Fragment littéraire : Emprise

Introduction

Bonsoir, bonjour,

Céline Mouette est de retour avec un texte accompagné d’un trigger warning. Ce texte aborde les violences conjugales. Ce fragment littéraire propose une plongée au cœur des rouages de l’emprise.

Si vous êtes victime de violences sexistes et sexuelles, n’hésitez pas à contacter le 3919 – Violences Femmes Info.

Ce texte n’est pas paisible, mais il est pourtant rempli d’espoir. La fin justifie les moyens. Je vous souhaite une lecture nécessaire. Merci de lire mes maux, peut-être les vôtres.

Courage, amour, nous sommes là.

L’emprise

Évidemment qu’il est doux, le début. Il te couvre de bonheur, de promesses. Très vite, tu ne crois qu’en lui. Soudain, il voit ton besoin de son corps près du tien, de son cœur. Alors plus rien ne lui fait face, tu es acquise et, sans surprise, tu es une proie. Il te fait mal avec les mots, c’est pas si grave, il est si beau.

Un jour pourtant, il va trop loin, les insultes pleuvent, ton chagrin te fait partir, mais c’est trop tard, tu reviendras.

La théorie de l’engagement, c’est une réalité maintenant, tu as trop fait pour que ça marche, tu campes alors qu’il te consume. Ton âme est grande, lui te brûle.

Socialement, tout le monde sait. Tout le monde voit. Tout le monde dit : pars. Ils ont raison. Mais ils oublient que parfois la cellule est ouverte, que la clé est dans ta main, presque dans la serrure. Malgré tout, c’est verrouillé.

Vient le moment des premiers coups. Au commencement, ça te fait peur, puis lentement, tu t’habitues. Tu te convaincs que c’est une erreur, un accident, une fêlure, un incendie. La première fois devient la norme, tu ne sens plus d’effroi puisqu’il est fou… Toi, encore plus, puisque tu t’accroches comme une enclume, tu t’abîmes, tu l’adules, il est si grand, il est si fier, il a le pouvoir, toi le fardeau.

Une gifle, un poing, un coup de tête, un coup de rein et on oublie. On floue hier puisqu’il t’a fait entendre le bruit de l’intérieur de tes regrets, de ses douleurs.

Enfin, c’est le temps de l’apathie, plus rien ne compte, même plus son être, même plus la pluie ni le beau temps. D’ailleurs, le temps est creux, l’amour est mort, la vie est fade, rien ne dure.

Un matin, tu te lèves nue, il ne dort plus, tu n’es pas belle, du moins pour lui, ce depuis mille ans qu’on ne compte plus. Tu es une plante, un verre vide, qu’il ne veut pas. Tu t’en vas, avant de crever, comme cet amour qui a tué un peu de toi, tu espères peut-être de lui.

Tu t’en sortiras, mais pars. S’il te plaît, je t’en supplie, pars. Tu vas vivre, tu vas rire, t’es pas morte, tu es le ciel, le soleil, les orages. Les orgasmes, t’en auras d’autres, crois-moi, ma douce, sèche tes joues, un autre matin tu t’éveilleras, plus grande, plus forte. Aujourd’hui tu te sens seule, pourtant sache que je suis avec toi, j’ai connu ça. Je suis partie. Je refuse d’être la même, je porte en moi le poids de la violence mais aussi la preuve que même les corps meurtris peuvent encore danser. Danse avec moi.

Fragment littéraire : L’Union fait l’Amour, de Céline Mouette

Pour cette seconde publication, après mon court poème Mirage, je vous présente aujourd’hui ma vision de l’amitié féminine au travers d’un texte sensible qui retrace mes émotions au fil de ma plume. Ces lignes sont nées dans un moment de catharsis. Et ce, à la suite de l’enregistrement du premier épisode de mon podcast Radio Charo, dans lequel j’interviewe l’une de mes amies les plus proches.

Les audios WhatsApp que nous nous sommes échangés pendant près d’une heure ont réveillé quelque chose de profond. Ils m’ont rappelé à quel point la présence de mes amies est essentielle à mon bonheur. Essentielle à mon épanouissement et à mon équilibre, même lorsqu’elle n’est pas physique. Une voix familière, un rire… quelques souvenirs partagés suffisent à remettre de la lumière là où l’on croyait ne plus en trouver.

Cultiver l’amour de ses proches

Au fil de cette conversation; j’ai appris des choses que j’ignorais encore sur une personne que je connais pourtant depuis près de quinze ans. Cela m’a rappelé que les êtres que l’on aime restent des territoires vivants, capables de nous surprendre malgré les années. Nos liens ne cessent d’évoluer. Ils se transforment au rythme de nos joies, de nos blessures, de nos silences et de nos retrouvailles.

Célébrer ses amies

En refermant cet échange, j’ai ressenti l’envie d’écrire, pas une retranscription mais plutôt un hommage. Ce texte est né d’une nécessité : célébrer ces femmes qui font partie de moi, qui forgent ma vie, la bousculent, l’illuminent. Tout en lui donnant une profondeur que je ne pourrai trouver ailleurs.

Sur ces mots, je vous laisse découvrir ce fragment littéraire intime. Une ode à ces relations qui, à mes yeux, sont parmi les plus belles formes d’amour. Bonne lecture !

L’Union fait l’Amour. 

Texte pour les femmes de ma vie.

Nos liens se soudent et le temps n’a pas de valeur quand j’entends les notes merveilleuses de vos rires éclatants. Cette union naît avec beaucoup de douceur, de compréhension aussi, car la communication ainsi que l’entraide sont au sein de ces complicités précieuses.

Assoiffée de la paix que m’apportent ces relations passionnelles sans attente de paraître, nos échos solaires font le tour de la Terre. Notre constellation engendre le paradis. Seulement, parfois des gouttes d’eau salée coulent sur vos joues, alors, je n’ai qu’une envie : vous étreindre, pour panser la douleur de nos vies, par instants, abimées.

On est de la famille que l’on se construit, et j’ai décidé de la bâtir avec vous. Nous serons des refuges les unes pour les autres, nous serons des armures qui empêcheront les ombres de pénétrer nos corps et nos âmes.

L’oreille attentive et la bouche en cœur nous inonderont ce monde d’amour, je vous le jure mes sœurs, on va baiser la vie sous toutes ses formes. Et quoi qu’il advienne nous finirons toujours par chasser les nuages.

Poésie courte : Mirage, de Céline Mouette

Mirage

Mirage est le premier poème court de Céline Mouette.

Qui est-elle ? Une jeune femme de 33 ans, poétesse, artiste, animatrice du podcast Radio Charo. Elle fait partie de ces femmes écrivaines qui n’ont pas qu’un seul talent dans leur poche.

Ici, ce n’est pas de la prose qui nous est donnée à lire, mais une sorte d’envolée lyrique, comme un chant en plusieurs strophes, grâce à une musicalité issue de la simplicité des mots choisis.

Les émotions succèdent aux métaphores, nous avons là un texte littéraire dotée d’une réelle âme. En outre, la sensibilité de la poétesse est palpable et se ressent dans l’aspect harmonieux de ces quelques vers, formant un assemblage original de sonorités que l’on imagine bien articulées : « en triant tous tes miroirs, dans le fond de tes tiroirs » par exemple.

La langue de Céline Mouette se veut très directe, moderne, sans superflu. C’est un poème dont la vocation est d’aller droit au but, droit au cœur de la lectrice, du lecteur.

Bref, une poésie courte, simple et émouvante à la fois, laquelle s’ancre bien dans son temps.

C’est un poème court de 2026 plein de créativité.

Colette Magazine vous souhaite une agréable lecture ! 📖

Mirage

Bizarre toutes ces pulsions,

Amour à induction,

Je me lasse de tes passions,

Ça chauffe moins bien qu’au gaz.

Tant pis pour mon pardon,

La vérité s’échappe,

On était bien mieux en cage.

Hors cadre le monde parait beaucoup trop grand,

Ça nous met dans une rage

De ne voir que des mirages.

Au revoir,

Dorénavant tu penseras à moi

En triant tous tes miroirs

Dans le fond de tes tiroirs.

N’oublie pas l’arrosoir

Qui n’a pas pu nous sauver.

De mes tricheries,

Ravivé ton sourire d’ange,

Réveillé ce doux passé.

Adieu les faux-semblants,

Il est temps de confesser

Nos âmes toutes écorchées.


L’arrosoir n’a réussi

Qu’à noyer nos cœurs blessés.
Il est vide.