Valentine’s Day par Catherine Grangeard

A l’approche de la fête des amoureux, la psychanalyste Catherine Grangeard nous propose une réflexion sur la Saint-Valentin au féminin. C’est en remarquant la vitrine de la boulangerie de sa rue souhaitant un « Happy Valentine’s Day », qu’elle a une révélation.

En passant devant la boulangerie à côté de mon cabinet, un choc, j’éclate même de rire pour tout vous dire. La boulangère est-elle anglaise ou féministe ? Les deux, pourquoi pas.

Il s’avère que cette anecdote devient un sujet, de nombreux patients m’en parlent. Comment décliner la St Valentin, au féminin ?

Une femme fait état de la charge mentale qui lui revient chaque année. Elle s’oblige à trouver des idées pour surprendre son compagnon et l’émoustiller. Elle se demande pourquoi elle s’impose toute seule cela en interrogeant si finalement ce ne serait pas une sorte d’injonction sociale.

« C’est pire le 14 février 2021, après un an de COVID-19, en solo »

Cette affirmation est récurrente. Et pas uniquement dans mon cabinet, il faut le souligner. Une réelle détresse accompagne la solitude affective et la misère sexuelle. Quel que soit l’âge, les rencontres deviennent exceptionnelles.

Et encore il faut que ça vaille vraiment le coup… dans tous les sens du terme si vous me permettez le jeu de mots disent en substance plusieurs personnes. Enfermement, confinement, couvre-feu… Ce ne sont pas des situations propres aux ébats !

Je préfère vous rapporter quelques paroles, elles sont assez explicites.

Comment ne pas se jeter par la fenêtre quand on déprime de n’avoir pas de vie amoureuse depuis un moment et que partout on nous rabâche les oreilles avec les violons de l’âmourrrr … et ne rien voir se dégager à l’horizon?

Comme la ST Valentin, c’est tout un symbole, cela ravive certains chagrins. Et c’est tous les ans !

Quelle violence de ne pas être le Valentin ou la Valentine de quiconque…Si personne ne m’aime, suis-je aimable ? Comment m’aimer moi-même ?

Même si on repère et déplore son côté commercial, beaucoup se sentent encore plus mal quand l’amour n’est pas au rendez-vous à cette période. Comme un jour pluvieux influence le moral, être sans personne à aimer est encore plus pénible quand l’influence sociale en rajoute.

Ainsi on se sent à part, moins bien loti que les autres. Mais qu’est-ce que j’ai en moins pour ne pas être en relation d’amour ?

Même si la méthode Coué a fait ses preuves il n’en demeure pas moins que de nombreuses questions affleurent, et encore plus cette année.

Combien de temps ça va durer ?  Toute ma vie ? Est-ce que ma vie amoureuse est finie ? Comment rencontrer un jour quelqu’un ? Déjà l’année dernière…

Ces extraits de séances n’ont jamais eu cette dimension. Une véritable angoisse s’exprime parce que les relations sociales ont tellement décliné que pour celles et ceux qui compensaient avec elles le manque d’amour n’ont pas pu le faire depuis mars 2020. Et plus les gens vieillissent, pire c’est.

Cette vitrine a libéré la parole, et ça c’est vraiment très bien !

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