Lecture – Vous reprendrez bien un peu de chouquette ?

Le syndrome de la chouquette

Alors que le télétravail s’impose dans de nombreuses entreprises, profitons d’un instant entre deux « conf-call » pour savourer ce délicieux ouvrage du chroniqueur Nicolas Santolaria, Le syndrome de la chouquette ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau publié aux éditions Anamosa en 2018.

En 69 chroniques, l’auteur nous livre avec humour les ingrédients d’un univers professionnel hostile aux rituels implicites. Il montre à merveille le côté « cool » de la start-up nation en analysant de façon juste chaque détail de la vie de bureau – du décor et de ses objets, en passant par les pratiques, jusqu’au langage et à la gestuelle. Il livre la recette qui fera de vous le parfait « coworker ». Le lecteur s’amusera de retrouver le traditionnel babyfoot, les ragots à la machine à café, les formules agaçantes en « ing« , les guillemets avec les doigts, le cadre à trottinette, le canapé dans l’open space…

On rit à cette peinture du monde moderne. L’analyse de l’auteur n’en est pas moins critique (sans être ennuyeuse et théorique!) et nous interroge à la fois sur la limite entre sphère intime et professionnelle et sur la « tyrannie » du management. Nicolas Santolaria souligne bien que ces petits ingrédients qui peuvent (devraient) nous écœurer ne sont finalement que le symptôme d’un monde professionnel manipulateur et névrosé.

Il aborde la souffrance au travail (burn out, bore out) et montre bien comment l’entreprise moderne vient étouffer ce mal-être. La dose de sucre de la chouquette réconfortante offerte par votre boss « ami », les espaces de détente et de loisirs dont déborde votre lieu de travail apparaissent comme des éléments de « coolitude ». Pourtant, ce théâtre dissimule la surcharge professionnelle et la froideur d’un univers où la hiérarchie semble imperceptible, mais bien réelle.

Un livre à consommer sans modération.

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