Bonjour chers lectrices et lecteurs d’un peu partout ❤️
Je suis bien plus que contente de vous retrouver, l’enthousiasme, la liberté, la créativité, la joie d’écrire à nouveau sur Colette m’envahissent, et ça m’avait manqué.
Depuis la dernière fois que j’ai écrit à cet endroit, il s’est passé tellement de choses dans le monde.
Le drame palestinien, expression souvent utilisée pour éviter de faire fuir les gens, employée à tort et à travers à la place de : génocide ; la déclaration de guerre de Poutine à l’Ukraine, Donald Trump réélu Président des États-Unis…
En France, on a eu droit à un énergumène d’extrême droite à la barre au pouvoir alias Michel Barnier, balayé et vite remplacé par, roulement de tambourin en panne 🥁, François Bayrou, qui dernièrement, s’est dit qu’il allait renforcer les mesures de contrôle de l’immigration (alors qu’en 2013, l’année de mon bac, le type annonçait qu’il se porterait à nouveau candidat à la mairie de Pau, j’ai pas compris cet enchaînement), bref, on est sur un régime semi-présidentiel… Tout ça donne bien sûr envie de crier :
What. The Actual. Motherfucking. FUCK ?
Il était donc temps que je revienne ici pour sauver la planète avec mes petits mots, car j’ai, bien sûr, bon espoir que Poutine tombe sur mon article, ainsi que sur tous les articles et vidéos des petits micro blogueurs dont je fais partie qui dénoncent des trucs, des conflits, et se qu’il se dise mais pardi, oui c’est n’importe quoi, et paf, le voilà parti en asile psy avec Musk, Trump, Xi Jinping et Netanyahou dans une de ses nombreuses villas de la Mer noire.
Mais assez parlé des hommes riches de cette planète, concentrons-nous sur le quotidien actuel des filles et des femmes de la Terre, aussi pluriel qu’il soit. Quelques petits rappels.
Les femmes au cœur : on est où en 2025 ?
Aujourd’hui, 1,1 milliard de filles à travers le monde sont déscolarisées, victimes d’exploitation, ou mariées de force. Environ toutes les 3 secondes, une fille est mariée avant l’âge de 18 ans.
À échelle mondiale, environ 736 millions de femmes ont subi au moins une fois des violences physiques et ou sexuelles de la part de leur partenaire intime, ou en dehors du couple, ou les deux.
Pour ce qui est du couple, en moyenne, 30% des femmes qui ont eu des relations – de couple – signalent avoir subi une violence physique ou sexuelle de leur partenaire intime.
En France, comme on peut le constater sur le site de noustoutes, il y a un féminicide tous les deux jours. Au 1er mars 2025, on dénombrait déjà 23 féminicides depuis le début de l’année. Un viol ou une tentative de viol toutes les 2 minutes 30.
16% des Français.e.s ont subi une maltraitance sexuelle durant leur enfance.
Côté travail, les femmes touchent (toujours) 28,5% de moins que les hommes.
Et l’avortement dans tout ça ? Où en est l’IVG ?
Si le lundi 4 mars 2024, la France est devenue le premier état au monde à inscrire dans sa Constitution « la liberté garantie de la femme de recourir au droit à l’interruption volontaire de grossesse », il existe encore 21 pays dans lequel l’interruption de grossesse est formellement interdite. Au niveau planétaire, on parle de 40% de femmes vivant dans un pays dans lequel l’avortement est soit interdit, soit très restreint.
Une honte, quand on sait que de toute façon, malgré les interdictions, la loi et toute forme d’oppression, les femmes ont recours à des techniques d’avortement. Et ce quitte à mettre leur vie en danger (lisez L’événement, d’Annie Ernaux pour mieux comprendre la problématique).
Il va donc falloir que les dirigeants de ces pays comprennent à un moment donné que les femmes, lorsqu’elles sont déterminées dans leur choix qui concernent leur corps, sont prêtes à aller jusqu’au bout pour pouvoir vivre, et surtout, le plus souvent, survivre, et si cela signifie avorter, elles sont prêtes à tout, alors raison de plus pour leur garantir enfin une sécurité, une réelle protection de santé.
Les IVG clandestines représentent encore la troisième cause de mortalité maternelle dans le monde.
Ces interdictions, restrictions, discriminations continues, ne font qu’aggraver l’oppression générale et systémique envers les femmes.
Et les femmes, d’ailleurs, ne sont pas toutes les mêmes, comme les médias diffusant des généralités sexistes voudraient nous le faire croire.
On est ensemble
Aujourd’hui, pour faire avancer les combats, la lutte pour les droits des femmes, il est nécessaire de reconnaître la pluralité des femmes, la multiplicité de leurs différences, la diversité, accueillir toutes les femmes peu importe leurs religions, leurs origine.
Les femmes ne sont pas toutes européennes et trentenaires comme moi: certaines sont issues des minorités ethniques, racisées, c’est-à-dire qu’en plus de subir du sexisme au quotidien, elles doivent en plus de ça porter le fardeau à 200% illégal du racisme, et tout un tas d’autres discrimination en fonction de leur situation sociale.
Cette vision intersectionnelle du féminisme, je la partage entièrement, puisque c’est grâce à la convergence des luttes que nous allons augmenter nos chances de nous faire entendre, et de faire avancer la libération des femmes partout dans le monde.
J’ai envie de parler de toutes les femmes, de la nécessité de notre émancipation, mais aussi de faire entendre ici tous les combats qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas, qu’on oublie trop souvent.
Le but ici, ce n’est pas de recourir à la force physique, au vu de mon gabarit, ce serait bien compliqué.
Je suis seule derrière mon écran à vous écrire, à vous lectrices, lecteurs, à vous qui souhaitez un monde plus apaisé, dans lequel la douceur reprend ses droits, accompagnée de la nature, d’un monde plus tourné vers l’humain, vers ce qui ralentit, la paix prend du temps.
Cette paix, j’ai envie de l’installer progressivement avec vous sur des espaces d’information qui ne sont pas encore pollués de censure, d’interdiction ou de désinformation.
Il y aura peut-être ici ou là quelques erreurs, mais s’il vous plaît, corrigez-moi, ou encouragez-moi à reformuler si je m’exprime avec maladresse, j’ai besoin de vous, je pense qu’on a besoin des uns des autres pour avancer ensemble, pour aller loin et construire un monde plus serein dans lequel l’art fait bon vivre.
Osez me parler en commentaire, ou par mail, dites-moi le fond de votre pensée, si vous avez envie de dire ou de crier quelque chose : exprimez-vous, je suis là pour vous entendre, tant que ça reste constructif et sympa.
Soyons audacieux.ses tous ensemble.
Parlons, réveillons la langue ensemble, et tentons d’enjoliver cette planète déjà magnifique, grâce à de beaux mots, à l’amour, la passion que nous éprouvons quant à certains sujets, certaines causes, certaines luttes, certains arts…
J’ai envie de revenir ici pour écrire sur tous les sujets qui me passionnent, dans l’espoir de dialoguer avec celles et ceux pour qui les textes de Colette résonnent.
Pour être dans une clarté absolue, une transparence totale, je m’adresse à tous les amoureux.ses du rire, aux tendres, à celles et ceux qui ont ce don inné de reconnaître de la beauté dans les recoins de la vie les plus infimes, parce que je ne suis pas parfaite, et j’aime de plus en plus l’imperfection.
Je m’adresse aux audacieuses et audacieux, tout ce beau peuple qui veut vivre, chanter, danser, parler autour d’un café, s’émanciper des carcans, briser les cases, les causeurs du dimanche, les énervés de l’après-midi, les tristes poètes du soir, je veux être là pour parler de toutes ces émotions qui nous traversent tous et toutes, de santé mentale, de féminisme, d’égalité des sexes, de droits des femmes oui, de solidarité, d’environnement…
Avec ma petite plume, on va essayer d’avancer un peu par-là, et puis j’espère qu’avec vos yeux, nos cerveaux communs, tout l’amour et la bonne volonté du monde, on réussira à planter quelques graines d’avenir serein.
[Bon d’accord, j’écris aussi pour celles et ceux qui sont angoissés par leur âge, alors que oui, je vais le dire ici, dès le début : ce n’est qu’un nombre. D’autres qualités merveilleuses vous définissent ! Imaginez qu’on se sente défini par notre pointure de chaussure. C’est bon, oh, ça suffit. Arrêtons de culpabiliser de prendre de l’âge, de mûrir, de grandir. Le fait que notre corps évolue est plutôt bon signe. Imaginons qu’à 90 ans, on ait l’air d’en avoir 5… On aurait l’impression de se faire arnaquer.La vie est belle. Prenons tout le temps nécessaire pour la célébrer.]
Avoir 27 ans, ça ressemble à du vent frais dans les cheveux le matin dans le printemps naissant.
Ça donne envie de faire l’amour. Des bébés, mais pas trop rapidement, parce que qui sait ce qui nous attend avant de féconder.
Rêver, rire, voyager, grandir en s’aimant, en apprenant le respect, de soi-même pour commencer, les autres ensuite, une fois que c’est bon, que dans notre esprit tout est réglé.
Avoir 27 ans dans mon corps et dans ma tête, ça ressemble à une libération fraichement acquise, un envol enfin célébré, un appartement à soi, une chambre à moi et à moi-seule. Si certains de mes ennemis (à qui je souhaite la bienvenue s’ils lisent ce texte) pourraient prendre ça pour l’apogée de tous les égoïsmes ou pour de l’individualisme à l’américaine, je vois quant à moi, en ces portes, en ces fenêtres, en ces pieds battant sur un joli parquet parisien, la montée en puissance de mon moi réel, ma nouvelle identité à naître.
Avoir 27 ans, c’est l’âge idéal pour écrire, chanter, vivre, s’émanciper, avoir pleinement conscience de soi, de son présent, de son passé, dessiner gaiement le futur.
27 ans dans ma tête de farfadet à l’imagination trépidante, ça revient à embrasser la vie à nouveau.
Divorcer de ses anciennes flagellations intérieures, prendre la vie comme elle vient aussi, ne pas s’embêter avec des ambitions délirantes. Conquérir ? Oui pourquoi pas. Quand je veux, si je veux.
Ma conquête en cours se trouve dans des retrouvailles personnelles, mon ego du présent fait un pas vers mon ego du passé, tout en prenant dans ses bras toutes les facettes de mon moi futur.
Si vous trouvez que ces lignes débordent d’amour et d’auto-suffisance et que vous trouvez ça dégueu tellement ça explose de partout, honnêtement, je n’en ai un peu rien à secouer.
Gloire à ceux qui s’aiment, et savent aimer les autres.
Si vous pensez que c’est d’abord et surtout l’intelligence qu’il faut développer, la culture qu’il faut approfondir, les bonnes manières et la diplomatie qu’il faut pratiquer, retournez dans votre joli jardin et arrosez vos « faut » comme bon vous semble.
Mon envol pour la vie a déjà commencé, puisse l’atterrissage prendre des années d’exquises folies de bonheur de joie et de réalisations d’objectifs. La cible ? La beauté des femmes, des hommes, des petites choses. Voir toute cette beauté en couleur, en grand, en petit, tant qu’on la voit d’assez près pour se délecter du monde à chaque instant.
Participer à la beauté. Ajouter par des petites actions simples, tout ce dont la nature a besoin pour configurer l’harmonie.
À ceux qui voudraient que je ressente des choses impossibles à éprouver.
À ceux qui me font ou m’ont fait chanter émotionnellement.
À ceux qui ont confondu sommeil et désir. Amour d’enfant et amour de grandes personnes.
À ceux qui m’ont manipulé, dit que jamais je ne pourrai jamais retrouver autant d’amour après les avoir quitté, dit qu’ils avaient tout donné pour moi et que je ne retrouverai jamais une aussi « belle » paix que ceux qu’ils me donnaient.
À ceux qui m’insultaient sans raison, gratuitement, me faisaient sentir stupide juste pour mieux exister.
À ceux qui me faisaient remarquer certains détails sur mon corps qu’ils étaient incapables d’apprécier : les proportions de mon estomac, de mon nez, de mon visage tout entier, de mon rire, tonitruant parfois, de mon silence accablant et ma prétendue timidité – laquelle prend généralement toute sa place lorsque je n’aime pas quelqu’un…
À celles qui s’amusaient avec toute l’amitié que j’avais pour elles, me pensaient éternellement reconnaissante et soumise à des diktats indicibles et des codes ultra parisiens, privés, et soi-disant « hype ».
À celles qui connaissaient mes défauts par cœur et s’en sont servis exprès pour me faire exploser de jalousie, de colère, de toutes ces choses fatigantes qu’on ferait mieux de pas trimbaler avec soi…
À ces professeurs qui ne voyaient pas trop où je voulais en venir et encore aujourd’hui seraient capables de me regarder avec des yeux de merlans frits en me demandant l’air pataud, mais dis-donc tu vas où ?
Laissez-moi dire à tous infimes passants de ma vie, où je vais. Car c’est un chemin semé de joie, d’indépendance, de courage, d’affirmation de soi que certains n’osent prononcer, et pourtant je vais…
Eh bien je vais là, tout simplement :
Liberté
Sur mon chemin, je ferai quelques étapes très jolies, dont voici quelques-unes :
Selfie’storique c’est la websérie qui va te réconcilier avec l’Histoire! La saison 1 retrace la vie de Marie-Antoinette, épouse du roi Louis XVI.
Louise, la créatrice de Selfie’storique, en fait un personnage attachant haut en couleurs. La Marie-Antoinette qu’on connaissait (du moins, on pensait la connaître) dans nos livres d’Histoire poussiéreux est nettement plus fun dans Selfie’storique. Le concept de la chaîne ? « Et si Youtube avait existé à l’époque ». Des personnages féminins racontent leurs vies à la manière des influenceuses. Un pari réussi!
Rencontre avec Marie-Antoinette la talentueuse Louise, comédienne et créatrice de la chaîne.
Comment est née la websérie ?
Au départ, je cherchais des vidéos de vulgarisation historique sur Youtube. Je souhaitais en apprendre plus sur des femmes en particulier. Les vidéos sur lesquelles je tombais étaient soit pas très rigolotes, soit très longues, enfin je ne trouvais pas exactement ce que je voulais …
Je ne trouvais pas de formats un peu sympas et courts (mais j’ai sûrement très mal cherché). Je me suis dit qu’il y avait matière à créer quelque chose. J’ai noté ça dans un coin de ma tête, j’ai laissé l’idée mûrir un peu. Le COVID est arrivé deux mois plus tard, j’ai eu un petit passage à vide en me demandant ce que j’allais bien pouvoir faire. Étant donné que je suis comédienne, le domaine de la Culture était en pause. Je me suis rendu compte que les planètes étaient alignées et que j’avais tout pour me lancer: je n’avais besoin que de moi et le projet pouvait se lancer rapidement.
Tu reprends les codes des youtubers, étais-tu familière de ce média ?
Pas plus que ça. Je consomme Youtube et les réseaux sociaux de manière normale. Ce qui est sûr c’est que je ne voulais pas faire des vidéos de vulgarisation comme il en existe déjà. Je voulais apporterquelque chose de neuf et des vidéos que j’aurais aimé voir : sérieuses mais qui ne se prennent pas au sérieux !
La saison 1 est axée sur le personnage de Marie-Antoinette, pourquoi ce choix ?
Pour plusieurs raisons. Au départ, je souhaitais parler de femmes méconnues mais je me suis vite rendue compte que cela serait compliqué pour démarrer, notamment du point de vue des recherches. Je me documente par mes propres moyens. Je n’ai pas accès à des archives confidentielles et compliquées.
Le personnage de Marie-Antoinette se prêtait bien à l’exercice parce qu’il existe beaucoup de biographies et d’informations. Paradoxalement, on la connaît peu. Moi par exemple, j’ai pris conscience que je la connaissais très mal. Il y avait matière à apprendre des choses et avoir accès à des éléments historiques. En me documentant, les plans des épisodes se construisaient. Sa vie est tellement riche qu’il y avait de quoi étirer et jouer avec tel ou tel concept, c’était vraiment idéal pour commencer.
Tu en fais un personnage attachant alors qu’elle était détestée par le peuple. Tu dresses la figure d’une femme forte et libre.
Forcément j’ai envie d’avoir un discours féministe mais sans pour autant tirer les ficelles à tout prix. Si ça s’y prête c’est tant mieux. Je voulais avant tout la rendre humaine parce qu’on la connaît qu’à travers les livres d’Histoire, les documentaires et la manière dont on y aborde les personnages historiques est souvent distanciée.
L’avantage du format des réseaux sociaux c’est que cela crée une proximité. Je voulais la rendre plus accessible tout en restant proche de sa personnalité. L’avantage des biographies que j’ai lues c’est qu’elles détaillent la psychologie de Marie-Antoinette et j’ai donc pu me baser dessus pour construire le personnage. De plus, le fait de la recontextualiser permet de remettre en perspective pourquoi elle était détestée. Je ne veux pas pour autant la défendre ou l’excuser mais juste replacer le contexte afin d’avoir le recul pour savoir pourquoi elle agit de telle ou telle manière.
La websérie est très bien documentée. On pourrait penser que tu as fait des études d’histoire ou d’histoire de l’art. Comment te documentes-tu ?
Non, en effet, je ne suis pas historienne ! Je ne voulais pas prendre mes sources sur Internet parce qu’il y a vite des erreurs. Il faut être très vigilant. Je ne voulais pas me compliquer la vie, je préférais me baser sur des textes fiables. J’ai fait des comparatifs entre les biographies, j’en ai lu trois. Cela m’a permis d’avoir une approche différente du personnage : Stéphane Zweig est axé sur l’aspect psychologique, Simone Bertière va chercher à donner les détails les plus complets… J’ai pioché des éléments dans ces biographies et je les ai mises en perspective pour la conception des épisodes.
L’avantage de ces biographies c’est qu’elles sont très documentées, cela m’a facilité la tâche. Pour la saison 2 aussi je travaille à partir de biographies. Ma priorité c’est que le spectateur n’ait pas de doute par rapport aux sources. Évidemment il y a un infime part d’adaptation, mais sinon je voulais que tout soit absolument véridique. Mon point d’honneur c’est qu’il n’y ait aucune erreur historique. Je voulais que le spectateur soit en confiance avec ce qu’il apprend à travers les vidéos. Toutes les sources sont d’ailleurs en description des vidéos. L’idée est d’apprendre et que ce soit agréable.
Tu travailles seule ou avec une équipe ?
Je suis majoritairement seule : 98% du travail est fait par moi, de l’écriture au montage. Pour le dernier épisode, j’étais accompagnée d’une équipe. Et sinon, un proche m’aide pour faire les voix off masculines et mon entourage me donne un regard extérieur quand je doute !
Comment as-tu reconstitué l’univers du XVIIIème siècle ?
Il m’a fallu ruser ! Pour les décors, j’ai tourné dans un appartement moderne qui avait juste une grande armoire ancienne, un papier peint et un fauteuil qui faisaient un peu XVIIIème. L’idée c’était d’évoquer l’époque, puisque pour rester authentique et tourner à Versailles même, c’était impossible.
J’ai eu la chance d’avoir une autorisation pour tourner le dernier épisode à la Conciergerie. Pour les épisodes sur la Révolution, j’ai tourné à la campagne dans une ancienne maison au vieux mobilier, ce qui m’a permis d’avoir visuellement un petit semblant de l’époque et de varier mes plans. Pour les vlogs, le changement de décors (à la campagne notamment) était essentiel. Cela faisait illusion, même si évidemment il y a des anachronismes: un lampadaire qui se balade, un drapeau français, etc. mais dans l’ensemble, l’illusion fonctionne je crois !
Pour les costumes aussi c’est de l’évocation, l’astuce toute simple c’est que les deux-tiers des vêtements que je porte ne sont autres que des hauts de fast fashion avec un col carré et des épaulettes. Comme on ne me voit jamais de pied, cela donnait l’illusion. J’espère ne pas trop briser la « magie » en dévoilant ces astuces !
En combien de temps as-tu créé la saison 1 ?
J’ai commencé à écrire tout en faisant mes recherches. Comme les épisodes sont chronologiques, j’ai pu commencer à tourner tout en continuant l’écriture. J’ai commencé en juillet 2020 et diffusé le premier épisode le 7 février 2021. La construction s’est faite dans le désordre. Par exemple, j’ai décidé de faire le Draw my life à la dernière minute : au départ, j’envisageais de faire 11 épisodes et j’ai décidé un mois avant la diffusion du premier épisode d’en faire finalement 12. La saison 2, à priori, devrait me prendre moins de temps, en tout cas j’y travaille !
On attend avec impatience la saison 2… Que peux-tu dévoiler de la prochaine saison ?
En attendant la saison 2, deux vidéos bonus alimentent le contenu de la chaîne: une vidéo sur les coulisses de la saison 1 et une vidéo sur la bibliographie. Un hors-série sortira ensuite au mois de juillet.
Concernant la saison 2, je ne me suis penchée dessus qu’après avoir fini de diffuser la saison 1, je ne voulais pas m’éparpiller. Elle portera sur la vie de Cléopâtre… J’ai longtemps hésité sur le personnage d’ailleurs. L’exercice est plus compliqué qu’avec Marie-Antoinette, d’une part parce que le sujet est très axé sur la politique, d’autre part parce qu’il y a des zones d’ombres dans sa vie que même les historiens ignorent. J’assume l’existence de ces incertitudes au niveau historique, elles seront mises « en suspens » dans les épisodes.
Je travaille actuellement sur l’écriture des épisodes. Je prévois la saison 2 pour fin août/début septembre, si tout se passe bien. La réalisation variera pour la saison 2 pour que les deux saisons soient bien distinctes. De la même manière, je veux qu’il y ait une scission entre le personnage de la saison 1 et celui de la saison 2, et pas que les gens se disent “C’est Louise qui joue Marie-Antoinette ou Cléopâtre”. C’est un challenge de comédienne !
Et je ne peux m’empêcher également de déjà penser à la saison 3…
L’idée de la websérie est vraiment de faire découvrir des portraits de femmes dans l’Histoire…
Oui parce que les femmes ne sont pas assez mises en valeur. Il s’agit de parler de destins de femmes qu’on ne connaît pas ou pas assez.
Selfie’storique a aussi une page Instagram…
La page Instagram me donne plus de visibilité. Je l’utilise pour ajouter des choses que je n’ai pas pu mettre dans l’écriture des épisodes. Cela permet également de faire vivre la chaîne entre les épisodes et les saisons. Il y a aussi plus de proximité sur Instagram avec les DM. L’idée c’est que 75% du travail est sur Youtube et 25% sur Instagram mais le compte Instagram fait écho à la chaîne.
Quels conseils à celles/ceux qui aimeraient lancer leur websérie ?
Je dirais qu’il ne faut pas se poser trop de questions (bon moi j’avoue je m’en pose beaucoup trop [rires]). Je pense qu’il faut faire les choses si ça nous plaît et alors ça plaira à d’autres. C’est en arrêtant de me poser trop de questions que j’ai pu me lancer. Cela implique beaucoup de prises de risques mais si on a le désir de créer, il faut le faire. La vie est trop courte pour repousser les choses qu’on aime! C’est un peu bisounours mais c’est ce que j’aurais aimé qu’on me dise !
L’intégralité de la websérie est à visionner ici !
« Mise à Mâle » c’est un apéro enregistré né sous le signe d’une bromance, celle de Théo et Flo. Un lundi sur deux, ils secouent les clichés et les préjugés. Avec sincérité et humour, ils s’interrogent sur la manière de déconstruire les masculinités. Accompagnés de leurs invité.e.s, ils échangent leurs expériences et partagent leurs points de vue sur les enjeux relationnels. On s’immisce avec délice dans les coulisses d’un apéro entre mecs. Rencontre.
Comment est né « Mise à Mâle » ?
Flo : Le projet est né de trois constats. Le premier, qui est personnel, c’est qu’en 2018 on sortait beaucoup. On avait tendance, entre potes après une soirée, à s’envoyer des vocaux de débriefs. De trucs qui se sont bien passés, moins bien passés. C’est très émotionnel : « Ouais j’ai trop kiffé, j’ai rencontré cette meuf ». Ou alors : « J’ai pas osé y aller, je me suis pris un gros scud, je me sens pas bien dans ma vie », des trucs assez perso. J’envoyais ces vocaux sur un groupe de potes et un soir, un ami rentrait chez une nana qu’il ne connaissait pas, il venait de la rencontrer. Il a écouté nos vocaux de toute la soirée avec la meuf le lendemain matin et elle a dit: « Mais vous vous prenez vachement la tête les mecs en fait ».
Pour moi c’était évident qu’en 2018, les hommes parlent entre eux et que c’est pas que des discussions de vestiaires où les hommes racontent quelles positions ils ont fait la veille. Et ça, c’est un imaginaire qu’ont les femmes en général sur les hommes, mais aussi des hommes qui pensent que c’est comme ça qu’ils doivent se comporter entre eux. Le premier constat c’est de se dire qu’il faut arrêter de jouer un rôle parce que ça ne sert à personne de faire semblant, d’être hyper viril, dans le contrôle.
Le deuxième constat c’est que des podcasts féministes existaient, « Les Couilles sur la table » est vraiment l’exemple majeur pour nous. Mais c’était souvent des podcasts faits par des femmes, ce qui est pas grave. C’est juste que si les hommes ne parlent pas, il y aura toujours un déséquilibre. Il faut qu’on arrive nous aussi à prendre la parole sur des sujets, sans faire du mansplaining.
Le troisième ingrédient, c’est qu’on ne voulait pas qu’il y ait une bibliographie de trois pages à la fin. On se renseigne comme des hommes lambdas. On a voulu garder cette candeur de se parler comme à un apéro, en se déconstruisant, sans donner la morale. De parler à des gens lambdas et voir où ça nous mène. C’est pour ça qu’on boit un coup pendant le podcast, c’est pour se dire qu’on n’a pas besoin de se prendre la tête pour évoluer.
On est hyper complémentaires Théo et moi parce que moi j’ai eu pas mal d’expériences. Théo sortait d’une relation de 5 ans et demi avec sa première meuf. Sur le spectre, on avait les deux extrêmes. C’était cohérent de parler de ces sujets et d’avoir des points de vue très différents et voir comment on se rejoignait au milieu.
Théo : On avait déjà des exemples de mecs autour de nous qui étaient un peu plus bourrus, ou moins ouverts aux questions du féminisme mais qui auraient pu être convaincus et auraient pu changer leurs comportements. Mais naturellement, ils se seraient braqués s’ils avaient écouté un podcast présenté par une femme qui prétend parler au nom des hommes. De la même façon qu’on écoute un podcast féministe présenté par un homme, il y aura des femmes qui auront des réticences et c’est normal aussi. Ces gens-là, on ne voulait pas les laisser de côté. Le but étant d’être bienveillants et que tout le monde puisse écouter des points de vue d’hommes. On n’a pas la prétention d’avoir un savoir omniscient. On est là pour témoigner.
La bienveillance entre potes a beaucoup marqué les origines du podcast. Il y a des choses qu’on osait aborder en fin de soirée, après trois ou quatre verres, parce que ça désinhibe. C’est là qu’on s’est rendu compte qu’on mettait des sujets sur la table qui nous touchaient, en pensant que c’était juste nos problèmes. On a pris conscience que c’était le cas des autres aussi.
Pourquoi ce titre ?
Flo : Au départ, ça devait s’appeler « Des mecs qui se prennent la tête ». On voulait montrer que c’est pas l’apanage féminin que de se poser des questions sur ses sentiments.
Théo : Finalement on a préféré un petit jeu de mots. Mais l’idée est toujours la même en fait. On est parti de ce qu’on voulait faire dans ce podcast, à savoir casser des stéréotypes et préjugés.
Dans « Mise à Mâle », il y a l’idée de casser des choses, de secouer un peu. Et surtout, il y a le fait de ne pas avoir peur de se mettre en danger, de se dévoiler, d’être dans un état de vulnérabilité. Ce qui est un peu le but du podcast aussi et ce qui rejoint le côté témoignage où on est témoins d’une progression.
On n’est pas parti du podcast en se disant qu’on avait des meilleures opinions que les autres sur le sujet de la masculinité ou du féminisme. On est parti du podcast en se disant qu’on était juste deux mecs complètement lambdas. Comme les mecs lambdas on a des choses à dire, c’est peut-être vrai ou faux mais c’est toujours authentique et il y a des apprentissages à en tirer.
Dans « Mise à Mâle », il y a la fragilité aussi. Et le « mâle » qui fait référence au mâle alpha qui est le cliché numéro 1 à déconstruire.
Il était important d’enrichir le point de vue féministe en prenant en compte le point de vue des hommes. Il y a beaucoup de combats, des mecs qui seraient contre le féminisme, alors que c’est juste le même combat, on a tous à y gagner. Cela peut beaucoup faire avancer le débat d’aborder le féminisme sous le prisme de la masculinité.
Flo : Le fait de ne pas être contre quelque chose, même si on a envie que ça avance, on veut juste s’éprouver. Il nous arrive à la fin d’une discussion d’avoir fait le tour et de revenir au point de départ mais le seul fait de s’être posé la question, ça a tout changé. Mon rapport au sport ou mon rapport aux femmes par exemple, il y a des choses que je retrouve d’il y a cinq ans, sauf qu’aujourd’hui je fais les choses consciemment. Et c’est déjà ça le début de la déconstruction : ne pas changer du tout au tout, mais savoir pourquoi tu fais les choses, quelles structures pèsent sur toi et faire un choix délibéré après.
Vous avez une audience plutôt féminine ou masculine ?
Flo : Aujourd’hui, sur le podcast, on est à 55% femmes, 45% hommes. Sur Instagram, plus de femmes nous suivent (65% de femmes). On a été assez surpris car au début on voulait parler aux hommes, on voulait les encourager à parler de ces sujets là, leur montrer que ça n’en fait pas des « moins hommes ». Sur Instagram, les hommes sont plus pudiques. Au début, notre auditoire était exclusivement féminin, on s’est rendu compte que les femmes étaient bien plus curieuses. Il y a aussi la promesse de dévoiler ce qu’il se passe dans les coulisses d’un apéro masculin. Les hommes étaient dans le rejet à l’idée d’écouter cette discussion.
Théo : Les mecs qui nous contactent sur Instagram, on sent que ça les a soulagés d’entendre un témoignage proche du leur, là où les filles nous envoient plus des messages de soutien. Je pense qu’avec les femmes, et c’est à mettre à mal, il y a l’idée qu’elles sont habituées à avoir des discussions sur les émotions, les sentiments, à se montrer vulnérables, fragiles.
Je pense que naturellement, l’auditoire féminin n’a pas hésité à nous suivre, là où les mecs étaient plus sur la réserve. Mais on a eu beaucoup de témoignages de filles qui recommandent le podcast à des mecs (potes, amants). C’est encore plus beau comme cheminement. On voulait viser directement les mecs en parlant de féminisme et on finit par toucher les mecs à travers les femmes qui se reconnaissent et aiment ce qu’on dit.
Flo : C’est très beau, mais moi je serai en kif total le jour où ce sera un mec qui recommande « Mise à Mâle » à une meuf !
Au-delà du genre, vous invitez au dialogue ?
Flo : Exactement. C’est pour ça que notre podcast ne se veut pas spécialement genré. Au début on voulait d’abord viser les hommes. Aujourd’hui peu importe, il faut juste qu’on parle en fait. Il y a même des sujets qui n’ont rien avoir avec la masculinité spécialement mais on se dit que c’est bien d’en parler parce que les gens sont crispés sur pleins de trucs.
Théo : C’est souvent notre conclusion : il faut se dire les choses. Ce qui est important c’est de le témoigner. La masculinité c’est plus par simplification de l’audience. Très souvent, ça touche tout le monde. En général, les sujets sont déjà un peu plus entamés du côté des femmes par d’autres podcasts ou d’autres médias. C’est pas tant que les sujets sont différents des hommes aux femmes, ce sont les mêmes sujets mais il y a souvent un temps de retard avec les hommes qui ont du mal à prendre conscience de ces choses-là.
Comment choisissez-vous vos sujets et vos invité.e.s ?
Théo : Les sujets naissent spontanément dans nos échanges, soit en soirée, soit en discutant. Ça vient très souvent de nous, des fois de suggestions. Très souvent, ce sont des vraies questions qu’on se pose, soit moi avec un pote ou Flo avec un pote, et on regroupe les discussions.
Pour les invité.e.s, autant que faire se peut (je suis très fier d’avoir placé cette expression), on essaye de privilégier des gens qu’on connait, avec qui on a une bonne affinité. Il y a aussi des personnes très extérieures mais parce qu’elles sont pertinentes sur la question.
Le deuxième filtre c’est de confronter les points de vue donc faire un podcast sur les hommes mais inviter des femmes, aborder un sujet qui touche les homos et les hétéros et inviter une personne homo ou bi. Essayer de mélanger au maximum les points de vue. Par exemple, sur un sujet comme le couple, essayer de mettre quelqu’un qui a été en relation longue et quelqu’un qui n’a jamais été en relation tout court.
Flo : En première saison, c’était nos potes, là, on essaye de s’ouvrir un peu. On crée ce moment d’apéro pour montrer ce qu’il se passe quand on ne se connait pas car il y a une forme de pudeur et de politesse. J’ai une envie pour la saison 3 ou la saison 4, c’est d’inviter des gens, non seulement qu’on ne connait pas, mais en plus qui ne sont pas d’accord avec nous. Parce qu’on est dans des bulles en fait.
Le but c’est d’inviter des gens comme mon plombier par exemple. Il est venu l’autre jour et m’a lancé : « Un podcast sur les masculinités ? Ah tant mieux parce que franchement, il y en a marre des femmes hystériques ! » Il a compris « masculinité » au sens masculiniste. J’étais fasciné. Le but c’est d’inviter ce genre de mecs. Mais c’est difficile à gérer parce qu’on ne veut pas que ça fasse un dîner de cons, où nous on est là à déconstruire, et lui dire qu’il a rien compris de la vie. Car ce mec, il a le droit de penser comme il pense. Il y a plein de raisons qui font qu’il pense ça. Et j’ai moi aussi des choses à apprendre de cet homme.
Comment sensibiliser des hommes qui seraient moins déconstruits ?
Flo : On a tous les deux bac +5, moi j’ai fait des études de sciences politiques donc à chaque fois je pense en termes de structuralisme. Mais on essaye de ne pas exclure, et en même temps l’objet fait que c’est excluant. Il faut assumer déjà qu’on a des réflexes de vieux cons. On essaye de le faire à l’antenne parce qu’on ne veut pas excuser ces attitudes mais en même temps il faut partir de là.
Théo : Parler à des mecs qui se braquent si on parle de masculinité à travers la voix d’une femme, c’est typiquement ce genre de public qu’on aimerait viser. Si on réussit à faire changer d’avis un mec sur ça, ce serait gagné. On ne veut pas nier nos failles parce que c’est elles qui nous permettent de mettre le doigt sur des sujets intéressants, mais en même temps il ne faut pas légitimer les failles.
Diriez-vous que ce podcast vous aide dans vos relations sentimentales ?
Théo : Il y a autant de fois que ça nous aide que ça nous met des bâtons dans les roues. Il y a plein de fois où ça m’aide dans mes rapports. Quand je parle à une meuf, si j’aborde le podcast et que je montre que je n’ai pas de mauvaises intentions, ça facilite beaucoup la parole. Je me suis fait beaucoup d’amies comme ça parce qu’il y a le podcast en arrière-plan, c’est comme un tampon, genre « allié ».
Mais dans les relations avec des partenaires ça peut être compliqué. J’ai cette politique avec ma meuf, de ne pas lui faire écouter le podcast parce que ce que je dis c’est très personnel et ce serait déséquilibrer le rapport parce qu’elle saurait tout de ma vie. Le fait qu’elle n’ait pas le droit de l’écouter mais qu’elle sache que je le fais peut être source de tensions.
On serait moins naturels dans le podcast si on savait que les meufs qu’on fréquente écoutent le podcast. C’est séparer la personnalité publique du privé. Dans le podcast on se lâche, c’est un exutoire, et la condition à cela c’est que ce soit hermétique.
Donc, c’est assez partagé, ça me fait avancer sur des choses très positives et d’autres où c’est quand même plus compliqué.
Flo : Pour moi je pense que c’est un peu l’expérimentation comme j’ai fait des études de sciences politiques, il y avait déjà la théorie de déstructurer. Cela me permet de mettre en pratique, de prendre la théorie de la science politique pour l’appliquer à ma vie et revenir après à quelque chose de plus global sur « qu’est-ce-que ça veut dire la masculinité ? », revenir à un truc plus sociologique.
Là où ça m’aide, c’est que c’est une hygiène, de toutes les deux semaines se poser des questions. Ça devient un réflexe maintenant dans une discussion. En intime, si j’ai décidé d’arrêter la saison 1 c’est que j’ai eu des gros problèmes relationnels parce qu’une meuf avec qui j’étais écoutait le podcast et n’assumait pas du tout.
J’adore faire ce projet, j’en parle beaucoup. Mais un des deals que j’ai, c’est de dire aux filles que je fréquente que je ne préfère pas qu’elles écoutent. Il y aurait un déséquilibre si l’une entendait des trucs sur des sujets qu’on n’aurait pas encore abordés tous les deux. Ce serait déséquilibré car elle saurait ce que je pense de tel sujet, et à l’inverse moi je ne saurai pas, c’est malsain.
Ce que vous exprimez au micro peut figer votre pensée…
Théo : Parfois, on enregistre un épisode et on est d’accord, et en le réécoutant deux semaines après, un an après, ça a complètement changé. Il y a l’idée de faire une capsule temporelle de qui on était à un instant T et de constater qu’on n’est plus forcément d’accord avec ce qu’on avait pu dire à ce moment-là. Il y a un décalage temporel.
Flo : Et pourtant on veut laisser une marque, c’est pour ça qu’on veut garder un certain anonymat. Si on veut pouvoir continuer à assumer nos points de vue, il ne faut pas qu’on associe notre point de vue à notre personne. Il y a une différence entre ce qu’on expose publiquement et qui on est vraiment.
Est-ce thérapeutique ?
Théo : Pour moi oui. Rien que le fait de se mettre devant un micro toutes les deux semaines, et de se forcer à s’interroger, ça aide énormément. Pouvoir cheminer, se remémorer des choses, confronter les points de vue aussi. Une expérience que j’ai vécue, je la revis quand j’en parle à Flo, et lui avec son interprétation me fait revivre la même scène mais d’un point de vue un peu extérieur et j’en ai un éclairage différent. C’est très thérapeutique. Quand on dit « apéro entre potes », moi je pense psychologie de comptoir un peu, et même si c’est censé être péjoratif, dans ce cas-là ça ne l’est pas forcément. On se met autour d’une table, on boit un verre et on va parler de choses sincères.
Flo : C’est le but. Moi dans tout ce que j’essaye de faire, il y a une portée thérapeutique derrière. J’essaye de prendre des sujets sur lesquels j’ai un peu de recul donc il n’y a pas de déblocage mais le simple fait de m’exposer, d’échanger avec les auditeurs, c’est thérapeutique.
Flo : On a vraiment envie de se retrouver, de passer un bon moment. Il y a aussi une mise en scène. La promesse c’est que les langues se délient. Le podcast est né d’une situation particulière où on boit et on a voulu recréer ces conditions. Mais ce n’est pas indispensable, des fois on n’a pas envie de boire et ça fait de très bons épisodes. Notre but c’est de créer cette ambiance de partage et où, au bout d’un moment, tout le monde est assez libre de s’exprimer. On ne veut pas donner l’impression qu’il faut être bourré pour parler de ces sujets.
Théo : Ce n’est pas indispensable mais ça apporte un petit plus. Ça crée un cadre bienveillant, au-delà de l’aspect désinhibant. Le but du podcast tel qu’on l’amène à un.e invité.e c’est de dire d’abord on va boire un verre, puis on va aborder tel sujet. C’est aussi pour mettre à l’aise l’invité.e qui ne va pas se dire qu’il/elle est sur le divan d’un psy mais chez un pote à boire une bière.
Quels conseils pour se lancer dans le podcast ?
Théo : Se lancer déjà. Il faut le faire et voir après. Fais-le pour toi et pas pour avoir un public. Si tu le fais c’est que tu as besoin de t’exprimer. C’est la même mécanique que si tu écris sur un journal intime ou un roman. Débarrasse-toi de tout ça, mets-le quelque part. Si ça intéresse les gens tant mieux mais c’est que du bonus.
Flo :Ne pas le faire pour le faire. Si quelque chose te meut vraiment, pars de là et après fais en ce que tu veux, un livre, une chaine Youtube, ou autre. Ce que les gens captent ce n’est pas tant ce que tu fais mais qui tu es. Il faut que ce soit hyper sincère dans ta démarche. Si ça déborde en toi, il faut que tu le partages. Identifier quel est le truc qui te passionne. Et après, ne pas attendre que ce soit parfait. Il faut que ça t’anime toi et après le public viendra, et au pire, si ça t’anime vraiment, tu t’en fiches d’avoir du public.
Un cocktail des plus savoureux, à déguster un lundi sur deux ici 🍷
Ils sont jeunes et déjà, conscients des combats inhérents à la lutte féministe. La Team Colette est allée à la rencontre du collectif Sudriettes, une association féministe créée par les étudiants de l’ESME Sudra, école d’ingénieur basée à Paris, Lille, Lyon et Bordeaux.
Mais d’abord. Un petit rappel sur la journée du 8 mars, en quelques dates clés :
Les Sudriettes, jeune asso’ d’ingés engagés
Gabriel et Irène, 19 ans, nous racontent :
« À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le projet initial de l’école était d’offrir des fleurs à toutes les femmes de notre école (ndlr : ESME Sudria) . Cependant, nous les Sudriettes Paris, (et bon nombre des autres associations de l’école) nous étions complètement opposés à cette idée !
Nous avons donc été amenés à proposer autre chose, pour remplacer l’idée de départ. Nous avons proposé de faire des affiches de sensibilisations sur divers sujets et de faire circuler un questionnaire Google form avec des questions assez précises pour étudier et analyser le sexisme au sein de notre école. Nous en avons aussi profité pour mettre en avant notre association. »
Gabriel, Irène et leurs acolytes vous présentent... les affiches Sudriettes !
Le combat pour l’égalité continue à l’école…
Pour la présidente des Sudriettes, Eugénie Beldowski, le combat pour l’égalité est indispensable.
« Avec 9 étudiant.es nous avons créé les Sudriettes Paris car le sujet de l’égalité entre les femmes et les hommes est au cœur des débats dans la société française et aussi dans le monde entier.
C’est un vrai mouvement en faveur des femmes qui est en marche, et ce bien au-delà de la mauvaise réputation des féministes et du féminisme en général.
Le féminisme d’aujourd’hui n’est pas contre les hommes, l’égalité se fera avec les hommes.
Les Sudriettes Paris ont choisi de se concentrer sur les sujets liés à leurs études : l’accès des filles aux études d’ingénieurs, la place des femmes ingénieures dans les entreprises, l’égalité des salaires homme/femme dans le monde de l’ingénierie.
En étroite collaboration avec la direction de l’école nous sommes également très vigilant.es au sein de notre école qui à ce jour compte 20% de filles seulement. »
Mais aussi dans la rue !
Cet après-midi, des milliers de manifestantes et de manifestants ont marché dans les rues de Paris pour dénoncer le patriarcat et élever la voix contre les injustices faites aux femmes.
Féminisme : portraits de femmes du monde entier
Pour aller plus loin : les numéros à retenir
Le combat continue !
Toute la Team Colette vous souhaite de belles manifs constructives et sans violence.
Bisous et Courage aux Sudriettes, et à toutes les femmes de la planète ❤️
Normes de genre, rencontres, amour, couple, ruptures : On vous livre nos cinq podcasts chouchous !
« Sur leurs lèvres », le podcast Grrrrr de Cheek Magazine
En quatre épisodes, on plonge dans les confessions plus qu’intimes de Nathan, Mathieu, Guillaume et Raphaël. Ils ont la vingtaine ou la trentaine et nous content leurs expériences sexuelles et amoureuses.
Du nombre de leurs conquêtes, à leur première fois, ils abordent sans complexe la sexualité féminine : le premier cunnilingus, leur vision du sexe féminin (mention spéciale à Nathan qui le voit comme quelque chose de « design » !) son odeur, son goût; leurs interrogations quant à la masturbation féminine et l’orgasme. Quoi de plus énigmatique et complexe que le plaisir féminin.
Ce podcast nous invite à entendre des hommes préoccupés, parfois même stressés, ou au contraire incollables sur le sujet.
Créé par la journaliste Victoire Tuaillon, ce podcast incontournable est également un livre. Véritable succès, « Les Couilles sur la table » vise à déconstruire les masculinités.
À travers des sujets originaux (les hommes et l’alcool, « manger comme un homme »), il s’agit ici de questionner et déconstruire les normes de genre, et notamment la virilité. On décortique, on met sur la table, comme lors d’une opération chirurgicale, le symbole de la virilité : les couilles.
Les spécialistes invités évoquent ainsi des thématiques comme la sexualité, le patriarcat, les injonctions sociales, la violence, le langage, en bref la domination masculine que le podcast a vocation d’abolir.
« Chagrins d’amour », pour se remettre d’une rupture amoureuse
C’est le podcast émouvant qui va t’aider à surmonter tes peines de cœur. Véritable « club de soutien pour les cœurs brisés », on aborde le sujet universel et douloureux du chagrin d’amour.
Sous forme de lettres, d’interviews, de lectures, de discussions, les invités racontent leurs peines de cœur, ce qu’ils en ont appris, et comment ils les ont surmontées.
Regrets, questionnements, souvenirs, apprentissage, on se retrouve dans ces témoignages attendrissants.
On se rend ici en thérapie de couple : un psychiatre et une psychologue reçoivent des couples au bord de la rupture.
Au micro, Delphine Saltel s’interroge sur la vie à deux et s’immisce dans les séances psy. Comment on en arrive à consulter un thérapeute de couple ? Comment on en arrive à se détester, à ne plus se comprendre ? Comment réparer son couple ?
Les couples, parfois parents, se dévoilent, on y entend des reproches, des inquiétudes, des jalousies. Les désaccords sur le quotidien, les tâches ménagères, l’éducation, apparaissent comme les motifs premiers de consultation, mais n’est-ce pas là l’expression d’un reproche plus profond (le besoin d’exister pour l’autre) ?
Les psys du podcast nous livrent leurs interprétations. Passionnant !
À découvrir dans l’émission Les Pieds sur Terre sur France Culture
« Libre(s) », le plus existentiel
Qu’est-ce que c’est être libre et comment le devenir ? Comment mener une vie pour être heureux.se ? Ce podcast est animé par Marion Seclin et réalisé avec Tinder.
Au micro, l’actrice et réalisatrice s’inspire de la génération Z pour trouver la recette de la liberté. Famille, amis, couple, sexualité, comment oser dire ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas, ce qu’on aime ? Assumer nos choix, nos désirs, c’est peut-être ça être libre.
Gloria Steinem représente à merveille l’esprit Colette : journaliste, écrivaine, militante, elle est une figure féministe inspirante. Avec son livre, Ma Vie sur la route : Mémoires d’une icône féministe, on sillonne les États-Unis à travers ses combats.
Ma Vie sur la route : Mémoires d’une icone féministe, éditions Harper Collins, mars 2020.
Ma Vie Sur la route, préfacé par Christiane Taubira, nous fait découvrir la vie passionnante de Gloria Steinem.
Libre et bohême
Aujourd’hui à 86 ans, elle fait le point sur le chemin parcouru, et y a de quoi être fière ! Toute sa vie, elle a parcouru les routes des États-Unis pour défendre l’égalité des droits. Itinérante assumée, sa trajectoire est faite de rencontres et de combats féministes.
Son amour pour la route, elle le doit à son père : « Je suis la fille de mon père » écrit-elle. Ce choix de vie nomade et bohème va à l’encontre des attentes de la société patriarcale des années 60. Si la place de la plupart des femmes à cette époque est souvent à la maison, Gloria choisit de prendre la route comme un homme. Gloria est libre, la route représente l’inattendu, le danger, les rencontres, les amitiés, le chemin du possible.
« Je peux partir parce que j’ai une maison qui m’attend. Je peux rentrer parce que je suis libre de partir. C’est l’alternance qui donne toute sa saveur à chacun de ces modes de vies. C’est à la fois très ancien et très moderne. Nous avons besoin des deux. »
Faire entendre sa voix pour l’égalité des droits
D’abord journaliste dans un univers machiste, elle a réussi à faire porter sa voix à l’échelle du politique et encourager les prises de paroles des femmes.
Créatrice du premier magazine féministeMs en 1971, elle retiendra de son voyage en Inde l’importance des cercles de parole qu’elle développera aux États-Unis. Inscrite au Women’s National Hall of Fame, elle fondera avec Jane Fonda et Robin Morgan le Women’s Media Center, une organisation visant à rendre les femmes plus présentes et plus visibles dans les médias.
Son combat féministe rejoindra très vite les luttes des minorités raciales. Par la suite, elle participera aux campagnes présidentielles de Hillary Clinton et de Barack Obama.
Bref, vous l’aurez compris, tant qu’il y aura des injustices et des combats à mener, la route ne s’arrêtera pas pour Gloria Steinem.
Ce road trip aussi instructif que savoureux plein d’optimisme et de courage nous invite à voyager, à faire des rencontres et lutter tant qu’il faudra.
C’est la nouvelle absurde de la semaine : l’État demande à la Mairie de Paris de régler une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité hommes-femmes.
En 2018, onze femmes avaient été nommées directrices dans la fonction publique par la Maire de Paris Anne Hidalgo, contre cinq hommes à des postes similaires.
Une amende « absurde » et scandaleuse
Pour la Maire de Paris, Anne Hidalgo, cette amende s’avère injuste et surtout « absurde » au vu des efforts d’inclusion des femmes dans la fonction publique. Selon le gouvernement, ces nominations feraient preuve d’un féminisme exagéré.
Comme si la défense des droits des femmes ne serait en réalité qu’un simple passe-temps.
Ô rage, ô désespoir…
En effet, jusqu’ici, nulle amende de ce genre n’a été observée auparavant alors même que ces postes convoités ont toujours été majoritairement occupés par des hommes.
Choquée, Anne Hidalgo ne perd pas son sang-froid et a même annoncé qu’elle irait elle-même porter le chèque accompagnée de ses adjointes, directrices, et de l’ensemble des femmes du secrétariat général.
Et vous, cette drôle d’amende, vous en pensez quoi ? 🤔
Pour rendre honneur à trois figures majeures du féminisme, le conseil municipal de Seine Saint-Denis a choisi de donner leur nom à des lieux publics, au coeur de Montreuil.
C’est la petite actu de la journée.
Simone Veil, Thérèse Clerc et Gisèle Halimi
Le square qui longe l’école Stéphane Hessel et l’avenue de la Résistance, ainsi que le mail Chauzy près du collège Solveig-Anspach ne portaient pas de nom jusqu’ici, et s’appelleront donc Simone Veil (femme d’État à l’origine de la légalisation de l’avortement) et Thérèse Clerc (militante du MLAC, fondatrice de la Maison des Femmes, et de la Maison des Babayagas).
La place Gisèle Halimi (avocate et militante féministe) est quant à elle située entre les rues du Bel-Air, Lenain de Tillemont et Anatole France. Cette place ne portait pas non plus de nom jusqu’ici.
L’enjeu de ces dénominations
Pour la ville de Montreuil, c’est l’occasion de réparer les injustices faites aux femmes et de rendre hommage à des grandes dames qui ont révolutionné la vie des femmes à de multiples reprises.
Face au constat de la prédominance d’odonymes masculins partout en France, tant à Montreuil qu’à Paris, à l’Ouest, au Nord comme au Sud, la ville a souhaité changer la donne dans un objectif de répartition égalitaire.
Autre enjeu crucial de cette décision municipale : « contribuer à la transmission de la mémoire des combats menés par ces femmes« .
Cet hommage sert également de levier de croissance au matrimoine Français, qui, on l’espère, n’a pas fini de grandir.