be done
                                        And don’t bother to compare
                                        ‘Cause I’ve got it
                                        I’ve got it, I’ve got it, yeah, I…
                                        I’m every woman

                                        Parce que vous découvrirez Priscilla Beaulieu

                                        Enfant, vos parents s’égosillaient sur du Elvis Presley à vous en faire perdre la tête ?Pensez-vous que ces derniers aient jamais pris connaissance de l’existence de Priscilla Presley, l’unique épouse du King ?

                                        priscilla presley

                                        Née Priscilla Ann Wagner à Brooklyn (NY) en 1945, et plus connue sous le nom de Priscilla Beaulieu, celle-ci rencontre Elvis Presley alors qu’elle n’a que 14 ans. Complètement fan de cette star internationale du Rock’n’roll, elle s’arrange pour aller le voir dans sa demeure, histoire de passer un moment inoubliable avec son idole.

                                        Le grand Elvis Presley flash immédiatement sur elle [oui elle n’a toujours que 14 ans], et à cet instant commence une histoire d’amour pour le moins insolite. Ayant tout de même connaissance d’un certains nombres de lois interdisant les relations entre majeurs et mineurs, il se dit : tiens, et si je me la gardais pour plus tard.

                                        En attendant de pouvoir enfin la fréquenter librement et de l’épouser, M. Presley décide de la cloîtrer à Los Angeles, en vue d’en faire une femme « parfaite» selon lui, c’est-à-dire une « sainte». Puis, il la relooke, lui met du fard sur les yeux, la transforme de la tête aux pieds… En d’autres termes, il la prend pour sa barbie. Priscilla, elle, n’y voit d’abord que du feu, elle est tellement folle de lui qu’elle ferait n’importe quoi pour lui plaire.

                                        Néanmoins, en 1964, sa flamme en prend un sacré coup lorsque le King la trompe avec la chanteuse Ann Margret. Elle lui en veut un chouya, en sachant qu’elle, pendant tout ce temps, s’était pleinement dédiée à la chasteté.

                                        « Et alors ?!» S’est-elle sans doute écrié peu après. « Je l’aime !»

                                        Ainsi, Priscilla Beaulieu épouse Elvis Presley en 1967 à Las Vegas. En 1968, naît leur fille, Lisa Marie Presley, à Memphis. Mais le Roi n’est toujours pas rassasié, s’ennuit de sa femme qu’il trouve désormais trop âgée, et de sa fille dont il ne se soucie guère. Il tire sur des téléviseurs, prend des somnifères, et délaisse Priscilla plus que jamais.

                                        Elvis Presley la trompe encore, à de nombreuses reprises, tout en faisant mine d’éduquer leur fille, à coup de voyages, de rencontres diverses et variées. Pour sa fille, Priscilla se plie aux exigences du King, quitte à faire croire qu’elle est parfaitement heureuse au sein de son couple, et ce devant les paparazzi.

                                        Ce n’est qu’en 1972 que Priscilla Beaulieu demande enfin le divorce !

                                        Ce qui lui vaut d’être vivement critiquée, et même haïe par les fans hystériques, les médias, et en somme, le monde entier.

                                        Une vie pas facile, me direz-vous…

                                        Parce que même Britney Spears va vous faire réfléchir

                                        Quand on pense à Britney Spears, on imagine d’abord une jeune fille à couettes sur un album mondialement streamé. On se souvient d’une musique phare, Oops I did it again, ou encore Baby one more time…

                                        Très vite, cette image de jeune fille blonde, sexy, et « innocente»  disparait pour laisser place à la Britney Spears scandaleuse, celle qui s’est rasé le crâne, va savoir pourquoi.

                                        Mais oui au fait, pourquoi ?

                                        Liv Strömquist vous propose des éléments de réponse en relatant quelques faits.

                                        Hypothèse N°1 : elle en avait peut-être assez des rumeurs qui circulaient à son sujet. Notamment celle lancée par son propre petit ami en 2004,  Jason Alexander, qui ne s’est pas gêné pour raconter les moult positions sexuelles testées avec elle, juste parce que ce dernier était frustré de voir son mariage avec Britney Spears annulé par les avocats de Jive Records, le label de la chanteuse.

                                        Hypothèse N°2 : elle en avait peut-être marre des petits amis tout court, de ces mecs puant l’après-rasage, prêts à tout pour l’impressionner, à bord de leur lamborghini, vêtus de leurs plus beaux costards, sabrant des bouteilles de champagne hors de prix. Peut-être qu’elle voulait un peu de réalité dans son monde de Mickey.

                                        Hypothèse N°3 : peut-être venait-elle de découvrir que le mythe de l’amour parfait, c’est vraiment bidon, et que le prince charmant n’existe pas, alors même que toute sa vie, elle a été entraînée à déclamer des paroles cucul la praline.

                                        Parce que vous saurez tout sur les pires petits amis…

                                        … De l’Histoire.

                                        De Edvard Munch à Phil Spector en passant par Percy Shelley, Mao Zedong et Ingmar Bergman, on en apprend de belles sur les relations des personnalités masculines de tous horizons.

                                        Entre narcissisme, possessivité, jalousie et tromperies, les pires petits amis de l’Histoire vous feront sans doute soupirer de soulagement à la simple idée que vous ne les ayiez jamais connu. Et c’est certainement mieux comme ça !

                                        Auriez-vous préféré être la petite amie de Staline, Nadejda Allilouïeva-Staline, et ainsi passer votre vie à tenter de représenter un modèle idéal de partenaire bolchévique, dès l’âge de trois ans ? Vous marier à 18 ans avec un homme de 41 ans ?

                                        Nadejda Staline

                                        Songez-vous à la gloire et la joie qu’une relation avec Munch aurait pu vous procurer ? Oubliez cette idée. Après avoir lu les détails sordides de sa relation avec Tulla Larsen, que le peintre accuse de lui avoir transmis de mauvaises énergies, lesquelles l’auraient contraint à se tirer dans le doigt… Vous n’aurez plus envie d’être la muse de qui que ce soit. Et d’ailleurs, à propos de cet incident, c’est le peintre lui-même, ivre, qui l’a provoqué de son plein gré après une énième dispute avec sa compagne…

                                        Parce que vous cesserez de détester Yoko Ono

                                        Depuis des années, lorsque je regarde un documentaire sur les Beatles, je ne peux m’empêcher de penser : Mais cette Yoko Ono, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne pouvait pas vivre sa vie de pacifiste ailleurs, sans déranger les scarabées ?

                                        En lisant les dernières lignes de I’m Every Woman, j’ai pris conscience que j’émettais jusqu’ici des jugements de valeur gratuits à son encontre. D’accord, sa présence a tellement perturbé John Lennon que tous les journaux se sont écriés « Yoko provoque la fin des Beatles !», sans réfléchir deux secondes aux problèmes de dépendance affective de John Lennon : il l’appelait tout de même maman. On en est là !

                                        Si malgré toutes ces contraintes oedipiennes, Yoko Ono reste forte et continue à fréquenter John Lennon, au bout d’un certain temps elle se lasse sérieusement et repense à son art. Oui, à son art, car à l’origine, Yoko Ono est l’inventrice du concept d’installation comme expression artistique. C’est d’ailleurs suite à l’une de ses installations (une échelle menant à un pense-bête sur lequel il est écrit Yes) que John Lennon la remarque et n’en démords plus. Ils se séparent enfin après avoir finalement réussi à créer et à faire de la musique indépendamment l’un de l’autre, et après avoir conçu… un fils. Une fois séparés, Yoko Ono s’est dit : Enfin Libre !

                                        Fans imperturbables du chanteur, les journaux n’ont pas apprécié cette rupture, et ont choisi d’ériger des portraits racistes et peu flatteurs de Yoko Ono. Selon les journalistes, Yoko Ono n’a été que la « salope asiatique qui a dissous les Beatles».

                                        Yoko Ono John Lennon

                                        Après avoir lu la BD de Liv Strömquist, je vous souhaite de réfléchir, et de reconsidérer l’Histoire sous un autre angle.

                                        Celui des femmes de…, des femmes oubliées, qui méritent, pourtant, tout notre intérêt.

                                         

                                         

                                         

                                        Top 5 des comptes Instagram drôles en plein reconfinement

                                        Instagram

                                        Le reconfinement, ou confinement hivernal pour les intimes, a permis à de nombreux influenceurs de créer d’excellentes publications à des fins humoristiques. Des perles qui font du bien quand on entend le mot crise sanitaire 24H/24H, et sept jour sur sept.

                                        MAIS QUE FERIONS-NOUS SANS INSTAGRAM ?!

                                        Je vous le demande.

                                        1. Le palais de PQ – par c.a.r.o_rainbow

                                        On est clairement sur un level de perturbations psychiques élevé là quand-même.

                                        Bravo à Caro’Rainbow pour cette oeuvre magistrale !

                                        2. Les poulets floutés – par memelicieux

                                        Un classique du confinement Bis, comment ne pas le poster !

                                        Merci pour cette perle memelicieux 🙏

                                        3. Avé Netflaïx – par jackydu68

                                        C’est la question que tout le monde se pose.

                                        Comment ont survécu les milliers de Français qui n’avaient pas de compte Netflix, Canal, Prime, Disney+ ou OCS pendant le reconfinement ?! Oh ça va les lettrés, on a compris que vous aimiez bien lire des livres!

                                        On dit merci qui ? Merci Jacky… Du 68 !

                                        4. La plage aussi mais sans la mer – par lespiresblagues

                                        Pensée particulière pour les pauvres petits skieurs français qui vont devoir jouer aux échecs plutôt que de jouer les pros des pistes noires ⛷️

                                        Pour information : seulement 13 % des Français pratiquent le ski.

                                        Pour information, mais inutile cette fois : il existerait pas moins de 3 346 remontées mécaniques en France ! Nous sommes donc les plus gros consommateurs de remontées mécaniques sur le plan mondial.

                                        Merci aux pires blagues et à citations283 pour ce rappel à l’ordre.

                                        5. Chômage, quand tu nous tiens – par Yugnat999

                                        Sans doute le meme vidéo qui m’a fait le plus rire DE MA VIE.

                                        Il faut dire que chez Colette Mag, nous sommes particulièrement fans de Yugnat999 !

                                        La Colette Team souhaite une MER-VEI-LLEUSE année à tous nos lecteurs, ainsi qu’à tous les influenceurs !

                                        Que 2021 vous inspire un max de memes et de photos drôles à souhait 💗

                                         

                                         

                                         

                                        Instagram : Top 5 des posts qui nous ont fait bien rire lors du reconfinement

                                        Instagram

                                        Le reconfinement, ou confinement hivernal pour les intimes, a permis à de nombreux influenceurs de créer d’excellentes publications à des fins humoristiques. Des perles qui font du bien quand on entend le mot crise sanitaire 24H/24H, et sept jour sur sept.

                                        MAIS QUE FERIONS-NOUS SANS INSTAGRAM ?!

                                        Je vous le demande.

                                        1. Le palais de PQ – par c.a.r.o_rainbow

                                        On est clairement sur un level de perturbations psychiques élevé là quand-même.

                                        Bravo à Caro’Rainbow pour cette oeuvre magistrale !

                                        2. Les poulets floutés – par memelicieux

                                        Un classique du confinement Bis, comment ne pas le poster !

                                        Merci pour cette perle memelicieux 🙏

                                        3. Avé Netflaïx – par jackydu68

                                        C’est la question que tout le monde se pose.

                                        Comment ont survécu les milliers de Français qui n’avaient pas de compte Netflix, Canal, Prime, Disney+ ou OCS pendant le reconfinement ?! Oh ça va les lettrés, on a compris que vous aimiez bien lire des livres!

                                        On dit merci qui ? Merci Jacky… Du 68 !

                                        4. La plage aussi mais sans la mer – par lespiresblagues

                                        Pensée particulière pour les pauvres petits skieurs français qui vont devoir jouer aux échecs plutôt que de jouer les pros des pistes noires ⛷️

                                        Pour information : seulement 13 % des Français pratiquent le ski.

                                        Pour information, mais inutile cette fois : il existerait pas moins de 3 346 remontées mécaniques en France ! Nous sommes donc les plus gros consommateurs de remontées mécaniques sur le plan mondial.

                                        Merci aux pires blagues et à citations283 pour ce rappel à l’ordre.

                                        5. Chômage, quand tu nous tiens – par Yugnat999

                                        Sans doute le meme vidéo qui m’a fait le plus rire DE MA VIE.

                                        Il faut dire que chez Colette Mag, nous sommes particulièrement fans de Yugnat999 !

                                        La Colette Team souhaite une MER-VEI-LLEUSE année à tous nos lecteurs, ainsi qu’à tous les influenceurs !

                                        Que 2021 vous inspire un max de memes et de photos drôles à souhait 💗