Désert

Le Blues du Désert : la culture Touareg, entre modernité et tradition

À travers cette série d’articles dont voici le premier épisode, je vous ferai découvrir quelques sous-genres musicaux à l’audience croissante, qui méritent qu’on s’y attarde. Aujourd’hui, je m’attaque à un genre musical qui me tient particulièrement à cœur : le Blues Touareg.

Ce style de musique, aussi appelé Tichoumaren, explore les thèmes de la nostalgie, de l’amour, du voyage, de l’errance, de la solitude et de la liberté. Très souvent accompagné d’une guitare électrique, pour mieux capter toute la puissance et l’atmosphère du Sahara, il en ressort des musiques étonnantes, dotées d’un certain mélange de tradition et de modernité, avec quelques sonorités rock !

Tichoumaren est totalement indissociable de la culture Touareg et des revendications politiques notamment liées à l’indépendance du peuple Amazigh.

Assez parlé ! Place à ma sélection pour découvrir au mieux ce genre de musique et qui, je l’espère, vous transportera vers des horizons plus chauds.

Tinariwen, le plus célèbre

Si l’on ne devait parler que d’un seul groupe, il s’agirait de Tinariwen, qui a complètement démocratisé le genre. Il s’agit d’un groupe touareg originaire du nord du Mali qui s’est formé en 1982.

Dans le titre Iswegh Attay, ce que capte directement notre oreille, c’est cette guitare douce accompagnée d’une voix suave et puissante, celle d’Ibrahim ag Alhabib, qui nous donne l’envie de nous blottir au coin du feu en dégustant un bon thé.

Plus récemment, le titre Sastanaqqam, avec des sonorités beaucoup plus rock nous fait tomber sous le charme de ce groupe aux multiples facettes, grâce à une énergie et un air qui ne s’oublient pas. Leurs compositions leur ont valu d’être primés au Grammy Awards, et de faire la première partie des Red Hot Chili Peppers

Bombino, musicien de l’exil

Omara Moctar de son vrai nom, Bombino est originaire du Niger, et a été obligé de fuir la Rébellion Touarègue dans les années 1990 pour attérir en Algérie.

Il revient au Niger dans les années 2000 et enregistre en 2007 quelques prestations accoustiques. La même année, la guitare devient interdite pour le peuple Touareg, et une nouvelle rébéllion éclate ce qui causera la mort de deux de ses musiciens, l’obligeant à l’exil une nouvelle fois jusqu’à la fin du conflit en 2010.

Il enregistre quelques albums dont Nomad, qui nous éblouit grâce à l’utilisation d’une guitare péchue et des paroles engagées, prônant un vivre-ensemble.

Mon coup de coeur ? L’album Azel, avec notamment la musique Akher Zaman, titre enjoué, à la guitare envoutante !

Kel Assouf

Le groupe se forme en 2006 en Belgique autour de la guitare/voix du Nigérian Anana Harouna. C’est définitivement le groupe le plus nostalgique, aux paroles les plus engagées, Kel Assouf signifiant Ceux de la nostalgie.

Le titre Akaline offre une douce mélodie mélancolique transpercée par la voix torturée du chanteur.

Le titre Azawad, référence à un territoire contenu dans plusieurs pays que traversent les Touaregs et pour lequel ils se battent pour son indépendance, est plein d’énergie, la guitare électrique nous fait immédiatement taper des mains et des pieds !

Tamikrest

Le groupe, formé en 2006 en réaction à une nouvelle rébellion Touarègue, partage et diffuse leur cause par la musique. Le groupe s’inspire fortement de Tinariwen, néanmoins, on notera l’ajout d’un chœur féminin puissant, qui caractérise leur musique.

Je ne saurais que trop vous conseiller le titre Tisnant an Chatma, une belle entrée en matière dans leur univers et à la sonorité envoûtante, ponctué d’un chœur transcendant.

Leur nouvel Album Tamotait, sorti cette année, est une pure merveille qui vous plongera dans la douceur d’une nuit d’été dans le désert.

J’espère vous avoir fait découvrir un style musical particulier aux influences diverses, alternant entre tradition et modernité, engagement politique et célébration du Sahara.

À bientôt pour de nouvelles aventures désertiques !

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