Colette Magazine s'adresse aux lectrices et lecteurs qui osent rêver en grand. Ou comment enchanter le monde grâce à la culture.
Auteur : Elvire Balusseau
Littéraire, je suis diplômée en Lettres métiers de l'écrits - Journalisme ainsi qu'en Communication Digitale et Relations presse. Je suis également chanteuse de rock et de soul, je compose mes propres textes.
Je me contais les histoires des traversées comme l’on conte aujourd’hui aux enfants les passages des rois et des conquistadors.
Je me rappelais ma propre vie en sillonnant le vécu d’êtres immortels,
Rappelés à jamais par le quai des Enfers et les Portes Paradis
J’avais connaissance de la récurrence des formes géométriques peuplant le monde sur les bâtiments des continents étrangers, ceux qu’on ne voit qu’à la télévision.
Ma réflexion sur l’expansion possible des corps se coupait net au moment de l’action :
Mes muscles se figeaient, mus par une force indistincte… La politesse, peut-être ?
Celle de se désintégrer dans l’espace pour
Faire place
Garnir la décoration
Disparaître dans le coeur d’un corps céleste noir
Tandis qu’en moi combattaient les envies, le désir de faire pour occuper du terrain
Conquérir des territoires,
C’est là, à cet instant précis, je réalisais avec lucidité que je ne pouvais pas sortir de moi-même.
Aujourd’hui, je vous propose une lecture d’un devoir rédigé lorsque j’étudiais les Lettres, les métiers de l’écrit et le journalisme à l’Université Paris VII Diderot.
J’ai écrit ce devoir à 22 ans, depuis ma perception a changé, mes opinions ont évolué, ma pensée s’est construite autour de nouvelles découvertes et autres explorations liées au passage à la vie adulte…
Et pourtant, neuf ans plus tard, plus que l’idée, l’importance d’avoir un lieu à soi reste avec moi comme un mantra quotidien.
Pas comme une nécessité absolue d’habiter seule dans un studio pour autant, pas comme l’idée qu’il vaudrait mieux rester célibataire chez soi pour éviter toute interruption de vie créative non.
Loin des idées reçues, que reste-t-il ? La paix d’être avec soi, et avoir les moyens de le ressentir pleinement quelque part.
Un chez soi intérieur qui peut prendre différentes formes, habiter plusieurs espaces : fauteuil d’un café dans lequel on aime venir pour écrire, jardin secret d’un musée où l’on s’allonge dans l’herbe pour dessiner, appartement, cocon douillet où l’on se love pour penser allongée…
D’où l’intérêt de se poser la question régulièrement : est-ce qu’actuellement, dans ma vie, j’ai cette capacité à me retrouver seul.e, en ma compagnie ? Suis-je en capacité de flâner ?
La création peut-elle émerger dans ma vie ?
La créativité peut prendre différentes formes, selon ce qui nous anime : inventer une recette de cuisine, coudre un haut ou recoudre un jean (pas mon fort), créer de beaux objets en argile, peindre des toiles, dessiner, esquisser des croquis, chanter ou jouer d’un instrument, penser un plan d’architecture, danser, chorégraphier, travailler des matériaux ou encore – BIEN SÛR ! – écrire.
Nous sommes le 30 septembre, la rentrée officielle telle que la France entière la connaît est passée, mais j’espère que cet article, ce devoir de Littérature d’une autre époque, pourra ouvrir en vous une petite porte, au moins un interstice de réflexion sur la possibilité qu’afin d’entrer dans sa vie, il vaut mieux d’abord cultiver le bourgeon de création logé à l’intérieur de soi.
Vous seul.e décidez quand vous êtes prêt.e à vous lancer dans telle ou telle passion. Votre rentrée créative et fertile, elle vient en vous, en temps et en heure, dans l’espace que vous habitez, au coeur de votre paix.
Bonne lecture ! 😉
INTRODUCTION
Virginia Woolf, écrivaine britannique du XXème siècle, a été la première femme à livrer le tissu de pensées intimes d’une femme. Peu de temps auparavant, c’étaient les hommes qui écrivaient au nom des femmes : Le roman de Gustave Flaubert Madame Bovary, paraît en 1857. Son personnage central, Emma Rouault, jeune femme enfermée à la campagne dans un mariage où elle se meurt d’ennui avec un homme qu’elle méprise, elle envie et rêve de la vie mondaine, urbaine et aventureuse des princesses de ses lectures, des romans à l’eau de rose. Même si Flaubert éprouve de l’empathie pour son héroïne au destin tragique, dont les pensées sont dépeintes avec force détails réalistes, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un portrait de femme exécuté par un homme, et donc une vue qui restera toujours extérieure au sujet traité. Le destin d’Emma avec Charles Bovary semble inexorable dès les prémisses du roman. Mais c’est encore un homme qui donne une destinée à une fem me sans qu’elle ne puisse la choisir.
Virginia Woolf se met à écrire d’abord par professionnalisme. Elle commence au Times, où elle écrit dans la rubrique du supplément littéraire, en 1905, un an après la mort de son père en 1904, elle a alors vingt-trois ans. Etant journaliste, elle avait une observation particulière de l’actualité qu’on sent dans ses livres, dès le départ elle se positionne en observatrice de son temps, de son époque. A la lecture de ses romans, on atteste de ses fines perceptions quant à la psychologie de ses personnages et de leurs émotions. Le lecteur a facilement cette impression de déjà-vu car l’auteure nous rapporte des profils récurrents de la vie quotidienne. C’est son acuité qui va lui permettre d’enlever le voile opaque posé sur la condition féminine, et de déjouer les pièges des figures paternalistes de son époque. Dans Mrs Dalloway, elle explore les liens du mariage et tire ses propres conclusions de femme avant tout, dans une société alors rigide et patriarcale.
Mrs Dalloway, présentons-le, est un roman de Virginia Woolf écrit en 1923 et publié en 1925. L’écrivaine y décrit la journée typique d’une aristocrate anglaise de la Haute Société dans les années 20, donc post première guerre mondiale. En vingt-quatre heures, la romancière nous emmène au cœur du détail de l’existence de Clarissa Dalloway, la personnage principale1, une femme d’âge mûr et au visage d’oiseau autour de laquelle le fil du roman se construit. Le roman débute par cette affirmation : « Mrs Dalloway dit qu’elle irait acheter les fleurs elle-même. » Cette phrase d’ouverture donne d’emblée un aperçu de la globalité du livre : la vie courante d’une femme que l’on suit dans ses moindres détails au cours de la journée. Par ce livre, Virginia Woolf a permis l’apparition d’une nouvelle forme d’écriture, et d’un style encore jamais lu. Raconter la vie d’une femme à cette époque était considéré comme un acte même assez culotté, dans une société encore très traditionnelle où la femme n’avait qu’une seule option, se taire. Très jeune, Virginia Woolf découvre la lecture grâce à la grande bibliothèque de leur domicile du 22 Hyde Park Gate en plein cœur de Londres, Virginia grandit dans l’univers littéraire construit par ses parents et ses proches. A l’âge mur, Virginia rencontre Leonard Woolf et avec des amis étudiants ils forment l’élite intellectuelle londonienne de leur temps, à savoir le Bloomsbury Group, dont les membres sont à la fois des romanciers, des essayistes, des biographes et des éditeurs. Virginia Woolf a la chance de connaître un éveil culturel précoce, et donc de se faire connaître dans un contexte littéraire masculin et masculinisant. Pas qu’il n’ait manqué de femmes avant elle, en revanche, c’est la voix de Virginia Woolf qui porte le plus à cette époque car elle parle avec style de sujets graves et sérieux comme la quête de soi, la guerre, la folie et la mort. Son œuvre traversera les siècles, elle fut dans un premier temps admirée des hommes et des femmes de l’élite intellectuelle de son époque, puis elle continua d’inspirer de grandes artistes jusqu’au vingt et unième siècle. En quoi Virginia Woolf est-elle une écrivaine que l’on rapporte à la question du genre ? Quels aspects de son œuvre les lecteurs apprécient-ils le plus et pour quelles raisons ?
Dans un premier temps, nous verrons en quoi son roman Mrs Dalloway s’est révélé novateur, puis nous verrons comment Virginia Woolf a-t-elle réussi à se hisser au sommet de l’élite littéraire anglaise, et enfin, les raisons pour lesquelles ses lecteurs tendent à l’admirer très rapidement.
I/ Invention d’une nouvelle écriture
« 24h dans la vie d’une femme », du jamais lu du grand public à l’époque de Virginia Woolf.
Bien sûr il y a eu James Joyce2 et son fameux roman sur vingt-quatre heures également, Ulysses, publié pour la première fois entre 1918 et 1920 sous la forme d’un petit feuilleton, puis republié en 1922 dans sa totalité. En revanche, les actions de ce jour ordinaire décrit par Joyce se situent à Dublin, le 16 juin 1904, et les personnages sont masculins, Leopold Bloom et Stephen Dedalus. Les deux compères vont parcourir Dublin et se perdre dans le dédale des petites rues, leur monologue intérieur nous dira tout de leur personnalité, de leur qualités et de leurs penchants. Donc si le format sur une journée existait déjà, la narration d’une journée ordinaire de la vie d’une femme par une femme à travers les yeux et la psychologie d’une femme restait encore à écrire. Et dans la composition de son chef-d’œuvre, Mrs Dalloway, Virginia Woolf réussit ce coup de maître. Peu auparavant 1925, le mouvement futuriste, incarné par le refus d’une tradition esthétique défaillante par des écrivains comme Vladimir Maïakovski, meneur décisif de ce courant, émerge en Europe afin de mieux bouleverser les conventions traditionnelles au sein même de la littérature. Une fois ce changement effectué, c’est l’heure du « Stream of Consciousness », c’est-à-dire du flux de conscience, lequel s’établit dans cette manière de dépeindre des aspects intérieurs de personnages et de s’intéresser à leurs âmes. Ce « Stream » est essentiellement repris et canalisé par Virginia Woolf et d’autres écrivains appartenant au modernisme, comme Joyce, William Faulkner, Dorothee Richardson, T.S. Elliot, Gertrude Stein, Ezra Pound, Ernest Hemingway ou encore F.Scott Fitzgerald, pour ne citer que des auteurs anglais, alors qu’en France, Marcel Proust en est également un fier représentant.
observation et expressions des sentiments et pensées d’une femme par une femme
Virginia Woolf analyse le domaine londonien en se glissant à travers les yeux de son personnage, Clarissa Dalloway. Mrs Dalloway est une dame occupée à sa propre introspection, et à des réflexions sur les gens de manière générale, leur façon de se tenir en société, leurs manies insondables et parfois insupportables. Clarissa s’intéresse à la coexistence de ce petit monde infiniment réduit de l’élite anglaise, composée d’illustres noms et de personnalités tout à fait respectables. Elle accorde une attention toute particulière au code éthique et esthétique de la british society. Les bonnes manières sont à respecter d’office, sans avoir à se poser de questions. Cependant, en son for intérieur, on la sent tiraillée par son besoin de combler un vide sidérant, celui-là même qui devrait combler son existence. Elle est consciente de cette existence étriquée et calculée, réglée comme une horloge. Toujours est-il qu’elle est certaine d’avoir fait le bon choix, d’avoir bien fait d’épouser Richard Dalloway, un conservateur, plutôt que de s’être mariée à Peter Walsh. Cela ne l’empêche pas de jouer allègrement avec cette certitude, de passer du coq à l’âne dans ses idées, de songer à l’existence légère et à l’écart de toute civilisation qu’elle aurait certainement vécu aux côtés de Peter. Extérieurement et physiquement, elle ne peut qu’aimer et rester près de Richard, en revanche, dans son intériorité, elle remet en cause son choix et questionne ses capacités à vivre une vie de presque-sauvage. Mais c’est toujours son existence et apparence sociale qui finit par l’emporter, par demeurer au-dessus de toute logique libertaire et émancipatrice.
un roman sans intrigue sinon celui d’un jour ordinaire
Tout se joue sur l’objectif de la réception. Il n’y a pas d’aventure qui dominerait la narration, il n’y a que cette destinée ordinaire, celle d’une dame qui doit réussir en tous points sa réception. Et pourtant, il y a un genre épique donné à la réception, elle devient une mission sacrée pour Clarissa, qu’elle doit réussir à concrétiser. Il y a du beau dans l’ordinaire, nous révèle Virginia Woolf. Il est question de faire le bon choix chez le fleuriste, de ne pas se tromper de traiteur, de ne pas s’embêter d’invités malvenus, de bien placer le beau monde afin que nul ne se plaigne d’un mauvais bavardage, de refuser toute conversation à l’improviste dans la journée, qui doit rester entièrement consacrée à l’organisation de la soirée. C’est une foule de détails dont aucun ne doit être négligé ni laissé pour compte, il s’agit de rendre honneur à la famille Dalloway et à Richard, l’homme qu’elle aime et qu’elle estime. Mais la rencontre avec Peter Walsh provoque un véritable renversement de l’évènement, et va ralentir les arrangements des festivités. Il y a très peu de dialogues dans le roman, et pourtant un des seuls dialogues entre Clarissa et Peter Walsh va se jouer chez Mrs Dalloway et chambouler l’ensemble du fil narratif.
II/ Une écrivaine féministe dans un contexte littéraire masculin
Une élite d’écrivains formée principalement d’hommes
Virginia Woolf trouve sa place dans le cercle littéraire grâce à sa culture, héritage qu’elle doit surtout à ses parents. Néanmoins, pour mieux cerner cette écrivaine affirmée, il faut la resituer dans son époque : les années vingt pour commencer, ne laissent encore que peu d’espoir quant à la situation des femmes. L’élite intellectuelle d’alors est formée d’hommes uniquement, l’écriture de Virginia Woolf se fait jour comme un éclatement et une révélation à suivre. Une époque également marquée par la guerre, le front, la mort. Une époque peut-être aussi, à laquelle les femmes doivent prendre la relève et faire fonctionner l’économie du pays, ont les outils en main et commencent à forger leur propre indépendance. Déjà certains écrivains révèlent leurs traumatismes au travers de poèmes ou de lettres, Apollinaire quant à lui reçut un éclat d’obus qui lui brisa l’oreille. Alain Fournier, auteur du Grand-Meaulnes, mourut de ses blessures. Rupert Brooke, né à Rugby en Angleterre en 1887 (auteur de Si je meurs…), trouve la mort à bord d’un navire le menant à la bataille en avril 1915. La guerre de 14-18 est dans toutes les têtes, jusque dans les lieux les plus fermés de l’élite culturelle comme celui dans lequel s’inscrit Virginia Woolf. Peu de femmes se voient offrir la possibilité d’intégrer la fine fleur de la littérature, et pourtant Virginia Woolf y entre, non pas par défi relevé mais pour et par son talent reconnu et admiré des hommes comme des femmes ainsi que du grand public.
Elle se retrouve seule femme à bord d’un navire guidé par des hommes arbitres, et sans s’en douter elle se dirige droit vers l’éternité grâce à la postérité de son oeuvre. Les grands mouvements antérieurs étaient cultivés par des artistes et écrivains hommes. En guise d’exemple, prenons André Breton qui définit le mouvement surréaliste en 1924 dans Le Manifeste du Surréalisme. Paul Valéry entre à l’académie française et lance le constructivisme en philosophie. Quant à Marcel Proust, il érige son chef d’œuvre, A la recherche du temps perdu et inspire des réflexions sur l’amour, l’existence et le réel. Enfin, Francis Scott Fitzgerald devient le meneur de la génération perdue… Les grands mouvements et courants littéraires de la fin du XIXème et du XXème sont tous lancés par des écrivains masculins, même si quelques femmes font exceptions. Et pourtant Virginia Woolf s’affirme et devient le moteur du modernisme.
b) Quelques femmes écrivains aussi mais pas d’écriture proprement genrée
Jane Austen au XVIIIème siècle préfère la critique sociale à la question du genre, son écriture n’est pas proprement ancrée dans cette problématique. En revanche, son humour, son ironie mettent en lumière les enjeux féminins de son époque, à savoir se marier avec quelqu’un de respectable, sans soucis financiers, etc. Elle pointe les défauts des préoccupations morales plus qu’elle ne cherche une solution par l’émancipation. Dans ses œuvres, on retrouve une parodie des jeux sentimentaux dépeints avec finalement beaucoup de réalisme. Il y a également Les Soeurs Brontë au XIXème siècle, qui s’imposent surtout grâce à Jane Eyre, un roman dont le succès fut formidable notamment parce que c’était la première fois qu’on y lisait les aventures d’une héroïne et non d’un héros, comme de coutûme. George Sand surprend également à son époque en écrivant pour la première fois des critiques au masculin, et de ses airs farouches, fascine le milieu littéraire de l’époque. Colette, plus tard au XXème siècle, s’impose par les sujets qu’elle aborde dans ses livres, des sujets sérieux, des thèmes très peu évasifs.
III/ Les grands intellectuels et leur admiration pour Virginia Woolf
Un personnage original qui s’impose
Clarissa Dalloway n’a rien d’une héroïne, à vrai dire on pourrait même en dire le contraire, et c’est le côté innovant de Virginia Woolf : la création d’une anti-héroïne. Mrs Dalloway est une femme de la Haute, elle est âgée de plus de cinquante ans. Son âge est donc déjà surprenant puisque traditionnellement jusque-là on n’avait pour lecture uniquement des romans où les personnages féminins sont des jeunes filles ou bien des femmes plus proches de la trentaine que de la cinquantaine. Dans ce roman, Virginia Woolf revient sur un monde féminin plus adulte et dessine les contours d’une femme qui a accompli sa vie et dont le destin est presque derrière elle. Encore plus original, Clarissa Dalloway ne rêve pas, du moins plus d’une vie mondaine, elle n’est pas heureuse pour d’autres raisons : elle ne se sent pas épanouie en fin de compte, malgré le beau mariage qu’elle a fait avec Richard Dalloway, et regrette de ne pas s’être laissée un peu aller à l’aventure avec son ex amant Peter Walsh. Et en même temps, on sent à travers ses pensées qu’elle aurait préféré vivre sa vie un peu plus en solitaire qu’entourée de tant de gens si célèbres pourtant mais qu’elle ne connaît pratiquement pas en vérité, ou dont elle n’a véritablement que faire. Virginia Woolf s’intéresse ici davantage à la question des regrets qu’à celle des aspirations, ce qui confirme une fois de plus son écriture genrée, puisqu’elle révèle les principaux défauts des idéaux fixés par les hommes de son époque, elle envisage les conséquences de ces idéaux plantés par les hommes de son époque et n’en tire pas un bilan complètement positif…
sensibilité d’une grande écrivaine, dont l’enjeu essentiel est de « comprendre les autres à travers soi »
Au travers de ses romans, dans Mrs Dalloway ou encore dans Orlando, on ressent la sensibilité littéraire de Virginia Woolf et son talent pour exprimer les émotions et les sentiments, de façon presque naturaliste puisque tout ce qu’elle décrit dans ses romans vient en majeure partie de ce qu’elle voit, de ce qu’elle vit au quotidien, des personnes qu’elle côtoie. Elle n’a donc aucun mal à relater tout ce qu’elle entend autour d’elle et à resituer ses personnages puisqu’elle les connaît et peut les rencontrer directement. Virginia Woolf a en quelque sorte surpris son entourage littéraire en prenant directement son inspiration à la source des choses, dans la réalité, dans la vie elle-même. C’est ce qui lui a valu tant d’admiration et une excellente postérité, puisqu’encore aujourd’hui, des femmes, et particulièrement des chanteuses comme Patti Smith3 ou la chanteuse du groupe Florence and The Machine4 assument l’influence de Virginia Woolf dans leurs paroles et leurs textes divers. Mais d’autant plus intéressant est le fait que ce sont aussi des hommes qui l’étudient aujourd’hui ou en font des films, comme Stephen Daldry avec The Hours.
CONCLUSION
Mrs Dalloway est un roman qui encore aujourd’hui reste très moderne. Puisqu’il s’agit d’une femme, et que l’on peut toujours chercher à s’y identifier, parce que Clarissa n’est jamais seule à vouloir organiser des réceptions, qu’il y a une recherche de folie des grandeurs qui est proche de la recherche de la vie à la place de la simple existence de femme au foyer. Ce roman a donc pour trait de caractère principal, ce côté intemporel. L’héroïne, si l’on peut dire héroïne malgré l’absence de véritable action dans le roman, partage le flux de ses pensées à des lectrices qui sont à même de suivre son raisonnement dans la vraie vie, de comprendre ses revers de jugements ou encore ses réactions face à certaines situations inconfortables ou gênantes. C’est sûrement pour cette raison d’ailleurs que le film s’est permis de brouiller les époques, mais aussi de conjuguer des vies de femmes. Car peut-être que l’importance du roman ne touche pas tant à Clarissa elle-même qu’à la myriade de femmes qu’elle illustre et qu’elle continue d’illustrer, ce n’est pas tant l’histoire même de Clarissa qui est si marquante mais le simple fait qu’elle soit connectée à la réalité plus qu’à un conte de fée.
Virginia Woolf nous offre un quotidien féminin mais aussi une lecture de l’époque et de l’Angleterre par une femme, c’est ce qui est réellement novateur. Elle affirme avec détermination la condition de la femme en 1925. Elle nous dévoile ce que cela signifie que d’être une femme en un temps donnée, en une ville donnée. Et dévoiler cette existence de femme, révéler ses détails, c’est quelque part aussi un travail de dénonciation. Le travail de démonstration consiste à enlever tout le superflu et le superficiel d’un tableau, avec Mrs Dalloway, Virginia Woolf recherche l’authenticité du tracé des circonstances féminines. Son style n’est pas le style typique des romancières de romans à l’eau de rose, il n’y a même pas de véritable histoire, ce sont des pensées livrées de manière décousue, et pourtant, l’objectif recherché est de faire rejaillir une histoire d’une construction de la femme. Chaque pensée, chaque parole est quasiment toujours découpée, décuplée dans le roman, car il y a toujours une réflexion autour du vécu des personnages, de leur intimité, de leur vie psychique. Entre chaque personnage se noue des amitiés et de fortes relations amoureuses, dont l’écrivaine nous dresse un bilan peu assuré. Il semble y avoir plusieurs réalités distinctes emmêlées les unes aux autres, chacun réfléchit à son image et à son rôle social par rapport à tel ou tel personnage. Quand Peter Walsh, par exemple, se balade après avoir brièvement rendu visite à Clarissa Dalloway, il réfléchit et il pense à elle, à ce qu’il aurait été par exemple s’il l’avait épousée pour de bon. Il y a derrière ces considérations faites à cœur ouvert par tous les personnages à tour de rôle, une réflexion autour des regrets et des remords, des alternatives prises dans la vie et de celles qui se situent ailleurs, sur l’axe des rêves et de l’in-vécu. Mais le personnage de Walsh sert également à questionner la femme, quelle est-elle, se demande-t-il, dans quel univers se situe-t-elle sinon dans un concept finalement assez fermé, généré par des hommes, c’est ce à quoi il pense (p.134 édition Folio Classique) lorsqu’il a cette phrase assez mystérieuse : «Mais s’il peut la concevoir, elle, c’est qu’en quelque sorte, elle existe… » toujours, on s’en doute, à propos de Clarissa. Le personnage de Peter Walsh est le raté qui malgré tout réussit à se sentir assez puissant pour doter des êtres et même des branches de féminité. Il recherche la femme idéale, elle lui a toujours échappé, la femme qu’il aimait un temps a épousé un conservateur. C’est un personnage déchu, égocentrique, et dont on sent pourtant qu’il est dépassé par quelque chose ou quelqu’un… Mais quoi ? Serait-ce précisément à côté de la femme qu’il passe ? Virginia Woolf joue avec le doute de l’homme, le met en correspondance avec la féminité même, interroge les rapports et laisse au lecteur le moyen de trouver une solution. Peter Walsh, et même Richard Dalloway, sont finalement deux personnages exposés face à la figure féminine. Plongés dans la perplexité, ils ne parviennent nullement à comprendre la complexité et la subtilité de la pensée de Clarissa. Faire pleurer Peter Walsh lorsqu’il vient annoncer à Clarissa tout heureux qu’il s’apprêter à épouser une femme des Indes parce qu’il est amoureux, cela est osé et revient à exprimer l’idée que les femmes ne sont pas les seules prétendues naïves à pleurer le départ des hommes ou leur indifférence. C’est l’aveu fait d’une émotivité masculine et d’une sensibilité encore peu retranscrite dans les autres champs culturels. C’est une manière de cerner une incompréhension apparente des deux côtés des sexes. Il y a effectivement une différence, faut-il pour autant qu’elle devienne intrinsèque et inexorable ? La réponse de Virginia Woolf se trouve dans les pensées des personnages et non dans les dialogues, car il y en a très peu de toute façon. Il y a une réponse implicite, celle de la confiance.
Il y a aussi un autre tableau, celui de Septimus Warren Smith et de sa femme Lucrezia, lesquels ne parviennent pas à s’attraper ni à se comprendre, Septimus comprend tout de travers parce qu’il est devenu fou à cause de la guerre et de la perte de son frère, il ne sait pas réellement pourquoi il a épousé Lucrezia à Milan, Lucrezia ne comprend pas ce qu’elle fait avec Septimus, elle croit en son rétablissement mais manque cruellement d’espoir et de temps pour se confier à lui. Lorsqu’elle enlève sa bague de fiançailles parce que ses doigts sont devenus trop maigres, Septimus commet une erreur d’interprétation, pense qu’elle l’abandonne à son sort, finit par se dire qu’il continuera sa route seul… Virginia Woolf traverse ces problèmes d’interprétation, d’élucidations des actions de l’homme et de la femme. Elle explique que les deux sexes essaient désespérément de pallier leur différence sans y parvenir, et finalement plongent dans deux voies solitaires. Pour Rezia, à Londres, la vie s’est envolée, ou bien elle est restée à Milan avec le reste de sa famille à laquelle Septimus l’a arrachée violemment. Elle se sent bloquée dans un mariage et donc dans un choix de vie qu’avec du recul elle aurait finalement préféré ne pas avoir eu à faire. L’écrivaine s’arrête sur les choix de vie et l’âge, le temps qui passe et permet aux choix de devenir éternels et définitifs.
« Mrs Dalloway said she would buy the flowers herself… »5
Cette phrase a été reprise dans l’ouverture du film the Hours6 réalisé par Stephen Daldry et sorti en 2002, il donne la cadence au reste du long métrage. A la fois poétique et psychologique, le film confond plusieurs époques et narre à la fois la vie de Virginia Woolf (Nathalie Portman), celle d’une Clarissa Dalloway (Meryl Streep) très moderne mais concordant avec la Clarissa du roman, ainsi que l’histoire de la mère de Richard (jouée par Julianne Moore), Laura Brown, malade de dépression elle choisit de quitter le foyer familial et d’abandonner délibérément son jeune fils. The Hours est une sorte de mise-en-abyme du roman de Virginia Woolf réalisé par un homme. A la lecture du roman et au visionnage du film, une intense tristesse se fait jour, sans vraiment savoir d’où elle vient. Et pourtant on sent qu’on y est relié de façon obligatoire, qu’on ne peut détourner le regard parce que c’est elle, c’est Clarissa Dalloway, et femme comme elle on ne saurait dire non aux soirées extravagantes et aux grandes réceptions. Mais aussi parce que derrière, il y a la question cachée de la paix entre les sexes, et la compréhension de l’autre.
1 Le choix du féminin de « personnage » est délibéré.
2 James Joyce, 1882-1941, écrivain et poète irlandais reconnu du monde littéraire du XXème siècle
3M Train, roman de Patti Smith, publié en 2016, elle parle de sa passion pour Virginia Woolf
4 «What the Water Gave Me » une chanson écrite par Florence Welsh, inspirée de Frida Kahlo et de Virginia Woolf, Album Ceremonials, 2011
5 « Madame Dalloway dit qu’elle se chargerait d’acheter les fleurs. » première phrase du roman et du film The Hours.
6 Titre initialement choisi par Virginia Woolf et prévu pour le roman, finalement laissé de côté pour celui que l’on connaît : Mrs Dalloway.
Hey, bravo ! Si vous lisez cet article, vous vous posez les bonnes questions au sujet des limites entre plan personnel et plan professionnel. Vous arrivez dans la partie vraie et désillusionnée du game de l’emploi, bref, vous êtes du bon côté de l’open space.
Et si vous n’aviez aucune interrogation, aucune attente particulière, non, vous êtes juste là par hasard…
Alors cet article de blog fera office de rappel d’une bonne vieille évidence : la barrière entre professionnel et privé a beau être toute fine, il vaut mieux ne pas la franchir pour les raisons que je vais évoquer.
Petit aparté, ce papier ne parle pas des copains de longue date qui ont lancé leur business ensemble, ou des couples qui ouvrent leur restau à flanc de montagne, ça c’est encore une autre thématique, que je connais beaucoup moins (mais si ça vous intéresse, je peux toujours investiguer).
Breaking news : vos collègues ne sont pas vos amis !
Je vous vois, plein de nostalgie, replonger dans vos lointains souvenirs de babyfoot avec Patrick votre gars sûr de la compta. Il y a des exceptions ! Bien sûr qu’on peut compter sur quelques collèguesde travail de longue date. Heureusement que certains liens chouettes se créent dans la sphère pro, on a tous besoin d’un ou une acolyte avec qui c’est agréable de papoter.
Pourtant, je suis convaincue que cette phrase doit rester un mantra au moment de mettre les pieds dans une entreprise que vous ne connaissez pas : vos collègues ne sont pas vos potes.
Au sein d’une équipe, la première semaine, les premiers mois, l’ambiance peut paraître très cool, d’autant que vous débarquez a priori pour aider sur un ou plusieurs projets. Beaucoup de gens vont dégainer leur plus beau sourire rien qu’à cette idée – déléguer ô sainte délégation – mais aussi plus spontanément par esprit de diplomatie, de corporatisme. On vit quand même dans le pays de la politesse, ça peut durer un moment, ça ne veut pas dire que celle-ci est systématiquement sincère.
“Euh ouais, non mais t’es qui, sur quoi tu te bases ?”
Episode 1 : Spatule ou l’hypocrisie, une collègue, not a friend
Nom de Zeus Marty remonte moi l’espace temps !
Zwing ⏳
Back to 2018 🏎️
J’ai 23 ans, je vis et j’étudie à Paris, en alternance au CFPJ, mon rythme c’est deux semaines en entreprise, une semaine à l’école (je peux me tromper, ça fait huit ans).
L’entreprise dans laquelle je bosse en contrat professionnel est une société du secteur de la distribution de la presse, des grands médias nationaux aux magazines spécialisés beaucoup moins lus, toutes sortes de titres sont distribués par le biais d’une grande plateforme de presse que je ne citerai pas mais qui commence par S et finit par R.
Spatulette, la « comparse idéale »
Lorsque je rencontre spatule (les noms ont été modifiés), je m’excite, je m’enthousiasme, je m’esclaffe :
“Oh quelle comparse idéale ! Ô combien de rendez-vous cafette se profilent, où en toute confiance et totale complicité, nous allons gaiement évaluer les manières des habitants de la galaxie médiatique dans laquelle nous errons toutes deux au cours de cette année décisive de master professionnalisant.”
Spatule m’envoie beaucoup de rêve au début, son sourire resplendit et ricoche si bien sur moi que, ébahie, subjuguée par autant de sympathie gratuite, sortie de nulle part, je lui transmets petit à petit, et sans m’en apercevoir – sinon c’est moins drôle – absolument toutes mes idées novatrices pour l’avenir de la plateforme de presse pour laquelle je fournis un travail acharné.
Croyez-moi, des idées de génie 💐
Premiers signaux d’une fausse amitié entre collègues
Les premières semaines, mon patron n’y voit que du feu, et moi avec, je suis complètement bernée par cette demoiselle spatulée qui me vole mes idées sans scrupule et à tour de bras.
Elle m’invite à déjeuner en terrasse, elle me présente des amies, elle m’invite chez elle…
Naïve, je me dis, c’est un partage de bons procédés, je me fais une copine et je lui donne quelques tuyaux sur le boulot, jusque-là rien ne me choque.
La jeunesse a ses déraisons que le cœur connaît trop.
Je parle de ma jeunesse, de ma personnalité, je trouve les jeunes lucides et révoltés de ce que les précédentes générations leur ont légué… as they shouldbe.
De nature assez sensible et réservée, socialement ça n’a pas été de tout repos pendant ma scolarité, il est donc normal dans cet état d’être de me retrouver en admiration totale de spatule qui, grande dame ! me donne quelques miettes de son attention pour mieux appâter le beluga.
La reconnaissance du Boss : mon travail commence à payer
Les semaines passent, et mon patron commence à me complimenter davantage que spatule, et à juste titre, je donne tout à cette boite, mon âme, ma vie perso, je suis dédiée corps et âme à réussir professionnellement pour faire mes preuves.
Ce dernier s’aperçoit qu’on a gagné plusieurs milliers d’abonnés sur les réseaux sociaux à force de persévérance dans les contenus que je créais et publiais. Il faut rendre à César ce qui lui appartient, mon boss complimente également spatulette pour ses talents de graphiste, talents qu’encore aujourd’hui, je souhaite développer (à chacune ses talents).
Fière de moi, je redouble d’efforts et de créativité, même si en parallèle je commence à ressentir une forme de malaise vis à vis de spatule parce qu’après tout, je nous trouve injustement confrontées l’une à l’autre sur le plan pro, mises en compétition par un mec assez imbu de lui-même quoique doté d’une verve négociatrice imparable.
La compétition s’installe, début de la sournoiserie au boulot
L’écart, le fossé entre spatule et moi commence à se créer assez insidieusement.
Encouragée par le grand patron, il me tient à cœur de continuer à “produire” toujours plus de contenus punchy pour la jungle, la presse française. D’autant qu’à l’époque, la presse pour moi c’était le champ d’oliviers, le jardin magique, le secteur de mes rêves, dans lequel je rêvais de travailler une fois mes études terminées.
Spatule de son côté, rivalise avec ses compétences en graphisme. On commence à se déchirer, et cette rupture fait effet lorsque je la vois de plus en plus souvent posée le cul sur le bureau du DG à qui elle raconte sa vie un peu tous les jours – mais si ce n’était que ça, OK – et à lui donner des infos que j’avais transmises en interne, c’est-à-dire à elle, parfois à elle seule, ou au reste de l’équipe…
Un jour, mon patron s’énerve et le sang chaud il s’écrie en ouvrant la porte de l’open space « c’est quoi cette merde ! » en parlant d’un post que je venais de publier. Passons sur le caractère de ce monsieur, je me souviens surtout du sentiment de sabotage que j’ai eu quand ça s’est passé. Spatule manigançait des trucs dans mon dos, retouchait des posts, des présentations que j’avais faites via le drive partagé, effaçait des slides ou s’attribuait le mérite de ce que je faisais sans me citer…
Les moves de Spatule ont le don de m’épuiser, je finis l’année diplômée, mais sur les rotules.
Je ne vais pas m’épancher ici sur les coulisses de ce bureau au sein duquel on me faisait bien sentir que j’étais jeune et que je pesais rien alors qu’en un an j’avais réussi à tripler leur communautés de lecteurs sur les réseaux sociaux… je pourrai en dire plus, mais ce serait mégalo.
Dernier jour au travail : Hasta la vista Spatule, see you never
Cette histoire de rivalité avec Spatule se termine dans le couloir de la boîte à la moquette grise et moche, le dernier jour de mon contrat pro. Je viens de littéralement traverser chaque bureau pour souhaiter une bonne continuation à des gens aigris et antipathiques qui ne m’ont jamais réellement accordé ni leur estime ni leur intérêt, quand je croise dame spatule, des documents (volés ? lol) à la main.
Cette dernière m’interpelle une dernière fois, feignant la gentillesse :
“Salut Elvire, c’est le grand départ ! Surtout n’hésite pas à me partager des tuyaux, des trucs que tu te verrais bien mettre en place pour la boite quand tu seras partie. Tu avais tellement des bonnes idées, ça peut toujours servir, on ne sait jamais !”
J’aurai aimé capturer l’expression de mon visage à ce moment-là.
C’était vraiment la tentative la plus débile et désespérée de m’extorquer les dernières cellules de mon cerveau saturé.
“Spatule, tu peux toujours te brosser pour que je te file quoi que ce soit. Tu t’es comporté comme une merde avec moi. Tu crois que tu vas me la faire, maintenant que je me barre ?”
Rideaux.
Spatule s’est pris le revers de sa personnalité, et je me suis barrée en paix, dégoûtée du milieu de la presse pour plusieurs décennies.
Conclusion : conseils pour délimiter vie pro, vie perso
Je vous propose mes astuces pour arriver à définir des limites clairement établies entre vie privée et vie professionnelle, pour éviter de créer du désordre mental.
Primo, votre santé est votre priorité ⚕️
Ne détournez pas le regard, ni l’attention portée aux petits signes de fatigue physique ou mentale, que ce soit lié à une mésentente entre collègues ou à une surcharge de travail, quand vous sentez que vous avez besoin de ralentir, ne tirez pas sur la corde. Trouvez des solutions justes pour votre bien être, pratiques et/ou collectives.
Si vous vous sentez drainé.e après une conversation avec un ou une collègue, c’est peut-être parce que vous êtes face à une personne énergivore, qui n’a pas les mêmes barrières intérieures que vous et marche un peu trop sur vos plates-bandes.
Il est important que vous preniez vos distances en restant cordial.
D’ailleurs, globalement…
1. Ne donnez pas d’accès direct à votre intimité dans le monde professionnel
C’est un conseil particulièrement difficile à appliquer quand on aime parler, de soi ou de tout ce qui nous entoure, je comprends l’enjeu de la difficulté pour les plus bavards d’entre nous, il y a un aspect un peu frustrant à moins en dire sur nous-mêmes pour éviter les ennuis, mais croyez-moi, c’est une manière sûre de préserver la paix au travail.
Dans l’univers pro, les critiques, les jugements peuvent aller bon train et tout le monde connait un ou une collègue qui lâche les dossiers à l’heure du déjeuner. Le moins vous détaillez cette soirée épique où vous avez fini en petite culotte sur un comptoir à cinq heures du mat, le moins vous allez vous faire emmerder jour après jour sur un seul soir de votre vie qui ne vous définit pas. D’autant qu’encore en 2026 les femmes sont souvent malmenées au travail, bien plus que les hommes, leur attitude est régulièrement analysée…
Qui que vous soyez, partez du principe que quoiqu’il arrive, vous serez jugé.
Deal with it ! ✅
Il vaut mieux être jugé à partir du peu que vous voulez bien montrer, qu’à partir d’anecdotes de votre vie privée. Il s’agit de faire la différence entre cordialité de façade, rire à des blagues un peu nulles, sourire, tenir des portes, dire des trucs bateaux par politesse, et vulnérabilité réelle : tout le monde ne mérite pas d’y avoir accès.
Stratégie sociale ? Oui. Honnêtement, oui. Manque de spontanéité ? Oui, aussi, mais pour avoir l’esprit serein dans votre sphère professionnelle… c’est un petit prix à payer 🤝
J’en arrive à mon deuxième conseil :
2. Gentillesse n’est pas synonyme de loyauté
La gentillesse est censée être un trait universel, commun à tous, en réalité c’est loin d’être le cas.
C’est pour cette raison qu’on peut facilement se laisser surprendre quand quelqu’un se montre gentil avec nous, bien qu’en parallèle, il ou elle travaille contre nous, simultanément.
Souvent sous-estimée, la gentillesse peut aussi être un masque, une gentillesse de façade, une affabilité qui n’existe qu’au sein des bureaux. Le voile est souvent fin avec l’hypocrisie, surtout en entreprise.
Pour ma part, je suis team gentils, pas team soumis.
Restez sur vos gardes. 💪🏼
3. Partagez vos idées aux décisionnaires directement
Si vous travaillez en équipe managée par la même personne, confiez vos idées à ce N+1 sans faire de détour. Souvent, il m’est arrivé de faire cette erreur, demander l’avis des collègues, partager des informations précieuses sur un client ou un projet…
Tout ça pour finalement qu’on me renvoie balader après avoir bien collecté mes données en total chatgpt style – qui dit ça 🤡
De manière générale, partez de A pour aller à B, ne passez par Z ou X, c’est pas le bon trajet.
Je pourrai vous détailler encore plein de conseils de cette façon-là, mais je me dis que je vais jamais terminer cet article, donc je vous présente cette petite checklist de conseils complémentaires sous forme de « bullet points » (#tmtc les préz clients #powerpointmavie #kpis #roi #onveutlesstats📊) :
Ne partagez pas votre instagram à vos collègues dès le premier jour – attendez de voir qui le mérite
Demandez ou optez pour un téléphone pro, pour bien couper une fois rentré.e chez vous
Même chose pour les mails, ne connectez pas votre compte yahoo de 2008 à votre boite pro
Résistez à la flatterie, un compliment n’est pas une preuve d’amitié indéfectible
Parlez de la pluie et du beau temps, ne répondez pas aux questions trop intimes.
Arrivez et partez sobre des afterwork, ça fait très daronne de dire ça déjà calmez-vous j’ai 31 ans, mais on connaît les thérapies alcoolisées, le lendemain c’est dur à assumer (du vécu ? nonnnn).
Enfin, je ne vous conseille pas d’entrer dans les discussions politiques, au risque de vous apercevoir que votre patron est un con qui vote RN avant le versement de votre premier salaire.
PS : si c’est le cas barrez-vous, on a pas le temps 🏃♀️
Malheureusement l’écologie, la lutte contre le réchauffement climatique ne sont pas les priorités de tout le monde.
On l’appelle « l’imprimante », parce qu’il galère avec l’imagination, mais il peut tout reproduire avec une précision folle. Il m’inspire énormément pour sa rigueur topologique.
Ils exposent Daniel Johnston et aussi Niels Bertho. Son travail est d’une finesse folle, hyper détaillé. Il a un motif récurrent : les araignées. Alors que de base, j’en ai une peur bleue.
Mais là, je les tolère. C’est dire à quel point son art me parle.
J’ai peur de plein de choses, d’ailleurs : le bambou, l’alcool chez les autres, les araignées…
Elvire : Et côté musique ?
Clara : Daniel Johnston, toujours. Story of an Artist, cette chanson me foudroie…. Ça me donne envie de pleurer, direct.
Sinon, j’écoute beaucoup La Fieve de Maïro…
ou Cognac et cigarettes de Jungle Jack.
Ah, et j’oubliais : mon artiste préféré, celui qui a fait mes covers préférées, c’est dexter maurer. Il a bossé avec mudymonk, Bonnie Banane,…
J’adore Bonnie Banane, d’ailleurs un de ses clips a été réalisé par le même mec qui a fait la cover des Red Hot. Et aussi pour Antonin (L’Enfant), pour trop de choses à prouver.
Trop de talents autour !
Elvire : Des grosses références !
Clara : Ouais, j’espère pas dire de bêtises. J’ai toujours peur de me planter quand je parle de mes influences, surtout à cause de ma dyslexie.
Mon cerveau fait parfois des sauts…
Mais c’est drôle aussi, ça donne un côté un peu… artistique, justement.
Mon pote vient de m’écrire, on va voir l’expo ?
Elvire : Un mot de la fin, peut-être ? Pour les jeunes artistes ?
Clara : Pfff… Je me sens minuscule. Une petite pousse, encore enracinée dans la terre. Je suis en construction, moi. Je ne me considère pas comme une référence.
Elvire : Et si tu pouvais t’adresser à n’importe qui ? Même à des morts.
Clara : Même à des morts ? Ok…
Van Gogh. Je t’aime.
J’adore lire tes lettres à ton frère Théo. Elles me touchent profondément. Je me retrouve beaucoup dans ta solitude. Peut-être pas dans ton intellect, mais dans ta rage de créer, oui.
Je t’aime. Vraiment.
Ombre et lumières : Borxaline, la suite
— plus tard dans la soirée, avec quelques grammes d’ivresse dans la caboche —
Elvire : T’as un chanteur préf ?
Clara : HAHAHAHA C’EST ORELSAN ! Pas du tout.
J’adore Orelsan d’ailleurs. C’est un des artistes qui m’a le plus foutu de frissons dans la vie. Avec Current Joys.
Pendant le confinement, j’étais chez mes grands-parents, j’écoutais Live at Kilby Court, avec “Kids” dessus, je crois.
J’étais allongée sur le gazon, il y avait du soleil, je faisais des petits clins d’œil au ciel… Parfois j’avais des taches noires dans les yeux.
C’était magnifique.
Bref.
La dernière fois, je disais que j’aime bien trafiquer le chaos.
Ombre et lumière.
C’est aussi pour ça que je ne mets pas de couleurs dans mes dessins.
J’ai envie que les gens projettent les leurs.
Parce que les couleurs, c’est des variantes, un spectre infini. Alors moi, je pose du noir et du blanc. Universel.
Et hop, dans ta tête, tu poses tes couleurs.
Là, on est en train de boire du ponche.
Elvire : Qu’est-ce qu’on vient de faire ? Tu peux nous expliquer un peu ?
Clara : On est allées voir des marionnettes automates…
Ils avaient un petit strabisme, c’était envoûtant.
Ça m’a grave rappelé l’enfance.
Et aussi le travail de Théordure sur Instagram. Il est aux Beaux-Arts depuis trois ans, il travaille justement sur l’enfance. Il est très doué.
Il fait des cabanes, des dessins… regarde ! Il est multitâche de ouf. Il fait des dessins très enfantins!
Elvire : C’est vachement lié à ce qu’on vient de voir, Ça me fait penser à Max et les maximonstres.
Clara : Voilà ! Tu vois son style ?
Elvire : Carrément. Bon, question : un moment fondateur dans ton art ?
Clara : Je crois que c’est quand je me suis retrouvée seule. J’avais plus d’amis. Je venais de quitter un copain avec qui j’étais depuis trois ans.
J’avais fait des bêtises… liées à ça. J’étais vraiment seule.
Et moi, je ne peux pas dessiner quand il y a des gens. Quand je suis en relation, je deviens dépendante affectivement, je pense tout le temps à l’autre.
J’écrivais beaucoup à cette période. Je fonctionne par cycles : parfois j’écris, parfois je dessine. Et là, je suis à fond dans le dessin.
Ça fait trois ans que je dessine activement. Mais petite, je dessinais déjà tout le temps. C’était mon seul moyen d’expression. Mes parents ne jouaient pas avec moi. J’étais seule dans ma chambre. Un peu sad, l’enfance, au calme ! *rires*
La meuf est dépressive depuis ses 6 ans. Non, pas du tout. Mais j’ai toujours ressenti de la tristesse. J’étais obsédée par ça, gamine.
Elvire : Et aujourd’hui, c’est quoi les émotions qui traversent ton processus créatif ?
Clara : L’urgence. Je ne sais pas si c’est une émotion. Mais ce sentiment-là, d’urgence de créer. Genre, dans 5 minutes je dois partir ? Allez, dessine.
J’ai un cours de 3h ? Je vais dessiner pendant 3h.
J’aime pas avoir le luxe du temps, sinon je fais rien.
C’est comme ce truc de gosse : si mes parents meurent, je pourrai tout faire. Mais non. Tu pourras, mais tu feras pas forcément.
On est condamné à être libre, comme dirait Sartre. Tu peux vérifier. *rires*
Elvire : Tout à fait, j’ai fait de la philo ! J’adore ça.
Clara : Moi aussi. Énormément. Épicure surtout. Il parle beaucoup d’amitié dans Lettre à Ménécée. Pour lui, l’amitié, c’est ce qui nous maintient en vie. C’est les liens sociaux.
Et ça, ça a été très dur à construire et à entretenir pour moi. Il m’a aussi aidée à relativiser sur la mort.
Il dit que la mort n’est rien pour nous. C’est ceux qui restent qui souffrent. Ceux qui ressentent le vide, l’absence.
J’ai perdu quelqu’un de très proche. C’était un peu comme ma maman. C’est elle qui a fait le choix de partir. J’y pense tous les jours. Il y avait une photo d’elle et moi, petite, en fond d’écran sur mon tel — bon là c’est un ballon, mais l’image change à chaque fois. Elle était pharmacienne. C’est à sa disparition que je me suis vraiment mise à dessiner. C’était juste après l’épreuve de philo du bac, d’ailleurs. Mes parents sont venus me dire : ***** est partie.
Avec un ton que je ne connaissais pas. J’étais choquée.
Maintenant… je suis anesthésiée. Je suis plus touchée de la même manière.
Et puis, elle avait une fille, ma cousine. Elle a pris une maturité folle. Elle avait 11 ans. C’est elle qui l’a découverte. Mets ce que tu veux dans l’article. Si c’est choquant, ça attirera du monde. *rires*. Voilà, ma tante.
Elvire : Je croyais que tu ne savais pas te vendre ! T’as un bon sens du marketing.
Clara : Haha ouais. Je suis accro au sexe ! Non je rigole.
Elvire : Sexe, drogue, rock’n’roll ! *rires*
Clara :*Voix dramatique *
Écoutez, j’ai de gros problèmes avec le sexe.
Technique numéro 2. Sortez couverts !
Non plus sérieusement… j’adorais me bourrer la gueule avant de voir les gens. Je le fais plus depuis 4 mois. Mais avant, j’en avais besoin pour m’anesthésier encore plus, en clair, oublier que j’existais.
J’avais pas l’impression d’être assez bien pour être moi, devant les autres.
Je me suis longtemps sous-estimée.
J’ai cru que l’amour était conditionnel. Que pour être aimée, je devais être malléable. Et boire, ça me changeait. J’étais plus une boule d’anxiété, de contradiction, d’inquiétude. Parce que j’étais ça pour mes parents. Enfant désiré, peut-être, mais sûrement pas comme ils m’imaginaient.
J’ai subi des abus moraux dans ma famille. Y avait que des disputes.
J’étais isolée. À l’école, je me faisais harceler. J’étais un peu le bouc émissaire.
Au lycée, des rumeurs ont circulé, finalement un condensé des insultes que je recevais en primaire.
Genre “sorcière” parce que j’avais un grain de beauté, les dents du bonheur, les oreilles décollées.
Je me suis fait recoller les oreilles. J’avais zéro respect pour moi-même.
J’achetais des bonbons pour me faire des amis. Je me prostituais amicalement.
Aujourd’hui, heureusement, j’ai 3-4 personnes autour de moi qui m’ont fait comprendre que j’avais le droit d’être aimée. Mais c’est toujours dur.
Tu me dis un truc gentil, ça me transperce. J’ai l’impression qu’on me flatte par pitié. Toute ma vie, on m’a dit que j’étais moche. Quand j’ai commencé à être jolie, je n’y croyais pas. Je pensais : si un jour j’ai un mari, ce sera juste pour mon intelligence ou ma capacité à écouter.
J’ai misé là-dessus. Puis j’ai capté que je pouvais plaire physiquement… et j’ai oublié mes autres capacités.
Et parfois, j’ai l’impression qu’on me prend pas au sérieux quand je parle. Que je suis une plante verte.
Elvire : Tu n’es pas une plante verte !
Clara : Oui, bien sûr. Je suis une orchidée. Pauuuseee ! Ma plante préférée. Et mon tableau préféré ? Les fritières de Van Gogh.
Elvire :Fritillaires. Ça se dit fritillaire. Mon père est expert en plantes.
Clara : Est-ce qu’il frite les hierres ? C’est une plante ?
Non, c’est une ville.
Est-ce qu’il met les yerres dans la friteuse ?
J’adore ton père. Il est géologue.
Elvire : Et astronome. Il connaît tout sur les oiseaux et les plantes.
Clara : Une expérience complète.
C’est quoi déjà le mot pour les gens qui savent tout faire ?
29 mars 2025 : par une belle après-midi ensoleillée, deux amies se retrouvent gaiement près de l’eau avec un café et un verre de vin, une tradition née de leur première rencontre au Sap’heur, un bar ma foi très sympa du dix-huitième arrondissement (serveurs détendus, prix divins, bonne musique, que demande le peuple).
Rapidement, le concept d’une interview vino-caféinée se fait sentir.
Ce ne sont pas les giboulées qui vont nous arrêter.
Elvire, rédac cheffe de Colette Magazine, tend le micro à Clara alias Borxaline, une artiste qui dessine.
Borxaline, who is she ? Première partie
Elvire : Allez c’est parti !
*Tchin Tchin*
Clara : Trop drôle, ça va faire comme l’intervention de la dernière fois, avec le fou du bus qui explique un truc sur Jésus, je me souviens, ça m’avait fait marrer.
Elvire : Le fou de la gare de Dijon tu veux dire, dans l’interview de l’Enfant ?
Clara : Le fou de la gare, oui !
Elvire : Nous verrons. Bonjour Borxaline ! Et merci de nous accueillir au bord de ce canal, c’est quoi, c’est le canal de l’Ourcq je crois ? (NDLR : dit-elle alors qu’elle habite à Pantin depuis presqu’un an)
Clara : Ouais, ouais, c’est à Pantin quoi.
Elvire : À Pantin ? (NDLR : s’enquiert-elle, visiblement en plein épisode hallucinatoire).
Clara : Ouais, il y a des petits pantins là, sous le pont, regarde.
Rires
Elvire : Alors, déjà première question, d’où vient ce nom d’artiste, Borxaline ?
Clara : Eh bien, ma chère Elvire, je pense que ce surnom est un sous-nom finalement, parce que je le trouve assez nul en réalité. Ça fait un peu pitié quand tu décomposes le mot Borxaline, c’est-à-dire qu’on a le bordel finalement dans lequel je baigne en général.
Puis s’ajoute à ça le fait que pendant longtemps j’ai été sous Xanax, donc je l’ai compacté avec ce premier mot.
Et le fait que… Tout ce que je fais me provoque énormément d’adrénaline et je suis à la recherche de ça constamment, d’où le mot Borxaline, tout simplement.
Et d’ailleurs pendant un moment, ma… Non, ça c’est…
Elvire : Hein ?
Clara : Non, non, mais j’allais dire un truc, mais en gros, de toute façon tu vas faire des…
Elvire : Bah déjà, je t’enverrai avant, si t’as envie de…
Clara : Ouais, ouais, ouais, ok, ok. Parce qu’il y a un moment où en gros, t’sais, j’ai eu un parcours psy, enfin je suis suivie depuis que je suis petite et tout.
Et pendant longtemps, on pensait que j’avais un trouble borderline, ça faisait un peu stylé, dans l’application, un pseudo comme Borxaline, tu vois, ça fait Adrénaline, Borderline, Bordel, au bord de. Vu que je suis toujours au bord de quelque chose et je cherche beaucoup l’adrénaline dans mon quotidien.
Elvire : Ah, c’est vraiment intéressant ça.
Clara : Ouais, voilà.
Elvire : T’es toujours au bord de quelque chose ?
Clara : Ouais, toujours à la…
Elvire : T’es toujours au bord de…
Clara : DE LA MORT ! Non, je rigole.
Je me mets beaucoup en danger, je prends beaucoup de risques. Un peu trop, des fois. J’ai l’impression que ça s’imprègne beaucoup dans ce que je produis. Il y a beaucoup de chaos et j’ai l’impression que c’est ce que je peux pas faire dans la vie que j’exprime dans mes dessins. Je peux pas créer un monde très onirique dans la vie, à part si je prenais de la drogue comme du LSD, mais j’en prends pas.
Bref, je m’écarte.
Elvire : Mais du coup, qu’est-ce que tu peux pas faire dans la vie que tu exprimes à travers ton art ?
Clara : Je ne peux pas vivre dans mes rêves comme si c’était la réalité.
Elvire : Euh pardon, y a des cygnes. Trop beau !
Rires
Pardon ! Interlude !
Clara : Non, mais j’adore les oiseaux. C’est une dinguerie. Tu vois ça, c’est une expression de la vie. Magnifique.
Elvire : C’est un peu l’essence même de la vie, finalement.
Clara : Ben oui. On est tous une manifestation de la vie. C’est ça qui est dingue. Tant qu’on vit, en tout cas. Et c’est un signe, je pense !
Elvire : C’est un signe, carrément, du destin. Qu’il faut que tu factures tes oeuvres à plus de 10 mille euros.
Clara : Putain. Non, mais vraiment, j’ai ce truc… C’est impossible pour moi d’estimer mon art … “Mon art”. Tu vois, même le terme dire que je fais de l’art, c’est pas moi qui dis que je fais de l’art. Parce que pour moi, c’est devenu presque un truc vital de mon quotidien, comme respirer, me lever, manger.
Ça fait tellement partie de moi que je vois tellement pas ça comme un travail, que donc je pourrais pas le monétiser.
C’est pour ça que c’est… Je me sens jamais… Un peu comme une imposteuse, quand je dois facturer, tu sais, je suis en mode « Waouh ! » Qu’est-ce que je fais ?
Genre, sur la base du SMIC, SMIC horaire, je dois ajouter des taux, si jamais je dois payer l’URSSAF, quoi, je sais jamais. C’est pour ça qu’en général, je suis toujours très timide. Je sais jamais dire…Parce que ça vient naturellement, en tout cas, quand ça vient pour moi, et tu parlais, tout à l’heure des structures, c’est impossible pour moi de définir…
C’est les autres, en général, qui me donnent le statut d’artiste. Toi en fait, tu fais juste ce que tu sais faire et les gens apparentent ça à de l’art et donc là tu deviens artiste.
Enfin j’en sais rien ?
Elvire : Très bien.
Clara : Je parle beaucoup !
Elvire : Quel est ton mode d’expression artistique préféré, si tu en as un ?
Clara : Le dessin ! Regarde. Je vais te montrer. Toutes mes heures de cours ! Quand je suis en cours, je me fais chier, je remplis le vide.
Elvire : *regarde dans le carnet* Ah ouais j’adore ! En plus c’est un beau carnet, un moleskine non ?
Clara : Non celui-là c’est Rougier&Plé. *page de pub*
Alors, c’est très aléatoire.Des fois, j’ouvre mon carnet en plein dedans, et je fais, ok, on va dessiner un truc là. C’est pas linéaire. Un peu comme le temps, tout ça…
Elvire : Ça t’arrive de compléter tes dessins par des textes ?
Clara : Ouais, j’écris beaucoup aussi.
J’écris de manière intuitive.
Je fais beaucoup d’écritures automatique, pareil pour le dessin, j’appelle ça du dessin automatique, si on veut.
Elvire : C’est-à-dire ?
Clara : Parce que ça vient comme ça, je fais un trait, et puis après, je me dis, mais attends, mais ce trait, il me fait penser au fait que je pourrai faire un rond là… et après si tu connectes le rond admettons, avec ce trait-là, on peut faire une plante ! Là, tu vois on peut imaginer des petites feuilles, et là, là… On sait pas trop ce que c’est ?
Rires
Et là, les branches, ça fait une bouche. Et puis y’ a ça qui se passe, bam et je trouve ça génial.
Elvire : J’adore, j’adore.
Clara : Ça, c’est du dessin d’observation. *m’indique une autre page du carnet*
Elvire : C’est mignon, ça ! *voix de lémurien*
Clara : Ouais, grave ! Bah j’adore. Ah, là, il y a des petits écrits.
J’avais des petits carnets attends… C’est quoi, ça ? Ah non, ça, c’est des notes de cours.
Parce que des fois, je suis attentive en cours. C’est rare.
Elvire : D’accord. Comment tu définirais ta capacité à te concentrer ? Est-ce que tu arrives à te concentrer facilement pour dessiner ? Ou est-ce qu’il te faut un contexte ? *cherche sa question* Ah voilà : Est-ce que tu as besoin d’un contexte particulier pour dessiner ?
Clara : Justement, il ne faut pas que ce soit un contexte pour dessiner. Il ne faut pas que ce soit un cours d’art plastique.
Par exemple, en cours d’art plastique au lycée, j’étais incapable de dessiner, tu vois ?
Il faut justement que ce ne soit pas le moment. Il faut justement que je sois dans l’inconfort.
Dès que je suis dans l’inconfort, j’arrive à dessiner. Dès que je suis stressée, j’arrive à dessiner.
J’arrive à dessiner au téléphone. J’arrive à dessiner dans le métro, en cours, surtout en cours, du coup. En fait, c’est dès que je me défie un peu à être concentrée.
Parce que, si je suis juste là devant ma feuille à me dire que je dois dessiner… Incapable !
Juste, j’en suis incapable.
Surtout si on me dit, dessine-moi une fleur, je ne vais pas pouvoir le faire. Il faut vraiment que ce ne soit pas le moment pour le faire. C’est pour ça que j’adore être en retard. Parce que…
Elvire : Ah ah ! YES ! Check.
Clara : Check. Parce que vraiment, je suis là chez moi et on me dit, tu dois partir dans 10 minutes, je fais, OK, attendez. Et là, je dessine en 10 minutes.
J’adore me défier dans la création. Je trouve que c’est merveilleux et ça provoque une adrénaline. Parce que j’ai peur d’être en retard, et au final, ça me rend en retard.
C’est un cercle vicieux.
Elvire : Le cercle du retard ! D’après une étude, il paraît que les personnes les plus créatives sont celles qui arrivent le plus souvent en retard.
Clara : Oui, bien sûr !
Elvire : Oui.
Clara : D’après l’étude.
Elvire : L’étude de la vie.
Clara : Ce n’est pas l’étude de la vie… Du cercle vertueux de la vie. En fait, bien sûr.
Elvire : Je vais vérifier cette étude plus tard. On ne sait jamais.
Clara : OK.
Une artiste sur Insta : abonnez-vous à @borxaline
Elvire : Alors, ta plus belle… enfin ton œuvre la plus réussie selon toi ? Et si elle est disponible quelque part, sur les réseaux sociaux, que nos chères lectrices et lecteurs puissent aller la consulter.
Clara : C’est celle que je suis en train de faire là, que j’ai mise en story. C’est un gros format où je me suis laissée porter finalement, par plein de petits éléments.
C’est surtout associé d’ailleurs à la…On me dit que j’orne beaucoup mes dessins avec de la végétation. Là, c’est un peu une jungle immense dans laquelle se retrouvent des animaux qui n’existent pas, en tout cas tu ne peux pas apparenter ça à un truc du quotidien.
Ça n’existe pas, ce que je dessine. C’est ça qui est cool.
Il y a une sorte d’oiseau, tu sais, avec des grandes ailes, qui cachent un gorille.
Elvire : Donc, ton monde idéal, finalement, serait parsemé de créatures… Fantastiques ?
Clara : Fantastiques ! Bien sûr. Il n’y a que de ça. Il n’y a que de ça. Rien n’existe !
Elvire : Pourquoi vouloir t’échapper ?
Clara : Alors, c’est une bonne question… *réfléchis* Tu penses que je fuis le réel ?
Elvire : Ah mais c’est une excellente question que l’on peut tous se poser je pense… Aussi bien toi que moi.
*ne réponds pas du tout à la question*
Clara : Oui je pense, c’est pour ça que quand t’écris, peut-être que c’est genre un moyen de dire des choses que tu ne vois pas dans le monde… Je ne sais pas.
Elvire : C’est peut-être quand j’écris aussi, parfois ça peut être un moyen de ne pas parler de moi finalement ? Par exemple, le fait que je sois en train de faire ton interview, ça veut peut-être dire, c’est cool là je parle des autres, pas de moi.
Clara : De te dissimuler derrière le masque de l’intervieweuse actuellement, oui je vois très bien ! De mon côté, je pense que je me cache derrière mon art. J’adore, tu vois, quand je filme, parce que ça c’est un autre moyen d’expression, j’ai vraiment cette distance entre la réalité et le caméscope qui justement l’imprime.
Mais moi, je ne suis pas concernée ! Vu que je relate ce qui se passe autour de moi, un peu comme si j’étais une observatrice.
Surtout, j’ai l’impression d’être en intrusion dans la vie des gens…
Elvire : Tu as une approche documentariste ?
Clara : Oui, quand je filme des trucs ça s’apparente à du documentaire. Même si j’aime pas l’idée de mettre des mots précis sur les choses, de trop les définir, parce que je me suis pas suffisamment accaparé les concepts de documentaire pour dire que je fais du documentaire…
Mais disons que je filme, je capture mon phénomène au travers de la vie.
Et après, j’aime créer des réalités alternatives via le montage.
J’adore faire ça !
Et j’adore l’alcool.
Elvire : OK je note ! *ne s’attendait pas à cette intervention*
Rires.
C’est quoi ton alcool préféré ?
Clara : Très bonne question ça ! Je te dirais basiquement la bière, mais en ce moment beaucoup l’amaretto. Mais bon, j’essaie d’arrêter de boire, enfin de réduire ma consommation parce que je m’oublie trop après, et je finis dans l’inconfort que j’essaie de décrire dans mes dessins. Je deviens inconfortable pour les autres, et je suis trop proche des autres, aussi, c’est un problème.
Elvire : Tu as l’impression de te livrer…
Clara : en fait j’ai aucun code social, je joue pas à des jeux sociaux. Je suis juste moi et des fois ça met les gens mal à l’aise, parce que j’ai jamais réussi à vraiment porter un habit qui soit… Je sais pas, j’ai pas de costume en société !
Mon masque est compliqué, parce que je fais beaucoup de mimétisme pour m’intégrer, depuis que je suis petite.
Disons que ça reste assez à côté de la plaque…Je suis à côté de la plaque avec les gens en général. Enfin je trouve ? C’est un peu mon impression.
Elvire : Tu dirais que tu fais de l’anxiété sociale ?
Clara : Ah oui complètement ! J’ai eu une période de phobie sociale immense
parce que j’étais harcelée pendant ma primaire et mon collège. Du coup, j’ai été beaucoup isolée.
Je dessinais pas encore beaucoup à cette époque, voire carrément pas.
J’avais pas trop de repères. Et j’avais peur en fait d’aller vers les gens, parce que les gens me rejetaient frontalement.
Alors qu’aujourd’hui les gens veulent bien de moi
Mais du coup je me sens un peu… Pas légitime d’ aller vers eux, parce que j’ai toujours ce truc marqué en moi, comme une empreinte qui dit “non, les gens vont te rejeter”.
C’est pour ça que des fois l’alcool m’aide à oublier cette peur.
Surmonter ses peurs grâce au dessin : suite et fin
Elvire : Comment décrirais-tu cette peur ?
Clara : Je dirai, la peur que les autres ne me laissent pas exister dans leur paysage à eux, que je sois abandonnée.
Bon laisse tomber, c’est sad là !
Elvire : Ah mais c’est pour ça qu’on s’aime bien ! Moi aussi j’ai peur de l’abandon.
Rires
Clara : Bah oui ! check. Cette peur de l’abandon, elle est très propagée, surtout à l’heure actuelle. Je pense qu’on a eu des parents issus d’une génération pas ouf qui ne nous ont pas appris à nous aimer.
En fait, j’avais beaucoup d’amour conditionné quand j’étais petite. Il fallait que je sois comme ci, comme ça.
Par exemple, je vais toujours vers les gens qui me font me sentir mal, parce que j’ai l’impression de devoir leur prouver que j’en vaux la peine constamment.
Les gens que je surestime : j’y vais à fond !
Je ne vais pas vers les personnes qui veulent de moi.
Elvire : Et est-ce que là actuellement, il y a des gens que tu surestimes qui font partie de ton cercle proche ?
Clara : Bien sûr, c’est ça le problème. J’essaie de prendre de la distance et ça matche jamais vraiment avec eux, et c’est là où je me sens mal. C’est là où je me travestis un peu, parce que j’ai envie d’être avec eux quand même. Bref.
Elvire : Et quand tu dis que tu te travestis, c’est par exemple dans l’expression orale ? Comment ça se passe ?
Clara : Ouais, dans le mimétisme surtout, parce que j’essaie de leur ressembler.
Mais en même temps, ça me porte défaut. Enfin bref, c’est pas honnête.
Et j’ai besoin d’honnêteté, mais en même temps, je ne sais pas trop ma vérité.
Enfin, je ne sais pas comment je suis à la base, je ne me suis pas encore trouvée.
J’ai que 21 ans, tu vois.
Je suis pleine de questions, pleine de doutes
Elvire : Et c’est normal ! C’est normal.
Clara : Je te mets un peu des tunnels.
Elvire : Non, non. Est-ce que tu as des artistes en ce moment avec qui tu rêverais de
faire une collab ?
Clara : Je réfléchis, oui, je rêverai de travailler avec Feldup, putain ! Feldup !
Elvire : *vit dans une grotte* Qui ça ?
Clara : Feldup, c’est un YouTuber horreur qui raconte de curieuses étrangetés, et globalement des trucs niche, il fait genre des threads Reddit. Il est issu d’un monde qui me parle beaucoup, c’est très mystique, très cryptique, et c’est toujours très axé sur l’horreur, puis j’ai la sensation qu’on partage un peu le même terreaux mentale aha !
Ah oui disons le , mon style est vachement horrifique quand même.
Il fait beaucoup de références à… Comment il s’appelle ce type là ?
Attends, je réfléchis… Tim Burton.
C’est très Tim Burtonien ce que je fais, ce que je produis. Et c’est pas un choix, c’est juste que ça vient comme ça, on me raconte souvent ça de mon style graphique.
Du coup, ouais, je sais pas, Felldup, j’aimerais bien faire des miniatures pour ses vidéos YouTube, mais vu que je sais qu’il dessine déjà, je pense qu’il se suffit à lui-même.
Sinon, il y a Le Dolmen aussi, c’est un mec qui a fait un livre incroyable, qui s’appelle :
« S’anormaliser », et c’est pour tous les créatifs qui veulent prendre leur indépendance
et réussir vraiment à sortir des…
Elvire : Des sentiers battus ?
*ça y est on est mariées depuis 20 ans on termine nos phrases*
Clara : Ouais, des sentiers battus, mais surtout des barbelés qu’on se met à soi-même. C’est pour ceux qui veulent sortir de la masse, enfin, qui veulent vraiment faire exister leur art, en fait, sans… Putain, mais en fait, il faut…Écoutez Le Dolmen, les gars.
Il est trop fort ce mec, c’est un peu mon prophète.
J’adore… En ce moment, il fait une série sur comment partir à la rencontre de son âme, mais t’sais, c’est pas du tout une une lecture judéo-chrétienne , pas du tout, c’est vraiment… C’est basé sur le monde, le soi, le phénomène
Elvire : *boomer intervention* Tu me rediras son nom ?
Clara : Ouais, je te l’écrirais si tu veux.
Elvire : Attends je sauvegarde notre conversation…
Suite au prochain épisode !
Restez connecté.e.s 💖
PS : toutes les photos de cet article sont des dessins appartenant à la seule et unique Clara Gouablin, alias @Borxaline. Abonnez-vous à son compte Insta pour lui donner de la force, merci pour elle ⭐
L’orchidée, c’est bien plus qu’une fleur qu’on offre à ses beaux-parents pour montrer patte blanche.
Les Orchidées ou Orchidacées comme nous dit ce bon vieux wiki, ont un nom qui vient du latin orchidaceae, orchis signifiant testicules, et en effet, certaines racines d’orchidées terrestres ont bien la forme de c*******.
Est-ce que cet article commence bien ? Oui, puisqu’on en revient à l’étymologie latine, c’est bien parti, pas de panique.
Histoire des orchidées
D’après de nombreux historiens, l’orchidée serait sur Terre depuis la séparation de la Pangée, il y a 120 millions d’années, à l’ère du Jurassique.
En Chine, à la cour impériale, elle est vite devenue la fleur préférée des nobles, des artistes et poètes.
Dans l’Antiquité ou au Moyen-Âge, on connaissait surtout l’orchidée pour ses vertus apparemment aphrodisiaques…
En Europe, on n’en fait la découverte qu’au XVIème siècle, les explorateurs la ramènent de leurs voyages à travers le monde.
Les différents modes de vie d’une orchidée
La plupart des orchidées sont épiphytes, c’est-à-dire qu’elles ne vivent pas directement dans le sol. Leurs racines aériennes se nourrissent de matière organique et d’eau dans l’atmosphère.
D’autres orchidées sont terrestres et vivent au sol, parmi elles on retrouve les orchidées tropicales.
Et puis, il y a les orchidées au mode de vie lianescent, c’est-à-dire qu’il y a des lianes parmi les orchidées dont la plus connue reste… La vanille !
Le mode de vie lithophyte des orchidées fait qu’elles sont capables de pousser à même les rochers.
Où trouve-t-on des orchidées ?
On peut retrouver des orchidées un peu partout en France métropolitaine, où il existe environ 160 espèces d’orchidées.
Malheureusement, le Comité français de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature), souligne qu’une espèce sur six est menacée et susceptible de disparaître du territoire métropolitain pour plusieurs raisons : destruction des habitats, prédation humaine, pesticides, modifications du climat… etc.
Les orchidées peuvent également pousser dans des régions chaudes et humides, mais aussi dans des régions froides, ce qui en fait une plante très adaptable à de nombreux climats partout sur la Planète.
Orchidées : quelle symbolique ?
Les orchidées sont symboles d’élégance dans la simplicité.
On les offre pour signifier l’importance particulière qu’occupe une personne dans le coeur de celui ou celle qui l’offre.
Orchidées blanches : amour, joie
Orchidées roses ou violettes : séduction en douceur (exemple, belle-maman)
Orchidées bleues : espoir, sagesse (fleur de rétablissement)
Entretenir une orchidée : quelques astuces
Pour bien entretenir une orchidée, il ne faut pas trop l’arroser.
Il est aussi conseillé de lui faire prendre un petit bain d’eau tiède avant de la remettre dans son pot (en ayant bien égoutté).
Si les racines de l’orchidée sont blanches ou grises : vous pouvez arroser.
Les orchidées aiment beaucoup la lumière, mais ne doivent pas être exposées directement à celle du soleil, un peu trop violente pour ces dames.
Placez-les de préférence à l’est ou à l’ouest, avec de la lumière indirecte.
Température à privilégier : entre 15°C et 22°C.
Les orchidées en Littérature
L’orchidée a la cote au dix-neuvième siècle sous la plume de George Sand, Maeterlinck, Anatole France, Pierre Loti, Rainer Maria Rilke…
Plus tard, Scott Fitzgerald, Jean Cocteau, René Char, Boris Vian, Tennessee Williams, qui décrit la comédienne Vivian Leigh ainsi :
« Elle avait la flamboyance délicate d’une orchidée ».
Quelques romans titrés d’une orchidée :
L’Orchidéiste, Vidya Narine (premier roman, 2023)
L’Orchidée noire, Caroline Quine
La Maison de l’Orchidée, Lucinda Riley
L’Orchidée a également une place très importante du temps de l’école de Nancy, courant de l’Art Nouveau qui débute en 1884, et tourne principalement autour de la Nature en général.
Le jour de mes 30 ans, le 1er mars 2025, ma sœur m’a offert trente magnifiques tulipes de toutes les couleurs… 🌷
C’était mon premier bouquet de tulipes de ma vie ! 🌷🌷🌷
Jusque-là on m’avait surtout offert des roses ou des orchidées (je ne me plains pas). 🌹
Quelle joie que de recevoir un beau bouquet comme ça.
Mais à l’origine, d’où vient la tulipe ? C’est quoi une tulipe ?! 🧙
C’est une très jolie fleur, originaire des Pays-Bas, où elle fleurit au Printemps, symbole de la déclaration d’amour (ou de sororité, ça marche aussi). 🌱
On peut aussi offrir des tulipes à l’occasion de la fête des grands-mères, qui a eu lieu le 2 mars dernier.
Que nous dit Interflora sur la tulipe ? Enquête depuis une source sûre :
Le genre Tulipa aurait été importé d’Orient au début du dix-neuvième siècle et ferait partie de la famille des Liliacées. Le genre s’est diversifié jusqu’à ce qu’il existe plusieurs milliers d’espèces de tulipes aujourd’hui.
La Tulipe vient d’Himalaya puis a fait une entrée triomphale au Moyen-Orient, en effet, la Tulipe doit son nom au turc : tülbent qui signifie turban.
Anecdote littérature : Alexandre Dumas écrit un roman, La Tulipe Noire, en 1850, qui raconte l’histoire d’un botaniste étant parvenu à créer la tulipe noire d’ébène idéale.
Et Baudelaire évidemment, lorsqu’il parle de sa tulipe noire, évoque sa muse.
Les tulipes aiment le soleil ! ☀️
Elles peuvent se planter en pleine terre ou en pot/jardinière, plutôt en automne jusqu’à décembre pour la plantation, avant l’arrivée du gel.
Installez vos bulbes au soleil, dans un coin légèrement ombragé, dans une bonne terre enrichie de terreau et pas trop humide. Espacez les bulbes de 10 à 15 centimètres. Il est important d’éviter l’excès d’eau.
Gare aux acariens et aux nématodes qui sont les principaux parasites de la tulipe, des vers qui détruisent les bulbes.
Pour stopper leur invasion, une seule solution : (la manifestation) déterrer les bulbes et brûler les fleurs atteintes.
Pour lutter contre les acariens, une petite macération d’ortie au pied de vos plantes et le tour est joué.
Si vous voulez vous concocter un petit bouquet, les tulipes vont bien avec les narcisses, les jacinthes et les crocus. 💐
Tulipe et Culture : Littérature, cinéma, poésie…
Si vous voulez explorer la tulipe dans la littérature :
Je vous laisse ici, avec cette petite sélection Babélio.
Au cinéma, c’est l’occasion de revoir le classique de Christian Jacques : Fanfan La Tulipe.
Pour finir, quelques punchlines poétiques assez mythiques autour de la tulipe :
Une tulipe ne cherche à impressionner personne. Elle ne lutte pas pour être différente de la rose. Elle n’a pas à le faire. Elle est différente. Et, dans le jardin, il y a une place pour chaque fleur.
Marianne Williamson
J’ai une passion pour les tulipes, plus que pour aucune autre fleur de printemps ; gaies, robustes, gracieuses, elles semblent de jeunes filles sortant du bain à côté des jacinthes, ces femmes aux formes opulentes dont chaque mouvement sature l’air de patchouli.
C’est le printemps, tout refleurit, on dit oui à la vie, on lui dit MERCI.
Pour exprimer sa gratitude, danser et chanter l’univers, voici une petite liste de titres que j’adore écouter en ce moment, grâce auxquels je traverse une multitude de sentiments.
1. Chill Out, Lola Young
Pas mieux pour se détendre et se rappeler qu’il n’y a pas de vie en jeu quand on gère un service marketing ou qu’on est en pleine crise de communication dans une entreprise de télécommandes. Chill out, allons nous promener, le ciel est bleu, le soleil au Zénith, bisous bisous je m’en vais de ce pas oublier mes soucis et cesser de travailler.
2. Terrible Hands, Soda Blonde
Vous venez de passer une nuit exquise en compagnie de votre crush, et vous ne savez plus où donner de la tête, qui est cet être de lumière qui vient compléter votre vie d’une façon aussi inattendue ? Les frissons, les papillons… Qu’est-ce qu’on en pense ? Aaaaaah ! Crie votre cerveau en train d’overthinker.
Juste, posez-vous, profitez du moment présent, c’était quand même trop bien d’être dans ses bras.
3. Chewing Gum, Amyl and the Sniffers
Envie de fuir votre job précipitamment pour la simple et unique raison que vous êtes entourés de cons ? Courrez joyeusement sur cet hymne à l’affirmation.
4. Fuzz Jam, The Lazy Eyes
Petite angoisse soudaine ? Vous avez la sensation d’être surchargé.e ?
Entonnez les paroles de ce petit alien expérimental : “Run for the door, you’ll be okay”.
En bref, prenez le train, montez dedans, allez vous faire masser bon sang. C’est ok de prendre soin de vous, de quitter des situations qui vous déplaisent.
5. Anxiety, Doechii
Déjà, merci à Doechii d’exister, et merci pour ces mélodies pleines de vie et de joie.
Grâce à elle, je sais que je ne suis pas la seule à flipper du moindre mouvement dans mon appartement quand je suis toute seule. Nous sommes des millions.
En résumé, la petite chanson qui vous fait débrancher de vos peurs en un clic dans vos écouteurs. On enlève l’énergie négative !
6. Catfish, Doechii
Dès que je suis un peu en colère contre une personne ou une situation, c’est la chanson que je passe en boucle pour me calmer et rappeler à mon monde intérieur qui a le pouvoir. Moi évidemment. Parfait tube pour un moment de revalorisation.
7. Ordinary, Alex Warren
La première fois que j’ai écouté ce titre, j’étais dans mon canapé devant Love is Blind, the Reunion (la dernière saison à Minneapolis, oui je sais, je regarde Love Is Blind oui ça va aller !)
J’ai expérimenté ce que j’appelle la danse extatique de canap, sans me lever outre mesure, j’ai réalisé mes meilleurs moves en chantant comme si j’avais écouté Alex Warren my whole life. Une expérience.
8. The Ick, Panic Shack
Un date qui a mal tourné ? Une chanson pour se relever en douceur du dégoût que vous a inspiré votre très bref acolyte d’un soir.
9. I’m a King Bee, The Stone Foxes
Sexy. Très sexy.
10. Lover’s Spit, Broken Social Scene
Une douceur dans la voix et dans les instrus telle qu’on a envie de serrer son animal de compagnie dans les bras et de lui rappeler à quel point on l’aime même si on a pas toujours le budget jouets équivalent à ses désirs d’amusement.
11. Let Me Alone, Izia
Ouf, vous rentrez enfin chez vous, vous allez pouvoir respirer un peu seule au calme, sans Corinne de la compta qui vous explique pourquoi son troisième divorce était de loin le plus réussi financièrement.
12. Hey Bitch, Izia
Un ou une collègue a joué les pestes ? Mais c’est une super nouvelle, vous allez pouvoir appliquer votre plan de revanche intersidérale en trois étapes. Si ça ne vous atteint pas outre mesure, ça ne devrait pas vous empêcher d’adopter une bonne défense de votre personne. Fair enough.
13. Cowboy Gangster Politician, Goldie Boutilier
Sexy and smart. On adore.
14. Rocket Woman, Talia Rae
Très planant, on est bien dans un délire de femme fusée ici, atmosphériquement parlant, je confirme.
15. Army Dreamers, Monty Cotton, The Basics, Gotye
Bon là c’est à 100% le printemps, pollinisation en cours, sifflements d’oiseaux et tout le toutim. On nage dans du coton printanier. De saison, validé.
16. Underwater, Sun’s Signature, Elizabeth Fraser
Un titre étrange, mêlant harmonies et science-fiction, on ne sait pas si on écoute de la musique ou d’ancestrales répliques de sirènes. Ou de fées, à vous de juger.
17. Sass Girl, Wargirl
Ce titre me fait penser à un road trip imaginaire avec toutes mes meilleures amies durant lequel on serait toutes en train de fumer des joints autour d’un totem sacré. De la girlhood +++, j’adore. Paisible.
18. Romantica, YannaY, Cafe de Anatolia
Il est quatre heures à la discoteca, c’est peut-être le moment parfait pour embrasser Juan Pedro rencontré à l’auberge de jeunesse madrilène dans laquelle vous squattez pendant deux nuits.
19. Get Out Of My Head, Sofia Bolt
Oups, vous n’arrivez pas à penser à autre chose, l’amour s’empare de vous, mais vous avez trois reporting à préparer avant dix-huit heures. Pas pratique d’être fall in love parfois. C’est un peu ce que m’évoque cette chanson.
20. Thus Is Why (I Don’t Spring 4 Love), Saya Gray
Des paroles magnifiques, une instru canon, de jolis chœurs… Où était cette chanson quand on en avait le plus besoin ? Dans les méandres de Spotify jusqu’alors inexplorés. Pépite !
Merci à l’Enfant (l’artiste), qui m’a fait découvrir cette rareté dans une de ses stories.
Mes perles d’avril
Le meilleur pour la fin !
Je vous partage mes petites pépites d’or, mes exoplanètes musicales secrètes qui me font voyager dans des souterrains psychiques d’intersidéralité :
Dès aujourd’hui, sur Colette Magazine, je vous propose une nouvelle rubrique (encore une), dédiée aux plantes, fleurs, arbres et arbustes, une rubrique qui a pour objectif de mettre en valeur la nature, l’environnement, de vous inviter à regarder autour de vous, voire même ce qui se trouve à vos pieds. Ce que je ne dis pas, c’est que ça me sert aussi à alimenter ma propre curiosité, mon propre savoir sur les plantes et la nature en général.
Je pourrai vous sortir l’excuse de « oui mais je suis née à Paris donc… » mais je vais éviter de me la jouer citadine incapable et juste admettre qu’il y a énormément de choses que je ne sais pas sur les fleurs, les plantes et plein d’autres trucs.
Alors j’avais envie d’en apprendre plus et de vous partager des savoirs insolites et pratiques !
Pour démarrer en beauté, j’ai choisi la Pensée.
Pourquoi ?
(Pourquoi pas)
La Pensée, fleur d’automne et d’hiver
Cette fleur me rappelle mon enfance et mon adolescence, ma mère avait pour habitude d’en planter un peu partout, sur le balcon de ma chambre.
Elle m’avait dit un jour, et ça m’est resté en tête depuis, j’en plante devant ta chambre comme ça tu sais que je pense à toi. Promis, je ne lui ai pas fermé les rideaux au nez ce jour-là, on a discuté autour d’un café, souvent mes moments préférés de la journée quand j’habitais encore chez mes parents.
La Pensée, en plus d’être une beauté, est LA fleur d’automne et d’hiver par excellence, incontournable, elle ne demande que très peu d’entretien. Très rustique, elle peut résister au gel et aux températures jusqu’à -15°C selon la variété choisie.
L’espèce Viola Tricolor, de la famille des Violacea, est une plante herbacée qui pousse à l’état sauvage un peu partout sur le continent eurasien, en lisière de forêt, dans les prairies, les friches au sol acide ou neutre, mais elle peut s’adapter à plein de climats, et vivre sa vie OKLM dans les montagnes ou sur les côtes.
Pensez à moi : nature et histoire
La pensée était offerte lors de parades nuptiales secrètes à l’époque victorienne paraît-il.
C’est aussi la fleur du souvenir.
Si vous avez un être cher, le meilleur moyen pour lui faire savoir que vous pensez à elle ou lui, c’est de lui offrir des pensées. Mieux qu’un texto de type « tfk bb? jtm » à 2 du mat, offrir une pensée est un geste généreux et romantique comme on les aime.
Offrir une pensée + citer Blaise Pascal = meilleur combo pour plaire à une âme littéraire.
Citez de préférence un autre extrait des Pensées que le célèbre « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »
Par exemple : « Il faut se connaître soi-même : quand cela ne servirait pas à trouver le vrai, cela au moins sert à régler sa vie, et il n’y a rien de plus juste. »
Entretien de la Pensée
Pratique si vous n’avez pas du tout la main verte, il suffit de les arroser régulièrement lorsqu’elles sont en jardinière, en veillant à enlever les fleurs fanées pour assurer une floraison continue. En hiver, un paillage peut protéger les racines du froid, et si vous non plus vous ne savez pas ce que c’est un paillage, pas de panique :
Le paillage est une technique qui consiste à recouvrir un sol d’éléments organiques, minéraux ou plastiques pour ne pas laisser la terre à nu et protéger vos fleurs, plantes et arbustes.
Il existe même un verbe : l’action de pailler votre pot de fleur.
À ne pas confondre avec le terme empailler. Personne sous le géranium.
Lutte féministe vs lutte écologique, même combat ? Pas tout à fait, néanmoins on vit dans un climat qui va prendre + 4° C de réchauffement, il est normal qu’en 2025, l’environnement soit au cœur de nos priorités.
Le droit de vivre sur une planète en bonne santé est tout autant important que la lutte pour les droits des femmes.
Bien que l’éco-anxiété soit un sentiment très répandu voire généralisé en 2025, il est important de revenir sur Terre au sujet du climat et des espèces de cette planète.
Qui dit climat en évolution dit espèces en adaptation.
Quel bilan pour leur survie ?
4000 espèces d’animaux en danger critique d’extinction
D’après le site de l’ifaw, L’UICN recense plus de 4000 espèces d’animaux menacées, classées dans la catégorie “en danger critique d’extinction”.
Parmi elles :
Le Rhinocéros
Le Léopard de l’Amour
Les Orangs-Outans
Les Gorilles
Les Éléphants de forêt d’Afrique
Les Saolas
Les Kakapos
Les Singes-Araignées
Les Baleines franches de l’Atlantique Nord
Les Vaquitas
Les Pangolins
Les Requins Marteaux
Les Tortues Boîtes
Les Lémuriens
Les Aras à front rouge
Les Paresseux nain
Un quart des animaux d’eau douce en liste rouge
Du côté des animaux d’eau douce, l’UICN a révélé au cours de leur dernière évaluation mondiale(la plus grande à ce jour) du 8 janvier 2025 que :
24% des espèces mondiales de poissons, de libellules, de demoiselles, de crabes, d’écrevisses et de crevettes d’eau douce sont menacées d’extinction.
Pour aller plus loin dans le détail, on parle de 4 294 espèces sur les 23 496 animaux d’eau douce, qui figurent donc en liste rouge.
L’UICN appelle les institutions et les gouvernements à prendre en compte ces chiffres alarmants dans toutes les mesures politiques des prochaines années, notamment au niveau de la gestion de l’eau.
Pour Catherine Sayer, Responsable de la biodiversité des Eaux Douces à l’UICN :
« Les paysages d’eau douce abritent 10% de toutes les espèces connues sur Terre et sont essentiels pour l’eau potable, les moyens d’existence, le contrôle des inondations et l’atténuation des changements climatiques pour des milliards de personnes. Leur protection est donc essentielle, à la fois pour la nature et pour les personnes. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, en octobre prochain, guidera la conservation pour les quatre années à venir, à un moment où le monde s’efforce d’atteindre les Objectifs de développement durable et les cibles du Cadre mondial de Kunming-Montréal pour la biodiversité d’ici 2030. Ces informations permettront aux décideurs et aux acteurs sur le terrain de planifier des mesures de conservation des milieux d’eau douce là où elles sont le plus nécessaires »
1 espèce sur 3 menacée de disparition
Le WWF rappelle qu’à ce jour, une espèce sur trois est menacée de disparition, sachant qu’il existe sur Terre entre 13 à 20 millions d’espèces différentes.
Certaines espèces ont été recensées comme prioritaires dont :
Le Loup
L’Ours Brun
Le Panda Géant
L’Elephant
Le Rhinocéros
Le Tigre
Le Lynx
L’Ours Polaire
La Loutre Géante
Le Gorille
Le Chimpanzé
Le Bonobo
L’Orang-Outan
L’Espadon et Marlin
Le Dugong
Les Cétacés
Le Rorqual Commun
Le Béluga
Le Dauphin de Guyane
Le Requin
Les Tortues Marines
Le Dendrolague
Le Wallaby des Rochers
L’Antilope du Tibet
L’Argali
L’Antilope Saïga
Les Coraux
L’Esturgeon
Le Thon Rouge
Le Napoléon
Le Cabillaud
Le Saumon
Les Tortues Terrestres
La Panthère des Neiges
Le Jaguar
Le Léopard de l’Amour
La Panthère Nébuleuse
L’Albatros
L’Acajou
Le Cactus
Le Pin Blanc de Corée
Les Herbiers de Posidonie
Et la Flore dans tout ça ?
En France métropolitaine, 742 espèces de plantes vasculaires sont menacées d’après le site de l’UICN. Les plantes vasculaires rassemblent les plantes à fleurs, les fougères et les conifères.
Ce bilan est issu d’une évaluation réalisée par le Comité français de l’UICN, la Fédération et le réseau des Conservatoires botaniques nationaux (FCBN), l’Agence française pour la biodiversité (AFB) et le Muséum national d’Histoire naturelle.
Préserver la biodiversité : agir à sa petite échelle
Pour préserver la biodiversité, il est difficile de s’apercevoir concrètement que nos petites actions citoyennes ont du sens et pourtant !
Chaque petit geste compte.
Quelques conseils :
Trier ses déchets : c’est LE geste incontournable pour protéger l’environnement activement.
Prendre soin des insectes : planter des fleurs vivaces par exemple, participer à la pollinisation, ou fabriquer un nichoir à insectes…
Prendre soin des oiseaux : installer des nichoirs puisque l’urbanisation provoque la diminution de leur habitat naturel.
Privilégiez des haies végétales à la place du grillage ou d’un mur (pour éviter qu’on voit ce qui se passe chez vous. Point bonus si vous n’en avez rien à carrer que Claudine soit au courant que vous aimez prendre votre espresso en bikini allongée comme une crêpe sur votre pelouse.)
Réduisez l’éclairage : on ne vous dit pas de vivre à la bougie, mais l’expression “C’est pas Versailles ici” prend de plus en plus de sens aujourd’hui.
Bannissez les pesticides définitivement, privilégiez des produits neutres pour jardiner, sélectionnez des produits avec la mention “utilisable en agriculture biologique”, ou labellisés “NF Environnement” ou “Ecolabel Européen”. Pensez au vinaigre blanc ou au savon noir qui sont non toxiques et biodégradables.
Privilégiez un entretien naturel pour votre jardin, avec la méthode du paillage par exemple, le désherbage raisonné, le purin d’ortie… etc. Promis après j’arrête de faire comme si j’avais jardiné toute ma vie alors que ce n’est pas le cas du tout.
Petit rappel : ici, pas d’injonctions ni de leçons de morale, personne n’explique à Mireille ou Jean-Marc comment elle a saccagé sa jardinière avec tel ou tel produit de mauvaise qualité.
J’ai bien envie qu’on essaie d’être patient les uns/unes avec les autres et de se laisser le temps progressivement d’adopter des routines saines, responsables et raisonnées.
Si vous avez des conseils, des astuces, partagez en commentaires 🙂