boris-vian

Boris Vian, le centenaire.

En 2020, l’écrivain Boris Vian aurait eu 100 ans. Cet ovni à l’humour et à l’imagination sans borne a marqué la France et le monde de la Littérature.

Né en 1920 à Ville-d’Avray, il est diagnostiqué à l’âge de 15 ans d’une maladie du coeur. Si selon ses médécins, ses jours sont comptés, il ne s’éteindra qu’en 1959. Il a alors 39 ans.

Boris Vian – créateur, poète et perturbateur

Sa vie, il la dédiera, à chaque instant, à la création. Il aimait le Jazz, dont seront même empreintes ses œuvres. Parmi celles-ci, comment ne pas citer L’écume des jours, publié pour la première fois en 1947 aux éditions Gallimard, qui le propulsa au rang d’écrivain émérite et lui façonnera une renommée éternelle.

J’irais cracher sur vos tombes, publié un an plus tôt aux éditions du Scorpion, lui sert de défouloir face à la ségrégation américaine. Boris Vian y fustige la situation précaire des Noirs américains et le racisme particulièrement omniprésent dans le Sud des États-Unis.

Musicien, M. Vian était également parolier, et vous devez sûrement déjà avoir entendu la chanson du Déserteur, tristement censurée pendant la Guerre d’Algérie.

Écrivain engagé, âme libre, on pouvait facilement le qualifier d’anticonformiste, qui n’avait pas peur d’aimer, et de réfléchir au sens de la vie, ou à l’inéluctable mort.

Pour vous rappeler de son passage fugace mais si pertinent sur Terre, nous vous proposons de découvrir cette fois-ci cet auteur sous un autre visage assez peu connu, celui du poète.

Tout de suite… Quelques-uns de nos poèmes préférés !

La vie, c’est comme une dent

La vie, c’est comme une dent
D’abord on y a pas pensé
On s’est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu’on soit vraiment guéri
Il faut vous l’arracher, la vie

Pourquoi que je vis

Pourquoi que je vis
Pour la jambe jaune
D’une femme blonde
Appuyée au mur
Sous le plein soleil
Pour la voile ronde
D’un pointu du port
Pour l’ombre des stores
Le café glacé
Qu’on boit dans un tube
Pour toucher le sable
Voir le fond de l’eau
Qui devient si bleu
Qui descend si bas
Avec les poissons
Les calmes poissons
Ils paissent le fond
Volent au-dessus
Des algues cheveux
Comme zoizeaux lents
Comme zoizeaux bleus
Pourquoi que je vis
Parce que c’est joli

J’aimerais

J’aimerais
Devenir un grand poète
Et les gens me mettraient
Plein de lauriers sur la tête
Mais voilà
Je n’ai pas
Assez de goût pour les livres
Et je songe trop à vivre
Et je pense trop aux gens
Pour être toujours content
De n’écrire que du vent.

Berceuse pour les ours qui ne sont pas là

Oursi ourson ourzoula
Je voudrais que tu sois là
que tu frappes à la porte
Et tu me dirais c’est moi
Devine ce que je t’apporte
Et tu m’apporterais toi(…)

Cette année, Ça m’apprendra à dire des conneries est paru aux Éditions 1001 Nuits. Il s’agit d’un recueil de citations, pour certaines inédites, qui vous en apprendront plus sur la vision de cet homme et de ses pensées parfois… farfelues 💫

La seule vérité en fin de compte, c’est de mener une vie passionnée, même si elle se rebelle et vous frappe au visage.

Laissez un commentaire