En 2024 ? ALLEZ-Y !

Guess who’s back ?

Ça y est, 2024 a commencé, et on a laissé derrière nous les énergies négatives de la fin d’année 2023.

On y reviendra peut-être plus tard dans un autre article, mais les fêtes de fin d’année n’avaient rien de joyeux pour beaucoup d’entre nous et des événements marquants ou traumatisants ont lieu au sein de familles dysfonctionnelles qu’il serait bon de ne pas négliger puisqu’ils peuvent forger une version de vous-même qui n’est pas celle que vous incarnez au fond de vous.

Notre conseil pour vous épanouir en restant fidèle à qui vous êtes : parler de ce que vous ressentez. Ne vous privez pas de la parole, de l’écrit si c’est plus facile pour vous. Partagez vos ressentis avec un professionnel, ne lésinez pas sur l’aide émotionnelle et/ou mentale dont vous avez besoin pour vous remettre de certains faits, d’un mode de vie instable, d’une éducation bancale, d’un manque de parentalité plus ou moins profond… Nous avons tous des blessures qui ne demandent qu’à cicatriser.

Nous vous recommandons de parler à un professionnel si vous le pouvez. Psychologue, psychanalyste, psychothérapeute, n’ayez pas peur de l’intitulé : ce qui compte surtout c’est que vous soyez écouté, respecté et ce peu importe vos idées, vos opinions, vos croyances.

Faites le bilan de vos peurs, dealez avec vos forces

L’objectif d’une analyse est de mettre en lumières vos peurs, vos obstacles, ce qui vous freine au quotidien pour avancer, afin de progressivement les traverser.

Par exemple, je vous confie un obstacle qui peut vous paraître ridiculement petit… Mais : j’ai eu peur d’écrire cet article et de le publier ce matin sur Coco de peur que Julien, mon amoureux du CP, ne tombe dessus et juge ma plume ou les sujets sur lesquels j’écris, alors que pourtant, c’est probablement quelqu’un de bien, ou en tout cas qui n’a rien demandé, ne sait pas ce que je fais de ma vie, et qui s’en contrefiche de savoir que l’écriture est une de mes passions.

Bon, cette peur… Voilà, je suis en train de la dépasser. Non sans peine, puisque j’ai du mal à m’empêcher de penser à mon ex bordelais qui pourrait voir ça aussi. Les ex. Ces petites frayeurs du quotidien. MAIS QUE VONT-ILS PENSER ?!

Allez savoir.

Ce qui est important : exprimer ses peurs justement, pour mieux y faire face, et voir comment il serait possible pour nous de les dépasser de la manière la plus saine possible.

Au début, il est possible de ne pas savoir du tout ce qui nous effraie, de ne pas connaître les mots ou ne pas détenir le vocabulaire nécessaire pour exprimer nos pires craintes parce qu’elles semblent appartenir à un monde imaginaire : celui du cauchemar, des pires frayeurs, bref, le monde de la peur.

Osons néanmoins mettre un pied devant l’autre au cœur de cette dystopie déroutante, en prenant davantage conscience de nos forces, de nos qualités, pour avancer avec elles et nous protéger des petites pensées négatives et intrusives, lesquelles essaient à tout prix de nous bloquer le passage.

Choisissons la confiance pour contrer notre anxiété, au lieu des doutes, rassurons-nous avec ce que nous savons de nous-même.

Et si on ne se connait pas assez ?

Alors on avance à l’intuition !

Souvent, vous savez que vous détenez les clés de votre réussite et que vous avez les moyens d’avoir confiance en vous, mais le monde extérieur a parfois tellement cherché à vous rabaisser ou à invalider votre personnalité que vous n’osez pas montrer vos perles rares.

Une par une, collectez-les.

Cheminez dans vos pensées pour retracer le fil conducteur de votre vie et soulever de belles périodes au sein desquelles oui, vous avez eu une générosité remarquable. Un courage mémorable. Une détermination à toute épreuve. Un tact du tonnerre.

Vibrez de confiance en vous

Une des phrases que j’aime beaucoup en ce moment :

« Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit. »*

*Nota bene pour rassurer mes amis musiciens : on parle bien de bruit, et non de divines mélodies.

Autrement dit ?

La confiance en soi, ce n’est pas parler plus fort que les autres. Petit à petit, je le comprends.

Combien de fois dans ma vie en voyant des personnes de ma famille, de mon entourage personnel, professionnel crier ou parler très fort pour couvrir les voix d’autres personnes, je me suis dit : incroyable. J’aimerai avoir toute la confiance qu’ils ont en eux.

Je réalise seulement maintenant que je me trompais lourdement : crier, parler plus fort que les autres est loin d’être synonyme de confiance en soi, au contraire.

D’ailleurs, de manière générale, vouloir recouvrir l’Autre, le dépasser, d’une manière ou d’une autre, c’est dire de soi-même que l’on ne se trouve pas ASSEZ, c’est donc un clair signal de manque d’estime, or justement c’est si bruyant que ça peut parasiter notre moyen logique d’arriver à cette conclusion pourtant simple, avec nos propres moyens de déduction.

Réfléchissez.

Les batailles lors desquelles vous avez fini vainqueur ou vainqueuse dernièrement ont-elles été remportées dans le bruit ?

Des cris parasites ont-ils permis de vous élever dans tel ou tel secteur de votre vie ?

Revenez dans la réalité avec moi et prenez conscience que ce qui vous a amené sur le chemin d’une réussite, c’est quelque chose, en vous, de silencieux, mais fort.

Muet peut-être, mais puissant. La confiance en soi, sans un bruit, vous a amené à cet endroit en vous pour y parvenir.

La réussite, ça peut être un article brillamment rédigé, si vous êtes passionné d’écriture comme moi, un roman, une nouvelle…

Ou bien un concert dans lequel on vous a trouvé excellent à la batterie si vous êtes musicien, et oui ça fait du bruit, ça s’entend, d’accord mais que faisiez-vous ? Si la batterie est un instrument qu’on entend trèèèès très bien, vous, vous étiez simplement assis-là, silencieux, à exécuter vos gestes à la perfection pour une audience bluffée par votre talent

Et si vous chantiez, c’est pareil, votre voix ne fait pas de bruit, elle invoque des vibrations irrésistibles elles aussi, à condition de croire en vous et vos capacités vocales.

Osez vous aimer

Tout ce qui réussit, ne fait pas de bruit mais vibre.

Trouver sa vibration, ce sera la quête principale de votre recherche personnelle afin de faire rayonner le soleil en vous. Et cette vibation, elle se trouve dans l’amour que vous avez pour vous avant tout. L’amour de se reconnaître comme un être CAPABLE. L’amour, c’est aller vers soi en premier lieu.

Petite victoire par petite victoire, réécrivez votre histoire différemment de ce que l’on s’imagine de vous, de ce qu’on raconte à votre sujet.

On vous trouve égoïste, paresseuse, vous manquez de chaleur humaine ?

Pensez à toutes ces fois où vous avez donné sans même le faire savoir aux autres. Où vous avez carburé dans un job qui vous a pris toute votre énergie sans que vous ne soyez rémunérée à la hauteur de vos efforts. Ces fois où vous avez su rassembler des personnes autour de vous simplement parce que vous avez su les accueillir, elles et leurs bagages émotionnels. Où vous avez tenté d’aider ceux que vous aimez, et même ceux que vous ne connaissez pas.

Ne sous-estimez pas votre puissance.

C’est l’heure de la révolution !

Transformez positivement votre esprit et prenez conscience que vous pouvez compter sur vous-même dans n’importe quel type de situation.

En 2024, vous transitionnez vers vos rêves.

Et si vous passiez à l’action, que touche par touche, jour après jour, vous ajoutiez les pigments de vos envies pour les matérialiser en un beau tableau, rendre vos aspirations encore plus réelles que la réalité ?

JE CROIS EN VOUS. Vous allez y arriver.

Cette année, osez oser.

Du rêve à l’action, concrétisez votre idée du paradis.

ALLEZ-Y !

La série « En thérapie » sur le divan des psys (2/2)

La série Arte « En thérapie » fait l’objet de critiques très antagonistes, notamment parmi les professionnels du champ analytique.

Dans ce deuxième volet, Laurence Croix, psychanalyste et maître de conférences, analyse le cas du personnage d’Ariane.

« Sur le fil d’Ariane », par Laurence Croix

Ce n’est pas une histoire de caméra qui entre dans un cabinet de psychanalyste. La psychanalyse reste une expérience peu transmissible. Ce qui se passe et se transmet dans une séance d’analyse est, malheureusement peut-être, emprisonnée dans une expérience singulière pas transposable et transmissible sur un écran ou ailleurs.

Il s’agit ici d’une fiction, et j’ai été très agréablement surprise dès le premier épisode avec le cas d’Ariane.

La séquence commence par des pleurs et le silence, puis cette première phrase avant tout générique « je ne pense pas pouvoir m’allonger aujourd’hui ». Le téléspectateur non seulement plonge brutalement comme un voyeur, dans l’intimité du cadre analytique, mais la dynamique d’une cure est immédiatement posée.  

Puis l’analyste invite la patiente à s’autoriser une parole. Cette parole décousue entre l’attente dans le froid devant la porte d’immeuble de l’analyste, la panique liée à l’attentat du Bataclan, le dure réalité du bloc opératoire, la vie décevante d’un couple au fond du lit où il ne s’y passe plus rien.

Tout cela a l’air décousu, mais l’hypothèse freudienne de l’inconscient permet justement de réintégrer de la cohérence et de la logique. C’est la méthode des associations libres inventée par Sigmund Freud. C’est par cette logique propre à l’inconscient que le sujet pourra se découvrir lui-même et donc accéder à son désir trop souvent entravé et refoulé, comme celui d’Ariane…

L’analyste accueille cette parole, ces associations et nous fait entendre à nous aussi spectateur au détour des très beaux dialogues, un lapsus ou une dénégation comme « ce qui s’est passé cette nuit n’a rien à voir avec les attentats. »

Certes la série En thérapie, version française, tente de nous faire entendre quelque chose de l’analyse, cette liberté, cette intimité, mais aussi l’écoute et le travail de l’analyste.


L’épisode dévoile cette relation entre les deux protagonistes, artificielle et particulière de la relation analytique. Les émotions que Frédéric Pierrot joue avec une authenticité remarquable dans cette écoute idéalement « neutre », dit-on, en théorie.  Mais comment être neutre quand sa patiente est si charmante et sexy ? De plus, elle ne lui facilite pas la neutralité dite « bienveillante « en avouant penser à lui tout en faisant une « gâterie » à un inconnu qu’elle ne désire pas.

La fiction, elle, permet cette déclaration d’amour passionnel, « obsessionnelle » dit-elle. On ne peut pas nier que le transfert est souvent passionnel car non seulement il condense des répétitions d’amours anciens et actuels, mais surtout comme l’écrit Freud il est aussi un amour « authentique ». C’est ce qu’interroge précisément ce cas d’Ariane dans la série, c’est cet amour complexe et authentique de la relation analytique, un sujet délicat, et où tout l’art de l’analyste est de savoir le gérer au mieux qu’il peut pour poursuivre le travail.

Le transfert est un amour authentique, même pour un analyste qui n’est pas particulièrement séduisant, même s’il est triste et ennuyeux, comme elle le lui fera remarquer. Évidemment il est surprenant que l’analyste n’ai rien voulu en entendre en amont de cette passion et semble tomber des nues, ce qui n’est évidemment pas à son avantage (d’analyste, mais classique chez les hommes oserons-nous dire !)


« Je sais que vous êtes impossible mais mon corps ne le comprend pas (…) » dit-elle. Le corps de l’hystérique parle ici à la place de la femme de ce réel de l’amour de transfert.
L’analyste reste coi mais tente de maintenir le cap éthique : « On en reparle la semaine prochaine » lui répond-il ! On entendra son désarroi, celui de l’homme tout simplement qu’il est avant d’être analyste…

C’est ce que certains de mes collègues ont parfois apparemment mal supporté. Qu’il ne soit pas un analyste super héros, dans une perfection illusoire, juste un banal névrosé lui aussi traumatisé par l’attentat. Mais qui ne le serait pas ? 

Cet amour (de transfert) est au cœur de l’éthique analytique dans toute cure.

S’agit-il que de tromperie sur l’objet aimé ? En partie certainement, mais tout amour n’est-il pas une tromperie ? D’un débordement du transfert dirons d’autres, au détriment de la psychanalyse, mais tout amour n’est-il pas « débordement » ?

C’est une difficulté majeure de « la direction de la cure » comme l’a nommée J. Lacan. Mais l’homme, ou la femme, et sa position d’analysant ne peuvent simplement se juxtaposer. C’est dans cet interstice justement que le travail s’élabore au lieu même du transfert, de l’amour, en tant qu’il est tout autant inévitable que nécessaire au travail analytique.

La psychanalyse est la seule pratique thérapeutique (qu’on le veuille ou non) qui intègre un travail sur le transfert.

C’est la spécificité même de la psychanalyse, ce n’est pas le transfert qui lui circule partout et tout le temps. L’analyste reste aux prises de ses désirs aussi, et pas que pour ses patientes ou patients. Les traumatismes et autres événements de la vie peuvent kidnapper le désir propre de l’analyste.

Dans tous les cas je félicite les auteurs d’un scénario intelligent, relativement proche du terrain de nos cabinets et au cœur des questions qui agitent le mouvement analytique depuis ses débuts (voir le cas Anna O.)  

Évidemment la performance de tous les acteurs dans cette série française rend d’autant plus cette fiction, car cela reste une fiction, intelligente, subtile, et revivifiante pour nos écrans souvent trop portés à tout simplifier et bêtifier sur le mode des thérapies comportementales ou d’une psychologie toujours mal vulgarisée.


Pour ma part donc, je pense qu’elle peut susciter chez tout à chacun des questions, d’analyste et de patients, mais pas seulement. Chacun pourra, s’il le désire, se poser des questions fondamentales sur ses propres désirs, ses amours, ses échecs et ses désillusions… Et pourquoi pas éventuellement s’en remettre à un analyste avec un peu moins d’appréhension !

Laurence Croix, psychanalyste, Maître de conférences à l’université.
Auteure notamment des ouvrages La douleur en soi, érès 2002, Le père dans tous ses états, De Boeck, 2011, Pour un regard neuf de la psychanalyse sur le genre et la parentalité, avec G. Pommier, érès 2018.

Diffusé sur Arte tous les jeudis du 4 février au 25 mars à 20h55.
Disponible en intégralité sur Arte.tv 
et sur Youtube.

La série « En thérapie » sur le divan des psys (1/2)

C’est la série évènement Arte. Réalisée par Éric Toledano et Olivier Nakache, cette fiction en 35 épisodes est une adaptation de la série israélienne “BeTipul”.

L’histoire se déroule au lendemain des attentats du Bataclan. Le psychiatre Philippe Dayan (Frédéric Pierrot) reçoit Ariane (Mélanie Thierry), Adel (Reda Kateb), Camille (Céleste Brunnquell), Léonora et Damien (Clémence Poésy et Pio Marmaï). Entre inconscient et trauma collectif, la série questionne l’impact des évènements sociétaux sur les subjectivités.

Nous avons demandé à des psychanalystes de regarder les premiers épisodes.

« C’est loin de la réalité », l’avis de Catherine Grangeard, auteure et psychanalyste.

Cette série bénéficie d’une promo exceptionnelle. Avantages et désavantages ! Une attente extraordinaire, par exemple. En tant que psychanalyste, je suis déçue. Les premiers épisodes du premier jeudi n’ont pas été à la hauteur de ce que j’espérais. Le psy est si bavard ! Et tant de clichés. La si jolie patiente en plein transfert amoureux, quelle caricature !

Là où tout devrait être nuances, quel dommage. Pourquoi avoir céder à cette facilité ? L’adolescente est plus réaliste, heureusement.

Il est essentiel de différencier fiction et réalité.

L’intimité d’un cabinet exclut la possibilité du film. Aussi en tenant compte du temps long du travail d’élaboration psychique et de l’inverse, la nécessité qu’il se passe quelque chose à l’écran pour que le téléspectateur ne zappe pas, ça devient plus acceptable. Mais attention à l’effet « Vu à la télé ». Cela peut devenir « je sais bien, mais quand même » et induire en erreur.

Au final, la première séance du psy chez sa contrôleuse frise le ridicule. On apprécie qu’il soit plein de doutes, c’est très bien mais mêler à ce point les vies privées et le travail, c’est loin de la réalité.

Ce qui est passionnant c’est de mesurer l’engouement. Ainsi la psychanalyse si largement décriée suscite toujours tant de passions !

L’élément fondamental, absolument rassurant, c’est de voir les évènements sociaux pénétrer le cabinet. Même s’il faut relativiser au sujet des attentats car loin de Paris il est à souligner que ce ne fut pas si prégnant. Ailleurs ce sont d’autres sujets qui impactent les vies. Toujours l’influence de la société marque. D’où l’importance de souligner la nécessité de l’importance d’une prise de conscience des normes et diktats sociaux, c’est rarement bien compris. Pour cela cette série marque un point. Et ça c’est considérable !

Diffusé sur Arte tous les jeudis du 4 février au 25 mars à 20h55.
Disponible en intégralité sur Arte.tv
et sur Youtube.