
Assis à une table noire et bancale du café PAUL de la Gare de Dijon, Antonin Archer alias l’Enfant parle technique avec ses deux acolytes musiciens, Henri Vuillecard (à la batterie) et Félix Hemmem (à la basse).
J’ai eu la chance d’accompagner et de filmer le groupe à Lausanne pour un concert à la Datcha, une des scènes du Prémices Festival, festival de musique printanier assez connu en Suisse.
Le contexte ? Deux heures d’escale à tuer parce que le premier train en direction de Paris Gare de Lyon était complet et la contrôleuse du TGV Suisse Lyria nous a bien fait comprendre qu’on pouvait pas frauder à moins de se prendre une amende salée. Argument de type « artillerie lourde » pour citer l’artiste, la petite troupe est bien obligée de se poser et de tuer le temps à coups de guinzes (clopes) et de sandwichs.
Au bout d’une heure, je propose nonchalamment et sans prévenir un petit exercice d’interview, coupant presque la parole à Antonin, alors qu’il était lancé à donf sur des questions de simulateur d’amplis.
Elvire : Quand est-ce que tu as commencé la musique ?
Antonin : Ah oui d’accord, c’est vraiment une interview ?
Rires groupés.
Antonin : Vraiment donc… Quand j’avais 9 ans et que je faisais de la guitare classique…
Elvire : Tu faisais de la guitare classique, qu’est-ce qui t’as donné envie de faire du rock d’ordi ?
Antonin : Alors d’abord j’ai eu envie de faire du rock… Mais on fait vraiment une interview ? ça dure combien de temps ?
Elvire : Mais, comme tu veux ! (ton insurgé)
Antonin : OK, d’abord j’ai eu envie de faire du rock, quand j’étais ado, et après quand j’étais plus vieux j’ai fait de la prod, et après je me suis dit tiens ce serait bien de refaire du rock, et je pourrai le mélanger avec ce que je fais en prod et paf, ça a donné du rock d’ordinateur.
Félix : Des chocapics.
Henri : Héhé !
Elvire : Comment a commencé le projet L’Enfant ?
Antonin : J’ai arrêté un projet dans lequel à l’époque j’interviewais des gens et j’avais peur, ça faisait longtemps que j’avais pas fait de musique. Je me suis dit, faut que je me lance…
Pause : le fou de la gare vient nous expliquer un truc sur Jésus que personne aurait capté.
Antonin : Lui il revient, il fait des tours… Bref je me suis dit lance toi, je me suis mis à la prod et j’ai sorti un morceau.
Elvire : Ta plus grande peur ?
Antonin : Vieillir, mourir… Euh, ma plus grande peur… Franchement, j’ai peur, j’ai peur… J’ai grave peur quoi ! J’ai grave peur en général, être une merde, tout rater…
Elvire : Quels sont les défis à venir pour tes prochains concerts ?
Antonin : En fait, j’ai quelqu’un (*ne cite pas de nom mais regarde Henri*) qui veut absolument qu’on ait le matériel le plus compliqué possible, et j’arrête pas d’essayer de le convaincre d’utiliser le matériel le plus simple possible. Le défi à venir plus sérieusement, c’est de grave se marrer et que le son soit pas trop pourri. On arrive bien à se parler quand même, hein Henri ?
Henri : C’est le plus important. (ton très sérieux) Y a-t-il des conflits au sein du groupe… (rires)
Elvire : Des lieux dans lesquels tu souhaiterais te produire ?
Antonin : Oui, j’aimerai bien jouer à la Cigale en tête d’affiche. J’aimerai bien jouer partout en fait, je veux jouer partout, vraiment. Je suis trop chaud ! Invitez-nous. Par contre, je sais que les gens pourraient se dire que c’est cool en général, mais j’aime pas trop le Stade de France. Après je dirai pas non, bien sûr. Mais la plus grosse salle qui me fait rêver c’est la Cigale. Le Stade… Même le Zénith, c’est trop gros.
Elvire : Je parlais plus de lieux, au sens géographique ? (rires)
Antonin : Ah alors Paris ! Moi je suis de Paris…
Elvire : Tu es parisien ?
Antonin : Ah tu changes de question ? Oui je suis né à Paris, j’ai grandi à la campagne. Vu qu’on chante en Français, j’ai pas spécialement de délire de jouer à l’étranger, j’aime bien quand les gens chantent les paroles. Peut-être à Montréal ?
Henri : Ou au Japon, ils adorent les Français.
Antonin : Alors au Japon. Ce serait marrant… Mais je préfère des lieux où les gens peuvent chanter.
Elvire : Tes influences actuelles ?
Antonin : J’aime bien Oklou en ce moment, j’écoutais pas trop avant mais j’aime bien… Qu’est-ce que j’écoute en ce moment ? *réfléchit* J’écoute que des trucs de rock, ah j’aime bien saoirse dream, j’aime bien underscores aussi, j’aime bien plein de trucs d’hyperpop, de rock, ils sont vraiment très beaux ces artistes.
Elvire : Tu as toujours chanté et écrit en Français ?
Antonin : Oui, toujours. Il y a déjà tellement de gens qui font de la musique en Anglais que ça m’intéresse pas spécialement d’en entendre plus sauf quand les gens sont très très forts. Il y a beaucoup de concurrence… Pour apporter une valeur ajoutée… Mais je comprends les gens qui chantent en anglais, on est plus habitués, mais moi ça me convient pas.
Elvire : Des artistes avec lesquels tu aimerais bien jouer ?
Antonin : Oui ! J’aimerai bien jouer avec Eloi, j’aime bien Underscores aussi…
Elvire : Ton rapport à la dépression ?
Antonin : Compliqué, mais mieux quand même en ce moment. J’espère en sortir, je suis pas en dépression en ce moment, et j’ai pas envie d’entretenir un récit sur la dépression. Moi je serai très content d’être guéri de la dépression et définitivement sorti de la dépression, mais en ce moment ça va.
Elvire : Prochains concerts ?
Antonin : 25 mars, Point Ephémère. 28 avril au Supersonic.
Elvire : Merci beaucoup L’Enfant !
Antonin : Merci Elvire !
NDLR : pour écouter l’enfant direction sa chaîne YouTube ou Spotify.
https://open.spotify.com/intl-fr/artist/5imgjumuHUmnzZF3vOEmso

