Colette Magazine s'adresse aux lectrices et lecteurs qui osent rêver en grand. Ou comment enchanter le monde grâce à la culture.
Auteur : Elvire Balusseau
Littéraire, je suis diplômée en Lettres métiers de l'écrits - Journalisme ainsi qu'en Communication Digitale et Relations presse. Je suis également chanteuse de rock et de soul, je compose mes propres textes.
Bonjour chers lectrices et lecteurs d’un peu partout ❤️
Je suis bien plus que contente de vous retrouver, l’enthousiasme, la liberté, la créativité, la joie d’écrire à nouveau sur Colette m’envahissent, et ça m’avait manqué.
Depuis la dernière fois que j’ai écrit à cet endroit, il s’est passé tellement de choses dans le monde.
Le drame palestinien, expression souvent utilisée pour éviter de faire fuir les gens, employée à tort et à travers à la place de : génocide ; la déclaration de guerre de Poutine à l’Ukraine, Donald Trump réélu Président des États-Unis…
En France, on a eu droit à un énergumène d’extrême droite à la barre au pouvoir alias Michel Barnier, balayé et vite remplacé par, roulement de tambourin en panne 🥁, François Bayrou, qui dernièrement, s’est dit qu’il allait renforcer les mesures de contrôle de l’immigration (alors qu’en 2013, l’année de mon bac, le type annonçait qu’il se porterait à nouveau candidat à la mairie de Pau, j’ai pas compris cet enchaînement), bref, on est sur un régime semi-présidentiel… Tout ça donne bien sûr envie de crier :
What. The Actual. Motherfucking. FUCK ?
Il était donc temps que je revienne ici pour sauver la planète avec mes petits mots, car j’ai, bien sûr, bon espoir que Poutine tombe sur mon article, ainsi que sur tous les articles et vidéos des petits micro blogueurs dont je fais partie qui dénoncent des trucs, des conflits, et se qu’il se dise mais pardi, oui c’est n’importe quoi, et paf, le voilà parti en asile psy avec Musk, Trump, Xi Jinping et Netanyahou dans une de ses nombreuses villas de la Mer noire.
Mais assez parlé des hommes riches de cette planète, concentrons-nous sur le quotidien actuel des filles et des femmes de la Terre, aussi pluriel qu’il soit. Quelques petits rappels.
Les femmes au cœur : on est où en 2025 ?
Aujourd’hui, 1,1 milliard de filles à travers le monde sont déscolarisées, victimes d’exploitation, ou mariées de force. Environ toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans.
À échelle mondiale, environ 736 millions de femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, ou en dehors du couple, ou les deux.
Pour ce qui est du couple, en moyenne, 30% des femmes qui ont eu des relations – de couple – signalent avoir subi une violence physique ou sexuelle de leur partenaire intime.
En France, comme on peut le constater sur le site de noustoutes, il y a un féminicide tous les deux jours. Au 1er mars 2025, on dénombrait déjà 23 féminicides depuis le début de l’année. Un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30.
16% des Français.e.s ont subi une maltraitance sexuelle durant leur enfance.
Côté travail, les femmes touchent (toujours) 28,5% de moins que les hommes.
Et l’avortement dans tout ça ? Où en est l’IVG ?
Si le lundi 4 mars 2024, la France est devenue le premier état au monde à inscrire dans sa Constitution « la liberté garantie de la femme de recourir au droit à l’interruption volontaire de grossesse », il existe encore 21 pays dans lequel l’interruption de grossesse est formellement interdite. Au niveau planétaire, on parle de 40% de femmes vivant dans un pays dans lequel l’avortement est soit interdit, soit très restreint.
Une honte, quand on sait que de toute façon, malgré les interdictions, la loi et toute forme d’oppression, les femmes ont recours à des techniques d’avortement. Et ce quitte à mettre leur vie en danger (lisez L’événement, d’Annie Ernaux pour mieux comprendre la problématique).
Il va donc falloir que les dirigeants de ces pays comprennent à un moment donné que les femmes, lorsqu’elles sont déterminées dans leur choix qui concernent leur corps, sont prêtes à aller jusqu’au bout pour pouvoir vivre, et surtout, le plus souvent, survivre, et si cela signifie avorter, elles sont prêtes à tout, alors raison de plus pour leur garantir enfin une sécurité, une réelle protection de santé.
Les IVG clandestines représentent encore la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde.
Ces interdictions, restrictions, discriminations continues, ne font qu’aggraver l’oppression générale et systémique envers les femmes.
Et les femmes, d’ailleurs, ne sont pas toutes les mêmes, comme les médias diffusant des généralités sexistes voudraient nous le faire croire.
On est ensemble
Aujourd’hui, pour faire avancer les combats, la lutte pour les droits des femmes, il est nécessaire de reconnaître la pluralité des femmes, la multiplicité de leurs différences, la diversité, accueillir toutes les femmes peu importe leurs religions, leurs origine.
Les femmes ne sont pas toutes européennes et trentenaires comme moi: certaines sont issues des minorités ethniques, racisées, c’est-à-dire qu’en plus de subir du sexisme au quotidien, elles doivent en plus de ça porter le fardeau à 200% illégal du racisme, et tout un tas d’autres discrimination en fonction de leur situation sociale.
Cette vision intersectionnelle du féminisme, je la partage entièrement, puisque c’est grâce à la convergence des luttes que nous allons augmenter nos chances de nous faire entendre, et de faire avancer la libération des femmes partout dans le monde.
J’ai envie de parler de toutes les femmes, de la nécessité de notre émancipation, mais aussi de faire entendre ici tous les combats qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas, qu’on oublie trop souvent.
Le but ici, ce n’est pas de recourir à la force physique, au vu de mon gabarit, ce serait bien compliqué.
Je suis seule derrière mon écran à vous écrire, à vous lectrices, lecteurs, à vous qui souhaitez un monde plus apaisé, dans lequel la douceur reprend ses droits, accompagnée de la nature, d’un monde plus tourné vers l’humain, vers ce qui ralentit, la paix prend du temps.
Cette paix, j’ai envie de l’installer progressivement avec vous sur des espaces d’information qui ne sont pas encore pollués de censure, d’interdiction ou de désinformation.
Il y aura peut-être ici ou là quelques erreurs, mais s’il vous plaît, corrigez-moi, ou encouragez-moi à reformuler si je m’exprime avec maladresse, j’ai besoin de vous, je pense qu’on a besoin des uns des autres pour avancer ensemble, pour aller loin et construire un monde plus serein dans lequel l’art fait bon vivre.
Osez me parler en commentaire, ou par mail, dites-moi le fond de votre pensée, si vous avez envie de dire ou de crier quelque chose : exprimez-vous, je suis là pour vous entendre, tant que ça reste constructif et sympa.
Soyons audacieux.ses tous ensemble.
Parlons, réveillons la langue ensemble, et tentons d’enjoliver cette planète déjà magnifique, grâce à de beaux mots, à l’amour, la passion que nous éprouvons quant à certains sujets, certaines causes, certaines luttes, certains arts…
J’ai envie de revenir ici pour écrire sur tous les sujets qui me passionnent, dans l’espoir de dialoguer avec celles et ceux pour qui les textes de Colette résonnent.
Pour être dans une clarté absolue, une transparence totale, je m’adresse à tous les amoureux.ses du rire, aux tendres, à celles et ceux qui ont ce don inné de reconnaître de la beauté dans les recoins de la vie les plus infimes, parce que je ne suis pas parfaite, et j’aime de plus en plus l’imperfection.
Je m’adresse aux audacieuses et audacieux, tout ce beau peuple qui veut vivre, chanter, danser, parler autour d’un café, s’émanciper des carcans, briser les cases, les causeurs du dimanche, les énervés de l’après-midi, les tristes poètes du soir, je veux être là pour parler de toutes ces émotions qui nous traversent tous et toutes, de santé mentale, de féminisme, d’égalité des sexes, de droits des femmes oui, de solidarité, d’environnement…
Avec ma petite plume, on va essayer d’avancer un peu par-là, et puis j’espère qu’avec vos yeux, nos cerveaux communs, tout l’amour et la bonne volonté du monde, on réussira à planter quelques graines d’avenir serein.
Ça y est, 2024 a commencé, et on a laissé derrière nous les énergies négatives de la fin d’année 2023.
On y reviendra peut-être plus tard dans un autre article, mais les fêtes de fin d’année n’avaient rien de joyeux pour beaucoup d’entre nous et des événements marquants ou traumatisants ont lieu au sein de familles dysfonctionnelles qu’il serait bon de ne pas négliger puisqu’ils peuvent forger une version de vous-même qui n’est pas celle que vous incarnez au fond de vous.
Notre conseil pour vous épanouir en restant fidèle à qui vous êtes : parler de ce que vous ressentez. Ne vous privez pas de la parole, de l’écrit si c’est plus facile pour vous. Partagez vos ressentis avec un professionnel, ne lésinez pas sur l’aide émotionnelle et/ou mentale dont vous avez besoin pour vous remettre de certains faits, d’un mode de vie instable, d’une éducation bancale, d’un manque de parentalité plus ou moins profond… Nous avons tous des blessures qui ne demandent qu’à cicatriser.
Nous vous recommandons de parler à un professionnel si vous le pouvez. Psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, n’ayez pas peur de l’intitulé : ce qui compte surtout c’est que vous soyez écouté, respecté et ce peu importe vos idées, vos opinions, vos croyances.
Faites le bilan de vos peurs, dealez avec vos forces
L’objectif d’une analyse est de mettre en lumières vos peurs, vos obstacles, ce qui vous freine au quotidien pour avancer, afin de progressivement les traverser.
Par exemple, je vous confie un obstacle qui peut vous paraître ridiculement petit… Mais : j’ai eu peur d’écrire cet article et de le publier ce matin sur Coco de peur que Julien, mon amoureux du CP, ne tombe dessus et juge ma plume ou les sujets sur lesquels j’écris, alors que pourtant, c’est probablement quelqu’un de bien, ou en tout cas qui n’a rien demandé, ne sait pas ce que je fais de ma vie, et qui s’en contrefiche de savoir que l’écriture est une de mes passions.
Bon, cette peur… Voilà, je suis en train de la dépasser. Non sans peine, puisque j’ai du mal à m’empêcher de penser à mon ex bordelais qui pourrait voir ça aussi. Les ex. Ces petites frayeurs du quotidien. MAIS QUE VONT-ILS PENSER ?!
Allez savoir.
Ce qui est important : exprimer ses peurs justement, pour mieux y faire face, et voir comment il serait possible pour nous de les dépasser de la manière la plus saine possible.
Au début, il est possible de ne pas savoir du tout ce qui nous effraie, de ne pas connaître les mots ou ne pas détenir le vocabulaire nécessaire pour exprimer nos pires craintes parce qu’elles semblent appartenir à un monde imaginaire : celui du cauchemar, des pires frayeurs, bref, le monde de la peur.
Osons néanmoins mettre un pied devant l’autre au cœur de cette dystopie déroutante, en prenant davantage conscience de nos forces, de nos qualités, pour avancer avec elles et nous protéger des petites pensées négatives et intrusives, lesquelles essaient à tout prix de nous bloquer le passage.
Choisissons la confiance pour contrer notre anxiété, au lieu des doutes, rassurons-nous avec ce que nous savons de nous-même.
Et si on ne se connait pas assez ?
Alors on avance à l’intuition !
Souvent, vous savez que vous détenez les clés de votre réussite et que vous avez les moyens d’avoir confiance en vous, mais le monde extérieur a parfois tellement cherché à vous rabaisser ou à invalider votre personnalité que vous n’osez pas montrer vos perles rares.
Une par une, collectez-les.
Cheminez dans vos pensées pour retracer le fil conducteur de votre vie et soulever de belles périodes au sein desquelles oui, vous avez eu une générosité remarquable. Un courage mémorable. Une détermination à toute épreuve. Un tact du tonnerre.
Vibrez de confiance en vous
Une des phrases que j’aime beaucoup en ce moment :
« Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit. »*
*Nota bene pour rassurer mes amis musiciens : on parle bien de bruit, et non de divines mélodies.
Autrement dit ?
La confiance en soi, ce n’est pas parler plus fort que les autres. Petit à petit, je le comprends.
Combien de fois dans ma vie en voyant des personnes de ma famille, de mon entourage personnel, professionnel crier ou parler très fort pour couvrir les voix d’autres personnes, je me suis dit : incroyable. J’aimerai avoir toute la confiance qu’ils ont en eux.
Je réalise seulement maintenant que je me trompais lourdement : crier, parler plus fort que les autres est loin d’être synonyme de confiance en soi, au contraire.
D’ailleurs, de manière générale, vouloir recouvrir l’Autre, le dépasser, d’une manière ou d’une autre, c’est dire de soi-même que l’on ne se trouve pas ASSEZ, c’est donc un clair signal de manque d’estime, or justement c’est si bruyant que ça peut parasiter notre moyen logique d’arriver à cette conclusion pourtant simple, avec nos propres moyens de déduction.
Réfléchissez.
Les batailles lors desquelles vous avez fini vainqueur ou vainqueuse dernièrement ont-elles été remportées dans le bruit ?
Des cris parasites ont-ils permis de vous élever dans tel ou tel secteur de votre vie ?
Revenez dans la réalité avec moi et prenez conscience que ce qui vous a amené sur le chemin d’une réussite, c’est quelque chose, en vous, de silencieux, mais fort.
Muet peut-être, mais puissant. La confiance en soi, sans un bruit, vous a amené à cet endroit en vous pour y parvenir.
La réussite, ça peut être un article brillamment rédigé, si vous êtes passionné d’écriture comme moi, un roman, une nouvelle…
Ou bien un concert dans lequel on vous a trouvé excellent à la batterie si vous êtes musicien, et oui ça fait du bruit, ça s’entend, d’accord mais que faisiez-vous ? Si la batterie est un instrument qu’on entend trèèèès très bien, vous, vous étiez simplement assis-là, silencieux, à exécuter vos gestes à la perfection pour une audience bluffée par votre talent
Et si vous chantiez, c’est pareil, votre voix ne fait pas de bruit, elle invoque des vibrations irrésistibles elles aussi, à condition de croire en vous et vos capacités vocales.
Osez vous aimer
Tout ce qui réussit, ne fait pas de bruit mais vibre.
Trouver sa vibration, ce sera la quête principale de votre recherche personnelle afin de faire rayonner le soleil en vous. Et cette vibation, elle se trouve dans l’amour que vous avez pour vous avant tout. L’amour de se reconnaître comme un être CAPABLE. L’amour, c’est aller vers soi en premier lieu.
Petite victoire par petite victoire, réécrivez votre histoire différemment de ce que l’on s’imagine de vous, de ce qu’on raconte à votre sujet.
On vous trouve égoïste, paresseuse, vous manquez de chaleur humaine ?
Pensez à toutes ces fois où vous avez donné sans même le faire savoir aux autres. Où vous avez carburé dans un job qui vous a pris toute votre énergie sans que vous ne soyez rémunérée à la hauteur de vos efforts. Ces fois où vous avez su rassembler des personnes autour de vous simplement parce que vous avez su les accueillir, elles et leurs bagages émotionnels. Où vous avez tenté d’aider ceux que vous aimez, et même ceux que vous ne connaissez pas.
Ne sous-estimez pas votre puissance.
C’est l’heure de la révolution !
Transformez positivement votre esprit et prenez conscience que vous pouvez compter sur vous-même dans n’importe quel type de situation.
En 2024, vous transitionnez vers vos rêves.
Et si vous passiez à l’action, que touche par touche, jour après jour, vous ajoutiez les pigments de vos envies pour les matérialiser en un beau tableau, rendre vos aspirations encore plus réelles que la réalité ?
JE CROIS EN VOUS. Vous allez y arriver.
Cette année, osez oser.
Du rêve à l’action, concrétisez votre idée du paradis.
Nous ça va au top, grâce à nos tuyaux de septembre.
D’ailleurs, aujourd’hui on se retrouve pour une petite liste de Tips bien-être aux petits oignons pour se sentir sereine et fraîs.che à la rentrée.
Nota Bene : cette liste est rédigée par une stressée de la vie presque PAR ESSENCE.
1. Boire beaucoup d’eau et manger sainement
Allô le B-à-Ba, promis on ne vous prend pas pour des bleus, mais on sait à quel point il peut être tentant de glisser doucement vers la Junk Food et de dire oui à la promesse délicieuse d’un craquage chocolatier sur les coups de seize heures.
Qui sommes-nous pour juger ?
Néanmoins, s’il est bon de se faire plaisir, c’est quand même une bonne idée de rester hydraté et de manger quelques fruits et légumes dans la journée. Comme dirait un pote à moi, « oui, en fait, ne pas manger, c’est mourir. »
Si vous n’êtes pas fan de TOUS les légumes, prenez-en un avec qui vous vous entendez bien. Moi j’ai une amie, la tomate, je sais qu’elle me veut du bien.
À vous de choisir la bonne recettepour vous nourrir.
2. Pratiquer le journaling : exprimer vos émotions
Vous avez envie de casser la gueule au chauffard qui a manqué de vous renverser dans la capitale bondée ?
Au lieu d’opter pour la violence, pourquoi ne pas succomber au charme de l’écriture des émotions.
Pour pratiquer le journaling, équipez-vous d’un carnet et d’un stylo et donnez-vous en à cœur joie.
Tout le champ sémantique relié au terme « étriper » est autorisé.
Une fois toute votre colère bien répandue, le must serait de comprendre vos états d’âme et ce qui a conduit à ce que vous vous sentiez aussi énervée, triste et/ou ____ (insérer l’émotion que vous ressentez à l’instant T). Cheminer à l’intérieur de soi et essayer de se comprendre, c’est démêler des fils de pensée pour réorganiser votre psyché. Conscientiser ses ressentis est la première étape si l’on veut passer à autre chose.
Une pensée à mon amie Sam qui m’a transmis ce terme de « journaling », dont j’ignorais l’existence alors que pourtant j’ai 28 ans et comme vous, j’habite cette Terre.
3. Ranger ce bazar. YOU CAN DO IT !
Vous êtes sur la galaxie Zen et vous venez de parler à quelqu’un, un proche ou une psychanalyste de tout ce qui vous arrive et tout ce que vous ressentez… Quand tout à coup, en rentrant chez vous, vous tombez nez à nez sur une Doc Martens qui traîne et vous renvoie chier promener.
Dites-lui que vous ne craignez pas ses coups de pied, car de toute façon, elle a largement la place de rentrer dans cette boite à chaussure errante et vide depuis 1997.
Qu’est-ce qu’elle va dire après ?! Hein ? Rien. Nada. T’es personne.
Faire le tri, c’est vaincre un ennemi de taille : la procrastination.
Si par nature vous êtes un.e grand.e artiste, que pour vous le désordre est un endroit safe dans lequel le conduit créatif peut passer plus facilement, je compatis.
Néanmoins, ce bordel, vous pourriez soit le transformer en œuvre d’art et enfin l’exposer, soit vous en débarrasser parce qu’il fait bon vivre quand on ne se prend pas de compas dans le pied.
Promis juré, après vos efforts de rangement, vous aurez un sentiment de fierté.
4. Activer le mode avion, couper internet
Si vous n’avez pas encore commencé à travailler, tant mieux, ça vous laisse le temps d’essayer de vous déconnecter complètement de la société.
Marginalisez-vous le temps d’une journée au moins en activant le terrifiant mode avion.
Non seulement vous passerez pour un.e punk novatrice et disruptée, mais en plus vous aurez enfin la paix.
Les impôts vous harcèlent ? Votre père/mère aimerait savoir si vous venez déjeuner dans trois mois et douze minutes ? Votre appli d’astrologie vous dit que vous êtes gros.se ?
Mais arrêtez les souffrances tout de suite. Posez-vous.
Vous méritez une bulle de temps libre sans écran, que vous pourriez consacrer à la lecture, à l’écriture, au yoga, à la méditation, à la balade à pieds, à cheval, en chameau, en lama des Alpes… Surfez sur la vie.
5. Se faire plaisir : un cadeau bien à soi
Je ne parle pas ici d’un sac Louis Vuitton plus cher que le PIB du Bengale, mais d’une petite (ou grande) attention à vous accorder le temps d’une journée.
Ça peut être un soin du visage (mamma mia), un massage du dos ou du corps entier aux huiles chaudes, une journée spa hammam, et si vous n’avez pas assez de thune, demandez à votre partenaire, votre amie, votre parent ou l’un de vos enfants de vous faire un petit massage des épaules.
Bah quoi ?
Vous avez lavé le linge, fait la vaisselle, offert le dernier verre…
[Bon d’accord, j’écris aussi pour celles et ceux qui sont angoissés par leur âge, alors que oui, je vais le dire ici, dès le début : ce n’est qu’un nombre. D’autres qualités merveilleuses vous définissent ! Imaginez qu’on se sente défini par notre pointure de chaussure. C’est bon, oh, ça suffit. Arrêtons de culpabiliser de prendre de l’âge, de mûrir, de grandir. Le fait que notre corps évolue est plutôt bon signe. Imaginons qu’à 90 ans, on ait l’air d’en avoir 5… On aurait l’impression de se faire arnaquer.La vie est belle. Prenons tout le temps nécessaire pour la célébrer.]
Avoir 27 ans, ça ressemble à du vent frais dans les cheveux le matin dans le printemps naissant.
Ça donne envie de faire l’amour. Des bébés, mais pas trop rapidement, parce que qui sait ce qui nous attend avant de féconder.
Rêver, rire, voyager, grandir en s’aimant, en apprenant le respect, de soi-même pour commencer, les autres ensuite, une fois que c’est bon, que dans notre esprit tout est réglé.
Avoir 27 ans dans mon corps et dans ma tête, ça ressemble à une libération fraichement acquise, un envol enfin célébré, un appartement à soi, une chambre à moi et à moi-seule. Si certains de mes ennemis (à qui je souhaite la bienvenue s’ils lisent ce texte) pourraient prendre ça pour l’apogée de tous les égoïsmes ou pour de l’individualisme à l’américaine, je vois quant à moi, en ces portes, en ces fenêtres, en ces pieds battant sur un joli parquet parisien, la montée en puissance de mon moi réel, ma nouvelle identité à naître.
Avoir 27 ans, c’est l’âge idéal pour écrire, chanter, vivre, s’émanciper, avoir pleinement conscience de soi, de son présent, de son passé, dessiner gaiement le futur.
27 ans dans ma tête de farfadet à l’imagination trépidante, ça revient à embrasser la vie à nouveau.
Divorcer de ses anciennes flagellations intérieures, prendre la vie comme elle vient aussi, ne pas s’embêter avec des ambitions délirantes. Conquérir ? Oui pourquoi pas. Quand je veux, si je veux.
Ma conquête en cours se trouve dans des retrouvailles personnelles, mon ego du présent fait un pas vers mon ego du passé, tout en prenant dans ses bras toutes les facettes de mon moi futur.
Si vous trouvez que ces lignes débordent d’amour et d’auto-suffisance et que vous trouvez ça dégueu tellement ça explose de partout, honnêtement, je n’en ai un peu rien à secouer.
Gloire à ceux qui s’aiment, et savent aimer les autres.
Si vous pensez que c’est d’abord et surtout l’intelligence qu’il faut développer, la culture qu’il faut approfondir, les bonnes manières et la diplomatie qu’il faut pratiquer, retournez dans votre joli jardin et arrosez vos « faut » comme bon vous semble.
Mon envol pour la vie a déjà commencé, puisse l’atterrissage prendre des années d’exquises folies de bonheur de joie et de réalisations d’objectifs. La cible ? La beauté des femmes, des hommes, des petites choses. Voir toute cette beauté en couleur, en grand, en petit, tant qu’on la voit d’assez près pour se délecter du monde à chaque instant.
Participer à la beauté. Ajouter par des petites actions simples, tout ce dont la nature a besoin pour configurer l’harmonie.
À ceux qui voudraient que je ressente des choses impossibles à éprouver.
À ceux qui me font ou m’ont fait chanter émotionnellement.
À ceux qui ont confondu sommeil et désir. Amour d’enfant et amour de grandes personnes.
À ceux qui m’ont manipulé, dit que jamais je ne pourrai jamais retrouver autant d’amour après les avoir quitté, dit qu’ils avaient tout donné pour moi et que je ne retrouverai jamais une aussi « belle » paix que ceux qu’ils me donnaient.
À ceux qui m’insultaient sans raison, gratuitement, me faisaient sentir stupide juste pour mieux exister.
À ceux qui me faisaient remarquer certains détails sur mon corps qu’ils étaient incapables d’apprécier : les proportions de mon estomac, de mon nez, de mon visage tout entier, de mon rire, tonitruant parfois, de mon silence accablant et ma prétendue timidité – laquelle prend généralement toute sa place lorsque je n’aime pas quelqu’un…
À celles qui s’amusaient avec toute l’amitié que j’avais pour elles, me pensaient éternellement reconnaissante et soumise à des diktats indicibles et des codes ultra parisiens, privés, et soi-disant « hype ».
À celles qui connaissaient mes défauts par cœur et s’en sont servis exprès pour me faire exploser de jalousie, de colère, de toutes ces choses fatigantes qu’on ferait mieux de pas trimbaler avec soi…
À ces professeurs qui ne voyaient pas trop où je voulais en venir et encore aujourd’hui seraient capables de me regarder avec des yeux de merlans frits en me demandant l’air pataud, mais dis-donc tu vas où ?
Laissez-moi dire à tous infimes passants de ma vie, où je vais. Car c’est un chemin semé de joie, d’indépendance, de courage, d’affirmation de soi que certains n’osent prononcer, et pourtant je vais…
Eh bien je vais là, tout simplement :
Liberté
Sur mon chemin, je ferai quelques étapes très jolies, dont voici quelques-unes :
Il y a quelques jours, nous avons reçu un message sur notre compte Instagram (Colettemagazine_Officiel) : une certaine Syrine M., plus connue sous le nom de @Plusjamaissilencieuse nous a fait part de son envie de s’exprimer sur un sujet tabou, celui de la pédophilie. Son message et son compte nous ont immédiatement interpellées : ses posts originaux, prenant la forme de poésies brèves, incisives, incitent à questionner notre éducation, notre rapport au consentement, à réfléchir à des problèmes de société de fond. Et d’ailleurs, après le viol, quelle voie emprunter ?
Grâce au récit de Syrine, nous avons compris un fait essentiel : si le chemin de la reconstruction des victimes de viol s’avère long, sinueux, souvent semé d’embuches, la résilience existe. Ce témoignage en est la preuve.
Bonjour Syrine, nous sommes les cofondatrices de Colette Magazine. Nous échangeons aujourd’hui pour la première fois car tu souhaitais raconter ton histoire ?
Enchantée, oui, je suis ravie de pouvoir m’exprimer.
Un peu de contexte avant d’entrer dans le vif du sujet. Qui es-tu ? Que fais-tu au quotidien ? Qu’est-ce qui t’as amené à créer ce compte @plusjamaissilencieuses ?
J’écris sous le nom plusjamaissilencieuses, un compte instagram que j’ai créé autour du 20 février et en fait je n’ai pas mis mon nom / prénom tout de suite, je préférais écrire de manière anonyme car j’avais besoin de temps avant de vraiment me dévoiler.
Pour me décrire , en quelques phrases, je dirais que je suis une femme engagée, et notamment à travers ce compte, je suis étudiante, je suis aussi maman… J’ai plusieurs casquettes !
Parce que j’ai été victime d’agression sexuelle lorsque j’avais 9 ans, et ça a duré pendant plus de deux ans.
C’était quelqu’un qui était très proche de mon entourage, c’est pour ça que je n’ai pas pu en parler de moi-même, et comme je l’écris dans un de mes textes, je n’ai pas eu des parents qui ont su comprendre les faits et m’accompagner, au contraire, ils m’ont également eux aussi condamné.
Ce qui m’a conduit à me renfermer dans une sorte de mutisme pendant des années et la conséquence de ce que j’ai vécu a eu des répercussions assez douloureuses dans ma vie.
C’est pour ça que j’ai décidé d’écrire et de me lancer dans l’aventure parce que la plupart du temps j’étais un peu frustrée de m’apercevoir que beaucoup de personnes parlaient d’agressions sexuelles, de viol etc. mais souvent je réalisais que ces personnes-là ne l’avaient pas directement vécu.
Et moi dans ce débat-là, il me manquait quelque chose pour m’identifier, parce que je ne trouvais pas que ce soit assez bien décrit, et à travers mon compte et à travers certains textes j’ai souhaité parler de ce que j’ai subi sans vouloir faire de la peine ou autre, je voulais vraiment qu’il en sorte un sentiment de résilience, qu’on se dise « ce qui ne te tue pas te rend plus forte », et surtout je mets vraiment un point d’honneur à parler des conséquences.
Parce que je trouve que l’on ne parle pas assez des conséquences que cela génère, et c’est pour ça que je me suis lancée dans l’écriture.
« Ce qui ne te tue pas te rend plus forte. »
–Syrine M. – @Plusjamaissilencieuses
Bravo pour cette aventure qui commence, nous te trouvons très courageuse de passer par l’écriture.
Tu parles de conséquences, quelles sont-elles justement ? Est-ce que tu as réussi à t’en sortir, grâce à ce cheminement d’écriture, ce compte Instagram, ou est-ce que tu as eu recours à d’autres moyens pour te relever de ce traumatisme ?
Il y a un mot qui est très fort pour moi, c’est la résilience, c’est le nerf de la guerre, et c’est ce que j’ai réussi à entreprendre.
Les conséquences, ça va être la boulimie et l’anorexie : on les présente souvent comme des maladies mentales ou des troubles du comportement alimentaire, pour moi c’est la conséquence d’un traumatisme.
J’ai eu des troubles alimentaires pendant des années, je me suis fait vomir parce que j’avais besoin de manger énormément à outrance pour combler un vide que j’avais, et finalement besoin de me débarrasser du sentiment de culpabilité.
La conséquence première que je ressens à titre personnel, c’est la culpabilité. Souvent, je me rends compte, même les personnes qui viennent me parler, se sentent coupables de ce qu’elles ont vécu, elles se chargent de la culpabilité de leur agresseur. Bien souvent, les agresseurs font partie du cercle familial ou en tout cas du cercle proche, et dans ces cas-là forcément ces personnes sont condamnées au silence, ont peur de dire les choses parce qu’ils ont peur de déranger.
Autre type de conséquence, ça va être les comportements avec les hommes.
Je sais que j’ai eu des comportements avec les hommes où on aurait pu me traiter de tapin, que je ne me respectais pas et ainsi de suite…. Le truc c’est que quand on t’a appris petite que pour recevoir de l’amour, il faut « te donner », il faut faire des choses sexuelles, forcément ton cerveau l’enregistre comme le ferait un ordinateur, et plus tard, ce type de données vont influencer logiquement ton comportement avec les hommes.
Les personnes extérieures, en général, vont juste te juger et pas se poser les bonnes questions de « tiens mais au fait, pourquoi elle agit comme ça ? »
Donc les agressions sexuelles, ça entraîne plein de conséquences.
Les troubles alimentaires, des comportements avec les hommes particuliers, un manque de confiance, un besoin de reconnaissance qui est ÉNORME, et ce qui va d’ailleurs nous mener à nous enticher du premier venu parce que tout simplement, nous avons besoin d’amour.
Autre conséquence dont tu parles sur ton compte Instagram, tu as donc dû te couper de certaines personnes, de ton entourage, des personnes qui ne t’ont pas soutenue ? Quelle a été la réaction de tes proches, et notamment, de ta maman ?
Tiens, question super intéressante.
Parce qu’encore une fois : on ne parle pas assez de l’entourage, de comment celui-ci va accueillir la chose et va gérer la chose. Parce que finalement, ce qui va être déterminant dans ta reconstruction, ce sont les personnes qui vont te soutenir.
Et moi ce n’a pas été le cas…
Si tu veux, je te refais le topo.
J’ai grandi dans une famille totalement disloquée, mon père n’était pas là, ma mère avait déjà des troubles du comportement à tendance un peu bipolaire, elle était souvent sous l’emprise de la drogue, elle prenait beaucoup de substances illicites.
Elle s’est entichée d’un homme avec qui elle est restée pendant des années, qui n’était donc pas mon père biologique, et moi j’ai été rangée dans l’espèce d’unité familiale qu’ils ont construit.
Un jour, ils ont eu des enfants, et à partir de cet instant je n’étais plus la bienvenue.
Cet homme n’était pas mon père légitime, ils avaient créé leur univers, donc pendant longtemps je suis restée enfermée dans ma chambre. Je ne sortais pas de ma chambre, on ne voulait pas me voir.
J’étais livrée à moi-même, et c’est là que j’ai fait la connaissance de ce « voisin ».
C’était mon voisin.
Un homme qui avait une cinquantaine d’années, qui avait déjà à charge des enfants (je ne suis pas la seule victime de cette histoire-là), je me suis liée d’amitié avec cette autre petite fille qu’il « gardait », et ça a commencé comme ça.
Un manque de repère : ça a commencé par une caresse et j’ai pris ça pour de la tendresse.
Dans mon cercle familial, je n’avais personne pour m’épauler, j’étais vue comme ma mère m’appelait souvent, « une source de problèmes » parce que j’étais un obstacle et un frein à sa nouvelle vie.
J’ai donc été violée pendant plus de deux ans par cet homme-là, et ce qui s’est passé, moi je n’aurai jamais osé le dire parce que je savais très bien que ma mère était violente et il m’avait souvent menacé en me disant si tu vas le dire à ta mère… Non pardon : « si tu ne dis pas non et si tu refuses ce que j’ai envie de te faire je vais le dire à ta mère. »
Ça s’est su comment ?
Eh bien un jour, j’étais chez ma mère (parce que je vivais très souvent chez lui en général), et les gendarmes ont frappé à la porte et ils nous ont dit qu’ils avaient retrouvé les vidéos pédopornographiques sur lesquelles j’étais dessus. Et c’est comme ça que ça s’est su.
Quelqu’un avait donc contacté la police ?
En fait, les policiers font souvent des recherches sur les ordinateurs. Et il se trouve qu’ils avaient déjà été sensibilisé aux problèmes de cette personne-là, et ils ont retrouvé près de 420 000 clips de vidéos pédopornographiques sur lesquels j’étais dessus. Et malheureusement et heureusement pour moi il avait déjà tout avoué à la police lorsqu’il s’est fait arrêté. Et donc ils sont venus frapper à ma porte, et c’est comme ça que tout s’est su.
Je n’ai pas eu du tout le soutien de ma mère à ce moment-là, bien au contraire, comme je viens de l’écrire récemment dans mon feed instagram (d’ailleurs j’ai remis tous mes textes et la fréquence est plus régulière en ce moment parce que j’avais dû supprimer tous mes textes pour changer de ligne éditoriale).
Ma mère, quand ça s’est su, m’a dit que pour elle, j’avais dû aimer ça, parce que sinon pourquoi ça aurait duré aussi longtemps.
Après la justice s’en est mêlée, mais clairement personne de cette bulle-là ne m’a prise en charge.
Est-ce qu’à ce moment-là tu as eu un soutien psychologique ? Et d’ailleurs quel âge tu avais lorsque ça s’est su ?
Ça a duré de mes 9 ans à mes 11 ans, et il me semble que je devais avoir 12 ans quand ça s’est su.
Les fréquences des viols ont commencé à diminuer parce qu’il commençait à être inquiété par la justice, ce que je comprends aujourd’hui, et finalement les visites s’estompaient.
Je suis vraiment allée loin avec lui, il m’a emmené jusqu’en Norvège, ma mère a fait une autorisation – c’est vrai que ça surprend toujours – mais elle a signé un papier pour autoriser sa fille à se rendre en Norvège accompagné d’un homme de 54 ans.
Pourquoi en Norvège ?
Ce qu’il faut savoir c’est que c’était un réseau, il n’était pas seul, j’avais rencontré d’autres personnes qui commettaient ce même type d’actes et pourquoi en Norvège, parce qu’il était norvégien.
Il parlait très peu français. On communiquait en anglais ou alors avec quelques bribes de mots en Français. Je tiens à dire aussi, ce sont des questions que j’ai eues et des retours quand j’étais petite qui m’ont profondément traumatisé qui m’ont dit « oui mais, rester aussi longtemps, t’avais le choix, même petite tu étais extravertie… »
Ou même quand j’ai relu le procès-verbal, ils nous décrivent cet homme-là et moi comme un couple, alors que j’avais seulement 9 ans et lui 54 ans.
Extrait de l’ordonnance de mise en accusation de l’agresseur.
Comme j’étais livrée à moi-même finalement, je ne pouvais pas manger à ma faim et avoir une hygiène normale.
J’ai compris que chez cet homme-là, je pouvais recevoir des soins primaires, ne serait-ce que de l’affection et de la tendresse, et c’était finalement un moyen de survie que j’ai dû utiliser pendant plus de deux ans.
Comment décrirais-tu ton agresseur ?
Je pose la question parce qu’on a tendance à percevoir ce dernier de manière très cliché (un homme crapuleux, trapu, méchant, qu’on reconnait tout de suite au coin de la rue…) alors que j’imagine que dans la réalité cette description stéréotypée est loin d’être la seule.
Est-ce qu’aujourd’hui, en le voyant, tu te serais dit ah oui ce mec-là, c’est un type horrible ?
Très bonne question, et tu parles de cliché en plus c’est parfait, parce que justement : très souvent, quand on présente un agresseur, ou les agresseurs dont on entend le plus parler à la télé, ce sont régulièrement des inconnus qui ont violé des jeunes filles au coin de la rue… Non, ce n’est pas ça (pas dans la plupart des cas).
Dans 90% des cas, l’agresseur est très proche de la famille.
C’est un parent, un frère, une sœur, parce que oui il n’y a pas que les hommes qui commettent des actes de pédophilie – c’est important aussi de le dire – et justement lui, c’est monsieur tout le monde.
Il est le monsieur qu’on a envie d’apprécier, il va rendre des services, il va savoir se rendre indispensable… Comme une araignée il va tisser une toile, et finalement représenter le sauveur.
Moi, aujourd’hui, avec mon regard d’adulte, comment je vais le décrire ?
Je vais le décrire comme quelqu’un de penaud, qui fait de la peine, pas quelqu’un qui fait peur.
Une personne qui inspire de la sympathie et de la bienveillance, pas du tout la bête affreuse que l’on peut s’imaginer. C’est quelqu’un de très intelligent, de cultivé, qui a su se rendre indispensable et pourquoi, parce que déjà il avait beaucoup d’amis, les gens l’appréciaient. Les gens l’appréciaient tellement qu’on leur confiait leur enfant.
Tout à l’heure, tu nous expliquais qu’il s’agissait d’un « réseau », de quel réseau s’agit-il ? Un réseau pédophile norvégien, français ? Ou les deux ?
C’est à travers le procès-verbal que j’ai compris que c’était un réseau, moi à titre personnel, j’ai connu un autre homme. Il faut savoir qu’en Scandinavie, dans les pays nordiques en tout cas, on met en avant les droits de la femme, il y a énormément de pédophilie et de réseaux qui se créent là-bas.
Ce qui s’est passé, c’est que lui est arrivé en France grâce à l’intermédiaire d’un ami qui vient du Danemark et les deux avaient une appétence pour les enfants et ils s’échangeaient des mails régulièrement. Et cet homme-là fournissait des médicaments, du GHB principalement, pour pouvoir nous endormir. La jeune fille qui a vécu ce traumatisme et moi subissions des actes d’agressions et de pénétrations sexuelles pendant que l’on dormait.
Voilà, il allait se fournir chez cet homme-là, et c’est même cet homme-là qui l’a mis en garde au bout d’un an, un an et demie, en lui disant attention, ça commence à se voir ta relation avec les filles, ça commence à être dangereux.
C’est comme ça que les choses, les liens se sont étiolés jusqu’à finalement ne plus arriver.
[Silence] … Merci beaucoup en tout cas de nous raconter tout ça. C’est super important d’en parler.
Au niveau de la prise en charge, es-tu allée voir des associations personnellement, ou est-ce qu’il y en a certaines que tu recommanderais sans hésiter ?
Alors, moi non, je n’ai pas été prise en charge.
C’est d’ailleurs ce que je regrette et ce que j’aimerais mettre en avant, c’est que de mon côté quand ça s’est su, je n’ai pas été prise en charge. C’est pourtant ce que j’aurais souhaité, et c’est d’ailleurs un de mes combats, à mon sens chaque victime, peu importe l’âge, l’acte, ou le degré de traumatisme vécu, devrait se faire financer un suivi psychologique, thérapeutique de qualité.
Et quand je dis ces mots, attention, je ne parle pas de psychiatrie.
Parce qu’évidemment, ok, les psychiatres sont remboursés par la sécurité sociale, mais pour en avoir vu plusieurs, à mon sens la psychiatrie n’est pas adaptée à ces traumatismes.
Je n’ai donc pas été prise en charge et j’étais aussi dans un flou total, ça a d’ailleurs été la dégringolade, je suis tombée dans l’alcoolisme, les comportements déviants avec les hommes, la boulimie, j’étais dans un schéma très autodestructeur.
Le déclencheur ça a été une rencontre, mon compagnon actuel, il m’a dit écoute, il faut que tu vois quelqu’un. Et là, j’ai commencé à entreprendre les démarches mais j’ai toujours été craintive et sauvage par rapport à ça, et finalement je suis allée moi-même tester différentes thérapies avec des psychologues, avec des techniques adaptées, etc.
C’est comme ça que j’ai réussi à avancer, à être un peu plus chaque jour dans la résilience.
Aujourd’hui, l’écriture, c’est vraiment l’une de mes meilleures thérapies. Ce que j’essaie de mettre à travers mon compte instagram, les sondages et les questions-réponses, c’est que tout le monde peut parler de manière anonyme et ça, ça fait énormément de bien.
Juste libérer la parole.
Après, trouver un exutoire. Un moyen d’expression, le sport, le dessin, n’importe quel moyen pour exprimer ce que l’on a en soi.
Par rapport à ta mère, quelles ont été les étapes pour te détacher d’elle, et de ses jugements incessants à ton égard ?
Quand ça s’est su, ma mère a eu un comportement très violent avec moi c’est-à-dire qu’elle ne me considérait plus comme un être humain.
Elle a été très très violente avec moi, elle a commencé à me frapper de plus en plus fort, elle me crachait dessus en public… elle n’avait plus aucune considération pour ma personne. Et elle avait des troubles avec les addictions, et elle n’a pas été capable de gérer sa culpabilité, elle a préféré me la faire endosser, parce qu’elle s’est rendu compte à quel point ce qu’elle avait fait et ce qu’elle avait laissé faire c’était horrible et finalement elle s’est réveillée de ses années d’absence durant lesquelles elle n’était absolument pas dans son rôle.
Ce qui s’est passé, c’est qu’elle était donc avec son compagnon qui était lui aussi très dépendant de l’alcool (donc lui aussi était nocif), puis ils se sont séparés, et une fois en instance de séparation, l’homme avec qui elle était a récupéré la garde de mon frère et de ma sœur, et moi je suis allée quelque temps chez sa famille, mais je n’avais nulle part où aller, parce que ma mère était rentrée en hôpital de jour. Puis elle m’a dit tu vas aller chez ta tante.
Ma tante que je remercie profondément qui m’a vraiment permis d’avancer. Elle m’a dit tu vas aller chez elle en vacances. Puis finalement, tu y restes.
Je suis restée là-bas chez ma tante – là-bas : Bordeaux, je suis passée de Nice à Bordeaux – et pendant longtemps j’avais besoin de ce lien avec ma mère. Je me rendais compte qu’elle était toxique et nocive, mais pendant des années j’ai cherché le lien avec elle, j’avais besoin de cette reconnaissance maternelle, d’être l’enfant de quelqu’un, que quelqu’un dise de moi que j’étais quelqu’un de bien, que l’on me donne cette confiance que je n’avais pas, jusqu’à ce que je me rende compte que c’était plus nocif qu’autre chose pour moi.
Depuis près de deux ans, j’ai réussi à faire un deuil de ma relation avec ma mère.
C’est réellement ça, j’ai fait le deuil de ma mère.
Vous n’avez donc plus aucun contact ?
Non, plus aucun contact, elle est bloquée de partout, le problème en fait c’est qu’elle ne reconnaît qu’à moitié sa culpabilité, ça c’est très difficile pour moi parce que c’est comme si je me manquais de respect encore une fois à moi-même en l’autorisant à avoir une influence sur moi, ou à lui permettre de me juger ou quoi que ce soit d’autre après tout le mal qu’elle m’a fait.
Je ne veux pas non plus qu’elle rentre dans la famille que j’ai réussi à construire aujourd’hui. J’ai fait le deuil, pour moi, elle n’existe plus, elle est à part, je ne la vois plus, c’est mieux comme ça.
Il m’a fallu du temps pour l’accepter parce que c’est dur, parce que ça reste ma mère, et surtout parce que c’est difficile de grandir sans parent, parce que forcément on va chercher des modèles chez n’importe qui et tous les modèles ne sont pas bons.
J’avais souvent ce manque, ce besoin de m’identitifier à quelqu’un…
Et voilà, aujourd’hui, c’est chose faite, le manque est comblé, je suis plutôt contente ! [rires de joie]
Ta tante finalement a pris en charge ton éducation c’est bien ça ? Est-ce que tu as pu tout lui raconter, ou alors la police l’en a informé ? Comment ta tante a-t-elle accueilli les faits ? A-t-elle su t’écouter ?
Oui !
Ma tante l’a su par ma mère, et au moment où elle a compris, elle a dit à ma mère « je veux bien venir chercher ta fille, elle vient à la maison, mais je ne veux plus te voir ». Aujourd’hui ma tante ne parle plus à ma mère, elle ne lui pardonne pas ce qu’elle a fait.
Il faut aussi savoir que dès ma naissance, en Tunisie, j’avais une relation très privilégiée avec ma tante et elle me disait souvent que quand elle m’a vu la première fois elle a eu un coup de foudre pour moi, elle a souvent fait des allers retours entre la France et la Tunisie pour venir me voir, elle a toujours été là dans ma vie, elle a été là quand j’en avais besoin, à mes 13 ans, quand je suis venue habiter chez elle.
On n’a pas forcément parler de ça, mais elle m’a appris des choses que je n’avais pas.
Quand je dis que j’étais enfermée dans une chambre, c’est réel, c’est-à-dire que j’ai déjà passé un mois et demi sans me laver, sans avoir de soins, sans me doucher. Ma tante m’a appris à me mettre à table, à manger avec des couverts, à avoir une hygiène, c’est peut-être banal, mais le fait de changer de culotte tous les jours, de se doucher, de prendre soin de soi, elle m’a appris le goût de la lecture, elle m’a appris à bien m’exprimer… Toutes ces belles choses-là.
[Parenthèse] Est-ce que tu as lu Le Consentement de Vanessa Springora ?
Non pas du tout mais je vais le noter !
De quoi ça parle ?
C’est l’histoire de Vanessa Springora, l’autrice, qui a été abusée par Matzneff alors qu’elle était mineure.
Bien sûr ce n’est pas la même histoire [NDLR et de toute façon chaque histoire est unique] C’était juste pour rebondir sur l’aspect exutoire, la lecture aussi peut aider j’imagine à mieux comprendre les rouages de ce que l’on a subi.
Oui, c’est super intéressant.
Récemment j’ai regardé un film, je ne sais pas si vous l’avez vu, Les Chatouilles, d’Andréa Bescond, et ça a été la première fois où j’ai vu qu’une personne racontait son histoire qui s’est déroulée dans un cercle familial, j’ai trouvé ce film extraordinaire.
Oui, il est top ce film. Si je te parlais du livre, c’est parce qu’elle parle aussi de la complicité de sa mère qui était témoin de cette relation avec cet homme, qui l’a même presque mise dans les pattes de son agresseur.
C’est hyper intéressant qu’on parle des femmes en effet, parce qu’on est figés dans le cliché que la femme est un être extraordinaire, presque surnaturel, bienveillant, on n’accepte pas que la femme puisse avoir des défauts, et on ne parle pas assez des filles ou des femmes qui agressent alors que c’est une réalité.
Il y a d’ailleurs énormément de femmes qui sont complices de ces actes-là pour retenir leur homme, parce qu’elles ont compris que l’homme était intéressé par la jeune fille et non par elles, et il y a aussi d’autres cas où des femmes vont privilégier leur mari, leur relation au détriment de leurs enfants, et ça a été le cas de ma mère.
Autre livre que j’ai lu récemment, qui est certainement plus connu et davantage médiatisé : la Familia Grande, tu connais ?
Ah ! Oui, tout à fait, de Kouchner !
C’est d’ailleurs ce qui a donné un souffle au mouvement #metoo inceste et ça aide énormément.
Il était temps que la parole se libère.
[Fin de Parenthèse] Pour revenir au profil de ton agresseur, et pour libérer la parole et briser les clichés justement ! Est-ce que ton agresseur était marié, avait une compagne ? Allait-il jusqu’à agresser sexuellement ses propres enfants ?
Alors, il était natif de la Norvège, il était en couple, marié, et avec sa femme ils ont eu un fils et une petite fille. Ils se sont séparés, c’est là qu’il est parti vivre à Nice avec son fils, alors âgé de 16 ans.
Il se sont installés dans la maison juste à côté, qui était collée à la nôtre.
Quand je parlais de 420 000 vidéos tout à l’heure, ce sont des vidéos donc de moi, et d’une autre petite fille.
J’ai connu quatre ou cinq autre personnes victimes de ses agressions sexuelles.
Il y avait la fille avec qui j’étais, qui était à l’époque mon amie, qui a vécu ces traumatismes-là, mais elle a réussi à partir avant. Il y avait des jeunes filles aussi, qui, lorsqu’on est partis en Norvège, j’ai compris qu’il se passait quelque chose parce qu’il allait souvent « aider leur famille » parce que les parents étaient sourds-muets etc.
Moi, pendant ce temps-là, j’allais souvent dans une maison où il y avait une jeune fille, qui s’appelait Matilda, et en parlant avec elle, même si on ne parlait pas la même langue, j’ai compris qu’elle avait vécu ça.
Par la suite dans le procès, ça a aussi été dit.
Aussi, je me rappellerai toujours la photo d’un petit garçon métisse qui était sur son bureau. J’ai compris à travers ces photos que lui aussi avait vécu ces actes atroces.
Es-tu restée en contact avec cette amie ? As-tu revu Matilda, et / ou ce petit garçon ? As-tu renoué contact bien plus tard ?
La jeune fille française avec qui j’étais amie, j’ai essayé de lui reparler récemment
Et c’est là qu’on voit que finalement, on vit tous des traumatismes et on les gère tous différemment, parce qu’elle, elle est dans une forme de déni.
Elle a été beaucoup plus impactée, ça a généré énormément de névroses chez elle.
J’ai essayé de lui reparler mais pour elle c’était trop violent, trop traumatisant, on a eu un échange assez bref et assez superficiel, elle n’a pas voulu parler avec moi. Pour elle c’était trop, et ça je le respecte tout à fait. Mais donc, non, il n’y a pas eu de lien particulier ensuite.
Tu nous parles d’agressions sexuelles, était-il également violent physiquement ? Est-ce qu’il vous frappait ?
Non justement, comme je disais tout à l’heure, ce serait effectivement un autre cliché à briser puisque non il ne faisait pas peur du tout, il parlait tout doucement, il avait l’air un petit peu penaud. Il exerçait une menace en me disant qu’il allait tout dire à ma mère, il y a eu une seule fois où il m’a insulté en anglais parce que j’ai refusé un rapport sexuel dans une voiture, je ne voulais pas qu’il me touche.
Sinon la plupart du temps, dans sa maison, alors que son fils y vivait, on avait une chambre « à nous », il nous achetait des vêtements, parce qu’il avait beaucoup d’argent, j’avais un collier serti de diamants avec la première lettre de mon prénom… On était pourries gâtées en fait.
Moi je ne voyais qu’une chose, quelqu’un qui subvenait à mes besoins.
C’était quelqu’un qui nous achetait continuellement, et lorsqu’il y avait un refus la menace c’était soit « tu ne m’aimes pas » ou alors « je vais le dire à tes parents ».
C’était de la violence psychologique, avec un lien de subordination. Il avait un ascendant sur moi, et il savait que je n’avais nulle part où aller.
Est-ce qu’à ce moment-là, tu savais que c’était un agresseur ? Avais-tu abordé la question de l’éducation sexuelle avec ta mère ou d’autres adultes, des professeurs ?
Je n’ai jamais abordé ça avec ma mère, en revanche j’avais conscience que c’était mal, j’avais l’impression que c’était de ma faute, que j’allais le chercher et que j’étais quelqu’un de seule, pour moi c’était forcément moi la coupable.
Je pensais que c’était moi qui avais fait une grosse bêtise, que c’était extrêmement grave mais je savais très bien du haut de mes neuf ans, que j’étais obligée de me mettre dans cette situation-là pour pouvoir fuir la violence qu’il y avait au sein de mon foyer, avec ces personnes complètement droguées, shootées dans une autre réalité.
J’essayais de me déconnecter de ce schéma-là pour tomber dans un autre schéma, où finalement j’agissais un peu comme la petite adulte, « OK, donc pour survivre il faut que je fasse ça », je répondais à ses avances, je savais très bien ce qu’il fallait faire, il m’a vraiment…
Ce qui est vraiment étrange avec lequel j’ai beaucoup de mal avec ma sexualité, c’est qu’il m’a éduqué sexuellement où dans le sens c’est avec lui que j’ai appris à faire des fellations, comment faire des strip-teases, comment satisfaire un homme, il y a vraiment une éducation, il a donné des cours hein, il y avait des journées où il donnait des cours : qu’est-ce qu’il fallait faire, comment te comporter, il m’habillait avec les vêtements qu’il lui plaisait…
Tout ça, ça a été très difficile.
[Silence] C’est dur de trouver les mots ! On a envie de dire désolée que tu aies vécu ça, on aurait voulu que ça ne t’arrive jamais…
C’est extra déjà d’accueillir ce que je vous raconte, si j’étais à votre place, j’aurais envie de rentrer dans l’ordinateur ! Déjà un grand merci, vous restez là, vous restez calmes, c’est pas évident de recevoir tout ça. Merci infiniment de me donner la parole parce que moi aujourd’hui c’est que j’ai envie de faire c’est d’insuffler un nouveau souffle, un nouvel élan, je veux pas de pitié ou quoi que ce soit, je suis là OK, c’est arrivé, on va se battre.
Surtout, je veux déculpabiliser les victimes par rapport aux comportement que ça génère, dire en aucun cas ce n’est de votre faute, on est ensemble : plus jamais silencieuses, ensemble, on est plus fortes.
Aujourd’hui, tu es maman ? Est-ce que tout va pour le mieux maintenant ?
Oui, je suis maman d’une petite fille qui va bientôt avoir neuf ans.
Je l’ai eue très très jeune, à l’âge de 17 ans suite à un déni de grossesse. Non ça a été difficile, comme un spasme à mes engagements, parce qu’il y a un tabou autour de la maternité de « oh la la, c’est le coup de foudre, c’est génial, tout va bien », on parle aussi du baby blues, un nom bien joli pour décrire des sentiments qui sont totalement différents.
Non clairement, je le dis, ça n’a pas été le coup de foudre, j’ai accouché, quand je l’ai su j’en étais à cinq mois et demi, j’ai mis près d’un an, un an et demi, à comprendre que j’étais mère, à l’appréhender, à l’apprivoiser, et à l’aimer tout simplement.
Au début, j’étais un peu la maman mécanique, je faisais tout ce qu’il fallait faire, ce qui était écrit dans les livres, ce qu’on m’avait dit « oui il faut allaiter parce que si tu n’allaites pas tu vas ressentir de la culpabilité etc » donc j’allaitais etc. je suivais tous les conseils adaptés, j’ai vraiment mis du temps à apprendre à être mère, et j’apprends encore à l’être. C’est pas évident, parfois j’ai tendance à transposer ce que moi j’ai pu ressentir sur elle, donc je suis aussi très parano, j’ai peur de lui transmettre ce que j’ai vécu, ce n’est pas la relation la plus épanouie de l’univers mais je fais de mon mieux. Je pense que c’est le principal, je fais de mon mieux, je ne suis pas parfaite loin de là, je fais plein d’erreurs tout le temps, mais je fais de mon mieux pour la protéger et aujourd’hui je l’aime !
Je l’aime, c’est ma fille. Et ça, c’est bien de pouvoir le dire, mais aussi de pouvoir le ressentir.
C’est très courageux de ta part, déjà d’avoir souhaité la garder c’est bien le signe qu’il y avait dès le départ un amour très fort, une envie de transmettre, malgré ton déni de grossesse j’imagine, est-ce qu’à un moment donné, avant ton accouchement tu t’es posée des questions, notamment liées à une éventuelle adoption ?
Ah oui ! Bien sûr.
Très honnêtement, si je l’avais su avant d’en être à cinq mois et demie, j’aurai tout fait pour avorter. Je me suis renseignée, j’ai appelé des centres, etc. Il n’y avait qu’aux Pays-Bas d’ailleurs où j’avais la possibilité d’avorter à cinq mois de grossesse, cependant je n’avais pas les moyens nécessaires….
C’est peut-être horrible ce que je vais dire mais j’aurai préféré interrompre ma grossesse plutôt qu’une autre personne que moi s’occupe de mon enfant.
Je n’aurai pas pu vivre avec l’idée que je ne connais pas mon enfant, qu’il grandit, alors que c’est mon être, c’est la chair de ma chair, j’aurai pas pu vivre avec ça.
C’est peut-être égoïste, parce que j’étais à la rue à ce moment-là, je n’avais pas du tout les moyens nécessaires pour élever un enfant correctement mais je ne voulais pas que ce soit une autre personne qui ait cette responsabilité-là.
Pour moi, c’était hors de question de ne pas connaître mon enfant.
Et en même temps, je reconnais que c’est un choix égoïste, parce qu’elle a grandi dans des conditions qui étaient très compliquées. J’ai vécu pendant deux ans dans un foyer maternel et les foyers maternels malheureusement…
Heureusement que ça existe, mais disons que ce n’est pas ça, on a vécu dans un 15 mètres carrés pendant plus de deux ans et demie, on dormait dans un lit une place, dans des conditions très précaires, moi j’étais totalement à ce moment-là dans l’autodestruction, elle a vu beaucoup de mes comportements nocifs et auto-destructeurs, voilà.
J’ai grandi avec elle, donc forcément elle a aussi une éponge émotionnelle, elle a ressenti tout ce que j’ai pu vivre. Aujourd’hui je m’en rends compte, ce n’est pas comme les autres enfants, elle a certaines réactions, je me dis en même temps ce n’est pas grave, moi j’ai vécu ça, ça m’a rendu plus fortes aujourd’hui, je ferai de mon mieux, on va grandir ensemble et petit à petit j’arrive à lui redonner vraiment sa place d’enfant que je n’ai pas très bien su lui donner quand elle était petite, et moi devenir vraiment parent.
Est-ce que tu as parlé à ta fille de ce qu’il t’est arrivé ?
Elle est encore très jeune, je ne voudrais pas qu’elle ait peur des hommes et qu’elle porte ma culpabilité et mon fardeau. Même si je suis très parano, qu’elle ne va pas chez des copines, que je suis très protectrice parce que j’ai trop peur et que je pourrai pas survivre à ça parce que s’il arrive la même chose à mon enfant pour moi j’aurai reproduit le schéma et tout raté.
Elle est encore jeune, je n’ai pas envie de lui donner mes peurs. C’est peut-être quelque chose que je partagerai avec elle sous forme d’écrit, parce que c’est vrai que j’aimerai beaucoup écrire un livre.
Peut-être lui donner mon histoire…
Mais je tiens à ce qu’il y ait une certaine forme de pudeur entre elle et moi, qu’il y ait mon histoire d’un côté, de l’autre mon enfant. Je tiens aussi à mon intimité, et je tiens à la préserver en posant une barrière, afin qu’elle ne se responsabilise pas de ce que moi j’ai vécu. Malheureusement, c’est ce qu’elle a fait par moment quand je n’étais pas bien, elle essayait de me consoler, elle a vu des choses qu’elle n’aurait pas du voir lorsque moi-même j’étais trop jeune pour lui donner sa place d’enfant. Donc aujourd’hui, j’essaie de la préserver au maximum.
En revanche, j’essaie de lui donner des valeurs, de lui donner certaines choses, je n’ai pas toujours les bons mots mais j’essaie.
À propos d’éducation, que penses-tu de notre système actuel, en France, quelles améliorations souhaiterais-tu voir ? Est-ce que tu es plutôt positive, optimiste par rapport à l’avenir de l’éducation française ? Qu’est-ce que tu aurais envie de transmettre ?
Quand je regarde la société actuelle, je vois une hypersexualisation de la société et notamment des jeunes enfants. Il y a une forme d’hypocrisie, on transmet des messages du type « oui, il faut bien te protéger, etc. » et à côté de ça on met en avant des modèles qui ne sont absolument pas féministes.
Or, ce sont ces modèles que l’on va transmettre aux enfants, et c’est là où je ressens une certaine forme de colère.
Pour moi, l’école d’aujourd’hui n’assume plus ce rôle-là. Et en même temps, j’ai envie de dire c’est normal, logique !
Aujourd’hui les professeurs ne sont pas assez payés, on ne met pas assez en valeur leur travail, ils ne travaillent pas dans des conditions optimales, à partir de là on comprend qu’ils se découragent. On a totalement déconstruit les codes de l’éducation.
Je pense aussi que c’est surtout aux parents de se responsabiliser, de donner des valeurs positives à leurs enfants, de les éduquer, de les protéger, de leur dire « voilà, si tu as envie de faire ça, retiens bien que c’est ton corps, c’est toi qui choisis etc. ». Ce qui serait super ce serait de faire plus de prévention dans les écoles…
Quand je dis tout ça, j’ai conscience de ne pas être un modèle d’éducation, je fais de mon mieux. Je ne suis pas la maman qui va emmener son gamin à l’école Montessori ou qui va faire des jeux toute la journée.
On te rassure, il n’y a pas de mode d’emploi ! [rires]
C’est clair !
Il n’y a pas de mode d’emploi, je ne suis pas toujours en train de m’extasier ou de m’émerveiller devant ma fille, toutefois ce que j’estime important c’est le dialogue, faire en sorte que les enfants restent des enfants, les protéger au maximum de la télé, des réseaux sociaux, d’essayer d’arrêter de vouloir les faire grandir trop vite.
J’aimerai éclaircir un point, par rapport à la justice : ton agresseur a-t-il été jugé, condamné ?
Oui, comme c’était un crime, ça s’est passé aux Assises…
D’ailleurs, ce que je reproche justement à la Justice, c’est qu’elle est à deux vitesses. Souvent, ça met énormément de temps, etc. J’ai eu de la chance, malheureusement pour les victimes actuelles peut-être qu’elles en ont moins, mais dans mon cas ça s’est passé très vite.
Il y a eu les faits, même pas un mois après, le procès a eu lieu. Alors que souvent, ça peut s’étaler sur des années de procédures…
Je vais faire une petite parenthèse, moi, quand ça s’est su, je suis partie à la gendarmerie. Là, je suis arrivée dans une salle très froide, il y avait des murs gris, un caméscope devant moi et on m’a posé des questions, et notamment celle-ci « alors, qu’est-ce qu’il a fait avec son sexe dans ta bouche ? »
Pour moi c’était traumatisant, j’avais honte, j’étais dans une salle très froide, avec des adultes face à moi. Déjà, je pensais que c’était de ma faute alors… Je me suis effondrée.
Je me suis enfermée ensuite dans un mutisme, et je n’ai plus rien dit.
Heureusement qu’il a avoué, et qu’il y avait des vidéos où l’on voyait clairement tout ce qu’il avait fait, parce que moi je ne pouvais pas dire ces choses-là, à 12 ans, des choses « sales » en fait dont je me sentais coupable. Avec du recul, je me dis qu’il y a vraiment un travail de prise en charge à faire.
Pour revenir au procès, il a duré plus d’une semaine et demie, il y avait des jurés, il y avait des pièces à conviction, j’ai dû m’exprimer à la barre. J’ai juste dit que c’est bon, la page était tournée. En réalité, j’aurai aimé dire « oui, vous vous intéressez à la personne qui m’a fait du mal, mais ma mère aussi m’a laissé aller chez lui, a été très violente, aujourd’hui ma mère me frappe tous les jours et elle me crache dessus parce que moi je suis sale. »
J’aurai voulu dire ça.
L’agresseur l’a dit lui-même au procès, il a dit « oui, mais en même temps sa mère était très violente avec elle ». Je regrette que la justice ne s’en soit pas mêlé, on ne s’est pas posé la question « tiens, mais c’est pas normal qu’une maman laisse son enfant avec un adulte de 54 ans pendant plus de deux ans. » Il venait me chercher à l’école, je suis partie en vacances avec lui, c’est allé très loin.
Bref.
Il a pris 20 ans, et finalement, il n’a fait que 14 ans (pour mon affaire).
J’ai reçu 45 000 euros de dommages et intérêts que je n’ai pas touché, que ma mère m’a encaissé et que ma mère me doit.
J’ai reçu, il y a deux ans et demie, une lettre écrite en anglais, très froide, sur un papier blanc, avec écrit « Votre agresseur a été libéré pour remise de peine ».
C’est-à-dire qu’on met des dispositifs en place pour les agresseurs, on lui a permis de faire sa peine en Norvège, et plus en France, parce qu’il avait de la famille en Norvège et que c’était mieux pour la réinsertion, ok, très bien, et moi on ne m’a pas prévenu, il n’y avait personne pour m’accompagner, pour m’aider, c’est d’ailleurs pour ça que ma mère a touché les dommages et intérêts, et on te dit comme ça : « votre agresseur est libéré ».
Ah oui… Il y a du boulot en France.
Oui !
D’ailleurs, quand on va porter plainte, la prise en charge semble souvent délicate, voire inexistante.
C’est sûr, la prise en charge elle n’est pas là ! C’est vrai qu’ils essaient de créer de plus en plus de formations, de dispositifs pour effectivement leur donner des techniques, quelles questions à poser, comment faire, comment déceler un enfant qui est victime, qui dit vrai, qui dit faux, ils essaient avec les enfants de faire ça avec des poupées, mais bon, c’est toujours glauque ce décor, malaisant.
Ce serait mieux de parler à l’enfant dans son cadre à lui, et pas le faire sortir d’un endroit pour dire des choses très dures. Peut-être lui parler dans un cadre familier, sécurisant, pas dans un cadre austère devant un caméscope placé devant les yeux comme ça où on te dit OK, je vais appuyer sur REC, je vais poser des questions, et tu vas répondre.
Ce qui m’a interpellé aussi, ce sont les mères autour, quand il venait te chercher à l’école : en général il y a toujours plein de mamans, plein de papas, de nounous, etc. Personne ne s’est dit tiens, c’est qui ce mec de 54 ans ? Et même l’école, les intervenants, personne n’est intervenu ?
Je suis entièrement d’accord avec vous, c’est interpellant et c’est pour ça aussi qu’aujourd’hui je suis révoltée parce que non, personne ne s’est posée la question « qu’est-ce que cette gamine fait avec ce vieux monsieur ? »
Parce qu’on était très souvent ensemble, j’étais très souvent dans sa voiture, il m’amenait à l’école, il m’avait acheté des sacs pour l’école, c’est même lui… Parce que m’a mère m’avait abandonné très clairement, un jour je me suis blessée en faisant du roller, je suis rentrée dans une voiture et j’ai eu une double fracture.
Quand je suis allée voir ma mère, elle ne m’a pas cru elle m’a dit non tu n’as rien etc. alors que je souffrais le martyre. Un soir, je suis sortie de chez moi, parce que j’avais peur de ma mère et des répercussions, à 23h30 je suis allée toquée chez ce monsieur-là en demandant s’il te plaît, fais quelque chose, j’ai passé la nuit chez lui, ma mère ne s’est pas inquiétée outre mesure que je découche à 10 ans, et c’est lui qui m’a envoyé à l’hôpital pour une double fracture.
Autre détail : on doit remplir des dossiers à l’hôpital ! Quel est votre rapport avec l’enfant, etc. Je me dis aujourd’hui, pourquoi personne ne s’est intéressé à moi en fait ? Et au-delà de ça, j’avais une hygiène déplorable, j’avais une tête à poux, j’étais harcelée et moquée par tous les enfants parce que j’étais sale, je sentais mauvais… Je n’avais pas d’hygiène, je mettais des vêtements sales, je ne mangeais pas à ma faim, j’étais toute maigre, personne ne s’est posé la question.
Parfois, les gens n’ont pas envie de voir la réalité. Parce que c’est trop dur à affronter, parce que ça demanderait de faire un effort, ils n’ont pas voulu voir ça. Alors que moi j’étais juste, comme disait ma mère, la cassos, la source de problèmes.
Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, et qui ne l’était pas à l’époque, c’est fou aussi de voir qu’aujourd’hui tu es pleine de vie, tu es courageuse, on est admiratives !
Oui il y a vraiment eu une transition et heureusement !
Ce que je me demande, c’est s’il a dû peut-être se faire passer pour ton tuteur, raconter des histoires sur ta famille, se faire passer encore une fois pour ton sauveur auprès de toutes ces personnes qui ne sont pas intervenues ?
Même pas !
Parce que personne ne lui parlait en fait. Ma mère a fait un mot dans mon carnet pour dire que ce monsieur-là pouvait venir me chercher mais personne ne lui parlait. On me voyait avec lui tout le temps, mais rien. Et puis c’est vrai qu’il y avait aussi la barrière de la langue. Mais personne ne s’est intéressé, personne ne s’est dit qu’est-ce qu’il est pour elle ? Qu’est-ce qu’il représente ?
Je vois… On arrive à la fin de nos questions, est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?
J’aimerais bien oui.
On parle beaucoup des victimes, et c’est très bien, il faut en parler. Mais j’ai l’impression qu’il y a une forme d’hypocrisie dans le sens où on parle des actes sexuels mais on parle pas assez des agresseurs.
Il est l’heure d’accepter que dans nos sociétés : ÇA EXISTE.
Ils sont là. Ce serait bien de faire des campagnes de sensibilitation contre la pédophilie, mettre plus en avant l’accès aux soins, et la prévention pour les personnes qui ont ces envies de commettre ces actes-là.
Il y a eu le dispositif STOP qui a été mis en place, avec un lancement de campagne téléphonique officiel d’orientation et de prévention des personnes pédophiles qui a été fait par Adrien Taquet, le Secrétaire d’État chargé à l’espace des enfants et des familles, ce serait bien qu’on mette ça en place de plus en plus. À la base ils se sont inspirés du modèle allemand, il y a beaucoup de personnes qui appellent, c’est très bien parce que ça existe, OK c’est là.
On parle des violences conjugales, des maris qui battent leur femme, on a mis des dispositifs pour eux, on en parle plus librement, il y a eu des campagnes publicitaires et digitales, etc.
Je pense qu’il faut multiplier ces dispositifs, que les enfants sachent que ça existe, qu’est-ce que c’est, que ce soit plus mis en avant et qu’ils sachent aussi ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire dans ces cas-là.
Il faut arrêter tout ce mysticisme autour du pédophile, ce n’est pas un monstre qui n’existe pas, c’est dans notre société, il y en a énormément, il faut les voir, il faut enlever le voile posé sur la pédophilie, on doit faire de la prévention, on ne peut pas s’occuper que des victimes.
Il faut aussi s’occuper des agresseurs, de mettre des choses en place, de faire de la prévention là-dessus.
C’est très intéressant ce que tu dis, tout à l’heure d’ailleurs tu parlais d’hypersexualisation de la société, beaucoup de gens justement n’ouvrent pas les yeux sur le fait que l’on construit des monstres.
Je suis totalement d’accord avec toi, d’ailleurs Adèle Haenel lors de son intervention chez Médiapart l’avait dit je crois pour la première fois, les agresseurs ne sont pas des montres, ils existent dans la vraie vie, dans nos cercles familiaux, proches, et la prévention est essentielle.
Tout à fait, ce serait bien aussi de décrire clairement ce qu’est la pédophilie, ce n’est pas une maladie, c’est la conséquence d’un traumatisme dans l’enfance.
On appelle ça le surmoi et le moi. Dans les premières années de l’enfant, l’enfant va réagir uniquement à ses pulsions. Il a envie de faire quelque chose, il va le faire, il va pas se poser la question du surmoi, qui va filtrer, permettre qu’il intègre ce qu’il faut faire ou ne pas faire.
La personne qui éprouve une attirance pour les enfants n’a pas eu ce filtre-là, il y a eu un dérèglement dans son enfance, ce qui fait que lui, il va répondre à ses pulsions primaires et pour les réprimander ça va être énormément de souffrances pour eux. Ils n’ont pas cette notion-là, ces limites nécessaires. Ils savent que ce qu’ils font est mal, mais le dérèglement est survenu dans leur enfance.
Il faut savoir expliquer ça, donner la définition claire et concrète, prévenir nos enfants, et arrêter de mettre des modèles de jeunes filles… Je pense à un clip, notamment le clip de Britney Spears, Baby one more time, la nana elle est en mini-jupe avec un décolleté avec des paroles très suggestives, et pourtant elle était très jeune.
Aux États-Unis en effet, cette hypersexualisation est ultra présente, et vu que tout ce qui est américain inspire un maximum de pays occidentaux…
Ton exemple me fait penser aussi à la série Stranger Things, l’actrice principale, qui est très jeune, se retrouve dans tous les magazines, à la télé, on dirait presqu’une femme de 25 ans alors que c’est une jeune fille de 13 ou 14 ans.
Bien sûr ! Et d’ailleurs j’ai vu qu’elle apparaissait dans le classement des femmes les plus sexy. Allô, ce n’est pas une femme. Elle est mineure. C’est une enfant.
Je pense aussi au film Léon avec Natalie Portman, elle aussi a été hypersexualisée…
On met ces exemples sur le devant de la scène parce qu’il y a une forme d’innocence qui fait fantasmer. Faut arrêter ça…
Bon après la pédophilie, c’est pas né d’hier, ça existe depuis la nuit des temps, il y a eu des tas d’orgies romaines avec des enfants, c’est quelque chose qui est inhérent à l’Homme malheureusement, mais il faut arrêter de nourrir ces pulsions-là.
Par exemple, je pense à Léa Elui, une française sur TikTok qui fait des danses très sexy et qui a des millions d’abonnés, le problème, c’est que ce sont des gamines de 13 ans qui la regardent.
Le truc c’est que quand tu la vois déjà, tu ne vois pas un pèt’ de poil qui dépasse, tout est parfait etc. donc les filles qui regardent on va se dire pourquoi moi je suis pas comme ça etc. et en plus de ça, ça envoie une image faussée de la réalité, une image très sexualisée, le corps est objectisé.
En parlant d’âge, que penses-tu du débat récent sur l’âge légal de consentement ?
En effet le nouveau seuil de consentement répond à plusieurs affaires qui ont choqué, le fait de passer de 13 ans à 15 ans je trouve ça très important, cependant là où ça ne rentre pas en considération c’est lorsque c’est un adulte de 15 ans avec une personne beaucoup plus ÂGÉE que lui et qui n’a pas forcément d’ascendant sur lui…
Est-ce que l’on qualifie ça comme une atteinte sexuelle ou un viol ?
J’ai du mal aussi avec le fait de différencier une atteinte sexuelle d’une agression sexuelle et d’un viol alors que dans tous les cas la personne a été violée dans son intimité donc ce qui me pose le plus de problème c’est la hiérarchie des violences.
Les lois ne sont pas adaptées à chaque type de situation.
Merci pour ton témoignage Syrine !
Merci à vous les filles, j’ai été ravie de pouvoir m’exprimer.
La question de la fin ! On s’apprête à lancer nos podcasts… Est-ce que ça t’intéresse ?
Vous vous souvenez de l’époque où je cherchais activement un emploi en 2020 (et me suis retrouvée à refuser un poste) ? Ça y est, cette sombre époque est enfin derrière moi : depuis janvier 2021, je suis responsable éditoriale au sein d’une entreprise internationale spécialisée dans les comparateurs, en « FULL REMOTE », autrement dit : en télétravail à plein temps. Vous me direz, si j’ai trouvé du travail, pourquoi revenir sur le sujet et raconter ma vie dans cet article ? Parce qu’en télé-travail il y a plein de choses à comprendre, et quelques petits pièges à éviter… Et notamment le surmenage. Bien accrochés ? C’est parti.
Première impression : le télétravail, c’est le pied !
En 2020, j’étais libérée, délivrée, et surtout… diplômée.
Master 2 de communication digitale en poche (après maintes études de Lettres et de Philosophie en Hypokhâgne, Khâgne, à la Sorbonne, à Paris VII, ainsi que de communication au CFPJ), j’étais sur le qui-vive.
Non, je n’attendais pas à ce qu’une entreprise vienne joyeusement sonner à ma porte, si c’était le cas dans les années 70 d’après mes parents et leur entourage, tout le monde sait qu’en 2020-2021, mieux vaut remuer ciel et terre pour gagner sa vie. Je me suis donc transformée en Sydney Fox à la recherche, non pas de trésor perdu mais d’un réel grâal contemporain : le CDI.
Après avoir dépensé quelque somme non négligeable dans l’achat d’un tailleur propre et cohérent avec la réputation du secteur visé, pris des cafés à 00H00 pour me forcer à candidater jusqu’au bout de la nuit (ce que je ne vous recommande guère), j’ai finalement pris le temps d’écouter mes désirs et réalisé que ce que j’avais envie de faire, j’avais envie de le faire pour moi : en bref, devenir indépendante.
Je me suis donc mise à chercher par monts et par vaux des missions Freelance, un terme anglosaxon servant à désigner un aspect essentiel, travailler à son compte. Après avoir fait en sorte d’attirer le plus de recruteurs sur mon profil LinkedIn, j’ai été rapidement contactée par le directeur d’un magazine français reconnu par la communauté digitale. Je me lançais alors dans la rédaction web, le cœur léger !
J’adore écrire, on apprécie ma plume, c’est un beau compromis professionnel et je suis enfin soulagée d’avoir trouvé mon bonheur.
Réalité : l’incroyable monde des impôts
Le « CAPTAIN OBVIOUS » a encore frappé. Si j’enfonce des portes ouvertes, c’est parce que vous allez voir dans ce qui va suivre que le télétravail, c’est génial, mais ça demande un bol de détermination et une cuillère à soupe d’organisation.
En effet, même si j’adore ce fameux magazine parce qu’il m’avait ouvert le champ des possibles en premier, côté finances, ce n’était pas la même histoire. C’était déjà plus intéressant que des allocations pôle emploi, mais quand on est freelance, il y a un petit détail qui n’échappe à personne : le merveilleux monde des impôts et des cotisations URSSAF.
Celui-ci me réveillait la nuit, m’appelant dans mon sommeil, se faisant passer pour un diable accueillant : « viens Elvire, donne-moi de quoi me sustenter ! »
[Oui, j’ai omis de vous préciser qu’être indépendante, c’est aussi passer par la case impôts, les charges et cotisations, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle de nombreux salariés renoncent devant la porte d’entrée de l’univers freelance. Ce n’est pas un fatras administratif et financier insurmontable, loin de là, mais ça demande un peu d’énergie.]
Travailler, c’est bien… Gagner sa vie, c’est mieux
J’ai donc redoublé d’efforts – bien que les derniers en date aient bel et bien payé puisque l’un de mes articles au sein du magazine avait été repris sur le compte LinkedIn d’un éminent directeur de communication d’un grand groupe – et me suis mise en quête de nouvelles missions rédactionnelles.
Mon corps se changea soudainement en poulpe assoiffé de thune, mes bras, mes jambes, ma tête, mes mains, mon cœur, tout mon être était accaparé à l’idée de subvenir à mes besoins. Même les courtiers de Zola auraient été impressionné. Et mon futur album ? Et le clip que j’ai envie de réaliser ? Et la visibilité des femmes nécessaire au bon déroulement d’une société idéalement non patriarcale et pacifiste ? Le magazine que j’ai envie de faire grandir ? Mon futur voyage au Costa Rica…
Dans ma famille, on m’a souvent dit : l’argent n’est qu’un moyen pour accomplir ses rêves. Ce à quoi ma mère complétait souvent par : « bien sûr, ce n’est pas le seul moyen. Le culot aussi, ça marche bien. Sois culottée ma chérie. »
En ce sens, je ne mettais aucune limite particulière, j’appelais directement des recruteurs et rédacteurs en chef, même si aucune annonce n’était postée. je jetais des bouteilles à la mer dans l’attente d’être comblée et de voir le monstre fiscal de mes insomnies disparaître dans les nimbes de mon compte en banque.
J’abrège : deux nouvelles me tombèrent dessus simultanément, l’une venait d’un cabinet d’expert-comptable, on me demandait de rédiger des articles économiques – j’avais déjà pris l’habitude chez le courtier pour lequel j’avais travaillé en alternance en dernière année – l’autre venait de l’entreprise internationale dont je vous ai déjà parlé en introduction.
Cette dernière m’invitait non seulement à rédiger pour un site assez connu spécialisé en literie, et souhaitait également me voir reprendre les rênes éditoriales de leurs trois sites emblématiques.
En d’autres termes, j’allais pouvoir réaliser des missions de marketing, complétées par des missions de management et d’édition de CMS. J’osais à peine rêver mieux, rien de tel qu’une entreprise à vocation internationale ne serait-ce que pour apprendre à parler anglais, espagnol ou encore allemand, autrement dit développer mes compétences.
Avec ces trois entreprises complètement différentes, j’avais enfin l’esprit tranquille côté finances. L’objectif était atteint.
Cela dit, certains obstacles se sont mis en travers de mon chemin, des pièges que j’aurai pu facilement éviter si l’on m’avait bien expliqué à quoi ressemble le télétravail en 2021. Je vais donc vous donner quelques conseils pour…
Conseils pour télétravailler en liberté
1. Prenez le temps de bien vous organiser
Quand on se lance en freelance, on a tendance à ne voir d’abord que les aspects positifs, mais comme dirait mon père : « veille à bien t’organiser ».
S’organiser quand on est freelance
Si vous êtes déjà inscrits à l’URSSAF, si vous avez bien un numéro de Siret et un code APE, la seule chose qui reste à faire, c’est de vous lancer, et de bien vous organiser.
S’organiser, ça veut tout et rien dire, on est d’accord. Pour faire simple, je vous recommande de créer un dossier intitulé Freelance, dans lesquels vous allez insérer plusieurs sous-dossiers, pour bien séparer vos clients si vous en avez plusieurs. Je vous conseille notamment d’avoir un document Excel, pour inscrire votre comptabilité au fil des mois, et ne pas omettre une partie de votre chiffre d’affaires.
Côté travail, vous allez probablement devenir adepte des to-do !
Travailler en freelance pour des entreprises variées, cela revient à avoir beaucoup de choses à faire, et ce que je vous conseille par-dessus tout : ne pas vous mettre sur toutes missions en même temps.
Arrêtez de vouloir tout faire et tout compléter en une après-midi, ce n’est pas faisable et vous risquez de vous emmêler les pinceaux. Surtout si vous êtes à plein temps dans l’une de vos entreprises : mettez-vous un réveil et travaillez à fond pour celle-ci toute la journée, faites une pause vers 18h, et engagez-vous dans la mission d’une autre entreprise peu après seulement si vous estimez que celle-ci vous prendra une heure grand maximum.
S’organiser quand on est en CDI ou en CDD
Quand on est en CDI ou en CDD c’est complètement différent. Vous n’avez pas à vous soucier outre mesure de votre comptabilité, cela dit, pour les impôts, il est très important de conserver vos fiches de paie soit sur votre ordinateur et sur un complément (disque dur, clé USB), soit physiquement, dans un classeur dédié à la gestion administrative.
L’avantage quand on est en CDI, CDD, c’est que les horaires sont fixes même si nous sommes nombreux, surtout en France, à faire des heures supplémentaires.
Arrêtez-tout : quand il est l’heure de partir, partez, gardez une chose en tête : « ce n’est que du travail ». Si ce travail vous passionne, c’est génial, mais il ne sert à rien de vous épuiser physiquement et mentalement, et d’ailleurs, ça ne vous rend pas plus performant.
2. Fixez-vous des priorités
Si vous êtes une ou un chef-fe de projet né-e, un consultant, une manageuse, bref : un télétravailleur qui doit gérer plusieurs projets en simultané : commencez par prendre du recul sur l’ensemble de vos missions et en un mot : PRIORISEZ.
Tout ne doit pas être fait en urgence, certains projets sont beaucoup plus importants et les autres un peu moins, c’est normal. Si vous êtes junior et que comme moi, vous avez eu du mal à établir clairement vos priorités, inutile de vous mettre la pression pour tout, tout le temps. Vous n’êtes pas UNDER PRESSURE.
Vous êtes maître de la situation.
En général, dans toutes les entreprises, on a tendance à fixer des objectifs de conversion prioritaires, mais tout ne tourne pas non plus autour de l’argent, si vous êtes dans une entreprise humaine et respectueuse de ses salariés mais aussi de la planète, il y a de fortes chances pour que vos priorités soient bien différentes des autres.
En tout cas l’important, c’est d’accomplir votre travail en étant vous-même, et de chercher à apprendre de vos erreurs.
Ce n’est pas la peine de vous mettre dans tous vos états pour le moindre petit détail.
Et d’ailleurs…
3. Détendez-vous ! Ce n’est QUE du travail
Au travail, à moins d’être médecin en télétravail et donc connecté à Skype ou Doctolib, il n’y a pas mort d’homme.
Si vous êtes épanoui dans votre travail, c’est l’essentiel, cela dit il n’y a aucune vie en jeu et si vous sentez que vous êtes en train de tirer sur la corde, surtout, écoutez votre corps.
Dès que vous ressentez une fatigue trop importante, un mal de dos inhabituel, des crampes, des maux d’estomac… Ayez bien en tête que c’est le signe que vous avez besoin de vous reposer et de faire une pause dodo.
En France, nous sommes très à cheval sur les horaires, et on a tous tendance à vouloir prouver notre valeur jusqu’à s’épuiser physiquement et mentalement. Stop ! On est pas des machines !
Je compte sur vous pour vous écouter, vous balader, écouter de la musique entre midi et deux, vous aérer l’esprit pendant vos pauses, la Terre ne va pas s’écrouler parce que vous n’avez pas livré telle refonte de site ou présentation PPT en temps et en heure.
Don’t worry be happy !
4. Ne prenez pas les critiques personnellement
Si vous êtes la petite dernière, le petit nouveau, bref vous venez tout juste de commencer à prendre vos marques dans l’entreprise de vos rêves : vous allez certainement entendre des phrases qui ne vont pas du tout vous plaire et qui risquent de vous bousculer.
C’est une note à moi-même mais aussi un conseil que je vous donne à vous cher lecteur – chère lectrice, ne vous emballez pas pour une phrase prononcée dans la précipitation, par une personne qui subit elle-même un stress important au quotidien.
Quoique ce collègue, cette-ce supérieur-e dise de votre travail, les remarques que l’on vous adresse ne sont généralement pas à charge et n’ont pas pour objectif de vous viser vous personnellement.
Quand on démarre dans la vie professionnelle, c’est très dur de savoir faire la part des choses alors une chose est sûre, ne vous flagellez pas et ne pleurez pas si une toute petite remarque vient contrecarrer votre journée. Cela arrive, et toute remarque au travail est censée être constructive et a pour but de vous aider à avancer.
Ce ne sera pas la première, ni la dernière que vous entendrez, autant vous y faire en répondant calmement et sereinement de la manière la plus intelligible et la plus pertinente possible.
Attention toutefois aux remarques et injures sexistes, aux propos mal placés, et ainsi de suite : vous n’avez pas non plus à encaisser des grossièretés. Si cela vous arrive, parlez-en et trouvez de l’aide autour de vous. Ne restez pas seuls !
Et dites-vous bien une chose, d’après mon psy, ce qu’une personne va dire de vous, de votre travail, ou de vos habitudes, en dit beaucoup plus longuement sur elle que sur vous-mêmes… À bon entendeur !
5. Fixez vos horaires, connaissez vos limites
C’est LA base d’un télé-travail serein.
Si on vous laisse le choix de vos horaires, tant que le travail est fait, ne prenez pas pour acquis que si vous avez envie, vous pouvez vous lever tard et travailler jusqu’à minuit. Bien sûr, c’est un rythme de croisière qui peut correspondre à beaucoup d’entre nous, on est tentés de s’y essayer. Cela dit, ce n’est pas le meilleur rythme professionnel à long terme.
Je vous recommande d’adopter des horaires sains et réguliers, pour ne pas trop vous perturber tant sur le plan physique que psychologique. Parce que tout le monde le sait, se coucher tard, ce n’est jamais bon pour la santé, surtout si vous vous endormez devant un écran.
Autre point très important, connaissez-vous vous-même (#Socrate), connaissez vos limites. Vous savez que vous êtes du genre à s’enthousiasmer pour le moindre projet ou la moindre activité excitante ? Ne foncez pas tête baissée et n’acceptez pas tout et n’importe quoi. Je vous recommande vivement d’éviter le surmenage en acceptant un à deux projets à la fois, et non cinquante tel que vous en rêvez sauf que… Votre corps ne va pas apprécier.
Ménagez-vous, reposez-vous, prenez le temps qu’il faudra, ce n’est que de cette manière que vous allez prouver à votre équipe que vous êtes réellement au top de la performance.
J’espère que ces petits conseils vous ont été utiles 😊
Si vous avez des questions, une remarque, la Team Colette se fera une joie d’y répondre !
Si vous avez des questions, des remarques la Team Colette se fera une joie d’y répondre.
Ils sont jeunes et déjà, conscients des combats inhérents à la lutte féministe. La Team Colette est allée à la rencontre du collectif Sudriettes, une association féministe créée par les étudiants de l’ESME Sudra, école d’ingénieur basée à Paris, Lille, Lyon et Bordeaux.
Mais d’abord. Un petit rappel sur la journée du 8 mars, en quelques dates clés :
Les Sudriettes, jeune asso’ d’ingés engagés
Gabriel et Irène, 19 ans, nous racontent :
« À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le projet initial de l’école était d’offrir des fleurs à toutes les femmes de notre école (ndlr : ESME Sudria) . Cependant, nous les Sudriettes Paris, (et bon nombre des autres associations de l’école) nous étions complètement opposés à cette idée !
Nous avons donc été amenés à proposer autre chose, pour remplacer l’idée de départ. Nous avons proposé de faire des affiches de sensibilisations sur divers sujets et de faire circuler un questionnaire Google form avec des questions assez précises pour étudier et analyser le sexisme au sein de notre école. Nous en avons aussi profité pour mettre en avant notre association. »
Gabriel, Irène et leurs acolytes vous présentent... les affiches Sudriettes !
Le combat pour l’égalité continue à l’école…
Pour la présidente des Sudriettes, Eugénie Beldowski, le combat pour l’égalité est indispensable.
« Avec 9 étudiant.es nous avons créé les Sudriettes Paris car le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est au cœur des débats dans la société française et aussi dans le monde entier.
C’est un vrai mouvement en faveur des femmes qui est en marche, et ce bien au-delà de la mauvaise réputation des féministes et du féminisme en général.
Le féminisme d’aujourd’hui n’est pas contre les hommes, l’égalité se fera avec les hommes.
Les Sudriettes Paris ont choisi de se concentrer sur les sujets liés à leurs études : l’accès des filles aux études d’ingénieurs, la place des femmes ingénieures dans les entreprises, l’égalité des salaires homme/femme dans le monde de l’ingénierie.
En étroite collaboration avec la direction de l’école nous sommes également très vigilant.es au sein de notre école qui à ce jour compte 20% de filles seulement. »
Mais aussi dans la rue !
Cet après-midi, des milliers de manifestantes et de manifestants ont marché dans les rues de Paris pour dénoncer le patriarcat et élever la voix contre les injustices faites aux femmes.
Féminisme : portraits de femmes du monde entier
Pour aller plus loin : les numéros à retenir
Le combat continue !
Toute la Team Colette vous souhaite de belles manifs constructives et sans violence.
Bisous et Courage aux Sudriettes, et à toutes les femmes de la planète ❤️
2021. Biden a enfin remplacé Trump. Des vaccins ont vu le jour… La planète, elle, a toujours besoin de nous ! Et même si on adore se maquiller, entre nous la graisse animale, les conservateurs ou encore le plomb présents dans une grande majorité de rouges à lèvres n’arrangent rien à l’affaire. Allez, parlons cosmétique bio… sur Insta.
Insta… quoi ?! Instagram est un réseau social prisé de 1,08 Milliard d’utilisateurs, d’après les chiffres de l’agence Digimind, ce qui le place en 3ème position dans le classement des plateformes sociales les plus couramment usitées, derrière notamment Facebook et YouTube. 20 millions de Français s’y rendent tous les jours. L’équivalent du nombre d’habitants à Moscou ou à Pékin. Ça en fait des stories !
Us et coûtumes Instagramesques
Lancé en 2010, Instagram a fait émerger la mode du Selfie ! Cet autoportrait numérique flatteur directement transmis à Mark Zuckerberg au format carré et aux filtres aguicheurs, passe par le biais d’une interface sociale où le follow est roi. Tu me followes ? Je te followes. J’arrêtes de te follow si je n’aime pas tes photos ou si je ne me reconnais pas dans ton style de vie. Basique. Simple. Selon Delerm, le selfie seraient essentiellement pratiqué par des personnes qui « sourient, puis reprennent le cours. » Dans le selfie, selon l’écrivain, il y a « de plus en plus fréquente, la main qui s’éloigne pour ne prendre que soi. Un soi avantageux au bout de la tension du bras ».
Par un selfie, selon l’autrice Agathe Lichtensztejn, on s’inscrit dans la quête de reconnaissance. On serait même en plein dans la « FOMO », ou Fear Of Missing Out. Ce nouveau terme anglais qui exprime la peur de manquer quelque chose. La peur de passer à côté de sa vie. Alors même que nous adressons cette peur à un écran et des abonnés virtuels.
Selfie, posts, stories… Voici la coutûme d’Instagram. Oui la coutûme, parce qu’à force, 11 ans plus tard, publier des posts et des stories pour inspirer ses abonnés, ça relève pratiquement du rituel !
Des influenceuses-eurs au service de la cosmétique bio
Si nos écrans sociaux attirent autant de cerveaux, certains l’ont bien compris et en profitent pour y publier des messages politiques, comme récemment le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal qui a enchaîné les Live dominicains avec des stars d’Insta (Enjoy Phoenix, Emma CakeCup, Tibo In Shape…) pour « donner des réponses » aux questions posées par leurs millions d’abonnées portant sur la pandémie de coronavirus.
D’autres, des passionnés de cosmétiques et des amoureux de la planète permettent à un très grand nombre de personnes d’ouvrir les yeux sur de réels problèmes de société et d’environnement.
Si les haters* tendent à insulter tous ceux qui mettent en valeur des mouvements ou des marques, allant jusqu’à les traiter de « putes », pour Jean-Pierre Bacri, décédé le lundi 18 janvier dernier à l’âge de 69 ans, faire la pute pour la bonne cause : HEUREUSEMENT que c’est possible.
[*NDLR : le comportement des haters ou rageurs pourrait faire d’eux de parfaits psychopathes selon une étude menée par des chercheurs dans la revue Frontiers in Psychology]
Selon la journaliste Marie-Carline (Le Bonbon – ndlr : ce serait quand même sympa d’ajouter son nom de famille), la sensibilisation à l’écologie, c’est même carrément sexy.
Alors qui sont ces muses inspirantes et culottées qui font bouger les mentalités sur un sujet qui nous concerne tous ? C’est parti pour un petit tour des influenceuses spécialisées dans la cosmétique bio.
#1 – Les Louves Beauté Bio – Juliette et Alexia
Les louves beauté bio, c’est avant tout l’invention de deux amies de longues dates. Les deux accolytes ont osé créer un petit salon zen implanté en Auvergne Rhône Alpes, et plus précisément à Saint-Chamond, afin d’y proposer des secrets de cosmétiques… BIO !
Confortablement installé comme à la maison, vous pouvez vous laisser tenter par plusieurs prestations : soin du visage, épilation des sourcils, leçons de maquillage, ateliers de création de cosmétiques, modelage femmes enceintes ou encore modelage bébé ayurvédique…
Parmi les produits bio proposés par les louves Beauté, nous retrouvons des marques assez connues, comme Madara, ZAO make up, mais aussi des plus discrètes comme Les Simples de Charlotte, Lily Lolo, etc. Nous vous laissons découvrir par vous-même. En attendant, voici notre post préféré du compte des Louves beauté bio qui illustre bien la beauté au naturel :
Alice d’Ellionature est une infirmière âgée de 40 ans, pleine de vie et d’envie notamment de partager tous ses bons tuyaux de cosmo ! Pas systématiquement branchée produits de beauté bio, la spécialité d’Alice c’est surtout le DIY, ou Do It Yourself (fr : faites-le vous même).
Avec elle, vous allez pouvoir apprendre à vous maquiller correctement avec des substances non-nocives et faites maison. Finis les traits d’eyeliner ratés et la bouche rouge de travers. On se reprend messieurs-dames.
Mélissa, la fée du compte insta Natural_Bioty est une vraie passionnée de produits bio et naturels. Préparatrice en pharmacie dans la vie de tous les jours, elle prône sur son compte Instagram la consommation responsable et la beauté au naturel.
Amatrice de récup’ et DIY, Mélissa adore également transmettre à ses abonnés une dose d’optimisme et de confiance en soi… Tout ce qu’on aime !
Fanny, à l’origine du compte LesPetitesChosesDeFanny, est conseillère en beauté naturelle, blogueuse et autrice de recettes de beauté simples et naturelles, mais aussi d’une petite bible des huiles végétales.
En 2/2, elle vous concocte une Cold Cream idéale pour affronter l’hiver. Elle adore partager son avis sur ses expériences de beauté bio, et nous abreuver d’anecdotes étonnantes sur les bienfaits de certaines plantes. On adore. Naturellement !
Autrice du Bullet Journal Eco-Friendly, Louise Brunet nous donne à réfléchir sur son compte Instagram SoisBioEtBatsToi. Sa plume unique nous permet de déculpabiliser de toutes les choses sur lesquelles la société nous met souvent la pression. Au lieu d’affirmer que tout est tellement mieux quand on sait rester positif, Louise Brunet nous indique tout simplement que l’on a le droit de ressentir n’importe quelle émotion que l’on ressent.
Autrement dit, apprenons à nous écouter plutôt que d’obéïr aux diktat de la société. Le gros plus de son compte ? Un style de vie en or allié à de la cosmétique bio. On dit oui !
Si vous êtes un accroc aux réseaux sociaux, nous espérons qu’avec ces quelques comptes… vous aurez trouvé votre compte ! Dans le cas où vous ne seriez que de passage sur la toile avant d’aller aroser vos pensées, nous espérons que tous ces mots vous auront donné de quoi réfléchir…
En ces temps troubles de couvre-feu et de confinement (imminent ?), la psychanalyste et écrivaine Catherine Grangeard nous livre ses conseils pour faire face sereinement à ces heures, qu’elle qualifie de sombres… Mais pas que. Découverte.
Puiser dans ses forces personnelles
Dans cette période difficile, comment ne pas perdre son temps ? Ce sentiment est insupportable. Cette impression de regarder s’entasser les jours aux jours sans qu’il ne se passe rien et de voir filer le temps est angoissant. Comme le dit la chanson le temps perdu ne se rattrape guère, ne se rattrape plus.
Les heures sombres que nous vivons sont d’autant plus pénibles qu’on n’en connaît pas le terme. Cette incertitude ajoutée à celle d’un virus invisible qui circule on ne sait où m’amène à conseiller de quitter une attitude qui affaiblit : ressasser les pertes, les privations, les efforts à faire et toute cette série d’idées qui affaiblissent.
Certes, tout le monde souffre du manque de liberté. Certes, c’est déstabilisant. Certes, c’est affreux de ne plus réussir à tant bien que mal gérer sa vie. Par conséquent il s’impose dans ces temps d’exceptions d’adopter également un positionnement d’exception. Il n’est pas réservé aux héros ! Prendre conscience qu’aller puiser dans des forces personnelles inemployées jusqu’alors est la seule solution pour profiter du moment.
L’importance de renforcer son intériorité
Il s’agit de renforcer son intériorité face à ce que l’on ne trouve plus à l’extérieur. Les ressources internes peuvent s’épanouir et épanouir. Dans cette adversité, ne penser qu’à compenser fait décompenser. Il s’agit de développer d’autres ressources, de hiérarchiser et se poser les questions existentielles fondamentales. C’est le moment.
En ce moment, je conseille régulièrement mes patients à voir ou revoir le film Les Heures sombres ou L’Heure la plus sombre au Québec (Darkest Hour).
Pourquoi ? Au travers des choix difficiles de cet homme d’Etat on perçoit les états d’âme qu’il traverse et doit dépasser.
C’est vital ! Ce film n’a pas vocation psychologique. C’est pour cette distance qu’il est si intéressant. C’est par ce décalage que l’on perçoit la détermination nécessaire pour affronter les épreuves.
Bien que le confinement soit derrière nous, le couvre-feu et les attestations de sortie bloquent encore nos déplacements. Que faire en attendant d’aller danser ? Rattraper toutes les séries Netflix que vous n’avez toujours pas vu, avec un plateau de sushis et une tisane bien-être, pour un confort de bingewatching garanti.
En parlant de séries et de cocooning… Seriez-vous passé à côté de la nouvelle série du moment : EQUINOX, disponiblesur Netflix? C’est l’heure du rattrapage.
Equinox : deux soeurs aux passés différents
La série commence en 1999, sur une bande de jeunes danois qui fêtent leur diplôme du Bac gaiement, à coup de bières, de sono, et de chars verdoyants assortis de banderolles sur lesquelles ont peut lire quelques joyeux pamphlets danois… strictement incompréhensibles. Passons.
Astrid, une petite fille de nature angélique et docile, regarde sa soeur quitter la maison en pleurs après une dispute avec sa mère (dont les yeux exorbités font drôlement flipper). Son aînée, Ida, monte dans un char quelque peu bruyant, et laisse derrière elle une mère anxieuse, un père heureux, et une petite soeur interloquée.
Évidemment personne – hormi tous les téléspectateurs – ne s’attend à ce que ce départ en fanfare soit pour Astrid la dernière occasion de voir sa soeur qu’elle aime tant. Car celle-ci, peu après avoir salué les siens, ne reviendra jamais… Nul ne sait pourquoi.
Astrid va donc grandir (la majeure partie de la série se passe 20 ans plus tard) gagner en maturité, se marier et avoir une petite fille, pendant que sa soeur Ida, vit sa vie de personne disparue quelque part dans un monde parallèle.
Tout ce que l’on sait au début, c’est qu’Ida était particulièrement questionnée par sa mère sur tous ses allers et venus, et n’avait jamais la paix. Sa mère, toujours sur son dos, lui empêchait constamment de vivre sa vie. Mais est-ce une raison valable et suffisante pour s’évaporer, et ne plus jamais revenir ?
De son côté, Astrid a toujours été délaissée par sa mère, mais aussi très aimée, choyée par son père. Pourquoi ces écarts de traitement, d’une soeur à l’autre, alors même que ces deux-là s’apprécient énormément et ce dès les premières minutes de la série ?
Affaire à suivre.
Un suspense insoutenable, et des cauchemars haletants
Tout au long de la série, vous verrez Astrid en proie à des cauchemars étranges, durant lesquelles elle croit apercevoir sa soeur, perdue au fin fond d’une forêt glauque à souhait, prisonnière d’une sorte d’immense Dieu aux oreilles de lapin, sur fond de paysages enflammés et en ruine…
Qui est ce Dieu Lapin ? Et pourquoi essaie-t-il d’agripper Astrid ? Et pourquoi sa mère n’arrête pas de lui répéter qu’il faut « qu’elle y retourne » pour retrouver sa soeur ?
Tant de questions auxquelles la série vous répondra petit à petit, au travers d’épisodes assez courts (45 minutes), mais très denses et prenants.
Du suspense, des bons acteurs, une bonne BO, des intrigues farfelues, des gestes barrières pas respectés…
La série de la réalisatrice Tea Lindeburg vous fera renouer avec les peurs les plus primitives, celles qui sont reliées directement à votre enfance.
Car, qui sait ce qui peut se cacher dans l’obscurité ?