Écologie et cosmétiques : l’influence se réinvente

cosmo ecolo

2021. Biden a enfin remplacé Trump. Des vaccins ont vu le jour… La planète, elle, a toujours besoin de nous ! Et même si on adore se maquiller, entre nous la graisse animale, les conservateurs ou encore le plomb présents dans une grande majorité de rouges à lèvres n’arrangent rien à l’affaire. Allez, parlons cosmétique bio… sur Insta.

Insta… quoi ?! Instagram est un réseau social prisé de 1,08 Milliard d’utilisateurs, d’après les chiffres de l’agence Digimind, ce qui le place en 3ème position dans le classement des plateformes sociales les plus couramment usitées, derrière notamment Facebook et YouTube. 20 millions de Français s’y rendent tous les jours. L’équivalent du nombre d’habitants à Moscou ou à Pékin. Ça en fait des stories !

Us et coûtumes Instagramesques

Lancé en 2010, Instagram a fait émerger la mode du Selfie ! Cet autoportrait numérique flatteur directement transmis à Mark Zuckerberg au format carré et aux filtres aguicheurs, passe par le biais d’une interface sociale où le follow est roi. Tu me followes ? Je te followes. J’arrêtes de te follow si je n’aime pas tes photos ou si je ne me reconnais pas dans ton style de vie. Basique. Simple. Selon Delerm, le selfie seraient essentiellement pratiqué par des personnes qui « sourient, puis reprennent le cours. » Dans le selfie, selon l’écrivain, il y a « de plus en plus fréquente, la main qui s’éloigne pour ne prendre que soi. Un soi avantageux au bout de la tension du bras ».

Par un selfie, selon l’autrice Agathe Lichtensztejn, on s’inscrit dans la quête de reconnaissance. On serait même en plein dans la « FOMO », ou Fear Of Missing Out. Ce nouveau terme anglais qui exprime la peur de manquer quelque chose. La peur de passer à côté de sa vie. Alors même que nous adressons cette peur à un écran et des abonnés virtuels.

Selfie, posts, stories… Voici la coutûme d’Instagram. Oui la coutûme, parce qu’à force, 11 ans plus tard, publier des posts et des stories pour inspirer ses abonnés, ça relève pratiquement du rituel !

Des influenceuses-eurs au service de la cosmétique bio

Si nos écrans sociaux attirent autant de cerveaux, certains l’ont bien compris et en profitent pour y publier des messages politiques, comme récemment le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal qui a enchaîné les Live dominicains avec des stars d’Insta (Enjoy Phoenix, Emma CakeCup, Tibo In Shape…) pour « donner des réponses » aux questions posées par leurs millions d’abonnées portant sur la pandémie de coronavirus.

D’autres, des passionnés de cosmétiques et des amoureux de la planète permettent à un très grand nombre de personnes d’ouvrir les yeux sur de réels problèmes de société et d’environnement.

Si les haters* tendent à insulter tous ceux qui mettent en valeur des mouvements ou des marques, allant jusqu’à les traiter de « putes », pour Jean-Pierre Bacri, décédé le lundi 18 janvier dernier à l’âge de 69 ans, faire la pute pour la bonne cause : HEUREUSEMENT que c’est possible.

[*NDLR : le comportement des haters ou rageurs pourrait faire d’eux de parfaits psychopathes selon une étude menée par des chercheurs dans la revue Frontiers in Psychology]

Selon la journaliste Marie-Carline (Le Bonbon – ndlr : ce serait quand même sympa d’ajouter son nom de famille), la sensibilisation à l’écologie, c’est même carrément sexy.

Alors qui sont ces muses inspirantes et culottées qui font bouger les mentalités sur un sujet qui nous concerne tous ? C’est parti pour un petit tour des influenceuses spécialisées dans la cosmétique bio.

#1 – Les Louves Beauté Bio – Juliette et Alexia

Les louves beauté bio, c’est avant tout l’invention de deux amies de longues dates. Les deux accolytes ont osé créer un petit salon zen implanté en Auvergne Rhône Alpes, et plus précisément à Saint-Chamond, afin d’y proposer des secrets de cosmétiques… BIO !

Confortablement installé comme à la maison, vous pouvez vous laisser tenter par plusieurs prestations : soin du visage, épilation des sourcils, leçons de maquillage, ateliers de création de cosmétiques, modelage femmes enceintes ou encore modelage bébé ayurvédique…

Parmi les produits bio proposés par les louves Beauté, nous retrouvons des marques assez connues, comme Madara, ZAO make up, mais aussi des plus discrètes comme Les Simples de Charlotte, Lily Lolo, etc. Nous vous laissons découvrir par vous-même. En attendant, voici notre post préféré du compte des Louves beauté bio qui illustre bien la beauté au naturel :

#2 – Alice_Ellionature – Alice

Alice d’Ellionature est une infirmière âgée de 40 ans, pleine de vie et d’envie notamment de partager tous ses bons tuyaux de cosmo ! Pas systématiquement branchée produits de beauté bio, la spécialité d’Alice c’est surtout le DIY, ou Do It Yourself (fr : faites-le vous même).

Avec elle, vous allez pouvoir apprendre à vous maquiller correctement avec des substances non-nocives et faites maison. Finis les traits d’eyeliner ratés et la bouche rouge de travers. On se reprend messieurs-dames.

#3 – Natural_Bioty – Mélissa

Mélissa, la fée du compte insta Natural_Bioty est une vraie passionnée de produits bio et naturels. Préparatrice en pharmacie dans la vie de tous les jours, elle prône sur son compte Instagram la consommation responsable et la beauté au naturel.

Amatrice de récup’ et DIY, Mélissa adore également transmettre à ses abonnés une dose d’optimisme et de confiance en soi… Tout ce qu’on aime !

#4 – Lespetiteschosesdefanny – Fanny

Fanny, à l’origine du compte LesPetitesChosesDeFanny, est conseillère en beauté naturelle, blogueuse et autrice de recettes de beauté simples et naturelles, mais aussi d’une petite bible des huiles végétales.

En 2/2, elle vous concocte une Cold Cream idéale pour affronter l’hiver. Elle adore partager son avis sur ses expériences de beauté bio, et nous abreuver d’anecdotes étonnantes sur les bienfaits de certaines plantes. On adore. Naturellement !

#5 – Soisbioetbatstoi – Louise Brunet

Autrice du Bullet Journal Eco-Friendly, Louise Brunet nous donne à réfléchir sur son compte Instagram SoisBioEtBatsToi. Sa plume unique nous permet de déculpabiliser de toutes les choses sur lesquelles la société nous met souvent la pression. Au lieu d’affirmer que tout est tellement mieux quand on sait rester positif, Louise Brunet nous indique tout simplement que l’on a le droit de ressentir n’importe quelle émotion que l’on ressent.

Autrement dit, apprenons à nous écouter plutôt que d’obéïr aux diktat de la société. Le gros plus de son compte ? Un style de vie en or allié à de la cosmétique bio. On dit oui !

Si vous êtes un accroc aux réseaux sociaux, nous espérons qu’avec ces quelques comptes… vous aurez trouvé votre compte ! Dans le cas où vous ne seriez que de passage sur la toile avant d’aller aroser vos pensées, nous espérons que tous ces mots vous auront donné de quoi réfléchir…

à ce fameux monde de demain.

Les heures sombres, Catherine Grangeard

Photo d'un tableau sombre sur lequel des heures sont dessinées à la craie

En ces temps troubles de couvre-feu et de confinement (imminent ?), la psychanalyste et écrivaine Catherine Grangeard nous livre ses conseils pour faire face sereinement à ces heures, qu’elle qualifie de sombres… Mais pas que. Découverte.

Puiser dans ses forces personnelles

Dans cette période difficile, comment ne pas perdre son temps ? Ce sentiment est insupportable. Cette impression de regarder s’entasser les jours aux jours sans qu’il ne se passe rien et de voir filer le temps est angoissant. Comme le dit la chanson le temps perdu ne se rattrape guère, ne se rattrape plus. 

Les heures sombres que nous vivons sont d’autant plus pénibles qu’on n’en connaît pas le terme. Cette incertitude ajoutée à celle d’un virus invisible qui circule on ne sait où m’amène à conseiller de quitter une attitude qui affaiblit : ressasser les pertes, les privations, les efforts à faire et toute cette série d’idées qui affaiblissent.

Certes, tout le monde souffre du manque de liberté. Certes, c’est déstabilisant. Certes, c’est affreux de ne plus réussir à tant bien que mal gérer sa vie. Par conséquent il s’impose dans ces temps d’exceptions d’adopter également un positionnement d’exception. Il n’est pas réservé aux héros ! Prendre conscience qu’aller puiser dans des forces personnelles inemployées jusqu’alors est la seule solution pour profiter du moment.

L’importance de renforcer son intériorité

Il s’agit de renforcer son intériorité face à ce que l’on ne trouve plus à l’extérieur. Les ressources internes peuvent s’épanouir et épanouir. Dans cette adversité, ne penser qu’à compenser fait décompenser. Il s’agit de développer d’autres ressources, de hiérarchiser et se poser les questions existentielles fondamentales. C’est le moment.

En ce moment, je conseille régulièrement mes patients à voir ou revoir le film  Les Heures sombres ou L’Heure la plus sombre au Québec (Darkest Hour).

Pourquoi ? Au travers des choix difficiles de cet homme d’Etat on perçoit les états d’âme qu’il traverse et doit dépasser.

C’est vital ! Ce film n’a pas vocation psychologique. C’est pour cette distance qu’il est si intéressant. C’est par ce décalage que l’on perçoit la détermination nécessaire pour affronter les épreuves.

Série Netflix : ne passez pas à côté de la danoise du moment, EQUINOX

Photo d'un acteur de la série Netflix Equinox

Bien que le confinement soit derrière nous, le couvre-feu et les attestations de sortie bloquent encore nos déplacements. Que faire en attendant d’aller danser ? Rattraper toutes les séries Netflix que vous n’avez toujours pas vu, avec un plateau de sushis et une tisane bien-être, pour un confort de bingewatching garanti.

En parlant de séries et de cocooning… Seriez-vous passé à côté de la nouvelle série du moment : EQUINOX, disponible sur Netflix ? C’est l’heure du rattrapage.

serie astrid

Equinox : deux soeurs aux passés différents

La série commence en 1999, sur une bande de jeunes danois qui fêtent leur diplôme du Bac gaiement, à coup de bières, de sono, et de chars verdoyants assortis de banderolles sur lesquelles ont peut lire quelques joyeux pamphlets danois… strictement incompréhensibles. Passons.

Astrid, une petite fille de nature angélique et docile, regarde sa soeur quitter la maison en pleurs après une dispute avec sa mère (dont les yeux exorbités font drôlement flipper). Son aînée, Ida, monte dans un char quelque peu bruyant, et laisse derrière elle une mère anxieuse, un père heureux, et une petite soeur interloquée.

Évidemment personne – hormi tous les téléspectateurs – ne s’attend à ce que ce départ en fanfare soit pour Astrid la dernière occasion de voir sa soeur qu’elle aime tant. Car celle-ci, peu après avoir salué les siens, ne reviendra jamais… Nul ne sait pourquoi.

ida equinox

Astrid va donc grandir (la majeure partie de la série se passe 20 ans plus tard) gagner en maturité, se marier et avoir une petite fille, pendant que sa soeur Ida, vit sa vie de personne disparue quelque part dans un monde parallèle.

Tout ce que l’on sait au début, c’est qu’Ida était particulièrement questionnée par sa mère sur tous ses allers et venus, et n’avait jamais la paix. Sa mère, toujours sur son dos, lui empêchait constamment de vivre sa vie. Mais est-ce une raison valable et suffisante pour s’évaporer, et ne plus jamais revenir ?

De son côté, Astrid a toujours été délaissée par sa mère, mais aussi très aimée, choyée par son père. Pourquoi ces écarts de traitement, d’une soeur à l’autre, alors même que ces deux-là s’apprécient énormément et ce dès les premières minutes de la série ?

Affaire à suivre.

serie ida astrid

Un suspense insoutenable, et des cauchemars haletants

Tout au long de la série, vous verrez Astrid en proie à des cauchemars étranges, durant lesquelles elle croit apercevoir sa soeur, perdue au fin fond d’une forêt glauque à souhait, prisonnière d’une sorte d’immense Dieu aux oreilles de lapin, sur fond de paysages enflammés et en ruine…

Qui est ce Dieu Lapin ? Et pourquoi essaie-t-il d’agripper Astrid ? Et pourquoi sa mère n’arrête pas de lui répéter qu’il faut « qu’elle y retourne » pour retrouver sa soeur ?

Tant de questions auxquelles la série vous répondra petit à petit, au travers d’épisodes assez courts (45 minutes), mais très denses et prenants.

Du suspense, des bons acteurs, une bonne BO, des intrigues farfelues, des gestes barrières pas respectés…

La série de la réalisatrice Tea Lindeburg vous fera renouer avec les peurs les plus primitives, celles qui sont reliées directement à votre enfance.

Car, qui sait ce qui peut se cacher dans l’obscurité ?

Qu’est-ce que tu vois quand tu dors ?

La team Colette valide à 200 % !

Nous vous recommandons de la regarder en VO, pour des frissons danois garantis.

 

Pourquoi vous devez ABSOLUMENT lire I’m Every Woman, de Liv Strömquist !

Illustration de couverture de la bande dessinée I'm Every Woman de Liv Strömquist

Je ne sais pas vous, mais j’ai kiffé mes cadeaux de Noël ! Cette année, j’avais demandé des livres portés sur le féminisme. Ma soeur adorée m’a donc offert I’m Every Woman, de Liv Strömquist que j’ai dévoré en une demi-heure.

Et c’est reparti pour une sélection d’arguments en béton, qui je l’espère suffiront à vous convaincre de lire cette BD… Ou devrai-je dire, cette pépite !

Parce que vous allez découvrir Chaka Khan 

À l’origine du titre de cette bande-dessinée, I’m Every Woman est un titre de la chanteuse américaine Chaka Khan, sorti en 1978. Or, vous ne pouviez pas nécessairement la connaître, si comme moi vous n’avez pas grandi dans les années 80.

Étant donné que l’ouvrage commence par cette référence, vous êtes bel et bien invitée / invité à découvrir cette artiste, grâce à Liv Strömquist. Vous n’allez pas le regretter !

I’m Every Woman – Les paroles

I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
I’m every woman, it’s all in me
I can read your thoughts right now
Every one from A to Z
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I can cast a spell
Of secrets you can’t tell
Mix a special brew
Put fire inside of you
But anytime you feel
Danger or fear
Instantly I will appear, ’cause
I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I can sense your needs
Like rain unto the seeds
I can make a rhyme
Of confusion in your mind
And when it comes down
To some good old fashioned love
That’s what I’ve got plenty of, ’cause
I’m every woman, it’s all in me
Anything you want done, baby
I’ll do it naturally
I’m every woman, it’s all in me
I can read your thoughts right now
Every one from A to Z
(Woah, woah, woah)
(Woah, woah, woah)
I ain’t braggin’ ’cause I’m the one
You just ask me ooh and it shall be done
And don’t bother to compare
‘Cause I’ve got it
I’ve got it, I’ve got it, yeah, I…
I’m every woman

Parce que vous découvrirez Priscilla Beaulieu

Enfant, vos parents s’égosillaient sur du Elvis Presley à vous en faire perdre la tête ?Pensez-vous que ces derniers aient jamais pris connaissance de l’existence de Priscilla Presley, l’unique épouse du King ?

priscilla presley

Née Priscilla Ann Wagner à Brooklyn (NY) en 1945, et plus connue sous le nom de Priscilla Beaulieu, celle-ci rencontre Elvis Presley alors qu’elle n’a que 14 ans. Complètement fan de cette star internationale du Rock’n’roll, elle s’arrange pour aller le voir dans sa demeure, histoire de passer un moment inoubliable avec son idole.

Le grand Elvis Presley flash immédiatement sur elle [oui elle n’a toujours que 14 ans], et à cet instant commence une histoire d’amour pour le moins insolite. Ayant tout de même connaissance d’un certains nombres de lois interdisant les relations entre majeurs et mineurs, il se dit : tiens, et si je me la gardais pour plus tard.

En attendant de pouvoir enfin la fréquenter librement et de l’épouser, M. Presley décide de la cloîtrer à Los Angeles, en vue d’en faire une femme « parfaite» selon lui, c’est-à-dire une « sainte». Puis, il la relooke, lui met du fard sur les yeux, la transforme de la tête aux pieds… En d’autres termes, il la prend pour sa barbie. Priscilla, elle, n’y voit d’abord que du feu, elle est tellement folle de lui qu’elle ferait n’importe quoi pour lui plaire.

Néanmoins, en 1964, sa flamme en prend un sacré coup lorsque le King la trompe avec la chanteuse Ann Margret. Elle lui en veut un chouya, en sachant qu’elle, pendant tout ce temps, s’était pleinement dédiée à la chasteté.

« Et alors ?!» S’est-elle sans doute écrié peu après. « Je l’aime !»

Ainsi, Priscilla Beaulieu épouse Elvis Presley en 1967 à Las Vegas. En 1968, naît leur fille, Lisa Marie Presley, à Memphis. Mais le Roi n’est toujours pas rassasié, s’ennuit de sa femme qu’il trouve désormais trop âgée, et de sa fille dont il ne se soucie guère. Il tire sur des téléviseurs, prend des somnifères, et délaisse Priscilla plus que jamais.

Elvis Presley la trompe encore, à de nombreuses reprises, tout en faisant mine d’éduquer leur fille, à coup de voyages, de rencontres diverses et variées. Pour sa fille, Priscilla se plie aux exigences du King, quitte à faire croire qu’elle est parfaitement heureuse au sein de son couple, et ce devant les paparazzi.

Ce n’est qu’en 1972 que Priscilla Beaulieu demande enfin le divorce !

Ce qui lui vaut d’être vivement critiquée, et même haïe par les fans hystériques, les médias, et en somme, le monde entier.

Une vie pas facile, me direz-vous…

Parce que même Britney Spears va vous faire réfléchir

Quand on pense à Britney Spears, on imagine d’abord une jeune fille à couettes sur un album mondialement streamé. On se souvient d’une musique phare, Oops I did it again, ou encore Baby one more time…

Très vite, cette image de jeune fille blonde, sexy, et « innocente»  disparait pour laisser place à la Britney Spears scandaleuse, celle qui s’est rasé le crâne, va savoir pourquoi.

Mais oui au fait, pourquoi ?

Liv Strömquist vous propose des éléments de réponse en relatant quelques faits.

Hypothèse N°1 : elle en avait peut-être assez des rumeurs qui circulaient à son sujet. Notamment celle lancée par son propre petit ami en 2004,  Jason Alexander, qui ne s’est pas gêné pour raconter les moult positions sexuelles testées avec elle, juste parce que ce dernier était frustré de voir son mariage avec Britney Spears annulé par les avocats de Jive Records, le label de la chanteuse.

Hypothèse N°2 : elle en avait peut-être marre des petits amis tout court, de ces mecs puant l’après-rasage, prêts à tout pour l’impressionner, à bord de leur lamborghini, vêtus de leurs plus beaux costards, sabrant des bouteilles de champagne hors de prix. Peut-être qu’elle voulait un peu de réalité dans son monde de Mickey.

Hypothèse N°3 : peut-être venait-elle de découvrir que le mythe de l’amour parfait, c’est vraiment bidon, et que le prince charmant n’existe pas, alors même que toute sa vie, elle a été entraînée à déclamer des paroles cucul la praline.

Parce que vous saurez tout sur les pires petits amis…

… De l’Histoire.

De Edvard Munch à Phil Spector en passant par Percy Shelley, Mao Zedong et Ingmar Bergman, on en apprend de belles sur les relations des personnalités masculines de tous horizons.

Entre narcissisme, possessivité, jalousie et tromperies, les pires petits amis de l’Histoire vous feront sans doute soupirer de soulagement à la simple idée que vous ne les ayiez jamais connu. Et c’est certainement mieux comme ça !

Auriez-vous préféré être la petite amie de Staline, Nadejda Allilouïeva-Staline, et ainsi passer votre vie à tenter de représenter un modèle idéal de partenaire bolchévique, dès l’âge de trois ans ? Vous marier à 18 ans avec un homme de 41 ans ?

Nadejda Staline

Songez-vous à la gloire et la joie qu’une relation avec Munch aurait pu vous procurer ? Oubliez cette idée. Après avoir lu les détails sordides de sa relation avec Tulla Larsen, que le peintre accuse de lui avoir transmis de mauvaises énergies, lesquelles l’auraient contraint à se tirer dans le doigt… Vous n’aurez plus envie d’être la muse de qui que ce soit. Et d’ailleurs, à propos de cet incident, c’est le peintre lui-même, ivre, qui l’a provoqué de son plein gré après une énième dispute avec sa compagne…

Parce que vous cesserez de détester Yoko Ono

Depuis des années, lorsque je regarde un documentaire sur les Beatles, je ne peux m’empêcher de penser : Mais cette Yoko Ono, qu’est-ce qu’elle faisait là ? Elle ne pouvait pas vivre sa vie de pacifiste ailleurs, sans déranger les scarabées ?

En lisant les dernières lignes de I’m Every Woman, j’ai pris conscience que j’émettais jusqu’ici des jugements de valeur gratuits à son encontre. D’accord, sa présence a tellement perturbé John Lennon que tous les journaux se sont écriés « Yoko provoque la fin des Beatles !», sans réfléchir deux secondes aux problèmes de dépendance affective de John Lennon : il l’appelait tout de même maman. On en est là !

Si malgré toutes ces contraintes oedipiennes, Yoko Ono reste forte et continue à fréquenter John Lennon, au bout d’un certain temps elle se lasse sérieusement et repense à son art. Oui, à son art, car à l’origine, Yoko Ono est l’inventrice du concept d’installation comme expression artistique. C’est d’ailleurs suite à l’une de ses installations (une échelle menant à un pense-bête sur lequel il est écrit Yes) que John Lennon la remarque et n’en démords plus. Ils se séparent enfin après avoir finalement réussi à créer et à faire de la musique indépendamment l’un de l’autre, et après avoir conçu… un fils. Une fois séparés, Yoko Ono s’est dit : Enfin Libre !

Fans imperturbables du chanteur, les journaux n’ont pas apprécié cette rupture, et ont choisi d’ériger des portraits racistes et peu flatteurs de Yoko Ono. Selon les journalistes, Yoko Ono n’a été que la « salope asiatique qui a dissous les Beatles».

Yoko Ono John Lennon

Après avoir lu la BD de Liv Strömquist, je vous souhaite de réfléchir, et de reconsidérer l’Histoire sous un autre angle.

Celui des femmes de…, des femmes oubliées, qui méritent, pourtant, tout notre intérêt.

 

 

 

Instagram : Top 5 des posts qui nous ont fait bien rire lors du reconfinement

Instagram

Le reconfinement, ou confinement hivernal pour les intimes, a permis à de nombreux influenceurs de créer d’excellentes publications à des fins humoristiques. Des perles qui font du bien quand on entend le mot crise sanitaire 24H/24H, et sept jour sur sept.

MAIS QUE FERIONS-NOUS SANS INSTAGRAM ?!

Je vous le demande.

1. Le palais de PQ – par c.a.r.o_rainbow

On est clairement sur un level de perturbations psychiques élevé là quand-même.

Bravo à Caro’Rainbow pour cette oeuvre magistrale !

2. Les poulets floutés – par memelicieux

Un classique du confinement Bis, comment ne pas le poster !

Merci pour cette perle memelicieux 🙏

3. Avé Netflaïx – par jackydu68

C’est la question que tout le monde se pose.

Comment ont survécu les milliers de Français qui n’avaient pas de compte Netflix, Canal, Prime, Disney+ ou OCS pendant le reconfinement ?! Oh ça va les lettrés, on a compris que vous aimiez bien lire des livres!

On dit merci qui ? Merci Jacky… Du 68 !

4. La plage aussi mais sans la mer – par lespiresblagues

Pensée particulière pour les pauvres petits skieurs français qui vont devoir jouer aux échecs plutôt que de jouer les pros des pistes noires ⛷️

Pour information : seulement 13 % des Français pratiquent le ski.

Pour information, mais inutile cette fois : il existerait pas moins de 3 346 remontées mécaniques en France ! Nous sommes donc les plus gros consommateurs de remontées mécaniques sur le plan mondial.

Merci aux pires blagues et à citations283 pour ce rappel à l’ordre.

5. Chômage, quand tu nous tiens – par Yugnat999

Sans doute le meme vidéo qui m’a fait le plus rire DE MA VIE.

Il faut dire que chez Colette Mag, nous sommes particulièrement fans de Yugnat999 !

La Colette Team souhaite une MER-VEI-LLEUSE année à tous nos lecteurs, ainsi qu’à tous les influenceurs !

Que 2021 vous inspire un max de memes et de photos drôles à souhait 💗

 

 

 

Résolutions 2021 : la WishList pour celles et ceux qui ont une déter’ d’enfer !

Femme levant les bras au ciel après avoir pris de bonnes résolutions

Ah 2020… Son coronavirus, ses masques chirurgicaux, ses hôpitaux bondés et ses familles déchirées… Dieu merci, elle est enfin derrière nous ! Et droit devant, vous foncez vers une année qui promet d’être un peu plus douce et marrante, 2021.

OK, en 2021, quatre jours fériés tombent un week-end. Ce n’est pas la peine de pleurer pour autant car après tout, peut-être que la première moitié de l’année sera fériée également (à cause de cette fichue crise sanitaire).

Alors on se reprend, messieurs-dames. Préparez-vous à donner le meilleur de vous-même, à célébrer votre confiance en vous !

C’est parti pour la « wishlit-que-personne-ne-met-réellement-en-pratique-chaque-année-mais-quand-même-c’est-toujours-bien-vu-de-montrer-qu’on-a-de-l’énergie-à-revendre».

2021

 

Arrêter de fumer : préserver sa santé et son odorat

Fini la cigarette, ce fléau bien français !

La clope à elle-seule représente 75 000 décès par an. Si les principaux fumeurs sont majoritairement des hommes âgés de moins de 55 ans, vivant pour la plupart en précarité économique, les jeunes, c’est bien connu, se laissent facilement tenter.

[NDLR : Dont moi-même, puisque j’ai commencé à fumer sur un malentendu : en troisième, une amie à moi passait ses après-midi entières cachée derrière un mur du collège, avec un inconnu. Je croyais qu’elle le draguait, elle ne me disait rien, me cachait des choses… Alors un jour, je suis allée voir ça de plus près. J’ai découvert qu’elle fumait clope sur clope en cachette avec un ami à nous, et lui racontait sa vie en toute tranquilité. J’ai trouvé ça cool (bêtement), et je lui ai taxé ce qui fut… Ma première cigarette. On est en 2020, et ça y est, j’ai enfin arrêté. Je sens bon la rose, et j’arrive à comprendre mes anciens amis qui se disaient gênés par l’odeur de cigarette.]

stop cigarette

 

Pour vous convaincre que la clope, ça ne sert à rien, je vais vous donner six bonnes raisons d’arrêter, en espérant que cela vous fasse cogiter.

  1. Vous n’avez pas bonne haleine. En effet, vous embrasser paraît beaucoup moins séduisant d’un coup si vous venez de fumer tout votre paquet. Prenez un chewing-gum Émile* !
  2. Vous n’avez pas bonne mine. Depuis des années, on vous dit que vous avez l’air fatigué, même si vous vous efforcez à dormir 24H d’affilée, rien n’y fait. Vous êtes palot, et ce n’est pas beau à voir. Ne forcez pas sur le fond de teint… Faites donc un petit jogging !
  3. Vous avez des petits boutons. Votre mère vous a pourtant dit que vous n’aviez jamais fait d’allergie à quoi que ce soit, mais ces petits boutons discrets et pernicieux fleurissent sur votre joli minois. Testez quelques jours sans cloper, vous nous en direz des nouvelles.
  4. Vous n’avez pas faim aux heures habituelles. Oui, certains fumeurs / fumeuses s’y mettent uniquement pour ne plus ressentir un besoin vital : LA FAIM. Or, cela n’a pas toujours l’effet escompté (en général, on s’imagine qu’on va perdre du poids). Au contraire, vous vous mettez à grignoter aux environs de 16H. Vous pouvez dire adieu à Weight Watchers. Arrêtez quelques temps, tout en essayant de manger sainement, vous verrez la différence.
  5. Vous êtes fatigué pour monter un escalier de cinq marches. Faire des efforts physiques, ça prend toute votre énergie. Vous vous épuisez facilement, et vous manquez un certain nombre d’événements sympas à faire en plein air, comme faire du vélo, de la trotinette, de la rando… L’avantage d’arrêter de fumer, c’est qu’au bout d’une journée à peine, vous allez vite récupérer, vous aurez même envie de sauter, de courir et de danser un peu partout. Tentez l’expérience !
  6. Vous êtes irritable. Bon, de nature, me direz-vous, vous n’êtes de toute façon pas toujours très chaleureux / chaleureuse, en tout cas de façade. Ce qui signifie qu’en fumant, vous multipliez les risques de faire fuir quiconque aurait envie de devenir votre ami. Allez, on arrête ça. Soyez gentils, pas méchants. C’est pas sympa d’être méchant.

J’ai décidé de n’en lister que six, j’aurai pu vous en donner 21, mais je pense qu’il y a assez de documentaires, de films, de livres sur le sujet pour que vous ayez déjà une petite idée de la bonne posture à adopter.

Bon allez une dernière pour la route : si l’envie de fumer vous démange, mangez une orange !

*voir la Cité de la peur pour comprendre cette punchline.

– Monsieur Bramard, une cigarette ?

– Merci, j’essaie de commencer !

OSS 117

Arrêter de boire : sauvez votre foie, il vous remerciera !

En France, nous avons tendance à vivre dans l’hybris, à ne pas connaître les limites des plaisirs que nous avons nous-même créé. D’accord, on a le Bourgogne, le Bordeaux, le Cognac, le Pastis… Il faut savoir en profiter, lors de dégustations, de soirées entre potes, en famille, c’est certain.

Néanmoins, l’alcool n’a jamais été et ne devrait pas être une obligation ! Si vous buvez trop parce que vous ressentez une pression sociale, il est l’heure de dire adieu à l’apéro de dix-sept heures.

Si vous buvez pour impressionner vos amants, les hommes que vous rencontrez lors de soirées dansantes et alcoolisées, sachez que sobre, vous êtes tout aussi extraordinaire. Alors rien ne sert de boire pour vous donner confiance, ou avoir le courage de prendre telle ou telle décision.

Buvez pour célébrer, buvez pour le plaisir.

Cessez de boire si vous sentez que l’alcool envahit votre quotidien.

plaisir

Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres, fermentent les rousseurs amères de l’amour. Arthur Rimbaud

Pratiquer une activité sportive : restez en forme

Quand vous étiez enfant, vous avez fait trois ans de hip-hop, deux ans d’escrime, un peu de karaté, un peu de judo, pas mal de badminton, et un bon quart d’heure de ping pong par semaine ? Soit, et maintenant ? Quel âge avez-vous ?

L’âge idéal pour renouer avec le sport, pardi !

Si vous n’êtes pas une grande adepte des salles de sport parce que vous trouvez que ça pue la transpiration et que vous ne comprenez pas pourquoi le grand type chauve bodybuildé vous regarde aussi intensément depuis votre arrivée, vous pouvez en faire depuis chez vous.

Très répandue, la pratique du Yoga est de plus en plus prisée des instagrammeurs ces derniers temps, peut-être parce que c’est l’activité la plus simple à mettre en place ! Un tapis, un Tuto Yoga sur YouTube, et vous voilà reboosté.e pour la journée.

sport chez soi

Un peu d’exercice au jour le jour

Pour ceux qui ne seraient pas tentés par la position du chien face au ciel (ou Panca), voici un exemple d’exercice à réaliser tous les jours pendant quinze minutes environ :

  • Cinquante Jumping Jacks (sautez en écartant les jambes et les bras, ce qui permet de vous muscler et de brûler vos repas de Noël et du réveillon 2020)
  • Trente squats (asseyez-vous sur une chaise imaginaire et relevez-vous aussitôt), parfait pour tonifier vos cuisses et votre fessier.
  • Course sur place et montées de genoux + talons-fesses (sur un escalator imaginaire), idéale pour dynamiser vos cuisses et vous entraîner pour un marathon (qui on l’espère ne sera pas imaginaire).
  • Quarante fentes sautées (tel un ninja, sautez au-dessus d’un obstacle invisible), cela donnera du tonus à vos petites gambettes.
  • Trente secondes de gainage (allongez-vous, puis mettez-vous sur vos avants-bras en vous tenant sur vos pointes de pieds), garanties ventre plat !
  • Dix burpees (placez-vous en planche, puis en squat, et relevez-vous en tapant dans vos mains), pour solliciter tout votre corps et vous muscler.

Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme. Jean Giraudoux

Passer au bio et au zéro-déchet : pour se mettre au vert

Selon l’agence bio, 9 Français sur 10 préfèrent consommer des produits bio que des produits industriels.

Et pour cause, les produits bio de chez bio ne contiennent pas de pesticides et de produits chimiques, nocifs pour la santé. De plus, tout ce qui est bio est également saisonnier, si vous êtes déjà un adepte, vous ne faites pas partie de ces aliens qui mangent des tomates en décembre.

Le must du must ? Manger Bio ET Local. Puisque les produits bio ne le sont réellement à partir du moment où ils ne font pas le tour de la planète pour terminer dans votre assiette. Surtout en ce moment, nous vous recommandons de penser aux petits commerçants et agriculteurs de votre région !

Les labels bio : attention aux étiquettes !

Voici une shortlist des labels certifiés bio :

  1. Demeter
  2. Ecocert
  3. FairTrade, Max Haavelar
  4. Bio Cohérence
  5. Ensemble

À noter : pour bien choisir vos produits, tenez-vous informés et demandez conseil à des connaisseurs. Les labels peuvent évoluer, et en trouver un qui soit fiable à long terme s’avère plus complexe que prévu.

Les jours sont des fruits [ndlr : bio !], et notre rôle est de les manger. Jean Giono

bio environnement

Côté zéro-déchet, voici quelques astuces à mettre en place pour commencer l’année en beauté :

  • Acheter en vrac.
  • Stocker dans des bocaux en verre.
  • Faire ses courses avec des sacs en tissus.
  • Réduire le gaspillage alimentaire : n’achetez pas pour quinze si vous n’êtes que deux !
  • Fabriquez vos produits d’entretien.
  • Découvrez le vinaigre ménager ! Le grand ami des bobos écolos.
  • Cuisinez plus : adieu ubereats / deliveroo / just eat.
  • Optez pour l’eau du robinet si vous le pouvez.

La pollution est l’ombre du progrès. Sylvain Tesson

Aimer vingt-et-une fois plus : pour vivre heureux

La plus belle résolution à prendre, c’est sans doute celle d’aimer encore plus que l’on ne le faisait déjà. Aimer son grand-père, sa grand-mère, ses parents, sa soeur, son frère, son neveu, sa nièce, son copain, sa copine, son non-binaire, sa tante, son tonton, son / sa meilleure amie…

Toute l’équipe de Colette Magazine vous souhaite une merveilleuse année 2021 !

Que du bonheur, de l’amour, de la joie, de la musique et du soleil à nos lecteurs adorés 🌞

 

 

Femmes écrivaines, pseudos masculins

Stylo plume posé sur une feuille blanche près d'une rose et d'un pot d'encre ouvert

Les grands noms de la Littérature perturbent parfois le lecteur. Entre les noms de plume, les noms d’emprunt, les noms qui sonnent masculins mais qui désignent en réalité des femmes, et inversement… difficile de s’y retrouver ! Et pour cause, au travers des siècles, de nombreuses femmes ont pris la plume et opté pour un patronyme masculin. Pourquoi donc ont-elle choisi de changer leur identité ?

Avant de publier ses romans sous le nom de Colette, notre écrivaine préférée se faisait passer pour son mari, Henri Gauthier-Villars, dit Willy. Ce dernier, surpris par ses talents d’écriture, n’hésita pas à en tirer profit pour accroître sa propre renommée littéraire. Ce n’est qu’après leur divorce en 1906 que Colette signa enfin ses ouvrages de son nom.

Si la séparation lui servit de déclic pour sortir de l’ombre, d’autres femmes de Lettres ont cheminé différemment tout au long de leur vocation littéraire. Alors qui sont-elles, et quels furent les arguments qui les poussèrent à écrire sous un autre nom ?

Découvrez notre sélection d’écrivaines aux multiples facettes.

George Sand, l’immortelle

C’est à la mort de George Sand en 1876, que Victor Hugo la qualifia d’immortelle. L’écrivaine naquit Amantine Aurore Lucile Dupin, à Paris en 1804.

georges sand

Originaire du Berry, Georges Sand avait des amis paysans avant de découvrir l’aristocratie parisienne. Elle avait donc connaissance de l’univers folklorique du monde rural, mais n’était pas dupe des manières de Paris. Elle resta toute son existence très attachée à sa région natale.

D’ailleurs, elle s’amusait volontiers des clichés de la capitale, fumait le cigare, portait des pantalons…

Une écrivaine « scandaleuse » pour l’époque

George Sand attisait la curiosité de ses confrères, ce qui ne manquait pas de la divertir. Balzac la détestait, et alla même jusqu’à la transformer en personnage dans ses romans, en inventant notamment le terme sandinisme, pour qualifier toutes les femmes qui seraient tentées comme elle de se déguiser en hommes pour vivre une vie d’indépendance et jouir d’une grande liberté.

Vivement critiquée par d’autres écrivains non moins célèbres, Lautréamont disait de George Sand qu’elle était un hermaphrodite circoncis, Jules Renard la traitait de vache à romans, Baudelaire de Latrines…

Son entrée fracassante dans le petit cercle très fermé des Lettres parisiennes a sans nul doute créé le scandale.

Changer de nom pour obtenir plus de reconnaissance

George Sand choisit son pseudonyme à 27 ans. C’est à partir de cette invention qu’elle construisit non seulement sa carrière littéraire, mais qu’elle transforma également sa personnalité, et même sa vie entière.

Plus tard, ses enfants et petits-enfants porteront à jamais ce matronyme de Sand, sorti tout droit d’une influence a priori britannique.

Son objectif initial ? Être prise au sérieux par le monde littéraire tout entier, et par ses lecteurs.

Il y avait donc à l’origine de cette mutation un désir d’indépendance très fort, puisqu’elle parvint à asseoir son style et à bâtir sa renommée par le biais d’une fausse identité.

Lutter contre les injustices liées aux femmes

À l’époque, et finalement, comme aujourd’hui, être une femme c’est risquer de se faire aborder dans la rue par d’étranges inconnus, des malotrus qui ne voient en ces dames que des jupes frémissantes, afin de nouer d’éventuels rapports charnels.

Ces accosteurs du dimanche, George Sand les abbhorait. Sillonnant les rues, elle s’en agaçait au quotidien, et ne se sentait pas libre de se promener comme n’importe quel homme de sa ville.

Or, la liberté lui était si chère, qu’elle préfèra revêtir des habits d’homme pour enfin avoir la paix.

Sa vie ne fut pas facile, mais elle la maîtrisait tant bien que mal. De nature optimiste, elle était fière de son parcours, et ne souhaitait l’échanger pour rien au monde.

georges sand

Je ne suis pas de ces femmes qui abordent l’injustice avec un visage serein.

George Eliot, la réaliste victorienne

Tiens, revoilà George ! [un peu d’humour pardi.]

Peu connue du grand public, les oeuvres de George Eliot sont encore étudiées dans le milieu universitaire, et continuent de fasciner les passionnés de littérature britannique.

George Eliot

George Eliot, née Mary Ann Evans en 1819 dans le Warwickshire en Angleterre au sein d’un milieu modeste, était une des plus grandes écrivaines de l’ère victorienne (1837-1901). Elle portera toujours dans son coeur les Midlands, dont elle était originaire. Elle a été marquée à vie par son enfance en milieu rural (tout comme George Sand). Le décès de sa mère survint alors qu’elle n’avait que 16 ans, c’est peut-être ce qui explique la complexité du thème de la maternité dans ses romans. Son père, quant à lui, donna une excellente éducation à sa fille, car il la savait surdouée, curieuse par nature, et avide de lecture. 

Une femme timide, une écrivaine déterminée

Connue pour son oeuvre Middlemarch, dans lequel George Eliot décortique la vie de province, Mrs. Evans alias Eliot a vécu une existence qui pourrait s’apparenter à un roman. C’est d’ailleurs ce qu’en a fait sa biographe en chef, Kathy O’Shaughnessy, dans son livre Une passion pour George Eliot.

Paradoxale, Mary Ann Evans était une femme à la fois extrêmement confiante, mais aussi très vulnérable. Très timide, sujette aux migraines, elle avait souvent besoin d’être rassurée dans son travail littéraire. Son partenaire, George Henry Lewes, l’a à de nombreuses reprises encouragée à s’affirmer, et c’est bien grâce à lui que George Eliot écrivit ses premières nouvelles et son premier roman, qu’elle commença à l’âge de 37 ans seulement.

Physiquement, elle n’était pas à son avantage… Pour ne pas dire qu’elle manquait cruellement de beauté. Toutefois, son entourage lui trouvait une voix et un regard fascinants. Ces traits physiques désavantageux l’ont conduit à se construire une personnalité masquée, pour pouvoir vivre sereinement en société.

Virginia Woolf (elle-même !), avait conscience de sa laideur, et disait d’elle :

George Eliot n’était pas charmante, elle n’était pas très féminine, elle ne possédait aucune de ses excentricités et de ces irrégularités de caractère qui donnent à tant d’artistes la séduisante simplicité des enfants. Mais si nous examinons ses portraits de plus près, nous verrons que ce sont tous des portraits d’une femme célèbre d’âge mur, vêtue de satin noir sortant en Victoria. Une femme qui a achevé son combat et en est sortie avec un profond désir de se rendre utile à autrui […].

À propos de son chef-d’oeuvre (Middlemarch), Virginia Woolf disait également qu’il s’agissait de :

L’un des rares romans anglais écrits pour les grandes personnes.

Son deuxième roman, Adam Bede fut salué par Dickens, et connut également un immense succès.

Partir pour devenir libre et indépendante

Quand son père décéda en 1849, elle avait 30 ans. Si cette triste nouvelle lui donna du chagrin, elle considéra sa mort comme une sorte de délivrance puisqu’elle décida de vivre en totale indépendance. En effet, lorsque son frère lui proposa de venir habiter chez lui, elle refusa, et se mit en route pour Londres. Grâce à son héritage, ses finances étaient plutôt stables, mais elle se fit la promesse de travailler une fois arrivée à la capitale.

Sur place, elle rencontra son éditeur, J. Chapman. Elle devint son assistante, tandis qu’en parallèle elle publia beaucoup d’essais, et de textes littéraires. Elle fit de nombreuses rencontres exaltantes et productives malgré sa timidité maladive, dont le grand amour de sa vie, George Henry Lewes, qui était à l’époque un homme aux multiples facettes (philosophe, écrivain, critique de théâtre…) et qui comme elle n’avait pas été gâté par la nature sur le plan physique.

Si au moment de cette rencontre, il était déjà marié, il ne pouvait pas demander le divorce et acceptait indifféremment les liaisons de sa femme. Il n’était finalement engagé que sur le plan légal et s’autorisait à fréquenter qui bon lui semblait, mais la société n’approuvait pas sa relation avec George Eliot. Celle-ci paraissait scandaleuse à l’époque, ce qui valut à l’écrivaine d’être jugée très sévèrement par la société victorienne, mais aussi par sa famille : à cause de ce « scandale », son frère ne lui adressa plus jamais la parole.

Choisir un autre nom pour être lue et entendue

À partir de cet écho, Mary Ann Evans, déjà devenue Marian à Londres, fut considérée comme déchue. Sa relation avec Lewes, vivement critiquée, la marginalisa de la société londonienne. Humiliée, elle décida de s’affirmer et de signer tous ses documents « Marian Lewes », pour mieux prouver l’affection qu’elle portait à son mari d’adoption, et se rebeller contre tous ceux qui la fustigeaient.

En outre, M. Lewes la protégea toute sa vie face aux critiques. Il croyait et l’encouragea à écrire la conversion de Jeanne, et scènes de la vie du clergé sous un nom de plume : George Eliot.

Portrait de George Eliot

Il existe plusieurs hypothèses liées à ce nom : George, après tout, était le nom de son mari, qu’elle aimait tant, et réciproquement. Seconde hypothèse : elle admirait également George Sand, qu’elle avait beaucoup lue et connue puisqu’elles vivaient à la même époque.

Il plane toutefois un dernier mystère.

POURQUOI ELIOT ?

À vos hypothèses !

Laurent Danielle, la muse clandestine d’Aragon

Née en 1896 à Moscou de parents juifs, Elsa Triolet s’appelait en réalité Ella Yourievna Kagan.

elsa triolet

Sa soeur Lili, n’est nulle autre que Lili Brik, l’actrice et la réalisatrice avant-gardiste, la muse de Maïakovski.

Dans son enfance, la petite Elsa ne se sentait pas aimée, et jalousait sa soeur, qui toutefois la fascinait. Après de brillantes études d’architecture, un apprentissage approfondi du piano, elle voyagea avec sa mère et sa soeur un peu partout en Europe à la recherche d’aventures liées aux arts et à la musique.

Une muse voyageuse

En 1917, elle rencontra André Triolet, qui était en poste à Moscou en tant qu’officier français. Sa vie de couple fut malheureuse et surtout très ennuyeuse pour Elsa. Elle décida de quitter son mari en 1921, pour continuer à voyager à Londres, à Berlin où elle rencontra Victor Chklovski qui publia leurs échanges épistolaires Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour ou la Troisième Héloïse. Gorki lut ces derniers et encouragea Elsa à écrire. À Paris, elle logea à Montparnasse, et se mêla aux personnalités de son quartier et de son temps, dont Marcep Duchamp ou encore Man Ray.

Inspirée, elle écrivit son premier livre, À Tahiti, publié en 1925, puis bientôt Fraise des bois (qui était son surnom lorsqu’elle était enfant), sorti en 1926.

Résister en diffusant la presse : sa contribution personnelle

Ce n’est qu’en 1928, à Paris, que l’ancienne madame Triolet fit la connaissance de Louis Aragon, avec qui elle se maria quelques années plus tard, en 1939.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle aida son mari et participa à la Résistance, à travers des enquêtes de presse, et en contribuant notamment à diffuser les journaux La Drôme en Armes et Les Étoiles.

La première femme à recevoir le prix Goncourt

Entrée en clandestinité en 1943, elle parvint à publier sa nouvelle Les Amants d’Avignon, sous le nom de Laurent Danielle, en hommage à Laurent et Danielle Casanova, déportés à Auschwitz.

Cette nouvelle et trois autres furent rassemblées et publiées dans un recueil, Le Premier Accroc Coûte Deux-Cents Francs, grâce auquel elle reçut le prix Goncourt en 1945. Elsa Triolet fut donc la première femme à recevoir ce prix. Quant au nom du recueil, il annonçait en réalité le débarquement des troupes alliées en Provence, plus connu sous le nom de code Anvil* Dragoon**.

aragon triolet

*Anvil : enclume en anglais

**Dragoon : contrainte (car Churchill estimait qu’il y avait été forcé, contraint).

Daniel Lesueur, la prolifique

Alice Jeanne Victoire Loiseau naquit en 1854, aux Batignolles-Monceau d’un père lyonnais et d’une mère irlandaise.

jeanne loiseau

Une littéraire invétérée

Femme de Lettres, elle commença à écrire dès le plus jeune âge, des pièces de théâtre, en vers et même en prose. Elle aimait travailler son style, et y mettait beaucoup d’acharnement et de concentration. Elle savait nouer des relations, si bien qu’elle fit de belles rencontres, dont ses amis José-Maria de Heredia, Sully Prudhomme, François Coppée, mais aussi Juliette Adam ou encore la comtesse Anna de Noailles.

Nouveau nom, même succès

Excellente écrivaine, son style fut rapidement reconnu par l’Académie française qui lui décerna plusieurs prix de Littérature, dans des genres variés (roman, poésie, traduction…).

Le nom de Daniel Lesueur lui était imposé par son éditeur de ses premiers romans, Calmann-Lévy. Si celui-ci lui déplut, elle s’en accoûtuma au fil du temps. De plus, ce nom de Daniel Lesueur lui venait de son ancêtre maternel, Daniel O’Connell, et du nom de jeune fille de sa mère, Marie Henriette Lesueur.

Défendre la cause des femmes : l’engagement d’une vie

Adorée, décorée par tous ses contemporains, elle fut la première femme à recevoir la Légion d’Honneur puisqu’elle fut sacrée Chevalier en 1900, mais aussi la cinquième femme à être promue officier en 1913.

Talentueuse, Jeanne Loiseau était bilingue et aimait plus que tout défendre la cause des femmes grâce à son tact, et son côté diplomate. Elle créa diverses oeuvres philanthropiques, dont Le Denier des Veuves de la SGDL (en 1913), l’Aide aux femmes de Combattants (en 1914) et le Foyer du Soldat (en 1918, tout près du front).

daniel lesueur

Elles ont aussi opté pour un nom masculin :

George Sand, George Eliot, Laurent Danielle et Daniel-Lesueur ne sont pas les seules écrivaines à avoir opté pour un pseudonyme masculin.

En effet, il en existe une myriade, toutes aussi intrigantes les unes que les autres, que nous vous invitons à découvrir par vous-même…

Marie D’Agoult, alias Daniel Stern

Elizabeth Mackintosh, alias Gordon Daviot

Victoire Léodile Bérat, alias André Léo

Marie de Hérédia, alias Gérard D’Ouville

Jeanne Philomène Laperche, alias Pierre de Coulevain

Alice Marie Céleste Durand, alias Henry Gréville

Marie-Anne Bertille de Beuverand de la Loyère (bravo si vous avez tout lu), alias Champol

Jeanne-Caroline Violet, alias Guy Chantepleure

Frédérique Audoin-Rouzeau, alias Fred Vargas

JK Rowling, alias Robert Galbraith (elle voulait s’essayer au roman policier, mais cela n’a pas marché car elle a vite été démasquée)

Violet Paget, alias Vernon Lee

La liste est longue…

 

 

 

 

 

 

 

 

Musique – 5 tubes magiques de Noël 🎶

Homme déguisé en père Noël écoutant de la musique sur un ghetto blaster

Ça y est Noël, c’est la semaine prochaine ! Avant d’ouvrir vos cadeaux et de vous régaler à table à base d’huitres citronnés et de chocolats au lait (oui, moi c’est comme ça que je vois un vrai repas de Noël), entrez sur le dancefloor et faites preuve de grâce et d’élan sur les plus beaux tubes de la saison.

Vu qu’en hiver, vous grelottez et n’avez qu’une envie, celle de vous réchauffer… Vous n’avez pas d’excuses pour ne pas danser ! C’est promis, vos muscles vous diront merci.

Winter – The Rolling Stones

ENFIN LES VACANCES ! Il était temps…

Personne ne peut passer de belles fêtes de fin d’année sans se déhancher sur une petite musique des Stones. Cette belle ode à l’hiver a été écrite par Keith Richards et Mick Jagger, qui vous souhaitent un très joyeux Noël en famille, ou entre potes !

Silent Night – Joan Baez

Il est minuit, vous planez sur la terrasse avec tonton Jean-Mi, le vin chaud vous réchauffe les os et repu, vous vous étalez sur la chaise de jardin, paré à affronter le froid glacial de l’hiver. Vous allumez la sono, et Joan Baez vient tout doucement vous border dans votre petit lit presque douillet…

ELLE EST PAS BELLE LA VIE ?!

Merry Christmas everybody 🥂

White Christmas – Patti Smith

Après une énième embrouille bon enfant avec votre belle-mère, l’envie vous prend soudainement de la serrer dans vos bras et de passer l’éponge sur ces querelles enfantines.

« Allez viens belle-mama, c’est pas grave si tu trouves que je cuisine comme un pied. Ton fils me comble de bonheur et de joie la plupart des jours de l’année. On oublie ça. »

Pensez-vous.

En effet, c’est Noël. Qui dit Noël, dit douceur, tendresse, et réconciliations 🤗

Christmas at Sea – Sting

Grand voyageur que vous êtes, vous voilà parti en Californie à bord d’un airbus A380, en passant par la Havane, la Jamaïque, et même Haïti.

Vous, l’hiver, ça ne vous botte pas vraiment. Le froid ? Vraiment très peu pour vous, c’est réservé aux stationnaires, aux immobiles du bocal.

Vous, vous êtes mobile. Mobile et sexy. Ce qu’il vous faut, c’est une bonne dose de soleil et d’océan, car il n’y pas de plus beau cadeau qu’un bronzage full body pour faire rager vos collègues en rentrant.

Joyeux Noël à la Plage ! Et à la plus chill des fêtes de fin d’année 🌅

Joy To The World – Aretha Franklin

Toute seule – tout seul – dans votre coin près de la cheminée, vous croisez le regard magique du père Noël, qui vient de se brûler la barbe à cause des grandes flammes bleues émises par votre foyer. Ce dernier reprend ses esprits et vous fait un petit clin d’oeil en vous offrant le cadeau que vous attendiez tant.

« Mais oui… C’est elle ! LA PLAYSTATION 5 ! Merci Père Noël » chantez-vous.

Subitement, vous vous transformez en dancing queen – ou king – à en faire pâlir vos petits cousins, nièces et neveux.

JOIE DANS LE MONDE LES AMIS ! 🤩

Joie dans le monde.

Alors, est-ce que vous avez le rythme dans la peau ?

« Trop de femmes » : Paris écope d’une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité…

C’est la nouvelle absurde de la semaine : l’État demande à la Mairie de Paris de régler une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité hommes-femmes.

En 2018, onze femmes avaient été nommées directrices dans la fonction publique par la Maire de Paris Anne Hidalgo, contre cinq hommes à des postes similaires.

Une amende « absurde » et scandaleuse

Pour la Maire de Paris, Anne Hidalgo, cette amende s’avère injuste et surtout « absurde » au vu des efforts d’inclusion des femmes dans la fonction publique. Selon le gouvernement, ces nominations feraient preuve d’un féminisme exagéré.

Comme si la défense des droits des femmes ne serait en réalité qu’un simple passe-temps.

Ô rage, ô désespoir…

En effet, jusqu’ici, nulle amende de ce genre n’a été observée auparavant alors même que ces postes convoités ont toujours été majoritairement occupés par des hommes.

Choquée, Anne Hidalgo ne perd pas son sang-froid et a même annoncé qu’elle irait elle-même porter le chèque accompagnée de ses adjointes, directrices, et de l’ensemble des femmes du secrétariat général.

anne hidalgo

Et vous, cette drôle d’amende, vous en pensez quoi ? 🤔

Faites-nous part de votre avis en commentaire !

 

Nos poèmes préférés d’Andrée Chedid

poésie : portrait photo en noir et blanc de la poétesse Andrée Chedid

Andrée Chedid, grande poétesse syro-libanaise, a marqué les lycéens du BAC 2019. En effet, ils étaient nombreux à ne pas savoir qu’il s’agissait bien d’une femme et non d’un homme.

L’an dernier, les élèves de Terminale devaient plancher sur le poème « Destination : arbre » issu du recueil Tant de corps et tant d’âmes, publié en 1991. Ce dernier a donné du fil à retordre aux jeunes étudiants… Et pourtant, Madame Chedid, on l’adore !

Voici quelques poèmes incontournables de la grand-mère du chanteur M, immense prêtresse de la poésie et de la littérature.

Destination : arbre

Parcourir l’Arbre
Se lier aux jardins
Se mêler aux forêts
Plonger au fond des terres
Pour renaître de l’argile

Peu à peu

S’affranchir des sols et des racines

Gravir lentement le fût

Envahir la charpente

Se greffer aux branchages

Puis dans un éclat de feuilles
Embrasser l’espace
Résister aux orages
Déchiffrer les soleils
Affronter jour et nuit

Evoquer ensuite
Au cœur d’une métropole
Un arbre un seul
Enclos dans l’asphalte Éloigné des jardins
Orphelin des forêts

Un arbre

Au tronc rêche

Aux branches taries

Aux feuilles longuement éteintes

S’unir à cette soif
Rejoindre cette retraite
Ecouter ces appels

Sentir sous l’écorce
Captives mais invincibles
La montée des sèves
La pression des bourgeons
Semblables aux rêves tenaces
Qui fortifient nos vies

Cheminer d’arbre en arbre
Explorant l’éphémère
Aller d’arbre en arbre
Dépistant la durée.

Les Saisons du Sang

J’ai des saisons dans le sang

J’ai le battement des mers
J’ai le tassement des montagnes
J’ai les tensions de l’orage
La rémission des vallées

J’ai des saisons dans le sang

J’ai des algues qui me retiennent
J’ai des hélices pour l’éveil
J’ai des noyades
J’ai des leviers

J’ai des entraves
J’ai délivrance
J’ai des combats
J’ai fleur et paix.

Ce que nous sommes

Tu es radeau dans l’éclaircie

Tu es silence dans les villes

Tu es debout

Tu gravites

Tu es rapt d’infini

Mais tel que je suis

que j’écris que je tremble

Je te sais parfois

refroidi de toi-même

quand les fables et le sel t’ont quitté!

Je te sais
Tantôt mutilé
Tantôt espace
Tantôt épave
Ou illumination

Je te sais

disloqué par les parcelles du monde

Mais je te sais

De face

Dans la forge de ton feu.

Regarder l’enfance

Jusqu’aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance
Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance
Entravant ta marche
Ou te frayant chemin

Singulier et magique
L’œil de ton enfance
Qui détient à sa source
L’univers des regards.

La femme des longues patiences

Dans les sèves
Dans sa fièvre Écartant ses voiles
Craquant ses carapaces
Glissant hors de ses peaux

La femme des longues patiences se met lentement au monde

Dans ses volcans

Dans ses vergers

Cherchant cadence et gravitations

Étreignant sa chair la plus tendre

Questionnant ses fibres les plus rabotées

La femme des longues patiences se donne lentement le jour.

Épreuves de la beauté

En ces aubes où fermente la nuit

De quel élan

gravir?

De quel œil contempler

villes visages siècles douleurs espérance?

De quelles mains creuser un sol toujours fécond?

De quelle tendresse chérir vie et terre
Abolir la distance
Cicatriser l’entaille?

A quelle lumière découvrir la beauté des choses
Obstinément intacte sous le squame des malheurs?

Nuits

Agrippés par les ronces de la nuit

Les brasiers du soleil

S’engloutissent

Au fond de grottes éteintes

Le jour se débat encore
Dans nos mémoires

Avant de sombrer
Dans l’antre
Enchevêtré d’images
Qui double obstinément
Nos vies.

Vivre

Ces corps n’ont pas eu lieu
Ni ces cœurs ni ces nuits

Sans les fleuves de l’émoi
Rien rien ne s’assemble

Il nous faut le partage
Il nous faut l’incendie

Pour que s’amorce la source
Pour que vive la vie.

Je revenais des autres

Je revenais des autres chaque fois guéri de moi

A l’abri d’un sourire

D’un geste qui donnait champ

Des moissons d’une parole

Je quittais citernes et mirages

du chagrin pour une sorte de bonheur

Le bonheur?

La parole est captive

La
Parole est captive

Parfois son souffle déborde
Et nous parvient

Alors bousculant nos vannes
Roulant nos mots hors de l’ornière
Réduisant nos rocs en cendres
Elle combat les ruses du fleuve
Se jette contre nos rivages
Dévaste le cours du temps

Plus souvent nos mots
Réduisent l’eau prodigue

Alors les canaux s’enchâssent
Le grand flot nous déserte
Laissant une fois de plus
Notre paysage à sec.

Et vous, quel est votre poème préféré ? 

Partagez-le avec nous en commentaire 🙂