Selfie’storique – la websérie qui valorise les femmes en Histoire

Selfie’storique c’est la websérie qui va te réconcilier avec l’Histoire! La saison 1 retrace la vie de Marie-Antoinette, épouse du roi Louis XVI.

Louise, la créatrice de Selfie’storique, en fait un personnage attachant haut en couleurs. La Marie-Antoinette qu’on connaissait (du moins, on pensait la connaître) dans nos livres d’Histoire poussiéreux est nettement plus fun dans Selfie’storique. Le concept de la chaîne ? « Et si Youtube avait existé à l’époque ». Des personnages féminins racontent leurs vies à la manière des influenceuses. Un pari réussi!

Rencontre avec Marie-Antoinette la talentueuse Louise, comédienne et créatrice de la chaîne.

Comment est née la websérie ? 

Au départ, je cherchais des vidéos de vulgarisation historique sur Youtube. Je souhaitais en apprendre plus sur des femmes en particulier. Les vidéos sur lesquelles je tombais étaient soit pas très rigolotes, soit très longues, enfin je ne trouvais pas exactement ce que je voulais …

Je ne trouvais pas de formats un peu sympas et courts (mais j’ai sûrement très mal cherché). Je me suis dit qu’il y avait matière à créer quelque chose. J’ai noté ça dans un coin de ma tête, j’ai laissé l’idée mûrir un peu. Le COVID est arrivé deux mois plus tard, j’ai eu un petit passage à vide en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire. Étant donné que je suis comédienne, le domaine de la Culture était en pause. Je me suis rendu compte que les planètes étaient alignées et que j’avais tout pour me lancer: je n’avais besoin que de moi et le projet pouvait se lancer rapidement. 

Tu reprends les codes des youtubers, étais-tu familière de ce média ? 

Pas plus que ça. Je consomme Youtube et les réseaux sociaux de manière normale. Ce qui est sûr c’est que je ne voulais pas faire des vidéos de vulgarisation comme il en existe déjà. Je voulais apporter quelque chose de neuf et des vidéos que j’aurais aimé voir : sérieuses mais qui ne se prennent pas au sérieux !

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La saison 1 est axée sur le personnage de Marie-Antoinette, pourquoi ce choix ? 

Pour plusieurs raisons. Au départ, je souhaitais parler de femmes méconnues mais je me suis vite rendue compte que cela serait compliqué pour démarrer, notamment du point de vue des recherches. Je me documente par mes propres moyens. Je n’ai pas accès à des archives confidentielles et compliquées.

Le personnage de Marie-Antoinette se prêtait bien à l’exercice parce qu’il existe beaucoup de biographies et d’informations. Paradoxalement, on la connaît peu. Moi par exemple, j’ai pris conscience que je la connaissais très mal. Il y avait matière à apprendre des choses et avoir accès à des éléments historiques. En me documentant, les plans des épisodes se construisaient. Sa vie est tellement riche qu’il y avait de quoi étirer et jouer avec tel ou tel concept, c’était vraiment idéal pour commencer. 

Tu en fais un personnage attachant alors qu’elle était détestée par le peuple. Tu dresses la figure d’une femme forte et libre. 

Forcément j’ai envie d’avoir un discours féministe mais sans pour autant tirer les ficelles à tout prix. Si ça s’y prête c’est tant mieux. Je voulais avant tout la rendre humaine parce qu’on la connaît qu’à travers les livres d’Histoire, les documentaires et la manière dont on y aborde les personnages historiques est souvent distanciée.

L’avantage du format des réseaux sociaux c’est que cela crée une proximité. Je voulais la rendre plus accessible tout en restant proche de sa personnalité. L’avantage des biographies que j’ai lues c’est qu’elles détaillent la psychologie de Marie-Antoinette et j’ai donc pu me baser dessus pour construire le personnage. De plus, le fait de la recontextualiser permet de remettre en perspective pourquoi elle était détestée. Je ne veux pas pour autant la défendre ou l’excuser mais juste replacer le contexte afin d’avoir le recul pour savoir pourquoi elle agit de telle ou telle manière. 

La websérie est très bien documentée. On pourrait penser que tu as fait des études d’histoire ou d’histoire de l’art. Comment te documentes-tu ? 

Non, en effet, je ne suis pas historienne ! Je ne voulais pas prendre mes sources sur Internet parce qu’il y a vite des erreurs. Il faut être très vigilant. Je ne voulais pas me compliquer la vie, je préférais me baser sur des textes fiables. J’ai fait des comparatifs entre les biographies, j’en ai lu trois. Cela m’a permis d’avoir une approche différente du personnage : Stéphane Zweig est axé sur l’aspect psychologique, Simone Bertière va chercher à donner les détails les plus complets… J’ai pioché des éléments dans ces biographies et je les ai mises en perspective pour la conception des épisodes.

L’avantage de ces biographies c’est qu’elles sont très documentées, cela m’a facilité la tâche. Pour la saison 2 aussi je travaille à partir de biographies. Ma priorité c’est que le spectateur n’ait pas de doute par rapport aux sources. Évidemment il y a un infime part d’adaptation, mais sinon je voulais que tout soit absolument véridique. Mon point d’honneur c’est qu’il n’y ait aucune erreur historique. Je voulais que le spectateur soit en confiance avec ce qu’il apprend à travers les vidéos. Toutes les sources sont d’ailleurs en description des vidéos. L’idée est d’apprendre et que ce soit agréable

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Tu travailles seule ou avec une équipe ? 

Je suis majoritairement seule : 98% du travail est fait par moi, de l’écriture au montage. Pour le dernier épisode, j’étais accompagnée d’une équipe. Et sinon, un proche m’aide pour faire les voix off masculines et mon entourage me donne un regard extérieur quand je doute ! 

Comment as-tu reconstitué l’univers du XVIIIème siècle ? 

Il m’a fallu ruser ! Pour les décors, j’ai tourné dans un appartement moderne qui avait juste une grande armoire ancienne, un papier peint et un fauteuil qui faisaient un peu XVIIIème. L’idée c’était d’évoquer l’époque, puisque pour rester authentique et tourner à Versailles même, c’était impossible.

J’ai eu la chance d’avoir une autorisation pour tourner le dernier épisode à la Conciergerie. Pour les épisodes sur la Révolution, j’ai tourné à la campagne dans une ancienne maison au vieux mobilier, ce qui m’a permis d’avoir visuellement un petit semblant de l’époque et de varier mes plans. Pour les vlogs, le changement de décors (à la campagne notamment) était essentiel. Cela faisait illusion, même si évidemment il y a des anachronismes: un lampadaire qui se balade, un drapeau français, etc. mais dans l’ensemble, l’illusion fonctionne je crois !

Pour les costumes aussi c’est de l’évocation, l’astuce toute simple c’est que les deux-tiers des vêtements que je porte ne sont autres que des hauts de fast fashion avec un col carré et des épaulettes. Comme on ne me voit jamais de pied, cela donnait l’illusion. J’espère ne pas trop briser la « magie » en dévoilant ces astuces !

En combien de temps as-tu créé la saison 1 ? 

J’ai commencé à écrire tout en faisant mes recherches. Comme les épisodes sont chronologiques, j’ai pu commencer à tourner tout en continuant l’écriture. J’ai commencé en juillet 2020 et diffusé le premier épisode le 7 février 2021. La construction s’est faite dans le désordre. Par exemple, j’ai décidé de faire le Draw my life à la dernière minute : au départ, j’envisageais de faire 11 épisodes et j’ai décidé un mois avant la diffusion du premier épisode d’en faire finalement 12. La saison 2, à priori, devrait me prendre moins de temps, en tout cas j’y travaille ! 

On attend avec impatience la saison 2… Que peux-tu dévoiler de la prochaine saison ? 

En attendant la saison 2, deux vidéos bonus alimentent le contenu de la chaîne: une vidéo sur les coulisses de la saison 1 et une vidéo sur la bibliographie. Un hors-série sortira ensuite au mois de juillet. 

Concernant la saison 2, je ne me suis penchée dessus qu’après avoir fini de diffuser la saison 1, je ne voulais pas m’éparpiller. Elle portera sur la vie de Cléopâtre… J’ai longtemps hésité sur le personnage d’ailleurs. L’exercice est plus compliqué qu’avec Marie-Antoinette, d’une part parce que le sujet est très axé sur la politique, d’autre part parce qu’il y a des zones d’ombres dans sa vie que même les historiens ignorent. J’assume l’existence de ces incertitudes au niveau historique, elles seront mises « en suspens » dans les épisodes.

Je travaille actuellement sur l’écriture des épisodes. Je prévois la saison 2 pour fin août/début septembre, si tout se passe bien. La réalisation variera pour la saison 2 pour que les deux saisons soient bien distinctes. De la même manière, je veux qu’il y ait une scission entre le personnage de la saison 1 et celui de la saison 2, et pas que les gens se disent “C’est Louise qui joue Marie-Antoinette ou Cléopâtre”. C’est un challenge de comédienne !

Et je ne peux m’empêcher également de déjà penser à la saison 3…

L’idée de la websérie est vraiment de faire découvrir des portraits de femmes dans l’Histoire…

Oui parce que les femmes ne sont pas assez mises en valeur. Il s’agit de parler de destins de femmes qu’on ne connaît pas ou pas assez. 

Selfie’storique a aussi une page Instagram… 

La page Instagram me donne plus de visibilité. Je l’utilise pour ajouter des choses que je n’ai pas pu mettre dans l’écriture des épisodes. Cela permet également de faire vivre la chaîne entre les épisodes et les saisons. Il y a aussi plus de proximité sur Instagram avec les DM. L’idée c’est que 75% du travail est sur Youtube et 25% sur Instagram mais le compte Instagram fait écho à la chaîne. 

Quels conseils à celles/ceux qui aimeraient lancer leur websérie ? 

Je dirais qu’il ne faut pas se poser trop de questions (bon moi j’avoue je m’en pose beaucoup trop [rires]). Je pense qu’il faut faire les choses si ça nous plaît et alors ça plaira à d’autres. C’est en arrêtant de me poser trop de questions que j’ai pu me lancer. Cela implique beaucoup de prises de risques mais si on a le désir de créer, il faut le faire. La vie est trop courte pour repousser les choses qu’on aime! C’est un peu bisounours mais c’est ce que j’aurais aimé qu’on me dise !

L’intégralité de la websérie est à visionner ici !

« Mise à Mâle » : le podcast qui fait du bien

« Mise à Mâle » c’est un apéro enregistré né sous le signe d’une bromance, celle de Théo et Flo. Un lundi sur deux, ils secouent les clichés et les préjugés. Avec sincérité et humour, ils s’interrogent sur la manière de déconstruire les masculinités. Accompagnés de leurs invité.e.s, ils échangent leurs expériences et partagent leurs points de vue sur les enjeux relationnels. On s’immisce avec délice dans les coulisses d’un apéro entre mecs. Rencontre.

Comment est né « Mise à Mâle » ?

Flo : Le projet est né de trois constats. Le premier, qui est personnel, c’est qu’en 2018 on sortait beaucoup. On avait tendance, entre potes après une soirée, à s’envoyer des vocaux de débriefs. De trucs qui se sont bien passés, moins bien passés. C’est très émotionnel : « Ouais j’ai trop kiffé, j’ai rencontré cette meuf ». Ou alors : « J’ai pas osé y aller, je me suis pris un gros scud, je me sens pas bien dans ma vie », des trucs assez perso.  J’envoyais ces vocaux sur un groupe de potes et un soir, un ami rentrait chez une nana qu’il ne connaissait pas, il venait de la rencontrer. Il a écouté nos vocaux de toute la soirée avec la meuf le lendemain matin et elle a dit: « Mais vous vous prenez vachement la tête les mecs en fait ». 

Pour moi c’était évident qu’en 2018, les hommes parlent entre eux et que c’est pas que des discussions de vestiaires où les hommes racontent quelles positions ils ont fait la veille. Et ça, c’est un imaginaire qu’ont les femmes en général sur les hommes, mais aussi des hommes qui pensent que c’est comme ça qu’ils doivent se comporter entre eux. Le premier constat c’est de se dire qu’il faut arrêter de jouer un rôle parce que ça ne sert à personne de faire semblant, d’être hyper viril, dans le contrôle.

Le deuxième constat c’est que des podcasts féministes existaient, « Les Couilles sur la table » est vraiment l’exemple majeur pour nous. Mais c’était souvent des podcasts faits par des femmes, ce qui est pas grave. C’est juste que si les hommes ne parlent pas, il y aura toujours un déséquilibre. Il faut qu’on arrive nous aussi à prendre la parole sur des sujets, sans faire du mansplaining.

Le troisième ingrédient, c’est qu’on ne voulait pas qu’il y ait une bibliographie de trois pages à la fin. On se renseigne comme des hommes lambdas. On a voulu garder cette candeur de se parler comme à un apéro, en se déconstruisant, sans donner la morale. De parler à des gens lambdas et voir où ça nous mène. C’est pour ça qu’on boit un coup pendant le podcast, c’est pour se dire qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête pour évoluer.

On est hyper complémentaires Théo et moi parce que moi j’ai eu pas mal d’expériences. Théo sortait d’une relation de 5 ans et demi avec sa première meuf. Sur le spectre, on avait les deux extrêmes. C’était cohérent de parler de ces sujets et d’avoir des points de vue très différents et voir comment on se rejoignait au milieu.

Théo : On avait déjà des exemples de mecs autour de nous qui étaient un peu plus bourrus, ou moins ouverts aux questions du féminisme mais qui auraient pu être convaincus et auraient pu changer leurs comportements. Mais naturellement, ils se seraient braqués s’ils avaient écouté un podcast présenté par une femme qui prétend parler au nom des hommes. De la même façon qu’on écoute un podcast féministe présenté par un homme, il y aura des femmes qui auront des réticences et c’est normal aussi. Ces gens-là, on ne voulait pas les laisser de côté. Le but étant d’être bienveillants et que tout le monde puisse écouter des points de vue d’hommes. On n’a pas la prétention d’avoir un savoir omniscient. On est là pour témoigner.

La bienveillance entre potes a beaucoup marqué les origines du podcast. Il y a des choses qu’on osait aborder en fin de soirée, après trois ou quatre verres, parce que ça désinhibe. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’on mettait des sujets sur la table qui nous touchaient, en pensant que c’était juste nos problèmes. On a pris conscience que c’était le cas des autres aussi.

Pourquoi ce titre ?

Flo : Au départ, ça devait s’appeler « Des mecs qui se prennent la tête ». On voulait montrer que c’est pas l’apanage féminin que de se poser des questions sur ses sentiments.

Théo : Finalement on a préféré un petit jeu de mots. Mais l’idée est toujours la même en fait. On est parti de ce qu’on voulait faire dans ce podcast, à savoir casser des stéréotypes et préjugés.

Dans « Mise à Mâle », il y a l’idée de casser des choses, de secouer un peu. Et surtout, il y a le fait de ne pas avoir peur de se mettre en danger, de se dévoiler, d’être dans un état de vulnérabilité. Ce qui est un peu le but du podcast aussi et ce qui rejoint le côté témoignage où on est témoins d’une progression.

On n’est pas parti du podcast en se disant qu’on avait des meilleures opinions que les autres sur le sujet de la masculinité ou du féminisme. On est parti du podcast en se disant qu’on était juste deux mecs complètement lambdas. Comme les mecs lambdas on a des choses à dire, c’est peut-être vrai ou faux mais c’est toujours authentique et il y a des apprentissages à en tirer.

Dans « Mise à Mâle », il y a la fragilité aussi. Et le « mâle » qui fait référence au mâle alpha qui est le cliché numéro 1 à déconstruire.

Il était important d’enrichir le point de vue féministe en prenant en compte le point de vue des hommes. Il y a beaucoup de combats, des mecs qui seraient contre le féminisme, alors que c’est juste le même combat, on a tous à y gagner. Cela peut beaucoup faire avancer le débat d’aborder le féminisme sous le prisme de la masculinité.

Flo : Le fait de ne pas être contre quelque chose, même si on a envie que ça avance, on veut juste s’éprouver. Il nous arrive à la fin d’une discussion d’avoir fait le tour et de revenir au point de départ mais le seul fait de s’être posé la question, ça a tout changé. Mon rapport au sport ou mon rapport aux femmes par exemple, il y a des choses que je retrouve d’il y a cinq ans, sauf qu’aujourd’hui je fais les choses consciemment. Et c’est déjà ça le début de la déconstruction :  ne pas changer du tout au tout, mais savoir pourquoi tu fais les choses, quelles structures pèsent sur toi et faire un choix délibéré après.

Vous avez une audience plutôt féminine ou masculine ?

Flo : Aujourd’hui, sur le podcast, on est à 55% femmes, 45% hommes. Sur Instagram, plus de femmes nous suivent (65% de femmes). On a été assez surpris car au début on voulait parler aux hommes, on voulait les encourager à parler de ces sujets là, leur montrer que ça n’en fait pas des « moins hommes ». Sur Instagram, les hommes sont plus pudiques. Au début, notre auditoire était exclusivement féminin, on s’est rendu compte que les femmes étaient bien plus curieuses. Il y a aussi la promesse de dévoiler ce qu’il se passe dans les coulisses d’un apéro masculin. Les hommes étaient dans le rejet à l’idée d’écouter cette discussion.

Théo : Les mecs qui nous contactent sur Instagram, on sent que ça les a soulagés d’entendre un témoignage proche du leur, là où les filles nous envoient plus des messages de soutien. Je pense qu’avec les femmes, et c’est à mettre à mal, il y a l’idée qu’elles sont habituées à avoir des discussions sur les émotions, les sentiments, à se montrer vulnérables, fragiles.

Je pense que naturellement, l’auditoire féminin n’a pas hésité à nous suivre, là où les mecs étaient plus sur la réserve. Mais on a eu beaucoup de témoignages de filles qui recommandent le podcast à des mecs (potes, amants). C’est encore plus beau comme cheminement. On voulait viser directement les mecs en parlant de féminisme et on finit par toucher les mecs à travers les femmes qui se reconnaissent et aiment ce qu’on dit.

Flo : C’est très beau, mais moi je serai en kif total le jour où ce sera un mec qui recommande « Mise à Mâle » à une meuf !

Au-delà du genre, vous invitez au dialogue ?

Flo : Exactement. C’est pour ça que notre podcast ne se veut pas spécialement genré. Au début on voulait d’abord viser les hommes. Aujourd’hui peu importe, il faut juste qu’on parle en fait. Il y a même des sujets qui n’ont rien avoir avec la masculinité spécialement mais on se dit que c’est bien d’en parler parce que les gens sont crispés sur pleins de trucs.

Théo : C’est souvent notre conclusion : il faut se dire les choses. Ce qui est important c’est de le témoigner. La masculinité c’est plus par simplification de l’audience. Très souvent, ça touche tout le monde. En général, les sujets sont déjà un peu plus entamés du côté des femmes par d’autres podcasts ou d’autres médias. C’est pas tant que les sujets sont différents des hommes aux femmes, ce sont les mêmes sujets mais il y a souvent un temps de retard avec les hommes qui ont du mal à prendre conscience de ces choses-là.

Comment choisissez-vous vos sujets et vos invité.e.s ?

Théo : Les sujets naissent spontanément dans nos échanges, soit en soirée, soit en discutant. Ça vient très souvent de nous, des fois de suggestions. Très souvent, ce sont des vraies questions qu’on se pose, soit moi avec un pote ou Flo avec un pote, et on regroupe les discussions.

Pour les invité.e.s, autant que faire se peut (je suis très fier d’avoir placé cette expression), on essaye de privilégier des gens qu’on connait, avec qui on a une bonne affinité. Il y a aussi des personnes très extérieures mais parce qu’elles sont pertinentes sur la question.

Le deuxième filtre c’est de confronter les points de vue donc faire un podcast sur les hommes mais inviter des femmes, aborder un sujet qui touche les homos et les hétéros et inviter une personne homo ou bi. Essayer de mélanger au maximum les points de vue. Par exemple, sur un sujet comme le couple, essayer de mettre quelqu’un qui a été en relation longue et quelqu’un qui n’a jamais été en relation tout court.

Flo : En première saison, c’était nos potes, là, on essaye de s’ouvrir un peu. On crée ce moment d’apéro pour montrer ce qu’il se passe quand on ne se connait pas car il y a une forme de pudeur et de politesse. J’ai une envie pour la saison 3 ou la saison 4, c’est d’inviter des gens, non seulement qu’on ne connait pas, mais en plus qui ne sont pas d’accord avec nous. Parce qu’on est dans des bulles en fait.

Le but c’est d’inviter des gens comme mon plombier par exemple. Il est venu l’autre jour et m’a lancé : « Un podcast sur les masculinités ? Ah tant mieux parce que franchement, il y en a marre des femmes hystériques ! » Il a compris « masculinité » au sens masculiniste. J’étais fasciné. Le but c’est d’inviter ce genre de mecs. Mais c’est difficile à gérer parce qu’on ne veut pas que ça fasse un dîner de cons, où nous on est là à déconstruire, et lui dire qu’il a rien compris de la vie. Car ce mec, il a le droit de penser comme il pense. Il y a plein de raisons qui font qu’il pense ça. Et j’ai moi aussi des choses à apprendre de cet homme.

Comment sensibiliser des hommes qui seraient moins déconstruits ?

Flo : On a tous les deux bac +5, moi j’ai fait des études de sciences politiques donc à chaque fois je pense en termes de structuralisme. Mais on essaye de ne pas exclure, et en même temps l’objet fait que c’est excluant. Il faut assumer déjà qu’on a des réflexes de vieux cons. On essaye de le faire à l’antenne parce qu’on ne veut pas excuser ces attitudes mais en même temps il faut partir de là.

Théo : Parler à des mecs qui se braquent si on parle de masculinité à travers la voix d’une femme, c’est typiquement ce genre de public qu’on aimerait viser. Si on réussit à faire changer d’avis un mec sur ça, ce serait gagné. On ne veut pas nier nos failles parce que c’est elles qui nous permettent de mettre le doigt sur des sujets intéressants, mais en même temps il ne faut pas légitimer les failles.

Diriez-vous que ce podcast vous aide dans vos relations sentimentales ?

Théo : Il y a autant de fois que ça nous aide que ça nous met des bâtons dans les roues. Il y a plein de fois où ça m’aide dans mes rapports. Quand je parle à une meuf, si j’aborde le podcast et que je montre que je n’ai pas de mauvaises intentions, ça facilite beaucoup la parole. Je me suis fait beaucoup d’amies comme ça parce qu’il y a le podcast en arrière-plan, c’est comme un tampon, genre « allié ».

Mais dans les relations avec des partenaires ça peut être compliqué. J’ai cette politique avec ma meuf, de ne pas lui faire écouter le podcast parce que ce que je dis c’est très personnel et ce serait déséquilibrer le rapport parce qu’elle saurait tout de ma vie. Le fait qu’elle n’ait pas le droit de l’écouter mais qu’elle sache que je le fais peut être source de tensions.

On serait moins naturels dans le podcast si on savait que les meufs qu’on fréquente écoutent le podcast. C’est séparer la personnalité publique du privé. Dans le podcast on se lâche, c’est un exutoire, et la condition à cela c’est que ce soit hermétique.

Donc, c’est assez partagé, ça me fait avancer sur des choses très positives et d’autres où c’est quand même plus compliqué.

Flo : Pour moi je pense que c’est un peu l’expérimentation comme j’ai fait des études de sciences politiques, il y avait déjà la théorie de déstructurer. Cela me permet de mettre en pratique, de prendre la théorie de la science politique pour l’appliquer à ma vie et revenir après à quelque chose de plus global sur « qu’est-ce-que ça veut dire la masculinité ? », revenir à un truc plus sociologique.

Là où ça m’aide, c’est que c’est une hygiène, de toutes les deux semaines se poser des questions. Ça devient un réflexe maintenant dans une discussion. En intime, si j’ai décidé d’arrêter la saison 1 c’est que j’ai eu des gros problèmes relationnels parce qu’une meuf avec qui j’étais écoutait le podcast et n’assumait pas du tout.

J’adore faire ce projet, j’en parle beaucoup. Mais un des deals que j’ai, c’est de dire aux filles que je fréquente que je ne préfère pas qu’elles écoutent. Il y aurait un déséquilibre si l’une entendait des trucs sur des sujets qu’on n’aurait pas encore abordés tous les deux. Ce serait déséquilibré car elle saurait ce que je pense de tel sujet, et à l’inverse moi je ne saurai pas, c’est malsain.

Ce que vous exprimez au micro peut figer votre pensée…

Théo : Parfois, on enregistre un épisode et on est d’accord, et en le réécoutant deux semaines après, un an après, ça a complètement changé. Il y a l’idée de faire une capsule temporelle de qui on était à un instant T et de constater qu’on n’est plus forcément d’accord avec ce qu’on avait pu dire à ce moment-là. Il y a un décalage temporel.

Flo : Et pourtant on veut laisser une marque, c’est pour ça qu’on veut garder un certain anonymat. Si on veut pouvoir continuer à assumer nos points de vue, il ne faut pas qu’on associe notre point de vue à notre personne. Il y a une différence entre ce qu’on expose publiquement et qui on est vraiment.

Est-ce thérapeutique ?

Théo : Pour moi oui. Rien que le fait de se mettre devant un micro toutes les deux semaines, et de se forcer à s’interroger, ça aide énormément. Pouvoir cheminer, se remémorer des choses, confronter les points de vue aussi. Une expérience que j’ai vécue, je la revis quand j’en parle à Flo, et lui avec son interprétation me fait revivre la même scène mais d’un point de vue un peu extérieur et j’en ai un éclairage différent. C’est très thérapeutique. Quand on dit « apéro entre potes », moi je pense psychologie de comptoir un peu, et même si c’est censé être péjoratif, dans ce cas-là ça ne l’est pas forcément. On se met autour d’une table, on boit un verre et on va parler de choses sincères.

Flo : C’est le but. Moi dans tout ce que j’essaye de faire, il y a une portée thérapeutique derrière. J’essaye de prendre des sujets sur lesquels j’ai un peu de recul donc il n’y a pas de déblocage mais le simple fait de m’exposer, d’échanger avec les auditeurs, c’est thérapeutique.

Et l’alcool justement ?

Flo : On a vraiment envie de se retrouver, de passer un bon moment. Il y a aussi une mise en scène. La promesse c’est que les langues se délient. Le podcast est né d’une situation particulière où on boit et on a voulu recréer ces conditions. Mais ce n’est pas indispensable, des fois on n’a pas envie de boire et ça fait de très bons épisodes. Notre but c’est de créer cette ambiance de partage et où, au bout d’un moment, tout le monde est assez libre de s’exprimer. On ne veut pas donner l’impression qu’il faut être bourré pour parler de ces sujets.

Théo : Ce n’est pas indispensable mais ça apporte un petit plus. Ça crée un cadre bienveillant, au-delà de l’aspect désinhibant. Le but du podcast tel qu’on l’amène à un.e invité.e c’est de dire d’abord on va boire un verre, puis on va aborder tel sujet. C’est aussi pour mettre à l’aise l’invité.e qui ne va pas se dire qu’il/elle est sur le divan d’un psy mais chez un pote à boire une bière.

Quels conseils pour se lancer dans le podcast ?

Théo : Se lancer déjà. Il faut le faire et voir après. Fais-le pour toi et pas pour avoir un public. Si tu le fais c’est que tu as besoin de t’exprimer. C’est la même mécanique que si tu écris sur un journal intime ou un roman. Débarrasse-toi de tout ça, mets-le quelque part. Si ça intéresse les gens tant mieux mais c’est que du bonus.

Flo : Ne pas le faire pour le faire. Si quelque chose te meut vraiment, pars de là et après fais en ce que tu veux, un livre, une chaine Youtube, ou autre. Ce que les gens captent ce n’est pas tant ce que tu fais mais qui tu es. Il faut que ce soit hyper sincère dans ta démarche. Si ça déborde en toi, il faut que tu le partages. Identifier quel est le truc qui te passionne. Et après, ne pas attendre que ce soit parfait. Il faut que ça t’anime toi et après le public viendra, et au pire, si ça t’anime vraiment, tu t’en fiches d’avoir du public.

Un cocktail des plus savoureux, à déguster un lundi sur deux ici 🍷

Applis de rencontre, entre exaltation et désenchantement

Les temps sont durs pour les célibataires en ce moment. Comment rencontrer des gens alors que tous les lieux de socialisation sont fermés ? Les applis de rencontre voient leur nombre d’utilisateur.rice.s augmenter depuis la crise sanitaire. Voici nos conseils pour vivre cette expérience en toute sécurité et sérénité.

Méfiez-vous des apparences

La première chose qui capte l’attention sur une appli de rencontre est l’apparence physique. Vous êtes plutôt attiré.e.s par les petit.e.s brun.e.s ou les grand.e.s blond.e.s aux yeux bleux ? Très bien, c’est un critère à prendre en compte. Cependant, on peut être surpris lors du premier date : les photos mises en avant par votre crush datent peut-être d’il y a 10 ans, et la personne sur laquelle vous aviez fantasmé ne ressemble peut-être plus du tout à cela.

Un conseil pour votre profil : Sélectionnez des photos qui reflètent votre personnalité et qui soient récentes. Si vous êtes un.e rigolo.te, n’optez peut-être pas pour la photo Poker Face.

Pour autant, ce critère premier de l’apparence physique entraîne des jugements (mélioratifs, ou péjoratifs), des complexes.

D’autres critères peuvent vous aider à trouver l’élu.e qui accompagnera votre vie/nuit. Si vous êtes politisé.e, vous pouvez « filtrer » les profils en sélectionnant les personnes avec qui vous aurez une affinité sur le plan politique. Il en va de même pour les centres d’intérêt. Vous pouvez choisir une appli un peu spécialisée si vous avez des intérêts bien ciblés.

La description de votre potentiel crush est une donnée importante : elle résume en quelques mots la personnalité, les centres d’intérêt. Cette bio permet bien souvent d’interpeller votre interlocuteur. Vous en apprenez un peu plus sur la personne, vous évaluez sa maîtrise de la langue française (bocou ne save pa ékrir), c’est un élément qui peut lancer la discussion.

Tout le monde ne prend pas la peine d’écrire une bio, et en effet comment se « définir » en quelques mots ? Si c’est le cas, vous pouvez rebondir sur des éléments visibles sur les photos par exemple. Si le crush lit un livre, joue de la guitare ou mixe à une soirée, c’est autant de facteurs qui peuvent vous aider à passer le pas de la discussion et de témoigner votre intérêt.

Sur certaines applis, on peut renseigner la ville où l’on réside. Ce détail a son importance si vous matchez avec quelqu’un qui vit à l’autre bout de la France… Là encore, pas de règle, cela peut être une charmante occasion de découvrir de nouvelles contrées lors d’un prochain voyage !

En bref, les éléments du profil suggèrent à qui vous avez à faire, mais ça ne dit pas tout de la personne, et heureusement !

Le premier date, l’épreuve de réalité

Vient le moment du rendez-vous avec votre crush, c’est là que tout se joue (ou pas). Si les petits éléments que vous avez décelé à travers le profil, les photos et les échanges avec votre crush vous ont donné envie de le/la rencontrer, c’est là que vous pouvez savoir s’il y a effectivement un bon feeling.

Petit tips : Pour éviter de fantasmer des semaines sur un.e inconnu.e, il est préférable d’organiser une rencontre assez rapidement. Pour les plus stressé.e.s, vous pouvez suggérer à votre crush un premier contact par appel téléphonique ou en visio.

La rencontre c’est l’expérience de la sensorialité, c’est elle qui va dévoiler tout ce que les photos ne montrent pas : la voix, la gestuelle, la démarche, l’odeur.

Le lieu du premier date peut se révéler déterminant. Si votre crush vous donne rdv au cimetière du Père-Lachaise, il y a des chances pour qu’il soit un peu déprimé… À défaut de boire un verre ou de se faire une toile, c’est le moment de proposer un date original.

N’oubliez pas que la personne que vous rencontrez est un.e inconnu.e. Aussi choisissez un point de rencontre dans un lieu public sûr. Vous pouvez donner l’adresse du date à un proche si cela vous rassure.

Ne misez pas tout sur le premier rendez-vous, c’est avant tout un premier contact. Inutile de stresser avant le rendez-vous. Au pire la rencontre est bizarre et vous aurez des choses à raconter aux copines/copains, au mieux (et c’est la majorité des cas), vous passez un bon moment avec quelqu’un d’intéressant.

Consumérisme et désenchantement

Lorsqu’on débute sur les applis de rencontre, on est friands et curieux, on swipe les profils de manière frénétique. Non seulement l’ego est renforcé, on retrouve une certaine estime de soi, mais on en veut encore et toujours plus. Le risque c’est l’effet addictif. Ces applis sont d’ailleurs conçues pour sécréter la dopamine, molécule qui influence le plaisir, la motivation et l’addiction.

Il y a bel et et bien une logique de consommation dans la pratique de ces applications. On fait défiler des profils comme on ferait notre shopping sur un site marchand. Chacun cherche à « vendre » le meilleur de soi-même, en mettant en avant des « critères » attractifs. Inconsciemment, on en vient à catégoriser les profils si bien que les sujets qu’il y a derrière chacun d’eux se voient interchangeables. Sur des sites comme AdopteUnMec, on met les profils dans son panier, c’est pour dire !

Un match a d’ailleurs une limite de validité, sur Bumble par exemple le match expire au bout de 24h, prolongeable une fois. Il y a une logique de « offre à saisir dès maintenant » qui peut en faire reculer plus d’un.

Cette course contre la montre se retrouve dans la vraie rencontre par la suite : on veut définir vite la relation, savoir ce que l’autre « cherche », on zappe d’une personne à une autre. On prend, on jette quand l’Autre ne correspond plus à nos « attentes ». Consciemment ou non, on cherche à ne pas perdre son temps. Ce rapport au temps est lié à une logique de concurrence car les abonné.e.s sont si nombreux que cela rassure, il n’y a pas la peur du manque et de la solitude. Après quelques clics, on sait qu’on pourra toujours rencontrer quelqu’un d’autre. Cela fait abstraction des sentiments, et c’est regrettable.

La déshumanisation que cela cause s’observe dans des modes comme le ghosting : lorsque tout à coup, le crush coupe tout contact avec vous (en vous « supprimant » ), ou en faisant le mort. À moins que la personne ait été trop insistante ou n’ait pas respecté votre consentement, ce genre de comportement peut avoir des effets humiliants et blessants. Le virtuel dispense de toute explication et de responsabilité. Pour éviter ce genre de situations, on mise sur des applis progressistes prônant le respect et la bienveillance.

Nota bene : Les applications viennent en aide à ceux qui sont victimes de ghosting ou autres comportements agressifs et violents.

Derrière le virtuel, il y a bien des êtres réels et des sentiments. Il est donc préférable d’adopter une communication honnête, bienveillante et respectueuse avec sa/son potentiel.le partenaire ! Si vous n’envisagez rien de très sérieux, que vous êtes polyamoureux.se ou qu’au contraire vous ne savez pas trop où vous en êtes en ce moment, COMMUNIQUEZ !

À passer trop de temps sur ces réseaux, on peut en venir à un certain désenchantement. Pour les idéalistes de l’Amour et de la Rencontre, ce peut être une expérience fort désagréable. Lorsqu’on aime la spontanéité et les rencontres insolites, les applis de rencontre peuvent nous rebuter quelque peu. On peut se sentir blasé par cet effet de masse et de consumérisme. Pour éviter cela, n’hésitez pas à désactiver les notifications et à limiter votre temps d’activité sur ces applis. Si l’overdose va jusqu’aux personnes que vous rencontrez, c’est le moment de faire une pause ou de limiter vos rendez-vous.

Prenez votre temps, y a pas le feu au lac !

Célébrons le printemps🌸

Ça y est, la saison du renouveau, des arbres en fleurs et des amours est arrivée ! Activité physique, aménagement de votre intérieur, alimentation, lectures : accueillons le printemps !

108 salutations au soleil, le rituel yoga

C’est le rituel ancestral des yogis à chaque changement de saison. Il s’agit d’enchaîner 108 salutations au soleil afin de raviver le feu intérieur, et d’accompagner la transition : celle de notre pratique, et celle du passage d’une saison à l’autre. Le système immunitaire est ainsi renforcé.

Le nombre 108 est un nombre sacré dans plusieurs religions orientales (l’hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme). En hatha yoga, on compte 108 asanas (postures). Le nombre 108 symboliserait l’existence suprême. On le retrouve également dans le cosmos en astronomie et dans l’astrologie.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’accomplir une performance, le nombre des salutations au soleil effectué importe peu. Seuls comptent l‘intention et l’état du yogi au moment de la pratique.

De quoi se challenger, et se faire une petite session cardio après toutes les raclettes accumulées pendant l’hiver ! Cette pratique, digne d’un test d’effort olympique, permet de se recentrer sur la concentration et la respiration.

On se motive avec notre prof de yoga préférée, Cam’s yoga !

Promenons-nous dans les bois, tant que le COVID n’y est pas

Le gouvernement actuel nous fait marcher… Evitons les considérations politiques ici, et retenons des dernières mesures, cette bonne nouvelle : un confinement dehors.

La balade est devenue l’activité préférée des français. Si vous êtes concernés par l’un des seize départements confinés, c’est l’occasion de découvrir les bois, forêts ou parcs à 10km de votre domicile.

Activité physique accessible, la marche est considérée comme un sport. On compense ainsi les longues heures de sédentarité liées au télétravail (ou, à défaut, à la flémingite aigue). S’aérer aurait des effets sur la santé : la lumière régulerait l’humeur et le sommeil.

Beauté green et alimentation

Si vous consommez encore des cosmétiques conventionnels (chimiques), c’est le bon moment pour vous mettre à une routine bio et naturelle. On n’hésite pas à télécharger l’application Inci pour évaluer la toxicité des ingrédients présents dans nos produits de beauté.

Côté alimentation, on met le corps au repos. L’hiver a été synonyme de chocolats à gogo, de raclettes-party, de galettes des rois en veux-tu-en-voilà, de crêpes et autres mauvais gras. Sans se priver des bonnes choses, on opte pour une cuisine saine, bio et de saison.

Overdose De Raclette GIF - Raclette Cheese Fromage GIFs

Nettoyer, balayer🎵

Avec le printemps, qui n’a pas envie d’une maison qui sente bon la lavande ? Si on a laissé s’encrasser le bac du frigo pendant l’hiver, c’est parti pour un bon nettoyage !

Musique à fond, fenêtres grandes ouvertes, on donne un petit coup de neuf à son intérieur.

L’occasion de faire le tri dans ses placards : on offre une seconde vie à nos vêtements en les donnant à des associations ou en les vendant sur Vinted.

On chouchoute nos plantes si on les a délaissées pendant l’hiver : on arrose (modérément), on leur parle, on coupe les feuilles fanées, on leur fait profiter du soleil.

En bref, on remet de la vie dans notre logis !

La saison des amours

Que l’imaginaire collectif associant la saison printanière à celles amours soit vérifiable ou non, on reconnaitra que c’est une saison joyeuse et colorée. Si les arbres fleurissent, que les oiseaux roucoulent et que les chats se reproduisent, tout ce tableau participe à un enchantement de l’état amoureux.

Quoi de mieux que la poésie pour décrire cet état ? Lors de votre sortie en plein air, laissez-vous emporter par la beauté des rimes de votre poète préféré. Et pour travailler votre mémoire, pourquoi ne pas apprendre quelques vers ?

L’amour on peut le vivre, le lire, ou l’interroger. C’est ce que se propose de faire le tout nouveau podcast de Victoire Tuaillon, « Le Coeur sur la table« . Diffusé une fois par semaine sur Binge audio, ce podcast nous interpelle sur le fait que « s’aimer est l’une des façons de faire la révolution. » Passionnant.

Le « Désir » à l’honneur au Printemps des Poètes 2021

Édition 2021

Pour cette 23ème édition, les évènements du Printemps des poètes sont organisés autour d’une thématique : le désir. De quoi accueillir le printemps sur le mode lyrique.

La manifestation littéraire a lieu du samedi 13 mars au lundi 29 mars 2021. Pendant 15 jours, des activités présentielles et en ligne sont organisées.

La série « En thérapie » sur le divan des psys (2/2)

La série Arte « En thérapie » fait l’objet de critiques très antagonistes, notamment parmi les professionnels du champ analytique.

Dans ce deuxième volet, Laurence Croix, psychanalyste et maître de conférences, analyse le cas du personnage d’Ariane.

« Sur le fil d’Ariane », par Laurence Croix

Ce n’est pas une histoire de caméra qui entre dans un cabinet de psychanalyste. La psychanalyse reste une expérience peu transmissible. Ce qui se passe et se transmet dans une séance d’analyse est, malheureusement peut-être, emprisonnée dans une expérience singulière pas transposable et transmissible sur un écran ou ailleurs.

Il s’agit ici d’une fiction, et j’ai été très agréablement surprise dès le premier épisode avec le cas d’Ariane.

La séquence commence par des pleurs et le silence, puis cette première phrase avant tout générique « je ne pense pas pouvoir m’allonger aujourd’hui ». Le téléspectateur non seulement plonge brutalement comme un voyeur, dans l’intimité du cadre analytique, mais la dynamique d’une cure est immédiatement posée.  

Puis l’analyste invite la patiente à s’autoriser une parole. Cette parole décousue entre l’attente dans le froid devant la porte d’immeuble de l’analyste, la panique liée à l’attentat du Bataclan, le dure réalité du bloc opératoire, la vie décevante d’un couple au fond du lit où il ne s’y passe plus rien.

Tout cela a l’air décousu, mais l’hypothèse freudienne de l’inconscient permet justement de réintégrer de la cohérence et de la logique. C’est la méthode des associations libres inventée par Sigmund Freud. C’est par cette logique propre à l’inconscient que le sujet pourra se découvrir lui-même et donc accéder à son désir trop souvent entravé et refoulé, comme celui d’Ariane…

L’analyste accueille cette parole, ces associations et nous fait entendre à nous aussi spectateur au détour des très beaux dialogues, un lapsus ou une dénégation comme « ce qui s’est passé cette nuit n’a rien à voir avec les attentats. »

Certes la série En thérapie, version française, tente de nous faire entendre quelque chose de l’analyse, cette liberté, cette intimité, mais aussi l’écoute et le travail de l’analyste.


L’épisode dévoile cette relation entre les deux protagonistes, artificielle et particulière de la relation analytique. Les émotions que Frédéric Pierrot joue avec une authenticité remarquable dans cette écoute idéalement « neutre », dit-on, en théorie.  Mais comment être neutre quand sa patiente est si charmante et sexy ? De plus, elle ne lui facilite pas la neutralité dite « bienveillante « en avouant penser à lui tout en faisant une « gâterie » à un inconnu qu’elle ne désire pas.

La fiction, elle, permet cette déclaration d’amour passionnel, « obsessionnelle » dit-elle. On ne peut pas nier que le transfert est souvent passionnel car non seulement il condense des répétitions d’amours anciens et actuels, mais surtout comme l’écrit Freud il est aussi un amour « authentique ». C’est ce qu’interroge précisément ce cas d’Ariane dans la série, c’est cet amour complexe et authentique de la relation analytique, un sujet délicat, et où tout l’art de l’analyste est de savoir le gérer au mieux qu’il peut pour poursuivre le travail.

Le transfert est un amour authentique, même pour un analyste qui n’est pas particulièrement séduisant, même s’il est triste et ennuyeux, comme elle le lui fera remarquer. Évidemment il est surprenant que l’analyste n’ai rien voulu en entendre en amont de cette passion et semble tomber des nues, ce qui n’est évidemment pas à son avantage (d’analyste, mais classique chez les hommes oserons-nous dire !)


« Je sais que vous êtes impossible mais mon corps ne le comprend pas (…) » dit-elle. Le corps de l’hystérique parle ici à la place de la femme de ce réel de l’amour de transfert.
L’analyste reste coi mais tente de maintenir le cap éthique : « On en reparle la semaine prochaine » lui répond-il ! On entendra son désarroi, celui de l’homme tout simplement qu’il est avant d’être analyste…

C’est ce que certains de mes collègues ont parfois apparemment mal supporté. Qu’il ne soit pas un analyste super héros, dans une perfection illusoire, juste un banal névrosé lui aussi traumatisé par l’attentat. Mais qui ne le serait pas ? 

Cet amour (de transfert) est au cœur de l’éthique analytique dans toute cure.

S’agit-il que de tromperie sur l’objet aimé ? En partie certainement, mais tout amour n’est-il pas une tromperie ? D’un débordement du transfert dirons d’autres, au détriment de la psychanalyse, mais tout amour n’est-il pas « débordement » ?

C’est une difficulté majeure de « la direction de la cure » comme l’a nommée J. Lacan. Mais l’homme, ou la femme, et sa position d’analysant ne peuvent simplement se juxtaposer. C’est dans cet interstice justement que le travail s’élabore au lieu même du transfert, de l’amour, en tant qu’il est tout autant inévitable que nécessaire au travail analytique.

La psychanalyse est la seule pratique thérapeutique (qu’on le veuille ou non) qui intègre un travail sur le transfert.

C’est la spécificité même de la psychanalyse, ce n’est pas le transfert qui lui circule partout et tout le temps. L’analyste reste aux prises de ses désirs aussi, et pas que pour ses patientes ou patients. Les traumatismes et autres événements de la vie peuvent kidnapper le désir propre de l’analyste.

Dans tous les cas je félicite les auteurs d’un scénario intelligent, relativement proche du terrain de nos cabinets et au cœur des questions qui agitent le mouvement analytique depuis ses débuts (voir le cas Anna O.)  

Évidemment la performance de tous les acteurs dans cette série française rend d’autant plus cette fiction, car cela reste une fiction, intelligente, subtile, et revivifiante pour nos écrans souvent trop portés à tout simplifier et bêtifier sur le mode des thérapies comportementales ou d’une psychologie toujours mal vulgarisée.


Pour ma part donc, je pense qu’elle peut susciter chez tout à chacun des questions, d’analyste et de patients, mais pas seulement. Chacun pourra, s’il le désire, se poser des questions fondamentales sur ses propres désirs, ses amours, ses échecs et ses désillusions… Et pourquoi pas éventuellement s’en remettre à un analyste avec un peu moins d’appréhension !

Laurence Croix, psychanalyste, Maître de conférences à l’université.
Auteure notamment des ouvrages La douleur en soi, érès 2002, Le père dans tous ses états, De Boeck, 2011, Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et la parentalité, avec G. Pommier, érès 2018.

Diffusé sur Arte tous les jeudis du 4 février au 25 mars à 20h55.
Disponible en intégralité sur Arte.tv 
et sur Youtube.

La série « En thérapie » sur le divan des psys (1/2)

C’est la série évènement Arte. Réalisée par Éric Toledano et Olivier Nakache, cette fiction en 35 épisodes est une adaptation de la série israélienne “BeTipul”.

L’histoire se déroule au lendemain des attentats du Bataclan. Le psychiatre Philippe Dayan (Frédéric Pierrot) reçoit Ariane (Mélanie Thierry), Adel (Reda Kateb), Camille (Céleste Brunnquell), Léonora et Damien (Clémence Poésy et Pio Marmaï). Entre inconscient et trauma collectif, la série questionne l’impact des évènements sociétaux sur les subjectivités.

Nous avons demandé à des psychanalystes de regarder les premiers épisodes.

« C’est loin de la réalité », l’avis de Catherine Grangeard, auteure et psychanalyste.

Cette série bénéficie d’une promo exceptionnelle. Avantages et désavantages ! Une attente extraordinaire, par exemple. En tant que psychanalyste, je suis déçue. Les premiers épisodes du premier jeudi n’ont pas été à la hauteur de ce que j’espérais. Le psy est si bavard ! Et tant de clichés. La si jolie patiente en plein transfert amoureux, quelle caricature !

Là où tout devrait être nuances, quel dommage. Pourquoi avoir céder à cette facilité ? L’adolescente est plus réaliste, heureusement.

Il est essentiel de différencier fiction et réalité.

L’intimité d’un cabinet exclut la possibilité du film. Aussi en tenant compte du temps long du travail d’élaboration psychique et de l’inverse, la nécessité qu’il se passe quelque chose à l’écran pour que le téléspectateur ne zappe pas, ça devient plus acceptable. Mais attention à l’effet « Vu à la télé ». Cela peut devenir « je sais bien, mais quand même » et induire en erreur.

Au final, la première séance du psy chez sa contrôleuse frise le ridicule. On apprécie qu’il soit plein de doutes, c’est très bien mais mêler à ce point les vies privées et le travail, c’est loin de la réalité.

Ce qui est passionnant c’est de mesurer l’engouement. Ainsi la psychanalyse si largement décriée suscite toujours tant de passions !

L’élément fondamental, absolument rassurant, c’est de voir les évènements sociaux pénétrer le cabinet. Même s’il faut relativiser au sujet des attentats car loin de Paris il est à souligner que ce ne fut pas si prégnant. Ailleurs ce sont d’autres sujets qui impactent les vies. Toujours l’influence de la société marque. D’où l’importance de souligner la nécessité de l’importance d’une prise de conscience des normes et diktats sociaux, c’est rarement bien compris. Pour cela cette série marque un point. Et ça c’est considérable !

Diffusé sur Arte tous les jeudis du 4 février au 25 mars à 20h55.
Disponible en intégralité sur Arte.tv
et sur Youtube.

5 alternatives gratuites à Netflix

Ton ex s’est fait la malle avec ses codes Netflix ? On a sélectionné des plateformes de streaming gratuites tout aussi qualitatives pour te faire une culture ciné aux petits oignons.

Arte.tv

Arte.tv c’est un peu la base pour les cinéphiles. Le site propose des films et des séries, mais aussi des concerts, des documentaires et des émissions (Histoires, Sciences, Voyages et découvertes).

La rubrique Cinéma permet d’avoir accès à des cycles thématiques. En ce moment, on peut y déguster le cinéma marivaudien d’Emmanuel Mouret ou encore des films en hommage à Jean-Claude Carrière.

La rubrique Séries diffuse en intégralité les séries évènements. On peut ainsi binger à souhait depuis son canap’.

Et si vous ne trouvez pas votre bonheur, un système de VOD (vidéo à la demande) donne accès à des programmes à louer ou à acheter.

France.tv

Faut croire que les chaines du service public c’est comme le vin, ça se bonifie avec le temps…

France.tv offre des films (courts et longs-métrages), des séries et des documentaires en accès libre.

De la série teenage « Skam » au cinéma intello de Desplechin, on se régalera aussi devant les premiers films de réalisatrices et réalisateurs connus comme Xavier Dolan (J’ai tué ma mère), Mathieu Kassovitz (Métisse), Valérie Donzelli (La Reine des pommes).

La collection 100% réalisatrices met des cinéastes talentueuses à l’honneur. On se réjouit de pouvoir (re)voir Le Beau monde de Julie Lopes-Curval, White Material de Claire Denis, L’Enfant d’en haut de Ursula Meier.

A l’occasion de la 43e édition du Festival du court-métrage de Clermont Ferrand, le site propose dix courts  des sélections : Regards d’Afrique, Compétition 2020 et Compétition Nationale pour 2021. De quoi se régaler donc … !

MK2 Curiosity

Les salles de cinéma et de spectacles sont toujours fermées. Mk2 s’invite chez nous et diffuse, chaque mercredi, une sélection de 5 films en accès libre.

Les collections en hommage à des réals comme Agnès Varda ou Jacques Demy permettent de découvrir les courts-métrages de ces démiurges du cinéma.

La Cinémathèque française

Chaque jour, la Cinémathèque met un film rare issu de ses collections. Les vidéos sont accompagnées d’une note sur le réalisateur ou la collection, d’une critique sur le film. Comme une visite réelle, la démarche est pédagogique.

L’occasion de se forger une solide culture ciné !

KuB

KuB [KulturBretagne] est une plateforme d’une richesse inouïe : elle diffuse gratuitement documentaires, fictions, films d’animation, créations sonores, photographies, spectacles, lectures.

On y trouve aussi des vidéos avec des acteurs culturels. On a accès à l’œuvre finalisée mais aussi au processus de création, et ça c’est quand même super passionnant !

Le tout est accompagné de textes mis en perspective. Le contenu est très documenté.

Parce que le site regorge de petites pépites et si on devait en retenir une, on saluera la collection « La révolution au féminin », et notamment la sélection des dix films sur le féminisme.

Plus d’excuse pour parfaire ta culture ciné ! Bonne séance ! 🎥

Cam’s Yoga, des énergies sur ton écran

Les studios et les salles de sport ne sont pas prêts de rouvrir. Sportifs de haut niveau ou amateurs, l’exercice vous manque ? Cam’s Yoga est votre alliée !

Une professeure enthousiaste et investie

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J’ai découvert Cam’s Yoga lors du premier confinement. Elle a égayé cette période incertaine et stressante.

La jeune femme proposait alors des lives gratuits de yoga tous les jours sur Facebook, Youtube et Twitch. Les lives ont désormais lieu trois fois par semaine, les mardi, jeudi (séance de 30 minutes) et dimanche. Les cours du dimanche sont en replay sur Youtube.

Derrière Cam’s Yoga il y a Camille, professeure de hatha yoga (yoga traditionnel) sur Paris, et Morgan (« la régie » pour les intimes), son copain avec qui elle a mené cette aventure.

Forte de son succès, Camille a mis en place un studio de yoga en ligne payant, avec l’ensemble des cours disponibles en replay.

Le studio en ligne propose des kits thématiques. On trouve un kit « summer » pour se sculpter un corps de rêve pour l’été; le kit débutant permet d’apprendre les bases du yoga; « yoga au bureau » pour pratiquer au travail; le kit « cocooning » qui vise à se détendre en hiver; le kit prénatal pour les femmes enceintes; et un kit ashtanga.

Rendre la pratique du yoga accessible

L’objectif de Camille est de rendre le yoga accessible à tous. Pour mener à bien ce projet, les cours sont adaptés à tous niveaux (du grand débutant à l’intermédiaire), et la professeure propose toujours des variations aux postures.

Pédagogique dans l’âme, elle explique les postures et leurs bénéfices tout au long de la pratique. A la fin de chaque live, elle prend le temps de répondre aux questions des élèves en commentaires.

Si la professeure est certifiée en hatha yoga, elle varie les pratiques. Il y en a pour tous les goûts: hatha, yin yoga (yoga doux), vinyasa, ashtanga (dynamique). Du morning yoga à la pratique complète (environ une heure), on trouve aussi des apéro-yoga (cours d’une trentaine de minutes).

Les cours sont thématiques et allient postures (plus ou moins physiques) et exercices de respiration. Parfois, des exercices de yoga du visage ou de la méditation sont proposés en fin de séance. Et parce que Camille a de nombreux talents, il arrive qu’elle chante des mantras au ukulélé, et c’est un pur régal !

Le décor est intimiste et chaleureux, elle est filmée chez elle ou sur ses lieux de vacances. Le naturel prime et c’est là tout le charme de Cam’s Yoga. Les joies du direct (la régie qui éternue, un chien qui aboie, un chat qui s’immisce dans la vidéo) ne sont pas coupés au montage.

D’un peps remarquable, Camille est aussi douce et bienveillante, et invite chacun à l’écoute de son corps. Aussi rappelle-t-elle souvent de ne pas forcer, d’écouter son corps, de l’aimer. A la fin des séances, on prend un temps pour se remercier, se remercier de la pratique que l’on s’est offerte, et remercier les autres, les personnes que l’on aime ou les personnes qui en ont besoin.

Une communauté bienveillante

Photos gratuites de à l'intérieur, abdomen, bien-être

Ses cours dépassant parfois les 1000 élèves en direct, elle s’est fait connaître par les réseaux sociaux. Grâce à ses cours en ligne, Camille est parvenu à créer une véritable communauté de yogis passionnés. Son Instagram compte aujourd’hui plus de 11 000 abonnés.

Les réseaux lui ont permis de mettre en place des partenariats, elle est devenue ambassadrice de Yoga by Décathlon. Régulièrement, elle met en place des concours sur les réseaux sociaux et gâte sa communauté en matériel de yoga à gagner.

La Yogi Family, groupe privé sur Facebook, rassemble plus de 3800 personnes. Sur ce groupe, on y partage des bons plans yoga (quel matériel choisir par exemple), des questions santé, des recommandations de lecture etc.

Son blog permet de suivre l’actualité yoga, elle y livre des conseils thématiques, des idées de cadeaux et de lecture, des exercices.

Si le fait de pratiquer derrière un écran peut paraitre triste, les cours en direct permettent cependant de se motiver tous ensemble. Camille dirait même que les énergies circulent à travers les écrans. Durant certains cours, on peut effectivement ressentir la vibration des énergies (au moins celle de notre professeure préférée).

Alors, prêts à rejoindre la grande communauté ?

OOOOOHMMMMMM 🧘‍♀️🧘‍♂️

Lives gratuits mardi, jeudi et dimanche sur Facebook, Youtube et Twitch.
Des cours illimités sur le studio en ligne : 7 jours d’essai gratuit.

Valentine’s Day par Catherine Grangeard

A l’approche de la fête des amoureux, la psychanalyste Catherine Grangeard nous propose une réflexion sur la Saint-Valentin au féminin. C’est en remarquant la vitrine de la boulangerie de sa rue souhaitant un « Happy Valentine’s Day », qu’elle a une révélation.

En passant devant la boulangerie à côté de mon cabinet, un choc, j’éclate même de rire pour tout vous dire. La boulangère est-elle anglaise ou féministe ? Les deux, pourquoi pas.

Il s’avère que cette anecdote devient un sujet, de nombreux patients m’en parlent. Comment décliner la St Valentin, au féminin ?

Une femme fait état de la charge mentale qui lui revient chaque année. Elle s’oblige à trouver des idées pour surprendre son compagnon et l’émoustiller. Elle se demande pourquoi elle s’impose toute seule cela en interrogeant si finalement ce ne serait pas une sorte d’injonction sociale.

« C’est pire le 14 février 2021, après un an de COVID-19, en solo »

Cette affirmation est récurrente. Et pas uniquement dans mon cabinet, il faut le souligner. Une réelle détresse accompagne la solitude affective et la misère sexuelle. Quel que soit l’âge, les rencontres deviennent exceptionnelles.

Et encore il faut que ça vaille vraiment le coup… dans tous les sens du terme si vous me permettez le jeu de mots disent en substance plusieurs personnes. Enfermement, confinement, couvre-feu… Ce ne sont pas des situations propres aux ébats !

Je préfère vous rapporter quelques paroles, elles sont assez explicites.

Comment ne pas se jeter par la fenêtre quand on déprime de n’avoir pas de vie amoureuse depuis un moment et que partout on nous rabâche les oreilles avec les violons de l’âmourrrr … et ne rien voir se dégager à l’horizon?

Comme la ST Valentin, c’est tout un symbole, cela ravive certains chagrins. Et c’est tous les ans !

Quelle violence de ne pas être le Valentin ou la Valentine de quiconque…Si personne ne m’aime, suis-je aimable ? Comment m’aimer moi-même ?

Même si on repère et déplore son côté commercial, beaucoup se sentent encore plus mal quand l’amour n’est pas au rendez-vous à cette période. Comme un jour pluvieux influence le moral, être sans personne à aimer est encore plus pénible quand l’influence sociale en rajoute.

Ainsi on se sent à part, moins bien loti que les autres. Mais qu’est-ce que j’ai en moins pour ne pas être en relation d’amour ?

Même si la méthode Coué a fait ses preuves il n’en demeure pas moins que de nombreuses questions affleurent, et encore plus cette année.

Combien de temps ça va durer ?  Toute ma vie ? Est-ce que ma vie amoureuse est finie ? Comment rencontrer un jour quelqu’un ? Déjà l’année dernière…

Ces extraits de séances n’ont jamais eu cette dimension. Une véritable angoisse s’exprime parce que les relations sociales ont tellement décliné que pour celles et ceux qui compensaient avec elles le manque d’amour n’ont pas pu le faire depuis mars 2020. Et plus les gens vieillissent, pire c’est.

Cette vitrine a libéré la parole, et ça c’est vraiment très bien !

Du dévouement à l’exploitation en milieu associatif

Dans Te plains pas, c’est pas l’usine. L’exploitation en milieu associatif, Lily Zalzett et Stella Fihn, deux salariées du secteur associatif, nous éclairent sur un milieu aux fonctionnements semblables à ceux du secteur privé.

On a tendance à penser le milieu associatif comme l’incarnation de valeurs allant à l’encontre de la recherche du profit. Naïvement, on peut croire que les enjeux de domination n’y ont pas place. Pourtant, les auteures de ce livre nous offre une autre peinture, bien moins reluisante, du milieu associatif.

Dépendance à l’Etat

Les auteures introduisent leur réflexion en abordant la structure associative. Elles soulignent la dépendance des associations au pouvoir étatique. Elles montrent que cela va parfois à l’encontre des politiques des associations.

Pour survivre, les associations dépendent des subventions versées par l’Etat. Elles se retrouvent dans une logique de marché, répondant à des appels d’offre lesquels ne dépendent que des politiques publiques sans cesse mouvantes. Les structures associatives doivent s’adapter aux exigences changeantes de l’Etat.

Un secteur précaire

Si le secteur associatif compte de nombreux volontaires, bénévoles, il propose une myriade d’autres statuts ! Au-delà du salaire, les statuts restent cependant précaires.

On observe par exemple, comme dans beaucoup de secteurs, une hausse des statuts d’auto-entrepreneurs. Ce statut, bien qu’il offre une flexibilité et un sentiment d’être son propre patron, revêt des inconvénients bien réels : le licenciement sans préavis en est un parmi d’autres.

Les auteures reviennent sur le statut de service civique qui, vendu comme une « chance », n’est finalement qu’un emploi déguisé.

Le côté éphémère de ces contrats est pointé à juste titre: comme dans le secteur privé, on a affaire à des prises de décisions à court-terme.

Culpabilisation, contradictions, domination

A la lecture de Lily Zalzett et Stella Fihn, on retiendra l’importance de la notion de dévouement. En effet, les auteures insistent sur l’engagement et la motivation des acteurs du milieu associatif, lesquels croient profondément aux valeurs, à la « cause » de l’association.

Ce dévouement entraine cependant un mode de travail semblable à celui qu’on trouve dans le secteur privé : stress, heures supplémentaires etc.

Derrière une certaine coolitude, les volontaires et les salariés sont soumis à une responsabilisation et une culpabilisation.

Plus grave encore, les auteures observent une reproduction de la logique de domination. Cela passe notamment par l’embauche, dont elles soulignent le caractère insidieux : embaucher un Noir pour représenter le « grand frère » dans un quartier, n’est-ce pas une manière de remplir les quotas ?

Elles relèvent une certaine contradiction entre les valeurs affichées de l’association et les faits. L’embauche qui est censée permettre de dépasser les dominations (raciales, sexuelles, sociales) à l’œuvre dans l’espace public, se retrouvent dans les postes proposés.

Si en façade, l’association apparait comme une famille, les rapports hiérarchiques s’y observent cependant. Au sein de l’association, tous sont soumis aux décisions d’en haut (l’Etat), mais les répercussions ne sont pas les mêmes pour chacun. Sans surprise, elles sont plus dures pour ceux « d’en bas ».

Ce livre a pour vocation de faire reconnaitre le travail associatif. Si l’analyse des auteures est assez sombre, leur message est plein de lutte et d’espoir : arrêtons de cliver les travailleurs et les bénéficiaires et luttons ensemble contre l’exploitation 🦾!