Résolutions 2021 : la WishList pour celles et ceux qui ont une déter’ d’enfer !

Femme levant les bras au ciel après avoir pris de bonnes résolutions

Ah 2020… Son coronavirus, ses masques chirurgicaux, ses hôpitaux bondés et ses familles déchirées… Dieu merci, elle est enfin derrière nous ! Et droit devant, vous foncez vers une année qui promet d’être un peu plus douce et marrante, 2021.

OK, en 2021, quatre jours fériés tombent un week-end. Ce n’est pas la peine de pleurer pour autant car après tout, peut-être que la première moitié de l’année sera fériée également (à cause de cette fichue crise sanitaire).

Alors on se reprend, messieurs-dames. Préparez-vous à donner le meilleur de vous-même, à célébrer votre confiance en vous !

C’est parti pour la « wishlit-que-personne-ne-met-réellement-en-pratique-chaque-année-mais-quand-même-c’est-toujours-bien-vu-de-montrer-qu’on-a-de-l’énergie-à-revendre».

2021

 

Arrêter de fumer : préserver sa santé et son odorat

Fini la cigarette, ce fléau bien français !

La clope à elle-seule représente 75 000 décès par an. Si les principaux fumeurs sont majoritairement des hommes âgés de moins de 55 ans, vivant pour la plupart en précarité économique, les jeunes, c’est bien connu, se laissent facilement tenter.

[NDLR : Dont moi-même, puisque j’ai commencé à fumer sur un malentendu : en troisième, une amie à moi passait ses après-midi entières cachée derrière un mur du collège, avec un inconnu. Je croyais qu’elle le draguait, elle ne me disait rien, me cachait des choses… Alors un jour, je suis allée voir ça de plus près. J’ai découvert qu’elle fumait clope sur clope en cachette avec un ami à nous, et lui racontait sa vie en toute tranquilité. J’ai trouvé ça cool (bêtement), et je lui ai taxé ce qui fut… Ma première cigarette. On est en 2020, et ça y est, j’ai enfin arrêté. Je sens bon la rose, et j’arrive à comprendre mes anciens amis qui se disaient gênés par l’odeur de cigarette.]

stop cigarette

 

Pour vous convaincre que la clope, ça ne sert à rien, je vais vous donner six bonnes raisons d’arrêter, en espérant que cela vous fasse cogiter.

  1. Vous n’avez pas bonne haleine. En effet, vous embrasser paraît beaucoup moins séduisant d’un coup si vous venez de fumer tout votre paquet. Prenez un chewing-gum Émile* !
  2. Vous n’avez pas bonne mine. Depuis des années, on vous dit que vous avez l’air fatigué, même si vous vous efforcez à dormir 24H d’affilée, rien n’y fait. Vous êtes palot, et ce n’est pas beau à voir. Ne forcez pas sur le fond de teint… Faites donc un petit jogging !
  3. Vous avez des petits boutons. Votre mère vous a pourtant dit que vous n’aviez jamais fait d’allergie à quoi que ce soit, mais ces petits boutons discrets et pernicieux fleurissent sur votre joli minois. Testez quelques jours sans cloper, vous nous en direz des nouvelles.
  4. Vous n’avez pas faim aux heures habituelles. Oui, certains fumeurs / fumeuses s’y mettent uniquement pour ne plus ressentir un besoin vital : LA FAIM. Or, cela n’a pas toujours l’effet escompté (en général, on s’imagine qu’on va perdre du poids). Au contraire, vous vous mettez à grignoter aux environs de 16H. Vous pouvez dire adieu à Weight Watchers. Arrêtez quelques temps, tout en essayant de manger sainement, vous verrez la différence.
  5. Vous êtes fatigué pour monter un escalier de cinq marches. Faire des efforts physiques, ça prend toute votre énergie. Vous vous épuisez facilement, et vous manquez un certain nombre d’événements sympas à faire en plein air, comme faire du vélo, de la trotinette, de la rando… L’avantage d’arrêter de fumer, c’est qu’au bout d’une journée à peine, vous allez vite récupérer, vous aurez même envie de sauter, de courir et de danser un peu partout. Tentez l’expérience !
  6. Vous êtes irritable. Bon, de nature, me direz-vous, vous n’êtes de toute façon pas toujours très chaleureux / chaleureuse, en tout cas de façade. Ce qui signifie qu’en fumant, vous multipliez les risques de faire fuir quiconque aurait envie de devenir votre ami. Allez, on arrête ça. Soyez gentils, pas méchants. C’est pas sympa d’être méchant.

J’ai décidé de n’en lister que six, j’aurai pu vous en donner 21, mais je pense qu’il y a assez de documentaires, de films, de livres sur le sujet pour que vous ayez déjà une petite idée de la bonne posture à adopter.

Bon allez une dernière pour la route : si l’envie de fumer vous démange, mangez une orange !

*voir la Cité de la peur pour comprendre cette punchline.

– Monsieur Bramard, une cigarette ?

– Merci, j’essaie de commencer !

OSS 117

Arrêter de boire : sauvez votre foie, il vous remerciera !

En France, nous avons tendance à vivre dans l’hybris, à ne pas connaître les limites des plaisirs que nous avons nous-même créé. D’accord, on a le Bourgogne, le Bordeaux, le Cognac, le Pastis… Il faut savoir en profiter, lors de dégustations, de soirées entre potes, en famille, c’est certain.

Néanmoins, l’alcool n’a jamais été et ne devrait pas être une obligation ! Si vous buvez trop parce que vous ressentez une pression sociale, il est l’heure de dire adieu à l’apéro de dix-sept heures.

Si vous buvez pour impressionner vos amants, les hommes que vous rencontrez lors de soirées dansantes et alcoolisées, sachez que sobre, vous êtes tout aussi extraordinaire. Alors rien ne sert de boire pour vous donner confiance, ou avoir le courage de prendre telle ou telle décision.

Buvez pour célébrer, buvez pour le plaisir.

Cessez de boire si vous sentez que l’alcool envahit votre quotidien.

plaisir

Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres, fermentent les rousseurs amères de l’amour. Arthur Rimbaud

Pratiquer une activité sportive : restez en forme

Quand vous étiez enfant, vous avez fait trois ans de hip-hop, deux ans d’escrime, un peu de karaté, un peu de judo, pas mal de badminton, et un bon quart d’heure de ping pong par semaine ? Soit, et maintenant ? Quel âge avez-vous ?

L’âge idéal pour renouer avec le sport, pardi !

Si vous n’êtes pas une grande adepte des salles de sport parce que vous trouvez que ça pue la transpiration et que vous ne comprenez pas pourquoi le grand type chauve bodybuildé vous regarde aussi intensément depuis votre arrivée, vous pouvez en faire depuis chez vous.

Très répandue, la pratique du Yoga est de plus en plus prisée des instagrammeurs ces derniers temps, peut-être parce que c’est l’activité la plus simple à mettre en place ! Un tapis, un Tuto Yoga sur YouTube, et vous voilà reboosté.e pour la journée.

sport chez soi

Un peu d’exercice au jour le jour

Pour ceux qui ne seraient pas tentés par la position du chien face au ciel (ou Panca), voici un exemple d’exercice à réaliser tous les jours pendant quinze minutes environ :

  • Cinquante Jumping Jacks (sautez en écartant les jambes et les bras, ce qui permet de vous muscler et de brûler vos repas de Noël et du réveillon 2020)
  • Trente squats (asseyez-vous sur une chaise imaginaire et relevez-vous aussitôt), parfait pour tonifier vos cuisses et votre fessier.
  • Course sur place et montées de genoux + talons-fesses (sur un escalator imaginaire), idéale pour dynamiser vos cuisses et vous entraîner pour un marathon (qui on l’espère ne sera pas imaginaire).
  • Quarante fentes sautées (tel un ninja, sautez au-dessus d’un obstacle invisible), cela donnera du tonus à vos petites gambettes.
  • Trente secondes de gainage (allongez-vous, puis mettez-vous sur vos avants-bras en vous tenant sur vos pointes de pieds), garanties ventre plat !
  • Dix burpees (placez-vous en planche, puis en squat, et relevez-vous en tapant dans vos mains), pour solliciter tout votre corps et vous muscler.

Le sport consiste à déléguer au corps quelques-unes des vertus les plus fortes de l’âme. Jean Giraudoux

Passer au bio et au zéro-déchet : pour se mettre au vert

Selon l’agence bio, 9 Français sur 10 préfèrent consommer des produits bio que des produits industriels.

Et pour cause, les produits bio de chez bio ne contiennent pas de pesticides et de produits chimiques, nocifs pour la santé. De plus, tout ce qui est bio est également saisonnier, si vous êtes déjà un adepte, vous ne faites pas partie de ces aliens qui mangent des tomates en décembre.

Le must du must ? Manger Bio ET Local. Puisque les produits bio ne le sont réellement à partir du moment où ils ne font pas le tour de la planète pour terminer dans votre assiette. Surtout en ce moment, nous vous recommandons de penser aux petits commerçants et agriculteurs de votre région !

Les labels bio : attention aux étiquettes !

Voici une shortlist des labels certifiés bio :

  1. Demeter
  2. Ecocert
  3. FairTrade, Max Haavelar
  4. Bio Cohérence
  5. Ensemble

À noter : pour bien choisir vos produits, tenez-vous informés et demandez conseil à des connaisseurs. Les labels peuvent évoluer, et en trouver un qui soit fiable à long terme s’avère plus complexe que prévu.

Les jours sont des fruits [ndlr : bio !], et notre rôle est de les manger. Jean Giono

bio environnement

Côté zéro-déchet, voici quelques astuces à mettre en place pour commencer l’année en beauté :

  • Acheter en vrac.
  • Stocker dans des bocaux en verre.
  • Faire ses courses avec des sacs en tissus.
  • Réduire le gaspillage alimentaire : n’achetez pas pour quinze si vous n’êtes que deux !
  • Fabriquez vos produits d’entretien.
  • Découvrez le vinaigre ménager ! Le grand ami des bobos écolos.
  • Cuisinez plus : adieu ubereats / deliveroo / just eat.
  • Optez pour l’eau du robinet si vous le pouvez.

La pollution est l’ombre du progrès. Sylvain Tesson

Aimer vingt-et-une fois plus : pour vivre heureux

La plus belle résolution à prendre, c’est sans doute celle d’aimer encore plus que l’on ne le faisait déjà. Aimer son grand-père, sa grand-mère, ses parents, sa soeur, son frère, son neveu, sa nièce, son copain, sa copine, son non-binaire, sa tante, son tonton, son / sa meilleure amie…

Toute l’équipe de Colette Magazine vous souhaite une merveilleuse année 2021 !

Que du bonheur, de l’amour, de la joie, de la musique et du soleil à nos lecteurs adorés 🌞

 

 

Femmes écrivaines, pseudos masculins

Stylo plume posé sur une feuille blanche près d'une rose et d'un pot d'encre ouvert

Les grands noms de la Littérature perturbent parfois le lecteur. Entre les noms de plume, les noms d’emprunt, les noms qui sonnent masculins mais qui désignent en réalité des femmes, et inversement… difficile de s’y retrouver ! Et pour cause, au travers des siècles, de nombreuses femmes ont pris la plume et opté pour un patronyme masculin. Pourquoi donc ont-elle choisi de changer leur identité ?

Avant de publier ses romans sous le nom de Colette, notre écrivaine préférée se faisait passer pour son mari, Henri Gauthier-Villars, dit Willy. Ce dernier, surpris par ses talents d’écriture, n’hésita pas à en tirer profit pour accroître sa propre renommée littéraire. Ce n’est qu’après leur divorce en 1906 que Colette signa enfin ses ouvrages de son nom.

Si la séparation lui servit de déclic pour sortir de l’ombre, d’autres femmes de Lettres ont cheminé différemment tout au long de leur vocation littéraire. Alors qui sont-elles, et quels furent les arguments qui les poussèrent à écrire sous un autre nom ?

Découvrez notre sélection d’écrivaines aux multiples facettes.

George Sand, l’immortelle

C’est à la mort de George Sand en 1876, que Victor Hugo la qualifia d’immortelle. L’écrivaine naquit Amantine Aurore Lucile Dupin, à Paris en 1804.

georges sand

Originaire du Berry, Georges Sand avait des amis paysans avant de découvrir l’aristocratie parisienne. Elle avait donc connaissance de l’univers folklorique du monde rural, mais n’était pas dupe des manières de Paris. Elle resta toute son existence très attachée à sa région natale.

D’ailleurs, elle s’amusait volontiers des clichés de la capitale, fumait le cigare, portait des pantalons…

Une écrivaine « scandaleuse » pour l’époque

George Sand attisait la curiosité de ses confrères, ce qui ne manquait pas de la divertir. Balzac la détestait, et alla même jusqu’à la transformer en personnage dans ses romans, en inventant notamment le terme sandinisme, pour qualifier toutes les femmes qui seraient tentées comme elle de se déguiser en hommes pour vivre une vie d’indépendance et jouir d’une grande liberté.

Vivement critiquée par d’autres écrivains non moins célèbres, Lautréamont disait de George Sand qu’elle était un hermaphrodite circoncis, Jules Renard la traitait de vache à romans, Baudelaire de Latrines…

Son entrée fracassante dans le petit cercle très fermé des Lettres parisiennes a sans nul doute créé le scandale.

Changer de nom pour obtenir plus de reconnaissance

George Sand choisit son pseudonyme à 27 ans. C’est à partir de cette invention qu’elle construisit non seulement sa carrière littéraire, mais qu’elle transforma également sa personnalité, et même sa vie entière.

Plus tard, ses enfants et petits-enfants porteront à jamais ce matronyme de Sand, sorti tout droit d’une influence a priori britannique.

Son objectif initial ? Être prise au sérieux par le monde littéraire tout entier, et par ses lecteurs.

Il y avait donc à l’origine de cette mutation un désir d’indépendance très fort, puisqu’elle parvint à asseoir son style et à bâtir sa renommée par le biais d’une fausse identité.

Lutter contre les injustices liées aux femmes

À l’époque, et finalement, comme aujourd’hui, être une femme c’est risquer de se faire aborder dans la rue par d’étranges inconnus, des malotrus qui ne voient en ces dames que des jupes frémissantes, afin de nouer d’éventuels rapports charnels.

Ces accosteurs du dimanche, George Sand les abbhorait. Sillonnant les rues, elle s’en agaçait au quotidien, et ne se sentait pas libre de se promener comme n’importe quel homme de sa ville.

Or, la liberté lui était si chère, qu’elle préfèra revêtir des habits d’homme pour enfin avoir la paix.

Sa vie ne fut pas facile, mais elle la maîtrisait tant bien que mal. De nature optimiste, elle était fière de son parcours, et ne souhaitait l’échanger pour rien au monde.

georges sand

Je ne suis pas de ces femmes qui abordent l’injustice avec un visage serein.

George Eliot, la réaliste victorienne

Tiens, revoilà George ! [un peu d’humour pardi.]

Peu connue du grand public, les oeuvres de George Eliot sont encore étudiées dans le milieu universitaire, et continuent de fasciner les passionnés de littérature britannique.

George Eliot

George Eliot, née Mary Ann Evans en 1819 dans le Warwickshire en Angleterre au sein d’un milieu modeste, était une des plus grandes écrivaines de l’ère victorienne (1837-1901). Elle portera toujours dans son coeur les Midlands, dont elle était originaire. Elle a été marquée à vie par son enfance en milieu rural (tout comme George Sand). Le décès de sa mère survint alors qu’elle n’avait que 16 ans, c’est peut-être ce qui explique la complexité du thème de la maternité dans ses romans. Son père, quant à lui, donna une excellente éducation à sa fille, car il la savait surdouée, curieuse par nature, et avide de lecture. 

Une femme timide, une écrivaine déterminée

Connue pour son oeuvre Middlemarch, dans lequel George Eliot décortique la vie de province, Mrs. Evans alias Eliot a vécu une existence qui pourrait s’apparenter à un roman. C’est d’ailleurs ce qu’en a fait sa biographe en chef, Kathy O’Shaughnessy, dans son livre Une passion pour George Eliot.

Paradoxale, Mary Ann Evans était une femme à la fois extrêmement confiante, mais aussi très vulnérable. Très timide, sujette aux migraines, elle avait souvent besoin d’être rassurée dans son travail littéraire. Son partenaire, George Henry Lewes, l’a à de nombreuses reprises encouragée à s’affirmer, et c’est bien grâce à lui que George Eliot écrivit ses premières nouvelles et son premier roman, qu’elle commença à l’âge de 37 ans seulement.

Physiquement, elle n’était pas à son avantage… Pour ne pas dire qu’elle manquait cruellement de beauté. Toutefois, son entourage lui trouvait une voix et un regard fascinants. Ces traits physiques désavantageux l’ont conduit à se construire une personnalité masquée, pour pouvoir vivre sereinement en société.

Virginia Woolf (elle-même !), avait conscience de sa laideur, et disait d’elle :

George Eliot n’était pas charmante, elle n’était pas très féminine, elle ne possédait aucune de ses excentricités et de ces irrégularités de caractère qui donnent à tant d’artistes la séduisante simplicité des enfants. Mais si nous examinons ses portraits de plus près, nous verrons que ce sont tous des portraits d’une femme célèbre d’âge mur, vêtue de satin noir sortant en Victoria. Une femme qui a achevé son combat et en est sortie avec un profond désir de se rendre utile à autrui […].

À propos de son chef-d’oeuvre (Middlemarch), Virginia Woolf disait également qu’il s’agissait de :

L’un des rares romans anglais écrits pour les grandes personnes.

Son deuxième roman, Adam Bede fut salué par Dickens, et connut également un immense succès.

Partir pour devenir libre et indépendante

Quand son père décéda en 1849, elle avait 30 ans. Si cette triste nouvelle lui donna du chagrin, elle considéra sa mort comme une sorte de délivrance puisqu’elle décida de vivre en totale indépendance. En effet, lorsque son frère lui proposa de venir habiter chez lui, elle refusa, et se mit en route pour Londres. Grâce à son héritage, ses finances étaient plutôt stables, mais elle se fit la promesse de travailler une fois arrivée à la capitale.

Sur place, elle rencontra son éditeur, J. Chapman. Elle devint son assistante, tandis qu’en parallèle elle publia beaucoup d’essais, et de textes littéraires. Elle fit de nombreuses rencontres exaltantes et productives malgré sa timidité maladive, dont le grand amour de sa vie, George Henry Lewes, qui était à l’époque un homme aux multiples facettes (philosophe, écrivain, critique de théâtre…) et qui comme elle n’avait pas été gâté par la nature sur le plan physique.

Si au moment de cette rencontre, il était déjà marié, il ne pouvait pas demander le divorce et acceptait indifféremment les liaisons de sa femme. Il n’était finalement engagé que sur le plan légal et s’autorisait à fréquenter qui bon lui semblait, mais la société n’approuvait pas sa relation avec George Eliot. Celle-ci paraissait scandaleuse à l’époque, ce qui valut à l’écrivaine d’être jugée très sévèrement par la société victorienne, mais aussi par sa famille : à cause de ce « scandale », son frère ne lui adressa plus jamais la parole.

Choisir un autre nom pour être lue et entendue

À partir de cet écho, Mary Ann Evans, déjà devenue Marian à Londres, fut considérée comme déchue. Sa relation avec Lewes, vivement critiquée, la marginalisa de la société londonienne. Humiliée, elle décida de s’affirmer et de signer tous ses documents « Marian Lewes », pour mieux prouver l’affection qu’elle portait à son mari d’adoption, et se rebeller contre tous ceux qui la fustigeaient.

En outre, M. Lewes la protégea toute sa vie face aux critiques. Il croyait et l’encouragea à écrire la conversion de Jeanne, et scènes de la vie du clergé sous un nom de plume : George Eliot.

Portrait de George Eliot

Il existe plusieurs hypothèses liées à ce nom : George, après tout, était le nom de son mari, qu’elle aimait tant, et réciproquement. Seconde hypothèse : elle admirait également George Sand, qu’elle avait beaucoup lue et connue puisqu’elles vivaient à la même époque.

Il plane toutefois un dernier mystère.

POURQUOI ELIOT ?

À vos hypothèses !

Laurent Danielle, la muse clandestine d’Aragon

Née en 1896 à Moscou de parents juifs, Elsa Triolet s’appelait en réalité Ella Yourievna Kagan.

elsa triolet

Sa soeur Lili, n’est nulle autre que Lili Brik, l’actrice et la réalisatrice avant-gardiste, la muse de Maïakovski.

Dans son enfance, la petite Elsa ne se sentait pas aimée, et jalousait sa soeur, qui toutefois la fascinait. Après de brillantes études d’architecture, un apprentissage approfondi du piano, elle voyagea avec sa mère et sa soeur un peu partout en Europe à la recherche d’aventures liées aux arts et à la musique.

Une muse voyageuse

En 1917, elle rencontra André Triolet, qui était en poste à Moscou en tant qu’officier français. Sa vie de couple fut malheureuse et surtout très ennuyeuse pour Elsa. Elle décida de quitter son mari en 1921, pour continuer à voyager à Londres, à Berlin où elle rencontra Victor Chklovski qui publia leurs échanges épistolaires Zoo, lettres qui ne parlent pas d’amour ou la Troisième Héloïse. Gorki lut ces derniers et encouragea Elsa à écrire. À Paris, elle logea à Montparnasse, et se mêla aux personnalités de son quartier et de son temps, dont Marcep Duchamp ou encore Man Ray.

Inspirée, elle écrivit son premier livre, À Tahiti, publié en 1925, puis bientôt Fraise des bois (qui était son surnom lorsqu’elle était enfant), sorti en 1926.

Résister en diffusant la presse : sa contribution personnelle

Ce n’est qu’en 1928, à Paris, que l’ancienne madame Triolet fit la connaissance de Louis Aragon, avec qui elle se maria quelques années plus tard, en 1939.

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, elle aida son mari et participa à la Résistance, à travers des enquêtes de presse, et en contribuant notamment à diffuser les journaux La Drôme en Armes et Les Étoiles.

La première femme à recevoir le prix Goncourt

Entrée en clandestinité en 1943, elle parvint à publier sa nouvelle Les Amants d’Avignon, sous le nom de Laurent Danielle, en hommage à Laurent et Danielle Casanova, déportés à Auschwitz.

Cette nouvelle et trois autres furent rassemblées et publiées dans un recueil, Le Premier Accroc Coûte Deux-Cents Francs, grâce auquel elle reçut le prix Goncourt en 1945. Elsa Triolet fut donc la première femme à recevoir ce prix. Quant au nom du recueil, il annonçait en réalité le débarquement des troupes alliées en Provence, plus connu sous le nom de code Anvil* Dragoon**.

aragon triolet

*Anvil : enclume en anglais

**Dragoon : contrainte (car Churchill estimait qu’il y avait été forcé, contraint).

Daniel Lesueur, la prolifique

Alice Jeanne Victoire Loiseau naquit en 1854, aux Batignolles-Monceau d’un père lyonnais et d’une mère irlandaise.

jeanne loiseau

Une littéraire invétérée

Femme de Lettres, elle commença à écrire dès le plus jeune âge, des pièces de théâtre, en vers et même en prose. Elle aimait travailler son style, et y mettait beaucoup d’acharnement et de concentration. Elle savait nouer des relations, si bien qu’elle fit de belles rencontres, dont ses amis José-Maria de Heredia, Sully Prudhomme, François Coppée, mais aussi Juliette Adam ou encore la comtesse Anna de Noailles.

Nouveau nom, même succès

Excellente écrivaine, son style fut rapidement reconnu par l’Académie française qui lui décerna plusieurs prix de Littérature, dans des genres variés (roman, poésie, traduction…).

Le nom de Daniel Lesueur lui était imposé par son éditeur de ses premiers romans, Calmann-Lévy. Si celui-ci lui déplut, elle s’en accoûtuma au fil du temps. De plus, ce nom de Daniel Lesueur lui venait de son ancêtre maternel, Daniel O’Connell, et du nom de jeune fille de sa mère, Marie Henriette Lesueur.

Défendre la cause des femmes : l’engagement d’une vie

Adorée, décorée par tous ses contemporains, elle fut la première femme à recevoir la Légion d’Honneur puisqu’elle fut sacrée Chevalier en 1900, mais aussi la cinquième femme à être promue officier en 1913.

Talentueuse, Jeanne Loiseau était bilingue et aimait plus que tout défendre la cause des femmes grâce à son tact, et son côté diplomate. Elle créa diverses oeuvres philanthropiques, dont Le Denier des Veuves de la SGDL (en 1913), l’Aide aux femmes de Combattants (en 1914) et le Foyer du Soldat (en 1918, tout près du front).

daniel lesueur

Elles ont aussi opté pour un nom masculin :

George Sand, George Eliot, Laurent Danielle et Daniel-Lesueur ne sont pas les seules écrivaines à avoir opté pour un pseudonyme masculin.

En effet, il en existe une myriade, toutes aussi intrigantes les unes que les autres, que nous vous invitons à découvrir par vous-même…

Marie D’Agoult, alias Daniel Stern

Elizabeth Mackintosh, alias Gordon Daviot

Victoire Léodile Bérat, alias André Léo

Marie de Hérédia, alias Gérard D’Ouville

Jeanne Philomène Laperche, alias Pierre de Coulevain

Alice Marie Céleste Durand, alias Henry Gréville

Marie-Anne Bertille de Beuverand de la Loyère (bravo si vous avez tout lu), alias Champol

Jeanne-Caroline Violet, alias Guy Chantepleure

Frédérique Audoin-Rouzeau, alias Fred Vargas

JK Rowling, alias Robert Galbraith (elle voulait s’essayer au roman policier, mais cela n’a pas marché car elle a vite été démasquée)

Violet Paget, alias Vernon Lee

La liste est longue…

 

 

 

 

 

 

 

 

5 podcasts pour décortiquer les relations

Photo d'une table de mixage prise lors de l'enregistrement d'un podcast

Normes de genre, rencontres, amour, couple, ruptures : On vous livre nos cinq podcasts chouchous !

« Sur leurs lèvres », le podcast Grrrrr de Cheek Magazine

En quatre épisodes, on plonge dans les confessions plus qu’intimes de Nathan, Mathieu, Guillaume et Raphaël. Ils ont la vingtaine ou la trentaine et nous content leurs expériences sexuelles et amoureuses.

Du nombre de leurs conquêtes, à leur première fois, ils abordent sans complexe la sexualité féminine : le premier cunnilingus, leur vision du sexe féminin (mention spéciale à Nathan qui le voit comme quelque chose de « design » !) son odeur, son goût; leurs interrogations quant à la masturbation féminine et l’orgasme. Quoi de plus énigmatique et complexe que le plaisir féminin.

Ce podcast nous invite à entendre des hommes préoccupés, parfois même stressés, ou au contraire incollables sur le sujet.

Tout est dit, sans tabou !

À découvrir sur Soundcloud

« Les Couilles sur la table », le plus décalé

Créé par la journaliste Victoire Tuaillon, ce podcast incontournable est également un livre. Véritable succès, « Les Couilles sur la table » vise à déconstruire les masculinités.

À travers des sujets originaux (les hommes et l’alcool, « manger comme un homme »), il s’agit ici de questionner et déconstruire les normes de genre, et notamment la virilité. On décortique, on met sur la table, comme lors d’une opération chirurgicale, le symbole de la virilité : les couilles.

Les spécialistes invités évoquent ainsi des thématiques comme la sexualité, le patriarcat, les injonctions sociales, la violence, le langage, en bref la domination masculine que le podcast a vocation d’abolir.

À découvrir sur Binge Audio

« Chagrins d’amour », pour se remettre d’une rupture amoureuse

C’est le podcast émouvant qui va t’aider à surmonter tes peines de cœur. Véritable « club de soutien pour les cœurs brisés », on aborde le sujet universel et douloureux du chagrin d’amour.

Sous forme de lettres, d’interviews, de lectures, de discussions, les invités racontent leurs peines de cœur, ce qu’ils en ont appris, et comment ils les ont surmontées.

Regrets, questionnements, souvenirs, apprentissage, on se retrouve dans ces témoignages attendrissants.

À découvrir sur Ausha

« La Clinique de l’amour », le plus intimiste

On se rend ici en thérapie de couple : un psychiatre et une psychologue reçoivent des couples au bord de la rupture.

Au micro, Delphine Saltel s’interroge sur la vie à deux et s’immisce dans les séances psy. Comment on en arrive à consulter un thérapeute de couple ? Comment on en arrive à se détester, à ne plus se comprendre ? Comment réparer son couple ?

Les couples, parfois parents, se dévoilent, on y entend des reproches, des inquiétudes, des jalousies. Les désaccords sur le quotidien, les tâches ménagères, l’éducation, apparaissent comme les motifs premiers de consultation, mais n’est-ce pas là l’expression d’un reproche plus profond (le besoin d’exister pour l’autre) ?

Les psys du podcast nous livrent leurs interprétations. Passionnant !

À découvrir dans l’émission Les Pieds sur Terre sur France Culture

« Libre(s) », le plus existentiel

Qu’est-ce que c’est être libre et comment le devenir ? Comment mener une vie pour être heureux.se ? Ce podcast est animé par Marion Seclin et réalisé avec Tinder.

Au micro, l’actrice et réalisatrice s’inspire de la génération Z pour trouver la recette de la liberté. Famille, amis, couple, sexualité, comment oser dire ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas, ce qu’on aime ? Assumer nos choix, nos désirs, c’est peut-être ça être libre.

À découvrir sur Spotify

Parentalité : l’importance de créer des liens affectifs entre vous et votre enfant

Une mère embrasse son bébé

Les bébés ne sont pas livrés avec un manuel d’utilisation. Nous venons au monde comme des éponges sèches prêtes à absorber tout et n’importe quoi, et nous sommes totalement dépendants de ceux qui s’occupent de nous. John Bowlby (1958) pensait que les bébés ont un besoin inné, dès la naissance, de créer des liens affectifs. Ils se lient à leurs parents dans les minutes, les heures ou les jours qui suivent la naissance.

Tous les nouveau-nés sont « prématurés »

A la différence de beaucoup d’animaux dont les petits apprennent par exemple à marcher dans les heures ou les jours qui suivent la naissance, les petits humains naissent à un stade de développement assez peu avancé : Ils ne voient quasiment rien et la musculature de leur dos et leur nuque ne leur permet pas de se tenir assis avant environ 6 mois. Ceci s’explique notamment par la taille de la tête chez les humains ; Passé une période de gestation de 9 mois, la tête des nourrissons ne pourrait plus passer le col de l’utérus. Les nouveau-nés sont donc extrêmement dépendants de leurs parents.

Les parents sont parfois démunis

Une étude de l’université de Rochester a montré que près d’un tiers des parents aux États-Unis ne savent pas à quoi s’attendre de leurs nouveau-nés, ni comment les aider à grandir et à apprendre à s’entendre avec les autres. Souvent, les parents qui ont le plus besoin d’aide sont les moins susceptibles de la demander. De nombreux facteurs contribuent au problème, tels que la pauvreté, l’ignorance et le stress accablant des parents qui, n’étant pas en capacité de répondre à leurs besoins fondamentaux propres, éprouvent de grandes difficultés à donner à leur enfant tout le temps et l’énergie qu’ils requièrent.

Cependant, augmenter la proximité entre les parents et leur bébé en le tenant simplement près d’eux et en le réconfortant lorsqu’il pleure peut faire une énorme différence. Le porte-bébé est un excellent moyen de créer et garder le contact avec le nourrisson. Le nourrisson a besoin de sentir la chaleur de la personne qui s’occupe de lui et de sentir sa présence rassurante. Le portage est une des meilleures façons d’y arriver.

La recherche éternelle de l’amour

Comment les enfants deviennent-ils des adultes ? Qu’arrive-t-il à ceux qui ne reçoivent pas l’amour et l’affection dont ils ont besoin durant les premières années de leur vie ? Et bien ils passent le reste de leur vie à tenter maladroitement de compenser cette perte. Leur « jauge » d’amour, qui doit être remplie dès le début de leur existence est à moitié vide ou plus. Ils vont donc continuellement chercher, chez les autres, dans des paradis artificiels, des dépendances affectives etc., l’amour qui leur manque pour remplir leur jauge. Ils chercheront une relation qui compensera leur manque d’attachement et de lien avec leurs parents.

Malheureusement, la « jauge » restera souvent à moitié pleine parce qu’elle n’a pu être remplie d’amour inconditionnel durant les mois critiques où les liens affectifs se tissent, comme le reste de la psyché qui est très sensible au début de l’existence.

Peut-on faire quelque chose ?

Les recherches montrent clairement qu’il est facile d’apprendre à créer des liens et à s’attacher à nos enfants. Il faut que chaque futur parent sache que la proximité est primordiale, surtout durant les 6 premiers mois de vie des bébés. Le Dr Bruce Perry, une autorité internationalement reconnue en matière de développement de l’enfant, écrit que « la majorité des problèmes d’attachement sont probablement dus à l’ignorance des parents sur le développement ». Il suggère également qu’avec une éducation publique de qualité sur le sujet, il serait facile de régler ce problème. Ces dernières années, avec le développement du maternage proximal, la prise de conscience de l’importance des liens parents-enfants semble s’accélérer de manière universelle, et c’est une excellente nouvelle pour les parents comme pour les enfants.

Sur la route avec Gloria Steinem

Photo d'une route déserte en Amérique insérée dans un article dédié à un livre de Gloria Steinem

Gloria Steinem représente à merveille l’esprit Colette : journaliste, écrivaine, militante, elle est une figure féministe inspirante. Avec son livre, Ma Vie sur la route : Mémoires d’une icône féministe, on sillonne les États-Unis à travers ses combats.

vie
Ma Vie sur la route : Mémoires d’une icone féministe, éditions Harper Collins, mars 2020.

Ma Vie Sur la route, préfacé par Christiane Taubira, nous fait découvrir la vie passionnante de Gloria Steinem.

Libre et bohême

Aujourd’hui à 86 ans, elle fait le point sur le chemin parcouru, et y a de quoi être fière ! Toute sa vie, elle a parcouru les routes des États-Unis pour défendre l’égalité des droits. Itinérante assumée, sa trajectoire est faite de rencontres et de combats féministes.

Son amour pour la route, elle le doit à son père : « Je suis la fille de mon père » écrit-elle. Ce choix de vie nomade et bohème va à l’encontre des attentes de la société patriarcale des années 60. Si la place de la plupart des femmes à cette époque est souvent à la maison, Gloria choisit de prendre la route comme un homme. Gloria est libre, la route représente l’inattendu, le danger, les rencontres, les amitiés, le chemin du possible.

« Je peux partir parce que j’ai une maison qui m’attend. Je peux rentrer parce que je suis libre de partir. C’est l’alternance qui donne toute sa saveur à chacun  de ces modes de vies. C’est à la fois très ancien et très moderne. Nous avons besoin des deux. »

 

Faire entendre sa voix pour l’égalité des droits

D’abord journaliste dans un univers machiste, elle a réussi à faire porter sa voix à l’échelle du politique et encourager les prises de paroles des femmes.

Créatrice du premier magazine féministe Ms en 1971, elle retiendra de son voyage en Inde l’importance des cercles de parole qu’elle développera aux États-Unis. Inscrite au Women’s National Hall of Fame, elle fondera avec Jane Fonda et Robin Morgan le Women’s Media Center, une organisation visant à rendre les femmes plus présentes et plus visibles dans les médias. 

Son combat féministe rejoindra très vite les luttes des minorités raciales. Par la suite, elle participera aux campagnes présidentielles de Hillary Clinton et de Barack Obama.

Bref, vous l’aurez compris, tant qu’il y aura des injustices et des combats à mener, la route ne s’arrêtera pas pour Gloria Steinem.

Ce road trip aussi instructif que savoureux plein d’optimisme et de courage nous invite à voyager, à faire des rencontres et lutter tant qu’il faudra.

Boris Vian, le centenaire.

Boris Vian, portrait photo en noir et blanc

En 2020, l’écrivain Boris Vian aurait eu 100 ans. Cet ovni à l’humour et à l’imagination sans borne a marqué la France et le monde de la Littérature.

Né en 1920 à Ville-d’Avray, il est diagnostiqué à l’âge de 15 ans d’une maladie du coeur. Si selon ses médécins, ses jours sont comptés, il ne s’éteindra qu’en 1959. Il a alors 39 ans.

Boris Vian – créateur, poète et perturbateur

Sa vie, il la dédiera, à chaque instant, à la création. Il aimait le Jazz, dont seront même empreintes ses œuvres. Parmi celles-ci, comment ne pas citer L’écume des jours, publié pour la première fois en 1947 aux éditions Gallimard, qui le propulsa au rang d’écrivain émérite et lui façonnera une renommée éternelle.

J’irais cracher sur vos tombes, publié un an plus tôt aux éditions du Scorpion, lui sert de défouloir face à la ségrégation américaine. Boris Vian y fustige la situation précaire des Noirs américains et le racisme particulièrement omniprésent dans le Sud des États-Unis.

Musicien, M. Vian était également parolier, et vous devez sûrement déjà avoir entendu la chanson du Déserteur, tristement censurée pendant la Guerre d’Algérie.

Écrivain engagé, âme libre, on pouvait facilement le qualifier d’anticonformiste, qui n’avait pas peur d’aimer, et de réfléchir au sens de la vie, ou à l’inéluctable mort.

Pour vous rappeler de son passage fugace mais si pertinent sur Terre, nous vous proposons de découvrir cette fois-ci cet auteur sous un autre visage assez peu connu, celui du poète.

Tout de suite… Quelques-uns de nos poèmes préférés !

La vie, c’est comme une dent

La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie

Pourquoi que je vis

Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D’une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D’un pointu du port
Pour l’ombre des stores
Le café glacé
Qu’on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l’eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c’est joli

J’aimerais

J’aimerais
Devenir un grand poète
Et les gens me mettraient
Plein de lauriers sur la tête
Mais voilà
Je n’ai pas
Assez de goût pour les livres
Et je songe trop à vivre
Et je pense trop aux gens
Pour être toujours content
De n’écrire que du vent.

Berceuse pour les ours qui ne sont pas là

Oursi ourson ourzoula
Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que je t’apporte
Et tu m’apporterais toi(…)

Cette année, Ça m’apprendra à dire des conneries est paru aux Éditions 1001 Nuits. Il s’agit d’un recueil de citations, pour certaines inédites, qui vous en apprendront plus sur la vision de cet homme et de ses pensées parfois… farfelues 💫

La seule vérité en fin de compte, c’est de mener une vie passionnée, même si elle se rebelle et vous frappe au visage.

Notre sélection spéciale films de Noël 🎅

Famille de quatre personnes réunies sur un canapé qui regarde des films de Noël

Noël arrive ! Son lot de magie passe indéniablement par les films à regarder blotti dans sa couette et qui font résonner toute la féerie qu’entoure cette période… Hollywood nous offre de beaux cadeaux en cette fin d’année 2020 !

Comédie, romance ou film fantastique… Cette semaine, après notre sélection de séries, attaquons-nous à celle des films de Noël !

Le Classique : Super Noël (The Santa Clause)

Un classique de chez Disney sorti en 1994 avec Tim Allen en tête d’affiche 😍

C’est l’histoire de Scott, qui la veille de Noël, obtient la garde de son enfant qu’il ne voit que très rarement au vu de sa séparation. Cette veille de Noël est marquée par la mort du père noël, qui fait une mauvaise chute sur son toit.
C’est donc à Scott Calvin de reprendre le rôle du Père Noël, alors même qu’il n’y croyait pas au début…
La musique composée par Michael Convertino nous éblouit les tympans et s’adapte parfaitement aux good vibes de noël dont on a tous besoin en ce moment.
Le scénario, les acteurs, tout est là pour nous faire passer un bon moment !

La comédie à la schwarzy : La Course au jouet

Qui aurait pu imaginer Arnold Schwarzenegger jouer le grand rôle d’une comédie de Noël. Et quelle comédie !

Un père de famille, dénommé Howard, tente par tous les moyens d’obtenir le Turbo Man, un jouet convoités par tous les enfants. Or, que faire quand c’est le dernier jour des soldes et que le stock de jouets est quasiment épuisé…

Traversés par un sentiment d’euphorie, nous prenons un malin plaisir à suivre ce bon vieux Terminator chercher frénétiquement dans les rayons de jouets des magasins, et on assiste non sans joie à des gags et à des rivalités entre parents qui nous font bien rire.

Un film pour se détendre et rigoler entre amis ou en famille 👪 👩‍👩‍👧 🤝

Le cadeau inattendu : Gremlins

Comment ne pas citer ce classique du cinéma réalisé par le talentueux Joe Dante.

Au moment de Noël, Randall Peltzer trouve un cadeau bien étrange à offrir à son fils Billy, un Mogwai, une petite bête toute mignonne.

Quelques règles de base avec un Mogwai :

  • Ne jamais le nourrir après minuit,
  • Ne jamais lui montrer la lumière du jour et surtout…
  • Ne jamais lui donner de l’eau !

Des règles bien farfelues données par le vendeur. Mais, bien sûr, tout ne va pas se passer comme prévu.

Un noël chaotique, mais terriblement fascinant, pleins de frissons et de fous rires vous attend ! 🎄

Le frenchy : Le père noël est une ordure

Un autre classique, mais celui-ci bien français !

Le père Noël est une ordure est sorti en 1982, adapté de la pièce de théâtre éponyme interprétée par la troupe du Splendid comprenant Anémone, Christian Clavier, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel ou encore Gérard Jugnot.

Le soir de noël, dans une permanence de « SOS Détresse Amitié », vont se mettre en scène des personnes plus folles les unes que les autres. Un pur moment de détente où le talent de la troupe nous fera mourir de rire.

Vous reprendrez bien un peu de Kloug ?

Je termine donc cette sélection en vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d’année et j’espère vous avoir fait envie de vous plonger au chaud sous votre plaid avec un bon chocolat chaud devant l’un de ces films tordants !

Musique – 5 tubes magiques de Noël 🎶

Homme déguisé en père Noël écoutant de la musique sur un ghetto blaster

Ça y est Noël, c’est la semaine prochaine ! Avant d’ouvrir vos cadeaux et de vous régaler à table à base d’huitres citronnés et de chocolats au lait (oui, moi c’est comme ça que je vois un vrai repas de Noël), entrez sur le dancefloor et faites preuve de grâce et d’élan sur les plus beaux tubes de la saison.

Vu qu’en hiver, vous grelottez et n’avez qu’une envie, celle de vous réchauffer… Vous n’avez pas d’excuses pour ne pas danser ! C’est promis, vos muscles vous diront merci.

Winter – The Rolling Stones

ENFIN LES VACANCES ! Il était temps…

Personne ne peut passer de belles fêtes de fin d’année sans se déhancher sur une petite musique des Stones. Cette belle ode à l’hiver a été écrite par Keith Richards et Mick Jagger, qui vous souhaitent un très joyeux Noël en famille, ou entre potes !

Silent Night – Joan Baez

Il est minuit, vous planez sur la terrasse avec tonton Jean-Mi, le vin chaud vous réchauffe les os et repu, vous vous étalez sur la chaise de jardin, paré à affronter le froid glacial de l’hiver. Vous allumez la sono, et Joan Baez vient tout doucement vous border dans votre petit lit presque douillet…

ELLE EST PAS BELLE LA VIE ?!

Merry Christmas everybody 🥂

White Christmas – Patti Smith

Après une énième embrouille bon enfant avec votre belle-mère, l’envie vous prend soudainement de la serrer dans vos bras et de passer l’éponge sur ces querelles enfantines.

« Allez viens belle-mama, c’est pas grave si tu trouves que je cuisine comme un pied. Ton fils me comble de bonheur et de joie la plupart des jours de l’année. On oublie ça. »

Pensez-vous.

En effet, c’est Noël. Qui dit Noël, dit douceur, tendresse, et réconciliations 🤗

Christmas at Sea – Sting

Grand voyageur que vous êtes, vous voilà parti en Californie à bord d’un airbus A380, en passant par la Havane, la Jamaïque, et même Haïti.

Vous, l’hiver, ça ne vous botte pas vraiment. Le froid ? Vraiment très peu pour vous, c’est réservé aux stationnaires, aux immobiles du bocal.

Vous, vous êtes mobile. Mobile et sexy. Ce qu’il vous faut, c’est une bonne dose de soleil et d’océan, car il n’y pas de plus beau cadeau qu’un bronzage full body pour faire rager vos collègues en rentrant.

Joyeux Noël à la Plage ! Et à la plus chill des fêtes de fin d’année 🌅

Joy To The World – Aretha Franklin

Toute seule – tout seul – dans votre coin près de la cheminée, vous croisez le regard magique du père Noël, qui vient de se brûler la barbe à cause des grandes flammes bleues émises par votre foyer. Ce dernier reprend ses esprits et vous fait un petit clin d’oeil en vous offrant le cadeau que vous attendiez tant.

« Mais oui… C’est elle ! LA PLAYSTATION 5 ! Merci Père Noël » chantez-vous.

Subitement, vous vous transformez en dancing queen – ou king – à en faire pâlir vos petits cousins, nièces et neveux.

JOIE DANS LE MONDE LES AMIS ! 🤩

Joie dans le monde.

Alors, est-ce que vous avez le rythme dans la peau ?

« Trop de femmes » : Paris écope d’une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité…

C’est la nouvelle absurde de la semaine : l’État demande à la Mairie de Paris de régler une amende de 90 000 € pour non-respect de la parité hommes-femmes.

En 2018, onze femmes avaient été nommées directrices dans la fonction publique par la Maire de Paris Anne Hidalgo, contre cinq hommes à des postes similaires.

Une amende « absurde » et scandaleuse

Pour la Maire de Paris, Anne Hidalgo, cette amende s’avère injuste et surtout « absurde » au vu des efforts d’inclusion des femmes dans la fonction publique. Selon le gouvernement, ces nominations feraient preuve d’un féminisme exagéré.

Comme si la défense des droits des femmes ne serait en réalité qu’un simple passe-temps.

Ô rage, ô désespoir…

En effet, jusqu’ici, nulle amende de ce genre n’a été observée auparavant alors même que ces postes convoités ont toujours été majoritairement occupés par des hommes.

Choquée, Anne Hidalgo ne perd pas son sang-froid et a même annoncé qu’elle irait elle-même porter le chèque accompagnée de ses adjointes, directrices, et de l’ensemble des femmes du secrétariat général.

anne hidalgo

Et vous, cette drôle d’amende, vous en pensez quoi ? 🤔

Faites-nous part de votre avis en commentaire !

 

Nos poèmes préférés d’Andrée Chedid

poésie : portrait photo en noir et blanc de la poétesse Andrée Chedid

Andrée Chedid, grande poétesse syro-libanaise, a marqué les lycéens du BAC 2019. En effet, ils étaient nombreux à ne pas savoir qu’il s’agissait bien d’une femme et non d’un homme.

L’an dernier, les élèves de Terminale devaient plancher sur le poème « Destination : arbre » issu du recueil Tant de corps et tant d’âmes, publié en 1991. Ce dernier a donné du fil à retordre aux jeunes étudiants… Et pourtant, Madame Chedid, on l’adore !

Voici quelques poèmes incontournables de la grand-mère du chanteur M, immense prêtresse de la poésie et de la littérature.

Destination : arbre

Parcourir l’Arbre
Se lier aux jardins
Se mêler aux forêts
Plonger au fond des terres
Pour renaître de l’argile

Peu à peu

S’affranchir des sols et des racines

Gravir lentement le fût

Envahir la charpente

Se greffer aux branchages

Puis dans un éclat de feuilles
Embrasser l’espace
Résister aux orages
Déchiffrer les soleils
Affronter jour et nuit

Evoquer ensuite
Au cœur d’une métropole
Un arbre un seul
Enclos dans l’asphalte Éloigné des jardins
Orphelin des forêts

Un arbre

Au tronc rêche

Aux branches taries

Aux feuilles longuement éteintes

S’unir à cette soif
Rejoindre cette retraite
Ecouter ces appels

Sentir sous l’écorce
Captives mais invincibles
La montée des sèves
La pression des bourgeons
Semblables aux rêves tenaces
Qui fortifient nos vies

Cheminer d’arbre en arbre
Explorant l’éphémère
Aller d’arbre en arbre
Dépistant la durée.

Les Saisons du Sang

J’ai des saisons dans le sang

J’ai le battement des mers
J’ai le tassement des montagnes
J’ai les tensions de l’orage
La rémission des vallées

J’ai des saisons dans le sang

J’ai des algues qui me retiennent
J’ai des hélices pour l’éveil
J’ai des noyades
J’ai des leviers

J’ai des entraves
J’ai délivrance
J’ai des combats
J’ai fleur et paix.

Ce que nous sommes

Tu es radeau dans l’éclaircie

Tu es silence dans les villes

Tu es debout

Tu gravites

Tu es rapt d’infini

Mais tel que je suis

que j’écris que je tremble

Je te sais parfois

refroidi de toi-même

quand les fables et le sel t’ont quitté!

Je te sais
Tantôt mutilé
Tantôt espace
Tantôt épave
Ou illumination

Je te sais

disloqué par les parcelles du monde

Mais je te sais

De face

Dans la forge de ton feu.

Regarder l’enfance

Jusqu’aux bords de ta vie
Tu porteras ton enfance
Ses fables et ses larmes
Ses grelots et ses peurs

Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance
Entravant ta marche
Ou te frayant chemin

Singulier et magique
L’œil de ton enfance
Qui détient à sa source
L’univers des regards.

La femme des longues patiences

Dans les sèves
Dans sa fièvre Écartant ses voiles
Craquant ses carapaces
Glissant hors de ses peaux

La femme des longues patiences se met lentement au monde

Dans ses volcans

Dans ses vergers

Cherchant cadence et gravitations

Étreignant sa chair la plus tendre

Questionnant ses fibres les plus rabotées

La femme des longues patiences se donne lentement le jour.

Épreuves de la beauté

En ces aubes où fermente la nuit

De quel élan

gravir?

De quel œil contempler

villes visages siècles douleurs espérance?

De quelles mains creuser un sol toujours fécond?

De quelle tendresse chérir vie et terre
Abolir la distance
Cicatriser l’entaille?

A quelle lumière découvrir la beauté des choses
Obstinément intacte sous le squame des malheurs?

Nuits

Agrippés par les ronces de la nuit

Les brasiers du soleil

S’engloutissent

Au fond de grottes éteintes

Le jour se débat encore
Dans nos mémoires

Avant de sombrer
Dans l’antre
Enchevêtré d’images
Qui double obstinément
Nos vies.

Vivre

Ces corps n’ont pas eu lieu
Ni ces cœurs ni ces nuits

Sans les fleuves de l’émoi
Rien rien ne s’assemble

Il nous faut le partage
Il nous faut l’incendie

Pour que s’amorce la source
Pour que vive la vie.

Je revenais des autres

Je revenais des autres chaque fois guéri de moi

A l’abri d’un sourire

D’un geste qui donnait champ

Des moissons d’une parole

Je quittais citernes et mirages

du chagrin pour une sorte de bonheur

Le bonheur?

La parole est captive

La
Parole est captive

Parfois son souffle déborde
Et nous parvient

Alors bousculant nos vannes
Roulant nos mots hors de l’ornière
Réduisant nos rocs en cendres
Elle combat les ruses du fleuve
Se jette contre nos rivages
Dévaste le cours du temps

Plus souvent nos mots
Réduisent l’eau prodigue

Alors les canaux s’enchâssent
Le grand flot nous déserte
Laissant une fois de plus
Notre paysage à sec.

Et vous, quel est votre poème préféré ? 

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